‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 75 sur 149 · LE CATHOLICISME ET SES ENNEMIS · texte numérisé non relu

LE CATHOLICISME ET SES ENNEMIS

pour embrasser la commode Réforme. Vauteur nous trace à grands traits les portraits hideux des Maria Monck, desBlanco Witbe, des Achilli, des Théodore, etc. Ohl comme les protestants honnêtes doivent être fiers de pareilles conquêtes! Comme ils doivent se glorifier de voir à leurs côtés, de compter dans leurs rangs ces êtres pervers et dégradés, rebut impur du Catholicisme! Quels garants de crédibilité présen* tent les déclamations furibondes de ces moines défroqués^ de ces impudents libertins, frappés des anathèmes de TÉglise, et un homme sensé, quel que soit son symbole religieux, les croira-t-il sur parole? Placez-les en face de ces émioent3 pe^ sonnages, qui abjurent les erreurs de l'Anglicanisme pour entrer dans le bercail de TÉglise catholique. Quel contraste! d'un côté, que de corruption, que de bassesse» que de vils ios* tincts! de l'autre, que de dignité, que de noblesse, que de dévouement, que de sacrifices! — Qu'ils aillent jusqu'à Romei disaient les protestants, en parlant des convertis à la religion catholique, ils seront bientôt de retour. Ils rencontreront à Rome, en France, en Angleterre,. partout, un grand nombre de prêtres sans foi, et ils se lasseront de leur nouvelle religion. — Et leur prédiction se trouve démentie par l'expérience, et les nombreux ministres anglicans, devenus prêtres catholiques, se montrent les défenseur^ les plus ardents de notre croyance, gémissant aux pieds des autels de voir un si grand nombre de leurs frères, errant sur l'oçé^n tumultueux du monde, sans gouvernail et sans boussole, sans ancre et sans pilote, en dehors de la barque de Pierre qui peut seule les ramener dans le port du salut.

M. Newmann, dans ses premières Conférences, ne se con* tente pas de nous tracer les portraits peu flatteurs, mais rigoureusement vrais, des misérables que l'incrédulité et surtout le libertinage poussent dans les rangs du Protestantisme; il examine les griefs articulés par eux contre la religion catholique. Il examine, en particulier, dans la IV* Conférence, les accusations contre le célibat ecclésiastique, formulées [»ar Blanco Withe, prêtre espagnol apostat, et par une femme débauchée, la fameuse Maria Monck, et il prouve qu'elles sont contradictoires, comme celles dék faux témoins qui déposent

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contre le Christ. — Il y a des défections honteuses parmi vous, nous dit-on. — N'y en a-t-il point dans le protestantisme? — Il y a parmi vous des traîtres. — Oui, comme il s'en trouva un à la compagnie du Sauveur. C'est une exception à la règle, et au lieu de conclure que la religion catholique est mauvaise, parce qu'elle renferme dans son seiû quelques mauvais prêtres, c'est une conclusion toute contraire que vous devriez formuler en bonne logique. Tant que vous n'aurez pas démontré qu'il y a moins de scandale dans le clergé marié de l'Anglicanisme, que dans le clergé célibataire du Catholicisme, et que ces scandales sont dus à l'influence de la doclrinccatholique, vous n'aurez rien prouvé.

Dans la ¥• Conférence, le docteur Newman s'attache à rendre évidente l'incon?équence logique de la manière de voir des ennemis de l'Église, et démontre que les protestants, qui nous accusent d'être persécuteurs, le sont plus que nous. L'histoire à la main, il nous fait voir le Protestantisme persécuteur en Angleterre, en Ecosse, en Irlande, en Hollancje, çn France; en Allemagne et à Genève; il déroule sous nos yeux les scènes hideuses et les cruautés inouïes qui souillèrent les règnes de Henri VIII, fondateur du Protestantisme anglais, et de sa digne fille Elisabeth. Le luxe des lois draconiennes de l'Église établie y de cette époque, fera à jamais sa honte. Il prouve que la religion qui défend le libre examen est plus tolérante que celle qui professe celte doctrine ; et termine par cet aveu remarquable d'un écrivain célèbre, à propos de l'inquisition : m — Rome fait exception à la règle, Rome que l'on » a essayé de représenter comme un monstre d'intolérance et / » de cruauté. Il est vrai que les papes n'ont pas prêché, » comme les protestants, une toléiunce universelle; mais les » faits montrent la différence entre les protestants et les pa- » pes. Les papes, armés d'un tribunal d'intolérance, ont à » peine versé une goutte de sang, les protestants elles philo- » sophes en ont versé des torrents ^ »

M. Newman prouve, dans la VI* Conférence, que la manière de voir des ennemis de l'Église se soutient par des préjugés; dans la VI1% que des principes supposés vrais, règlent cette

' Moore.

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