QUATRIÈME ET DERNIER ARTICLE
Quelques personnes nous ont écrit pour nous demander des explications sur certains passages de cette exposition plilJosophique du P. Ventura. Nous leur répondons que nous ne saurions entreprendre la discussion de toutes les tliéories du célèbre et regrettable Théatin. — II y a telle partie, celle en par* ticolier où il explique la théorie de la connaissance humaine, d'après saint Tliomas et Âristote, au moyen de Vintellect agissant et de Yinteîlect pos^^ible, que nous croyons Incomplète. Les Annales professent l'opinion que Thomme est un être intelligent i que dès qu'on lui dit une chose intelligible, il la comprend. Mais le comment de cette compréhension lui est caché. Saint Thomas et Aristote disent que cette connaissance se fait par l'intellect agissant et Tintelleet fouible. Mais quand on demande comment opèrent ces facultés, il n'y a pas de réponse. On a donc fait un pas sur un cercle, et on est toi^ours également éloigné du centre. C'est là l'opinion des Annales,
Mais les Annales ne sont pas exclusives. Voilà pourquoi elles publient toute la théorie du P. Ventura, parce qu'elles la regardent comme le plus beau et le plus complet système de philosophie qui ait été publié de nos jours, comme le plus magnifique essai de concilier les théories scolastiques avec les théories et les sciences modernes. 11 n'est pas de professeur de philosophie, qu'il soit catholique, ou semi- rationaliste, ou rationaliste, ou panthéiste, qui ne trouve à profiter dans cette belle lecture. A. B. '
2* APPENDICE. — Réponse aux objections de la science phyàquê moderne, contre la théorie de Vancienne, sur le sommeil , exposée dans V appendice qui précède.
3* APPENDICE — De la prétention, affichée par le Semi-ratiomlimie de convertir le Rationalisme, par la manière doucereme àmt U le traite, et par les concessions qu'il lui fait,
1. Doute bien fondé que le zèle des Semi-ralionalistes^ pour là conversion des incrédules, soit sincère. — Preuve, sanâ réplique^ qu'il n'est pas évangélique, tirée de la conduite tenue
' Voir le 3* article au N» précédent ci-dessus, p. 152.
SIS TRAITi! DE PHILOSOPfllE CHRÉnsmiK
par le divin Sauveur à l'égard desancieDS Pharisiens. — Bdte justiâcalion de cette conduite du Seigneur, par saint Thomas. — Les Apôtres, les Pères de l'Église ont toujours traité durement les Pharisiens de leur temps. — Les Rationalistes lont les yrais Pharisiens du nôtre. — Nos procédés envers eut s(uit plei nement justifiés.
2. Of^eil satftBÏque de nos fiationalistes, qui l«s etnpécbe de se convertir. — Ce n'est pas en les caressant, mais en lés frappant qu'on peut les réduire. — Hypocrisie de leurs avances à là religion. — Preuves qu'ils en sont toujours à la pensée sacrilège de ne s'allier avec elle que pour la dominer etla perdre. — Insultante et superbe manière dont ils ont répondu aux concessiODs que leur a faites le Semi-rationalisme. — Trèsprobablement ils ne se convertiront jamais.
3. Comédie jouée par M. Cousin et le Semi-ralionalisme avouant qu'il en a été dupe, en le croyant converti. —Mgr de Poitiers n'a donc pas calomnié M. Cousin en le dénonçant au public comme l'ennemi de la révélation cbrétienne. — Scaadale d'un Prêtre ttemi-rationaliste prenant fait el cause pour le philosophe contre l'évêque ; mensonges et absurdité de cette étrange apologie. — M. Cousin se reconnaissant coupable par son silence. — Le Semi-rationalisme convaincu d'avoir joué de malheur dans ses procédés pour la conversion des incrédules.
4» APPENDICE. — De l'kypocrisie et de l'impiété du RaiioMlisme, prétendant établir une alliance entre la religion et la philosophie ; et de l'absurdité d'une telle ailiance.
1. Insolence du Rationalisme, affirmant que l'Ëglise vieol reconnaître l'indépendance de la Philosophie à l'égard delà Religion. — Ses prétentions sacrilèges à demeurer toujours maître de lui-même, et affranchi de toute censure ecclésiastique. — Conditions dérisoires auxquelles il entend s'allier avec le catholicisme.
t. La vraie philosophie a toujours été et doit être soumise àla vraie religion. La philosophie, prétendant s'affranchir de ce devoir, n'est qu'une philosophie rebelle, poussant à l'anarchie du monde intellectuel. — Hypocrisie et trahison des offres qu'elle a faites à la Rehgion.
. l»All LB P. VENTURA DE BAULICA. t\^
3. L'alliance ou la fusion qu*on réclame entre la Keligion et la Philosophie serait aussi absurde et aussi chimérique que certaines alliances ^u fusions politiques. — Ce serait , pour la Religion, une abdication de sa souveraineté divine; ce serait sa destruction. — Le Rationalisme se moque^ à bon 4roit, des cajoleries que lui fait le Semi-rationalisme» *- Fausse route que font les Semi-rationalistes, et mal immense qu'ib causent à la vraie foi.
tous; III.
•ECTIOM 2". — Traité de l'àMie.
CHAWTRE I. — Doetrims priliminaires de VOntolôgie ehrétienne sur les causes y les principes, la puissance et Vacle.
58. Nécessité de poser certaines doctrines avant d'aborder la doctrine de VAme. — Etant un être composé, l'Homme ne saurait être connu que parla connaissance du composé Natu^ rel.— Ptiysique de saint Thomas qu'on sepropose de développer.-^importance souveraine de cette discussion. — De la vraie doctrine sur les corps, on verra sortir la vraie doctrine sur rAme.--«On aborde les points les plus abstraits de la philoso*phie chrétienne; cette étude ne sera pas sans dédommagement pour le lecteur.
t>9. Différentes significations du mot Catis^.-— Belle doctrine de saint Thomas sur les causes. — Formules algébriques de cette doctrine. — Dieu, cause efficiente et exemplaire de tous les êtres créés. — ^Les causes ne sont que de quatre espèces : matérielles, formelles, efficientes et flnales.-4)ouze modes d'agir de ces causes.
60. Des Principes, — ^En quoi ils diffèrent des Causes. — ^Trois ordres de Principes.— Les Principes métaphysiques de tou3 les êtres, ou la Puissance et VActe, — ^Nécessité d'admettre ces prindpes.^u'esiK^ que la Puissance, au sens métaphysique? Ses différeptes espèces. — Qu'est^ie que VActe, au même sens? -r L'acte premier et l'acte second ? l'acte subsistant et l'acte, non sobsistant ?
GHAP. IW^^ Doctrines préliminaires de la physique chrétienne sur k Composé naturel, ou théorie scolastique sur la Maiiére st la Forme.
61. Différence entre le Composé naturel et le Composé artifi-
t20 TRAITÉ DE PHIiOSOFHlE GHIÉTIBIWÇ
deU^Seuly le premier est substantiellement Un, et ne résulte que de la Matière unie à la Forme.~Le Sujet et les deux termes de tout changement naturel.— Sa double iondîtion et ses rapports avec les termes du changement. — Le Sujet n'est que la JfoltVre première.-— Dieu n'a créé la matière que sous une infinité de formes; preuves de celte vérité par saint Thomas. — La difficulté de comprendre la Molière en puissance n'est pas une raison pour la nier. — Théorie sur V Inintelligible et sur Y Inimaginable. — Tort que se donnent les philosophes^ en rejetant comme rinintelligible ce qui n'est qu'Inimaginable. •^ La doctrine de la Matière en puissance est cependant intelligible.
62. Autres éclaircissements sur la doctrine de la Molière en puissance. Analogies par lesquelles on peut bien la comprendre.— La Matière premire et la Matière eeconde.— Gelle-ci explique bien celle-là.
63. Impossibilité de nier le concours d'un principe invisible dans la composition naturelle des corps. •— Les corps tomp^m et les corps mixles.-^ la fabrication artificielle de l'eau.— Les eaux minérales et les bains sulfureux artificiels. — ^L'impossibilité^ pour la science, de former un corps naturel, est une preuye péremptoire de l'existence de la Forme substantielle des scolastiques.— Autre preuve de la même vérité^ tirée des travaux des alchimistes.
64. La Matière première n'est^ d'après saint Thomas^ que la Puissance substantieUe. Explication de cette belle définition.-* Trois propriétés de la Matière première.
63. Définition de la Forme, et ses trois fonctions de substantier, de spécifier et d'individuaUser la matière. Belles remarques de saint Thomas sur la transsubstantiation des aliments^ dans la substance du corps animé. — Comment toute forme est VActe, donnant au composé naturel la différence et Yopération.
66. Multiple^ comme la matière, la Forme en diffère en ce qu'elle est engendrable et même corruptible, l'âme intellective exceptée. — Comment la matière et la forme se terminent-mntuellement.— Manière négative dont, d'après saint Thomas, la matière termine les Anges et même Dieu.— Explication de cette
PAR iB P. VENTURA DE RAULICA, 22i
doctrifie. «- Elle exclut formellement Terreur de la Corporiité des Anges.
67. Nouveaux éclaircissements sur les deux qualités de la Forme^ d'être engendrable et eorruptible. — Différents s^is du moi Génération. — La loi de la transmission mutuelle de la vie et de la mort.— Comment^ dans la Nalure^la corruption d'une cliose est la.génération d'une autre. — La^génération et la corruption par Tart expliquent bien ces mystères.— L'âme humaine Forme.— Destruction des formes inférieures par la puissance des formes supérieures. -— Cest la forme qui produit la forme.
68. Encore d'autres explications touchant l'action des formes sur la matière. — Gomment les éléments du composé consert vent leurs propriétés, même après qu'ils ont perd u leurs formes inférieures par l'absorption de la forme supérieure. — ^Plusieurs formes peuvent se trouver dans le même sujet, pourvu qu'elles ne soient pas de la même espèce.— La décomposition des corps animés après leur mort.— Comparaison entre l'action du pouvoir suprême dans le corps social et l'action de la forme suprême dans le corps naturel.— L'ordre naturel n'est que le reflet de l'ordre moral.
CHÂP. III*. — Les systèmes de la phUosophie pcSenne, ancienne et moderne, comparés avec ks systèmes de la philos(^hie chrétienne, touchant les éléments des corps.
69. Différents systèmes des anciens philosophes païens, sur la composition des eorps^ et leur a6$urdtté.— La doctrine païenne dm élément unique des corps, restaurée par Descartes, et professée de nos jours. — Les Monades de Leibnitz ne sont que la doctrine de Descartes, avec un surcroit d'absurdités. — Ces deux Réformateurs de la philosophie n'ont voulu que jouei; à la fabrique du monde ; cependant ils n'en ont pas moins été suivis par Gassendi et par Nevi^ton.
70. Les modifications apportées au système des Monades de Leibnitz, par le P. Boscowik, n'ont fait qu'en multiplier les contradictions et les absurdités. Vidéalisme et le scepticisïïkê en sortent nécessairement, et en sont sortis, en effet, en Allemagne, en Italie et partout où on le suit même de nos jours. — Les scolastiques ont eu bien raison de s'oc-
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coper sérieusement de la question de la composition des corps.
7i. L'école corpusculaire moderae^ ayant fait faire de Trais progrès à TAtstotre naturelle^ n'a pas fait faire un seul pas à la philosaphiê naturelle* — ^ Cette école n'a r^nplacé la doctrine scolastique sur les corps que par le néant et par le faux. — Au lien de les expliquer^ elle a rendu plus obscurs les mjB* tères de la Nature.-«6n rend justice à M. Dumas et aux notabilités de cette école. Au fond^ ils sont revenus à ia doctrine de la Forme, 8ub$UmiiarU, spécifiant et indwidualisant la ma« tière.
?2. Seule, la doctrine scolastique sur la matière et la forme explique le dessein de Dieu d'avoir voulu, d'après saint Tho^ mas, que les créatures lui ressemblassent dans la manière d'éire et dans la manière d'opérer. — La Matière en puiisance, terme moyen entre l'Être et le Non-être. — En substantiant la matière, toute forme crée> sans être le Gréateur.*^Résumé de la physique chrétienne. — Elle seule fait comprendre les aimnilations et les transsubstantiations naturelles.-— Les modernes admettent eux-mêmes les qualités occultes dont ils font un crime aux scolastiques. — Tort qu'ils se sont donnée en répudiant la physique chrétienne.
GHAP. lY^^Des êtres vivants, de kwrsâmes, et des actes spé» cifiques des différentes espèces d'âmes*
73. Le Principe intrinsèque du mouvement et l'organisme sont les deux constitutifs essentiels de la vie. -^ Les Composés vivants et les Composés non vivants* — Nul Composé ne vit> excepté l'homme, la brute et la plante;— Preuve que les brutes et les plantes parta^nt le principe de la vie*
74. Doctrine de la philosophie chrétienne sur la vie. — Le mouvement propre des esprits. *- Différents degrés de la vie et des êtres vivants. — La vie de Dieu est le comble et la perfection de la vie. — ^Beauté et importance de cette doctrine.
75. Pitoyable définition de rame, donnée par Tocole spiritualiste allemande. — Celle de l'école cartésienne est plus pitoyable encore. — Grandeur et justesse de la définition de l'âme des scolastiques. — Cette définition a été consacrée par l'Eglise.
PAR LS P. TSirroBA ME KAULICA. 223
76. Actes spécifiques de chaque espèce d'âme en particulier. --•Les six actes de Tàme des plantes. — ^Les neuf actes de rftme des brutes. —Les douze actes de Tànie humaine.— Sa supérierité sur les autres espèces d'âmes.
77. Magnifique doctrine de saint Thomas sur tes différents degrés de perfection des formes substantielles. -^ Ces degrés forment une échelle par laquelle on monte du plus chétif des êtres jusqu'à Dieu; — Tort que s'est donné Descartes en niant l'âme des brutes. — L'existence de l'âme des brutes prouvée par la Tradition et par l'Ecriture. — ^L'âme des brutes^ sentinelle de rame humaine.
GHAP. y«.--*De la première des qualitéêcommuMB à tûuUs lés ùmtfi en général, et à Vàme en partieidiery d'être la forme sub^ staotielle de leur corps; et des analogies entre la doctrine de la phUesophie chrétienne sur Vunion de fâme af>ee lé corps dam l'homme, avec la doctrine de la théologie cathoUqm sur Vunion de la ihDiniti avec l'humanité en Jésus-Christ.
78. On se propose d'expliquer les trois caractères communs a toute espèce d'âmes. — Le premier de ces caractères est : Que toute âme est forme dé son corps : démonstration de cette thèse par saint Thomas. — On la c(mfirme par quatre autres arguments. — Par sa manière de s'exprimer^ touchant les opérations des composés vivants^ le genre humain tout entier donne à entendre que, pour lui, toute âme est forme de son corps. — La même vérité est attestée par le sens intime de rhomme.
79. Réponses à deux objections contre la thèse : Que toute ùm est forme de son corps. — Le corps humain est matière proportionnée de l'âme intellective. «^ L'âme de l'homme subsistante eu elle-même. *— La séparation, du corps par la mort ne l'empêche pas d'en être la forme substantielle* i-
80. Signification scientifique des mots subsistance, iuppôtf hypostase, personne, très-nécessiiire à connaître, pour bien comprendre les analogies entre l'union de l'fLme avec le corps dans l'homme, et Vunion de la divinité avec l'humanité eu Jésus-Christ. — La personnalité n'a lieu que dans la nature rationnelle.