La brute-homme et la brute-machine : nécessité de ré
V SÉRIE. TOME V. — N* 27; 1862. (64' vol. de la coll.) 15
futer ces deux erreurs^ cUns Tintérêt de Tâme humaine. — On réfute la première. — La bête n'ayant ni intelligence, ni vertu inventive el perfective, rien n'^st plus bête que Topinion qui attribue la raison aux bêtes.
412. On commence à réfuter Terreur qui fait des brutes de pures machines. Cinq raisons par lesquelles on établit que réfuter Bossuet sur ce sujet n'est psts lui manquer dé respect. — On ne s'explique pas comment ce grand hoinme^ après avoir fait le plus triste tableau do la doctrine Cartésienne touchant les brutes^ ait préféré cette doctrine à celle des scolastiques^ que lui-même avait présentée comme la seule doctrine conforme au sens commun^ et toujours et universellement suivie.
113. Saint Thomas a enseigné précisément le contraire de ce que Bossuet lui fait dire sur les brutes. Pour saint Thomas, la brute se meut elle-même^ s'aime^ se connaît^ et n'est pas machine. — Contradiction dans laquelle est tombé Bossuet, en refusant Tâme aux brutes^ après leur avoir accordé la faculté de sentir. — M. de Bonald a partagé la même erreur. Pour lui la brute n'est « qu'un Instinct , servi par des organes.»
114. Tort que s'est donné encore Bossuet en soutenant que les brutes ne reçoivent les impressions extérieures que <( comme le fer reçoit les coups de marteau, » et sont incapables de rien apprendre. Il a confondu la faculté d'apprendre avec cpUe de comprendre. — Comment dresse-t-on les animaux? Preuves qu'ils apprennent bien des choses de l'homme et de^ êtres de leur espèce. — La parole de l'homme, sans être du discours, est une parole véritable pour la brute.
115. En affirmant aussi que la raison immédiate de tous les mouvements de la brute est en Dieu, Bossuet a prêté, sans s'en douter, son appui à la doctrine de Malebranche, qui nie l'action des causes secondes et établit le Panthéi^liae. — Preuves que non-seulement la brute, mais aussi la plante sont cause véritable de leurs opérations. — Les sentiments de la brute. — Les nier, c'est nier l'évidence. — On comprend que Fénelon ait donné dans ces errements ; pour Bossuet, la chose est aussi incompréhensible que regrettable. — Mal immense que le Cartésianisme a fait en France.
116* Application des doctrines exposées^ sur l'immatéria-
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lité de rame des brutes et des plantes^ à la thèse de la spiri* tualité de rame humaine. — Arguments sans réplique en faveur de cette thèse ^ résultant des choses établies touchant la nrUx générative des plantes et la faculté sensitive et la force estimative des brûles.
117. (Continuation du même sujet. Autres arguments , plu frappants encore, résultant des thèses établies sur l'appétit sensitif et la faculté locomotive des brutes^ en faveur de la spiritualité de Tâme de Thomme. — Conclusion de cette longue discussion : les prérogatives de l'âme des plantes et des brutes sont le plus splendide piédestal de la grandeur humaine.
CHAP. XIP. — De la première prérogative de Vâme humaine, ou de Bon origine, par Vimmédiate action créatrice de Dieu. Magvnflque doctrine de saint Thomas, touchant la génération de Vhomme, et rapports de cette doctrine avec le dogme de la conception du Verbe de Dieu dans le sein de Marie,
118. L'âme humaine est la plus noble parmi toutes les âmes. On propose trois autres prérogatives , comme lui étant exclusivement propres, et dont la première est d'être de création divine. — Doctrine impie de Platon donnant une même origine à l'âme de l'homme et à l'âme de la brute. — Démonstration triomphante donnée par saint Thomas de la thèse : Que Vâme de la brute est engendrée.
119. Magnifique doctrine de saint Thomas sur le mystère de la génération animale. — L'esprit est la vertu de la semence, dérivé de l'âme. — Toute forme supérieure détruit la forme inférieure et la remplace. — Différente manière 'dont le mâle et la femelle concourent à la génération. — C'est l'âme qui engendre l'âme sensitive et comment?
120. Belle et lumineuse démonstration donnée par saint Thomas de la thèse : Que seule l'âme humaine est créée immédiatement par Dieu. — Différentes phases du Fœtus humain. — Absurdité de l'hypothèse ; Que la même âme, sensitive d'abord, devient inlellective dans la suite. — Comment riiomme engendre vraiment l'homme, quoique son âme soit l'œuvre immédiate de Dieu.