‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 2)Chapitre 85 sur 149 · ST DES FASTES CONSULAIRES · texte numérisé non relu

ST DES FASTES CONSULAIRES

maîtres de Rome, les tyrans et les rois barbares mettaient la main sur les fastes. Dès qu'ils étaient \aincus, un remaniement officiel inévitable allait jusqu'à marteler sur les marbres publics les noms proscrits. Dans les listes historiques, des interpolations rétroactives remontaient de colonne en colonne. En supposant une situation calme, d'autres difficultés restent : les mêmes noms se répètent nombre de fois dans la série des fastes. Un seul Consul a deux ou trois noms qui semblent en faire autant de personnages différents. Des Empereurs portent 10 à 12 fois ce titre, et chaque nombre s'exprime par de légers signes faciles à confondre. Les fastes gravés ou écrits ne viendront-ils pas en aide? D'abord, les fameux fastes capitolins s'arrêtent à l'ère chrétienne. Puis, de dix à douze listes diverses, conservées dans les chroniques, toutes ont subi les altérations les plus bizarres ; des colonnes parallèles se sont croisées et mêlées dans un enchevêtrement inextricable. On conçoit que les plus habiles maîtres dans l'art de vérifier les dates hypatiques, tels que Pagi, Marini, et tout récemment LabuSy aient pensé qu'il n'y avait, dans ces sortes de formules, qu'arbitraire et incertitude aux 4% S« et 6" siècles, et c'est précisément à cette époque que se rencontrent les inscriptions consulaires de Rome chrétienne.

Pour se frayer une route sûre au milieu de tant de difficultés, il a fallu d'abord éliminer les opinions fausses, accréditées ou par le temps ou par des autorités graves. Ainsi, il a fallu prouver contre le célèbre Panvini que l'élection des consuls mi-partie en Orient et en Occident ne remonte pas à 338, ou à lamort de Constantin; contre i^orfyftési même, qu'il fautdescendreplus bas que 362, jusqu'aux confins du 4* siècle, vers 399; contre Pagi et toute son école , que la formule post consulatum n'était pas facultative, quand les consuls nouveaux élaienl officiellement connus et maintenus; que cette formule ne permet pas indifféremment de prendre tout consul pour point dé départ ; mais qu'elle est exclusivement réservée au dernier consul connu; contre Jïfura^on,, que sous les rois barbares il n'y eut pas régulièrement élection par le Sénat; contre Pagi encore, que la mention d'un seul Consul ne tenait point à un degré de haute illustration qui eût rélégué dans

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