‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 22 sur 103 · QUE QUELQUES CIRCONSTANCES DE SA VIE · texte numérisé non relu

QUE QUELQUES CIRCONSTANCES DE SA VIE

ONT ÉTÉ EMPRUNTÉES AUX TBADiTIOMS ÊTANGÊLIQUES '.

L'Ëvangile a été prêché dans Tlnde dés les premiers siècles de notre ère. — Les Brahmanes ont fait passer dans leurs légendes plusieurs de ces croyances chrétiennes en les altérant. — - La science actuelle éclaircit ces ressemblances. •— Légende de Krichna et ses rapports avec le Christ. — Son culte n*a commencé qu^au 6« siècle de notre ère. — Son nom même vient de Christ. — Incarnation de Yichnou en Chirsna ou Ckreslna. — Extraits du Prem-sagar, — Emprunts faits i TETangile.

I/)rsq[ue, il y a plusieurs siècles, les missionnaires catholiques pénétrèrent dans les Indes pour y porter le^ lumières de la foi, ib ne tardèrent pas à remarquer certains rapports firappans entre les religions brahamanique et bouddhique d'une part, et le Christianisme de l'autre. Ils expliquèrent tout naturellement ces analogies au moyen de

' Nous avions depuis assez longtems entre les mains cette Légende de Krichna, mais nous n^avons voulu la publier qu*après avoir donné une idée ^eli manière dont les traditions bibliques et évangéliques ont pu pénétrer ^ rinde. Cette connaissance nous a été donnée dans le remarquable travail du capitaine IFUford, Maintenant donc on peut sans inconvénient ^re toutes ces légendes^ qui cependant ont troublé la foi de nos humanitaires» Bien loin de détruire notre foi elles la conGrment, car on voit que non ^^ent le Christianisme n^a rien emprunté bOX croyances hindoues, mais ^core qu*il leur a prêté ioni ce qu'elles ont d*un peu raisonnable. A. B. m* SÉRIE. TOME XVI.— W 92; 1847. 6

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traditiops qu'ils trouvèrent encore eu vigueur dans cea contrées, et d'après lesquelles la parole évangéiique aurait pénétré différentes fois dans les Indes. L'existence d'une église assez nombreuse de Chrétiens dans le sud même de la péninsule cis-gangétique ne laissait pas de donner un certain poids à cette conclusion. Au reste, l'histoire ecclésiastique était là , témoignant hautement qu'un des apôtres de J.-C, saint Thomas, pénétrant plus loin que ses collègues, avait porté l'Évangile jusqu'aux bords de i'Indoustan, et scellé de son sang la vérité dont il avait douté un jour. Les anciennes villes de Nar^ singue et de Mèliapor ■ furent le principal théâtre des travaux et des souffrances de ce généreux apôtre ; il y a même, dans cette dernière ville, une pierre sur laquelle est gravée une croix accompagnée de caractères indiens fort anciens, que l'on prétend avoir été contemporaine et môme témoin de son glorieux martyre $ aussi est-elle en grande vénération dans le pays^

Plusieurs siècles après, la foi étant sur le point de périr, Dieu suscita un nouvel apôtre, nommé comme le premier, Thomas ou Matihoméy qui vint de la Syrie dans Tlnde, et, aidé de plusieurs évêqaes etcoadjuteurs syriens, chaldéens et égyptiens, rétablit la religion, et rétendit peu à peu dans la plupart des contrées de rHinclQU9tan,daos plu;sieurs pays circoavoisins et mêmQ jusque daqs la Chine \ Mui

' Mc'Uapor^ il est vrai, n'est pas une ville bien ancienne; ce sont les Portugais qui Tont construite non loin de celle où prêcha et mourut saint Thomas, et qui est rainée depuis longtems; on donne aussi à la nouyelle ville to nom de San-Thomé,

• On en peut voir la figure dans la Chine illustrée du P. Kircher, et diM les /annales qui Font copiée, t. xv, p. 123 (3» ^érie).

s En témoignage de ce fait, je me contenterai de citer deux pièces fort en* rieuses et peu communes ettraites du Bréviaire chaldéen de TEglise deSsIat^ Thomas du Malabar. La première est tirée d une des leçons du second Boe^ iume dans Voffice de cet apôtre ; en voici la traduction littérale :

« 1. C'est par le moyen de saint Thomas que Terreur de ridolâtrie • ^ M bannie de rinde;

M 3. C'est par le moyen de saint Thomas que la Chine et TEthiopie ont êt^ M converties à la vérité ;

» 3. C'est par le moyen de saint Thomai qu*ils ont reçu le facromeal ^ » baptême et l'adoption des enfans ;

EMPfttnrrÊÉ aih êvaugiles. VI

rhérésie ûeNe$tùfiu$ y pénétra dans la mUïïfeckspt^Êngffjtkm. Dès kn, eette ti^se^ séparée dn centre de la Im et As l'nBité, eom- ■npiSi dédiner peu à peu, et était réduite à qoelqneslocaUtls, len- ^denoareanxqiôtres, envoyés par le saint-nége , après la déeonferte d'un nonrean passage aux Indes par Tasco de Gama, recom- ■ c a c èfc nt à la faire refleorir dans tonte sa pnreté.

Best donc constant qne, depuis les tems apostoflqnes, la rel^ioa dvétîenne a subsisté sans interruption dans VHmdouitan et dans les entrées enTironnantes, que la foi a élé prêcbée dans la pluspart des fTOfinces de ce grand empire, que des rois même Font embrassée. Ob en pouvait, ce me semble^ conclure avec quelque raison que, dans cxs régions où tous les systèmes s'accréditent avec la plus grande facifité, quelques diurnes, quelques mystères du Christianisme s'étaient IJfaKs dans les fables antiques du brahmanisme^ et avaient été plus SB moins monstrueusement altérés en passant dans lé symbolisme des leatib.

Mas la philosophie qui fait profession de croire tout ce qui n'est fil rErangile, aime mieux bâtir des hypothèses que d'ado|rter des «■dosions ans» naturelles. On trouve donc plus simfde de soutenir fÊt b religion chrétienne , bien loin d'avoir fourni aux faMfes infaau, était au contraire empruntée du Brahmanisme, A défaut ^6its positib, ou plutôt, contre les faits les plus posîtifa, on emploie

* 4. (Tert par le moyen de saint Tbomai qnllsont cm et confeHé lePéie; •kfib et rEsprit de lainteté;

* ^ Ceit par le moyen de lainl Thomas qu'ils ont cooicrvé la (oî en on >Kal Dieu qnlls ayaient reçoe i

* 6u Ccst par le moyeu de saint Tbomas que ks splendeurs de la doctrine *M^ ont paru sur tontes les Indes;

* 7. Ccst par le moym de saint Tbomas qne le royaume des cieux a volé *ttttt parfesQ dans la Chine. »

la lecoade est une antienne dn même brériaire où il est dit: « Les Indiens, *lnCkiBois, les Perses et les antres insolaires, comme anin ceux qui babi- *^la Syrie, rArménIe, la Grèce et la Bomania, offrent des adorations i *^aint nom, dans la commémoration de saint TbooMs. » Dans Kirehar ^^Ubutrée, p. 78, où se tronye le texte.

^npféOcffai e«u>re le Cameax momanant éeSi-ngaH'/oa, wn leqnel on ksJmuUesdepàHof^i^^Unt^^UleiiBb,

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