‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 25 sur 103 · LA LÉGENDE DE KMCRRA · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE KMCRRA

» Tfilhnt envers noas, et iDootrex-nons anjonrd'hoi le pindii. »

Jjcs disciples do SaoTeur aTiicnt aus» témoigné phsiean loii j leur maître le désir de voir son royaume et sa gloire ; et il en dom à qoelques-mis d'entre eox sar le Thabor, nn avant goftt qni loi transporta hors d'eux-mêmes. Le passage suivant ne serait-ilpisaK réminiscence du récit évangélique ?

« Krickna se rendit aux vcenx des ses compi^nons, et leor moitit dans Ftàâja même le séjour où il donne à ses adorateurs la fifficWL En cet instant, rintelligence des habitans de f^rââja fat ouverte, «I les mains jointes, la tête inclinée, ils dirent : < Seigneur, votre gnn- » deur est sans limites; nous ne pouvons la célébrer ^^^nement Grte » vous soient rendues de ce que, par Teflet de votre bonté, noos ai«i )i vu aujourd'hui que votis êtes f^ichnou et que, pour soulever de h » terre le £urdeau (des crimes qui Toppressent), vous avei pris iw- » sauce dans le monde... »

Les faits miraculeux n'ont pas foit faute à Krichna; M. Garanà' Tassy en cite trois que nous allons reproduire ici ; le premier sailMl n*est pas sans analogie avec le style des évangâistes, et rappdkh: femme courbée depnb dix-huit ans qui fut redressée par Notre Si-« gneur\

« En ce tems4à, Krichna rencontra dans les rues de Mi une bossue qui avait en la main un plateau chargé de vases pfeiii sandal et de safran. Krichna lui demanda qui eUe était et à qm portait ces objets. Elle répondit : « Protecteur do pauvre , je • nomme Koubdjà et je suis au service de Kansa^ Maïs ini » rement je vous suis dévouée, et c'est ainsi que j*ai aujoordini » bonheur de vous voir et de rendre ma vie frnctiBante..... k » ment , Seigneur, le désir de votre servante est que vous » mettiez de vous offrir de ses mains du sandal. » Krichna la ferveur de cette femme, consentit à son désir..... Pois, ayant son pied sur celui de Koubdjây ayant pris son menton avec deox ses doigts, il rendit droite sa taille..... »

Le second est un incendie appaisé. Nous ne lisons point de semblable dans TEfangile ; nous ne le citons qu'en témoigna^

■ Lac, xm» 11 et 13.

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ponvoir attribué à Krichna sar les élémens ; toutefois on pourrait y ycMr le pendant de la tempête appaisée par Jésus-Christ à la prière de ses apôtres qui lui crièrent : « Seigneur, sauvez-nous ; nous pé- » rissons '. >»

« Un jour que les babitans de f^ràdja furent surpris par la nuit dans les djangles , ils dirent entre eux : « Comment pourrions-nous > retourner à nos maisons, fatigués^ affamés, altérés comme nous le t sommes? passons la nuit ici, et, à l'aurore nous irons à Frindà-- » vana, >» Ayant ainsi parlé, ils s'endormirent ; mais lorsqu'il fut minuit et que le ciel fut noir, le feu prit instantanément à la forêt de toos côtés; arbres, arbustes et animaux, tout brûla rapidement. A Tappariiion de l'incendie, les bergers se réYeillèrent en sursaut, et agités, tendant les bras, ils criaient : « Krichna^ délivrez-nous promp- » tement de ce feu ; autrement il se propagera et réduira tout en » cendres. » Krichna entendit les cris de Nanda , de Yasodâ et des babitans de f^râdja; il se leva, et en un instant, il aspira le feu. L'ayant ainsi anéanti, il éloigna l'inquiétude de l'esprit de tous. Au matin, ils retournèrent à P^rindâvana^ et dans toutes les maisons on fit des réjouissances et on chanta des cantiques de félicitation. • Il ne restait plus qu'à reconnaître en Krichna le pouvoir de ressusciter les morts ; nous le trouvons dans le troisième exemple, où ce personnage rend la vie à un jeune homme, comme Jésus-Christ avait ressoscité le fils d'une veuve de Naïm : mais le récit de ce prodige s'éloigne plus que les autres du style de l'Ëvangile, accompagné qu'il est de circonstances mythologiques.

« Sandîpan , gôuroû * de Krichna et de Bala-Râma , sortit de sa maison, et éunt allé devant Krichna et Bala-Ràma, il dit au premier : « Seigneur^ j'avais un fils; je le pris un jour avec moi, et

* j'allai me baigner avec ma famille à l'occasion d'une fête. Arrivé à^ » l'endroit convenable, j'ôtai mes vêtemens et je me baignai avec mes

* compagnons. Mais une vague du fleuve emporta mon fils, et il ne

* fevintplus. Sans doute quelque crocodile ou quelque poissonl'aura

* dévoré : aussi la douleur que j'en ressens est extrême* Mais puisque

• MaUh. vin, 25.

* Cest-à-dire, précepteur, directeur spirituel.

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» VOUS voulez bien m'aecorder un don en récompense de mes soins. » rendez-moi mon fils et éloignez ainsi de moi le chagrin... ••

9 Alors Kriehna suivi de Bala-Râma, alla auprès d*Kama (dieo des enfers). £n le voyant, ce dernier se leva de son siège , alla à sa rencontre et raccompagna respectueusement. Il le fit asseoir sur son trône, lui lava les pieds et dit : « Heureuse cette ville, puisque le Sd* » gneur vient s'y montrer pour accomplir le désir de ses serviteurs! . » donnez-moi vos ordres, et votre serviteur s'empressera de les ac- » complir. » Alors Kricbna lui dit : « Rendez (à la vie naturelle) le fib » de mon gourou »

« Varna alla promptement et amena Tenfant; puis , joignant les mains , il dil : « O roi de bonté! j*ai su , par i*eSét de votre grâce, » que vous deviez venir chercher ici le fils de votre gourou : c'est » pourquoi je l*ai gardé avec soin jusqu'à ce jour sans lui rendre h » vie. » Il dit et remît Tenfant K Kriehna, Alors ce dernier, Payant fait placer sur son char, ne tarda pas de le ramener à son père »

Passons maintenant à la doctrine. Loin de nous la pensée de fat mettre de niveau avec la sainte et pure morale de Jésus ; cependant si la légende de Kriehna a emprunté quelque chose à l'Evangile, U dmt s*y refletter des émanations de ce livre divin. En effet, nous voyons le héros brahmanique préconiser quelques-unes des vertus que l'Homme- Dieu est venu enseigner au monde, et qui étaient à peu près incon* nues avant lui , entre autres l'humilité , le mépris des richesses, le pardon des injures. Pendant que les autres cultivent les grands et les puissans de la terre , Kriehna vit au milieu des bergers et des vachères; il chérit les petits et les humbles, il inculque à ses sectateurs l'amour delà pauvreté. Le discours suivant qu'il adresse à VoudiehUr offre un cachet tout chrétien.

^ « Je prive souvent de leurs richesses ceux que je veux traiter avec bonté, parce qu'en effet, lorsque l'homme perd sa fortune, il est ordi' nairement délaissé par sa famille , par ses frères, par ses amis, ses femm'es et ses fils ; alors il se convertit , et par l'effet de ce changement, il abandonne t'illusion de la richesse et des créatures^ et, libre de fascination, il applique son esprit à mon adoration , et c'est par le mérite de cette adoration qu'il obtient la jouissance de l'immuable béatitude... En faisant le poûdja (adoration) des autres dieux» on

EMPHUNTÉB AUX ÈVAli6IL£S. M

obàent, il est yrai, les désira de son cœur; mais non le saint.. « Un des points les plus admirables de la morale chrétienne est l'obligadon d'aimer ses ennemis et de rendre le bien poor le mal; on la troQYe développée prèsqn*! chaque page de l'Ëvangiley mais surtout dans saint Matthieu, chap. v, et dans saint Luc» chap. yi. Nous retrouvons, dans le passage suivant, quelques-uns des motifs proposés [Mff Jésus.

• Une gopî ' dit I Kriehna : « Seigneur, les uns font du bien à » des gens qui ne leur en ont jamais fait ; les autres rendent le bien » |H)ur le bien ; il y en a qui rendent le mal pour le bien, enfin d'autres

> ne tiennent aucun compte du bien qu'on leur fait. Quelle est la

> meilleure et la plus mauvaise de ces quatre sortes de personnes ? » Veuillez me l'expliquer. » — Kriehna répondit : « La meilleure des » quatre est celle qui fait le bien sans en avoir reçu préalablement.

> C'est ainsi que le père aime son enfant. £n effet , il n'y a pas de «mérite à rendre le bien pour le bien '. Telle est la vache, par

* exemple, qui produit du lait parce qu'on lui donne de la nourri-

> tore. Si on rend le mal pour le bien, on doit être considéré comme

> on ennemi ; mais la pire espèce de gens, c'est celle qui méconnaît » le bien qu'on lui falL »

Ailleurs il recommande aux hommes de ressembler aux arbres qui ponr les rigueura qu'ils éprouvent de la part du cultivateur, lui rendent des fruits abondans.

Jésus-Christ ne pouvait préconiser l'humilité sans condamner l'orgoeil et le faste des Pharisiens ; aussi l'Ëvangile retentit souvent des inathémes portés par le Sauveur contre ces hommes hautains, suffi- MUS, pleins d'eux-mêmes et durs envers leura semblables. Kriehna traite à peu près de même les Brahmanes de son tems qui, comme les Pharisiens chez les Juils, étaient parmi les Indiens les docteurs du peuple. £n voici un exemple semi- historique, semi-parabolique.

« Dans ce tems-là, Kriehna, étant arrivé près de la Yamounâ, m tenait debout sous un arbre , appuyé sur un bâton , lorsque ses compagnons vinrent et lui dirent les mains jointes : « Seigneur, nous

* Cemç(, traduit communément par ^ergçre^ fignifie proprement une pacA^iti on 4onne ce nom aux gardiennes de troupeaux du pays de Frâdja.

> Si benefeceritis bu qui vobis benefaciun( , qnflç vobis est gracia î* I^UP vi| 33«

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