‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 26 sur 103 · LA LÉGENDE DE KRICIINA · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE KRICIINA

» ayons nue grande faim. » Krichna leur dit : « Vous voyez ces » gens qui font élever la fumée des sacrifices; ce sont des Brahmanei » de Mathourâ^ qui, par la crainte de Kansa, exercent lenrcnlle. » en secret. Allez auprès d'eux en mon nom, et, avec Thumilité do » mendiant, demandez*leur de la nourriture. » Ainsi firent les bergers ; mais les Brahmanes se fâchèrent et leur répondirent : « Il tint » que vous soyez bien sols pour nous faire actuellement cette de- » mande. Nous ne donnerons rien à personne que ce sacrifice nenit » terminé. >»

« Alors les bergers vinrent auprès de Krichna ^ désespérés et regrettant d'avoir fait cette démarche. Krichna leur dit : « Actoel' » lement allez exposer vos besoins aux femmes des Brahmanes; eDei » sont très-dévotes et très charitables. Je suis sûr qu'aussitôt qa'elia » vous verront, elles s'empresseront de vous donner de la nourritore M avec honneur et respect. » Les bergers agurent ainsi et trouverait ces femmes qui prenaient leur repas. Ils leur dirent : « Tandis qne » Krichna est occupé à faire paître les vaches dans la forêt, la iaio » s'est emparée de lui ; il nous envoie vous demander si vous poorei » lui donner quelque chose à manger. » Les Brahmines n'eurent pu plutôt entendu ces mots, que, contentes de pouvoir être utiles à Krichna^ elles se levèrent et mirent sur des plats d*or des mets da six saveurs, et sans que persomic ne les en empêchât, elles coururent avec empressement, et trouvèrent Krichna entouré des bcrgeiii debout, à l'ombre des arbres : il avait la posture trinitairCt la fleor de lotus était à sa main. Les Brahmines placèrent devant lui les pUtt» et, reconnaissant en lui Fichnou lui-même, elles le saluèrent respeo* tucusement en lui disant: « Seigneur de bonté, quelqu'un peot-il , » contempler votre face sans votre grâce? Oh ! combien nous sommes » heureuses aujourd'hui I puisque nous avons eu le bonheur de vcNS » voir et d'effacer ainsi les fautes de notre vie. »

« Ces insensés brahmanes sont avares et fiers, enivrés par la proipérilé et pleins de cupidité, quoiqu'ils se piquent de sagesse. L'homme reconnaît le dieu qu'il se crée ; mais, aveugle qu'il est ^ il mécoimak la véritable manifestation de la Divinité... »

Ne pourrait-on pas retrouver dans ces brahmines si pieuses et si charitables y une réminiscence des autres femmes qui assfeUieot de leurs biens Jésus et ses disciples?

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