III. GOSMOQOHIE DB POUAIER
PlaDètei tDiméef . ^ Lei àmcfl des hommes sont des parcelles des planètes. *-« L^arôme est la nourriture des planètes.— De sa fonction dans les planètes. — Ce sont les planètes qui ont créé les animaux.
Quelques explications préliminaires sont flécessalre^ pour CoiH* prendre la eoimogoni$ de Fourier. II faut savoir que, selon lui, les planètes sont des êtres animés et intelllgeus. Les flmes des hommes ikmt des parcelles déiachées de la grande âme du globe qu'ils habitent. L*âme de chaque planète est fractionnée en deut parties, Tune divisible qui se partage entre les habitans, l'autre indiTisible qui est rintelligence du globe* Les planètes sont en société entr'elles ; elles composent dès groupes appelés tourbillons, organisés d'après les lois delà musique : ce sont des claviers à 37 touches de gamme majeure etminenre, avec un foyer qui est le soleil. Elles sont en conjugaison mùureuëe entr'elles et arec leur foyer ; chaque planète est andro» ftne comme les plantes, elle se féconde elle-même.
Les planètes se fécondent aus^ les unes les au très | les productions animales, végétales et minérales sont les résultats de la fécondation (fA est aocompagnée de volupté* Pour expliquer ces rapports entre les pbnèies et leurs jouissances sociales, Fourier suppose Tcxistence d'un élément qdll appelle aromb, et qui est répandu dans le soleil, dans les planètes et dans leurs satellites ; cet arCme croît ou décroît en vertu et en puissance dans chaque planète, selon le degré de perfection ou f imperfection des hutnanités qui habitent ces planètes. Les hommes, Islofl lui, pontant, par la culture, améliorer le climat terrestre, éga-^ User ta température, il dépend d'eux de favoriser le perfectionnement deTarOme, de le purifier, d'en augmenter la puissance, d'en élever h tUrci de même qu'en prolongeant l'état de désordre où ils sont, en htasant détériorer les climats, ib peuvent altérer cet arôme et te ^er.
Chaque globe a son arôme particulier ; le soleil a l'arOme fleur ffo^ fengef i la terre, l'arôme violette et jasmin ; Saturne, Tarôme tu^ Upe et lie\ Herschel, trîs et tubéreuse \ Jupiter, jonquille et nar^ cissCtB^
C'est par une effusion d'arôme venant d'un pôle à l'autre que les
planètes androgynes se fécondent elles- mêmes; c*cst par des rayons d'arôme dirigés d*ane planète à Tau ire qu'elles; se fécondent mutuellement. C'est de cette manière que Vénus nous a donné la mûre et la framboise ; la Terre s'est donné la cerise ; nous devons la fraise k Mercure, ainsi que la rose et la pêche, et les groseilles aux Satellites; le raisin nous vient du Soleil, etc.
Laissons maintenant Fourier révéler lui-même les merveilles dont il est» on ne sait comment, en possession :
« Notre planète, dit-il, ne fournit plus d'arôme au soleil. Ce n'est » pas l'effet d'impuissance ou de vieillesse, car elle est fort jeune, c'est » une suspension d'exercice arômal, causée par la chute de l'astre ar- » rivée 50 ans avant le déluge. Cette crise est inévitable pour tous les » astres, excepté le soleil ; ils en souffrent tous du plus au moins, M comme les enfansdela dentition.
» La terre a si prodigieusement souffert^ qu'une fièvre putride rè- « sultant (le cet incident s'est communiquée à son satellite PhnMf » qui en est mort ; mais, dans son agonie, Pliœbé se rua sur notre » globe, l'approcha en périgée^ et causa l'exlravasion des mers (le >» déluge).
Phœbé est maintenant à Vétat de momie, elle est remplacée pir Yesta, ' petite étoile nouvellement introduite en plan. La terre s'est parfaitement guérie de cette crise ; elle est, malgré sa petitesse, très vigoureuse ; mais son arôme, gâté par Reflet des vices des hommeSi est méphy tique, ce qui est cause que le Soleil n*en veut pas.
« Pendant trois siècles antérieurs au déluge, la terre avait fourni » son arôme en bon titre, et le soleil put s'approvisionner d'une petite > masse d'arôme dont il a fait usage pour imp/aner une petite oo- » mète, aujourd'hui Yesta ; ipais la provision était déjà épuisée aa » tems de César, où le soleil fut affecté d*une forte maladie dontil a w ressenti, en 1785, une nouvelle atteinte. Il est faux qu'il ait été w malade en 1816, comme on l'a soupçonné ; c'était la Terre seab » qui était affectée, et qui l'est de plus en plus, ainsi qu'il appert pir » le dérangement des saisons. Le Soleil est donc entravé en /bfidtoni » arômales par défaut de versement de notre globe qui ne peut four- M nir que des arômes de faux titre tant qu'il n'est pas organisé ca » harmonie.
DEVANT Le siècle 117
a Le soleil 9 réduit aux versemens de Saturne, Jupiter et Herschel,
» manque de son quadrille d*arômes cardinaux, levier sans lequel un
» soleil ne peut pas fonctionner en mécanique sidérale. Il se trouve
» dans 1 impossibilité de fixer les comètes, retard bien préjudiciable
» aux planètes, car beaucoup de no| comètes sont très mûres et aptes
» à entrer en plan. Le tourbillon en a besoin ; s'il est vrai que Her-
9 schel n'ait que six satellites, il est bien urgent de lui en procurer
» deux autres pour élever son clavier au complet. Elles sont assez
» abondantes ; il n'est pas d'année où on n'eu voie passer, mais le
» Soleil se trouve dans Tembarras d'un chasseur sans poudre qui vcr-
» rait passer force lièvres et perdrix sans pouvoir abattre la moindre
» pièce.
» Cependant j'ai dit qu'il en a fixé une depuis le déluge ; la petite » lune ^esta ou Phœbina^ récemment implanée pour occuper la » place de Phœbé qui sera déptanée dès que notre globe aura passé » en harmonie. Il peut en avoir fixé d'autres encore, et peut-être les
> deux premiers satellites de Saturne, récemment découverts, n'é- » taient-ils pas en plan il y a deux mille ans ; mais ce qu'il y a ^ de certain, c'est que notre soleil a usé le peu d'arôme tétracar^ » dînai qui lui restait Quant à notre globe^ il est doublement lésé,
> étant exclu de commerce arômal, hors d'état de se conjuguer ses
* cinq lunes vivantes, et réduit à un astre mort (la lune Phœbé), pour " son service d'absof ption et de résorption arômale.
» Une planète , quoique morte et inhabitable , fait encore un ser-
* vice matériel de momie, d'aimant arôuial. mais en tenant le poste *tiop longtems, elle se putréfie et nuit à celle sur laquelle elle se » conjugue.
» Les cardinales n'ont jamais qu'un satellite avant d'être parvenues " à l'harmonie composée ; jusque-là leurs autres lunes se tiennent en
* orbite simple, comme Junon, Cérès, Pallas, Phœbina et Mercure, " satellites de la Terre; ils ne viendront pas se conjuguer tant que
* iH>tre globe ne sera pas pourvu d'arôme de bon titre, qui peut seul
* K8 attirer. Mais dès que nous serons parvenus en harmonie, notre *8>obe, r^énéré d'arôme^ reproduira son auréole lumineuse ou
* cooronne boréale qu'il portait avant le déluge et qui est attribut de
* cardinale. Aussitôt nos cinq satellites désorblterout de leurs entre* \ m« BÉaiE, ioM£ XVL — N ' 92 i 1847, 8
» ciels, et, se mettant en marche, viendront se conjugaer $iir nous ï » peu près anx distances qui suivent : Phœbina^ 2,000 lieues; JunoD, » &,000; Cérès, 6,000; Pallas, 8,000; Mercure, 20,000.
» Alors s'effectuera la fusion des glaces polaires, arctiques et antarc- I» tiques simultanément. Pour comprendre les grandes conséquoices M de ce progrès, il faut savoir que notre tourbillon planétaire estcen- » tral dans l'univers. Il est donc le pivot de tous ceux de la^ voûte; il M est en mécanique arômale ce qu'est le général dans une armée, de » sorte que le retard de notre tourbillon retarde les opérations de a tout l'univers. Ainsi, dès que notre tourbillon sera restauré, les » astres de voûte se rapprocheront , formeront des chaînes de tour- » billons entre notre Soleil et la masse des étoiles fixes.
» Lorsque les 102 comètes seront implanées, irempée$f et aptes à » la manœuvre , le tourbillon s'élèvera de troisième en quatrième » puissance, formant quatre tourbillons secondaires dont chacun sera y> groupé sur un prosolaire à cristallin nuancé et anneau igné en titre » majeur. Alors le Soleil, au lieu de la souillure fumeuse nommée w lumière zodiacale, aura une auréole nuancée-moirée. Saturne, Jo- » piter et Herschel, seront promus en grade, et élevés au prosolariat. n La Terre y aurait les mêmes droits ; mais notre planète est si afiisdUie » par la catastrophe diluvienne et la longue durée des limbes sociaUii i> que je doute fort qu'elle soit jugée apte aux fonctions de pri>Ê(h n laire-miniature qu'elle devrait remplir '. »
Indiquons cependant les avantages que trouvera la terre dans cette amélioration du sort des astres.
* L'état vicié où se trouvaient les arômes de la planète a fait édart en subversif beaucoup de germes qui devaient produire des animus bienfaisans. — « C'est , dit Fourier, une de ces éclosions contre » moulées qui nous a donné l'aimable voisin de campagne nommé U » LOUP, en place duquel nous devions avoir un chien mineuf oa » hypo-cbien, aplc à parcourir les abîmes; et de même en pbced^ 9 la loutre qui dévaste nos ruisseaux^ nous devions avoir un co»t^ » majeur aidant à traquer les poissons. On ne saurait trop répâ^ 9 que notre globe est de tous le plus mystifié en créatiooSi et b pb
■ \QixitiPkaki7ige,
DEVAHT Le SIÈCUL tt9
à se dâhrrer sans délai do mohiUer odieux que loi ont iomië ks deux créatioiis actuelles, inirfiilier dimt on pem, fOMf cinq ans, obtoiir le remplacement.
• Pen noQs importe , ajoute Ftairier, de snroir qoe le cberal et fine forent créés par Satome, le zèbre par Prot^ (étoile non décooTertet maii bien existante, puisqu^onpoit ses auvragesen touê genres); qœ Jopiter noos donna le boeuf et le Uson^ et Mars le fhamean et le dromadaire , si , avec toute cette science» nous i*afOtts pas l'art de les ramener en scène de créaiiony pour im tranil contre-moulé f par lequel celui qui nous a donné le lion nous donnera en contre-moule nn superbe et docile quadrupède, Fanti'
• lion, un porteur élastique. Le cberal sera laissé pour attelages et > pvades quand on possédera la iamille des porteurs élastiques antû'
• feu, anti^igrcy anti-léopard^ qui seront de dimeoskm triple des
• iBooles actuels. Ainsi un anti-lion franchira aisément à chaque pas
• k UMses par bonds rasaos, et le cavalier, sur le dos de ce coureur,
• sera aus» moilemeot qoe dans une berline suq[>endue« Les noa-
• veOes créations, qu'on peut voir commencer sous cinq ans don- »aaont à pro/uMon de telles richesses en tous règnes, dans les
• nos comme sur les terres. Au lieu de créer baleines et requins,
• bippopolames et crocodiles^ en auraii-il plus coûté de créer des •lerriieurs précieux : anti-baleines, traînant le vaisseau dans les 'Calmes; anti-requin, aidant à traquer le poisson, atUi-hippopo*
• tÊmes, traînant nos bateaux en rivière; anU-phoquts oo montures
• de mer, etc. Tous ces brillaos prodoiUt seront ks effets néeessmres *tme création en arômes contre moulés , quidébufeen par un *inio arômal spbérique, purgeant les mers de leurs faîtunies *• p
Ce n'est là qu'une partie des avantages qui résulteront pour les IMnesde la correction, de la purification de rar^m^lerreslrtf/ ■Usées avantages seraient bien avantnrés par notre ignorance et notre teation à rester dans les limbes de l'état civilisé, si le conseil des hiftCA n'y avait pourvu. C'est encore Fourier qui va parler :
«0ieu, prévoyant qu'un globule encroûté de philosophie ^ rebelle ^Ui iBpuUotts de la nature pourrait à lui seul paralyter k umnh
' Voir, (6ui.
120 LE FODRIBIUSME
1» vementy le progrès social d'un million de tourbillons, a dû poor- » voir an remède qui est une opération exigeant 20 à 21 siècles de » préparatifs. On n'y a recours que dans le cas où un univers périclite » par quelque fâcheux accident, conune le désordre du tourbiWm- » foyer.
» Ce TÎce ayant été constaté à Tépoque de la mort de César, mt M en matériel par la maladie que subit le Soleil, soit en politique par D le crétinisme avéré de la civilisation , il devint évident qu'on ne » pouvait faire aucun fonds sur noire globe , que son organisation H harmonique était retardée indéfiniment, et que le Soleil allait être M privé indéfiniment de son quadrille â^ arômes cardinaux ^ bon
> d*état d*implaner ses comètes et de commencer l'opération du » passage en quatrième puissance dont il doit prendre Finitiativc.
» Alors on dut sans délai pourvoir à soutenir le tourhillon- foyer » PAR UNE COLONNE DE SECOURS dont la formation a pu employer >» un siècle, et qui, étant en marche depuis 1700 ans, doit avoir » franchi plus des trois quarts du désert céleste , et n'est guère qu'à » 300 ans des confins de la grande aire planétaire £ntre-tems, la » hiérarchie sidérale de voûte n'a pas moins fait ses dispositions qu'elle » continue visiblement parles dissolutions de voie lactée; mais, grâce V à l'intervention qui va tout réparer, il n'y aura eu que 1,800 los ^ de perdus, et dans tous les cas il n'y aurait pas eu plus de 2,W » ans de délai; car, en supposant le prolongement du désordre, Il » restauration n'aurait pas moins eu lieu sous trois siècles à peu près » par suite des mesures arrêtées en conseil sidéral, et dont il
> est inutile de rendre un compte détaillé '. » Nous terminerons ici cet exposé de la cosmogonie de Fourier ; noos
nous dispenserons de la discuter : on ne discute pas la cosmogonie de Milton ni celle du Dante, ni les brillantes créations des poètes orientaux.
Tout repose ici sur des hypothèses données pour des réalités et s'appuyant les unes sur les autres : hypothèse de Tanalogie musical®? hypothèse de l'existence de l'élément arômal, hypothèse de la pui^ sauce illimitée des hommes sur la destinée de la planète. Plusieurs d®
lôid.
hypothèses présenteraient entre elles des contradictions , comme lit celle d'une planète fournissant l'âme et le corps à ses habitang, )» à la mort des hommes reprenant le corps et laissant l'âme qui x>yager dans les astres au lien de se fondre dans la masse animique^ ime le corps se fond dans la masse terrestre, iais il serait injuste de demander de la logique à cette faculté nagination qui ne nous doit que des merveilles, et qui dans cette mogonie de Fourier, nous a certainement donné une de ses plus liante^ créations. Seulement nous nous étonnons que dans ce :1e, où Ton se montre si exigeant et si diflBcile en fait de preuves ir tout ce qui tient au monde surnaturel, cette (hégonoie de Four, qui est à côté de toutes nos sciences astronomiques, ait été ad- » avec admiration par les hommes d'esprit qui se sont fait ses ciples '.
lY. PSYCHOLOGIE D£ FOURIER ET DE SES DISCIPLES.
•is buts ou passions dans Tâme : les sensitivet, les afTecUves^ les mécaniantes. — Les fouriéristes exclaent la raison , — Tintellect, — le monde ptrïtnel, — et la liberté.
\Apsycologie du Fouriérisme n'a point de rapports avec la savante ssification des passions donnée par Aristote , ni avec celle de saint umias et des antres docteurs du christianisme , ni avec celle des
' Noos nous unissons aussi aui conclusions de M. de Lourdoneii ; il ne itpas discuter des hypothèses. Les catholiqoes doivent cesser de solrre m adversaires dans tontes ces brillantes excursions qu'ils font dans les ^ces imaginaires. Gomme seuls ils possèdent une révélation de dit, une filation positive et historique, ils ne doivent pas sortir de cette position, ^doivent, au contraire* y ramener forcément leurs adversaires. Prouvez, iventrils dire, prouvez la réalité à.^ vos paroles ; ces paroles n'ont de valeur w li elles viennent d'une révélation divine; prouvez qu'elles vous viennent 'IHeu, ou bien prouvez que vous êtes des éiieax^ ou au moins de^ Messies, ' comme ils ne peuvent prétendre à ce titre sans nous l'accorder aussi, la i^sioD rigoureuse de chacune de leurs preuves sera que notre religion l aussi divine que la leur , que le pour et le contre^ le oui et le non sont ^M... A. B.
m LE roURIËRtSME
Ecossais et de Laromigtiières. C'est une création de Fonder ; eDa est ft)Ddée» comme la mécanique sidérale , sur la prétendue analogie musicale et sur le principe de l'attraction transportée ici dans b monde moral.
Nous avons dit plus haut que , dans le système de Fouriér, noê âmes sont des parcelles de la grande âme planétaire ; ces {sarcelles drames sont diversement attirées vers les objets extérieurs à raison de leurs destinées, c'est-à-dire à raison de la place qu'elles doivent tenir dans l'harmonie universelle. Ces attractions diverses, que Fénrier appelle passions^ sont classées en groupes et en séries selon les kris de la musique , afin que les actions qu'elles doivent déterminer puis* sent produire Tordre et l'harmonie , et concourir au perfectionnement et aux destinées de la planète.
Fourier a employé, pour rendre plus sensible sa classification des passions^ l'image d'un arbre : la tige de l'arbre représente là passion' foyércy l'unitéisme (le penchant à l'unité). Du bas de la tige partent les racines allant de haut en bas en se perdant dans la terre et dans les ténèbres ; c'est l'image de l'ordre subversif opposé au dévelop' pement harmonique qui est représenté par les branches et le feuillage se nourrissant d'air et de lumière , produisant les fleurs et les fruitSi tandis que les racines tortueuses et leurs extrémités cbeielues, sont stérilesi tourmentées et hideuses.
Du haut de la tige partent les branches principales , ce sont iei passions cardinales, ayant leurs ramaux qui se multiplient tonjonn selon l'ordre sériaire et harmonique.
Voilà comment Fourier expose les principes de la psy^lôgie : 1*1^ tractioti passionnelle , dit'-il , est l'impulsion donnée par la nature antérieurement à la réflexion, et persistante malgré F opposition iA la raison, du devoir, du préjugé.
En tout tems, en tous lieux, l'attraction passionnelle a tendu ettea* dra à trois buts : l"* au luxe ou plaisir des cinq sens ; 2*" aux groupes et séries de groupes, liens affectueux ; 3*" au mécanisme des passiobSi caractères, instincts ; et par suite à l'unité universelle.
Les sens, au nombre de cinq , donnent lieu à un premier ordre de passions dites sensitives, Fourier ne méconnaît pas l'infériorilé rebtive de ces cinq passions, qui se rapportent à nos cinq sens.
DEVANT LE SIËGLÊ. 12S
Après elles viennent les passions qn'il appelle affectives ; elles sont an nombre de quatre : ce sont celles qui poitent à former les groupes t amitié , éCambition , d*amour^ de famille. Les quatre groupes exercent successivement l'influence sur les quatre âges de la vie. Chacun d'eux est dominant dans Tune des phases.
Viennent ensuite les passions qu'il appelle mécanisantes ou dts/ribtUives^ parce qu'elles servent au mécanisme des caractères. Ces passions sont au nombre de trois : !<" la cahalislCy sentiment de Té^ mutation, goût de l'intrigue, principe et âme des dissidences, des coteries ; 2** la papillonne , besoin de variété, de situations contrastées; 3** la composite , enthousiasme résultant de plusieurs excitations simultanées , sorte d'ivresse ou de fougue aveugle qui naît de l'assem- Uage de deux plaisirs au moins, l'un des sens, l'autre de l'âme.
La composite est le principe des accords , comme la cabaliste est le principe des discords , non moins nécessaires que les premiers en harmonie.
Ces douze passions ont pour tendance collective , selon Fourier, Vunitéisme^ la passion de l'unité , l'amour de l'ordre , l'accord universel Elles produisent par leur mélange et leurs diverses combinaison^ des passions mixtes , en grand nombre. La dominante d'une ou plusieurs passions est ce qui constitue le caractère.
Voilà à quoi se réduit la psycologie du fouriérisme. Il n*est nullement question, dans cette classification, des passions qui avaient autrefois ce nom, l'orgueil, la jalousie, la colère, la crainte , la douleur, l'avarice , l'envie : tout cela ne trouverait pas place dans le clavier passionnel ; tout cela cependant détermine les actions et domine les caractères* M. Pellarin, Tun des plus savans disciples de Fourieri dit que ce ne sont là que des manières d'être , que des eÛets de quelqu'une des passions énumérées plus iiaut , effets presque tot^ours dépendans des obstacles que celles-ci éprouvent. Mais n'est-ce pas méconnaître la puissance de ces mobiles que de leur refuser le nom de passions ; et peut-on dire avec vérité que l'avarice , par exemple , qui est la jouissance de l'or, est produite par Tobstacle que l'avaro éprouve à posséder l'or ?
Cette définition des passions ; qui dans le fouriérisme est une des
\iU LR FOURIÉRISME
bases du système, paraîtra bien pca solide à ceux qui auront creusé les profondeurs de l'âme humaine. Cette psycologie mérite un reproche bien plus grave , c'est de méconnaître la valeur de la plus haute faculté de l'homme, de la raison ^ cette lumière qui nous est donnée pour nous conduire. Fourier dît que l'attraction pasnonnelle est ce qui persiste malgré F opposition de la raison. La raison serait pour !*homme un guide inutile ou funeste ; car il dit aussi que les passions sont bonnes , et qu'il est bien d'y céder ; donc la raison n*est pas raisonnable ! La raison cependant nous est donnée par Dieu , aussi bien que l'attraction passionnelle. Il n'y a donc pas d'nnité dans les œuvres de Dieu ? que devient le système ?
Mais cette faculté de la raison n'est pas la seule que la psycologie fouriériste laisse en dehors. Il n'y a pas de place pour les facultés de Vintellect. L'école a beau nous dire que Vintelligence est au service des désirs ; les désirs doivent être réglés par Fintelligence. Celle-ci ne fût-elle qu'un instrument et un esclave , elle n'en existerait pas moins ; il faudrait donc lui donner place dans le système. La mémoire, l'imagination, la réflexion, tous les phénomènes de conscience sont pour Fourier comme n'existant pas. Bien plus, il laisse de côté tout le monde intellectuel ^ les idées et leurs rapports, le beau moral, Tordre logique, les notions du bien et du mal , du juste et de l'injuste, ces principes immuables , éternels, universels, qui font qu'à cent lieues ou à cent ans de distance des esprits placés au même point de vue prononcent le même jugement, tirent la même conclusion, s'accordent sans avoir pu se concerter !
L'homme, tel que Fourier le conçoit, est un atome vivant et animée obéissant à une attraction ; aussi la liberté humaine est-elle une absurdité aux yeux de ce philosophe. Toutefois cette psycologie est bien. sufiBsante pour ces parcelles d*âmes destinées à voyager pendant des milliers de siècles de planètes en planètes, vouées éternellement ao. travail attrayant et aux jouissances sensuelles.
La doctrine de la métempsycose exclut l'idée d'un monde spirituel , puisque dans cette doctrine les âmes restent éternellement enfermées dans le monde matériel. Dans les croyances chrétiennes 9 au contraire , le monde spirituel est nécessaire , les âmes des justes
devant, après cette vie. tonestre , passer dans ane aatre sphère où eUes pourront contempler Dieu '•
DE LOURDODEIX.
' Un reproche que nous ferons encore à la piychologie de Fourier, c*est que, pour l'admettre, il faut de toute nécesiité abandonner toutes les notions réelles, historiques» traditionnelles que rhumanité possède depuis 6000 ans. Biais alors que lui reste-t-il, de quel droit prend-t-il une part quelconque de ces traditions pour en reformer son système ? Dès qu'il en retient quelquesunes, la parole^ par exemple, il faut qu*il proure que celles qoMI rejette ne sont pas fondées sur la même autorité et la même raison. C'est ayec l'hommesociété, Thomme-humanité qu'il veut traiter et qu'il opère, de quel droit Yient-il le défaire et aussi de quel droit yeut-il le refaire autrement? Toujours donc ici ce sophisme, cet empiétement, ces larcins faits à la société réelle, pour en faire une société imaginaire, un Dieu, une âme, un homme imaginaires. — Nous catholiques, ne soyons pas dupes de ces hardiesses, et ne leur permettons pas ces larcins et ces inconséquences. A. 6.
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126 LETTRE DE DOM tiABDÉREAU
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