‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 32 sur 103 · IU« SÉRIE. TOME XVI. — W · texte numérisé non relu

IU« SÉRIE. TOME XVI. — W

ISA LBTTRB DE DOM 6ARDEBBAU

33. Un exemple d^ià cité fera nrieiu comprendre ce qui précède.

Quand laint Anielme inaugura m philosophie du moyen-âge par la eompoaition du Prothge et du Monologua on sait quHl se proposa de déft€iopper\à, chaîne des principales vérités de la Theodicee et de la Psychologie (cobbm BOUS nous exprimons maintenant), par la seule voie du raisonnement, et tgu mélange des, autoriiés de FEcrilure et de la tradition, reproduisant ailtti philosophiquement dans Cofdre de la science^ ce qu'il savait d^à par noe voie supérieure , dans V ordre de la Foi, Aussi eût-il bien soin de déclarer qu^il avait besoin de croire dés le point de départe afin de comprendre^ et qu*il prenait tacitement pour guide ces mômes autorités qu'il m^^/^f/i^c^' à dessein, seulement afin de laisser voir la chaîne abstraite des raisonne' mens, comme Feu avaient prié ses élèves. £t il inscrivit en tète da Prosloge ces deux profondes paroles : Fides quœrens intellectam, — Nisi eredidcfv non intelligam. Ce fut ainsi qu'il proposa des vérités révélées et même, i la fin de ces opuscules, des vérités toutes chrétiennes (car il y traite du mystère de l'auguste Trinité) par la méthode philosophique ou purement rationnelU, quant au mode de la déduction. Rien de plus opposé cependant à la marche du saint docteur que la méthode purement rationnelle dans te sens absolu : la recherche philosophique de la vérité inconnue, la méthode sceptique (E).

manière purement rationnelle, c'est , dit-il^ la théologie. •— > Nous signalons cette définition aux théologiens ; nous leur signalons encore cette pensée que quand on parle des vérités chrétiennes, on parle de vérités révélées dans V ordre sumaiureh comme si Texistenoede Dieu, ses perfections n'étaient pas aussi des vérités chrétiemuê. Tout ce paragraphe I dont nous ne voulons pas presser les termes» wm parait exprimer cette confusion que quelques auteurs ont introdoiie dans les matières philosophiques et théologiques ; nos lecteurs essayeront, s'ils le peuvent, de les analyser et de les préciser rigoarBOfiement.

Nous ferons observer en outre que ce n'est pas du douiê- adoto que part toujours le Rationalisme. Au contraire, en ce moment, l'éclectisme en se mettant tout d'un coup en possession des «(Mes Mnées et émanées, de Vuniversel, de Vcibsoiu, de Vinfini, de Viniftir tion directe, en prétendant que la raison est constituée par un éconlement et une participation divine, part non d'un doute, maisd'one affirmation absolue, qu'il ne se donne pas la peine de prouver.

(E). Avec toute la déférence qne nous portons à saint Anselme^ €D

Page 1