‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 4 sur 103 · Salte · texte numérisé non relu

Salte

39* — Mendésienne. 30 4 30« — Sébennyte. 38 Derniers persans. 8

CANON DE PTOLÈMi:E.

De Cambyse. , 6

Darius 1*'. 36

Xérxès. 31

Artaxenès I, 41

Darius U. 19

Artaxerxès II. 46

Ochus. 3*1

Arogus. 3

Darius 111. 4

Après avoir ainsi recherché la valeur des époques partielles^ M. de Bunsen sent enfin la nécessité de mesurer Tenserable de sa course, d'asseoir une récapitulation sur un point fixe et reconnu. Ce n*est, en effet, qu'en partant d'une base commune et certaine qu'on peut mettre à profit les synchronismes fournis par l'histoire des peuples voisins. Ce secours était bien nécessaire, car, si nous n'avons pu trouver V Africain en défaut quant à la méthode, ses chiffres partiels et même les totaux des dynasties, n'ont pu supporter la confrontation des inscriptions , sans déceler des fautes ou des altérations. L'histoire Biblique fournit jusqu'au 8' siècle le moyen de vérifier nos corrections. M. de Bunsen n'a garde de négliger ce précieux moyen, mais fidèle à sa désolante méthode, il commence par s'éloigner du calcul ordinaire pour l'histoire hébraïque, sauf à publier plus tard ses raisons ; de sorte qu'il nous est impossible d'apprécier pourquoi la victoire de Scheschenk I*" est placée par lui en 962 (av. J.-C,); les calculs du P. Pétau la plaçaient en 971, et ceux de Yohiey en 978.

Le tableau synchronique de M. de Bunsen, et toute sa récapitulation, reposant donc d'une part sur une discussion future du compui hébraïque , et de l'autre sur une chronologie égyptienne dont nous

SUR LE» OÏKASTIi:$ ÈllïPriEMiiES.

aTonx atlaqné toolcs les bases, naos n'y arrèieroDs pas dm leclcura en c«nioineDl; toatefois, nous n'anrions (tas osé leur bire parcoarir celte série de chiffres isolés, ai l'on n'en poavaîl tirer one donnée géntele d'une hante importance dans l'histoire de la race bamaine. Essayons de rassembler brièvement ces manbres épars, et de voir avec qnel degré d'erreur nous poorrioas mesurer la grandeur da cidone entier.

En remoDlaat jusqu'à l'iniasion de CanAyie, nous avons déuché nn premier groupe qui nous coadoit avec certitude ï l'année 537 avant l'ère chréiienuc '. Si nous ëtudioas une seconde période , qni comprend 185 ans jusqu'à la li- année d' Exéehiat, les premières corrections qu'Hérodote et les stèles des deui Piammiticvt nous ont lorcé de faire aux 26 et 25' dynasties, se trouvent vérifiées par quatre événemens de l'histoire hébraïque '.

ÉÏÉSE11E.V=

DITE ÈlJïfTIÏNNE.

ll'deSédéciu.

Jcruulem prise, JiréniieeliPi h roi HophM.

i'deJoBLim.

Nécho ballu but rEuphnle.

NMtiDlI, 10 innée

3I< de Jutltï.

Nécho tue Josiai t Magcddo.

N*cho II. (•' année

4S'déMansssé.

îfi'djnasiie, 1- aonée.

;io

14' d'Eiéchiai.

Sanchérib se retire devanl TirhaU.

35<dj.Téharlia,l> année.

' C'mI la 3* annéa de Camii/ie, où 1« eatum Tait catier olDcIelieBtnt la iJgM de PieetMieia II. Le leiie do SymcelU dit la 5* année , mai* comme CanliTH B'a régné qae S ana, qu'il eat compté pour 6 ana dam la dfoaitie ttqne le total gar^nUi l'eiaetitade de ce dernier ehilTre, il eit cerlaia Vi'4frieaM anit écrit la 3* année.

■Cette période la compose pour l'hiatoire Uliliqae, 1° de b9 ana compté* d>u le canon de Plolémée, entre le 3* année de Cambiie et la 19* de Nabotuhur, époque de la ptiit de JéruMlem MOf Sédéeiu (it Roia ixv; Jérémte, ui. W) elpnia de 134 ana et 9? moiaainii diilribuéi : Sédéciaa, 10 anaSP moia ; Jfluakim, 3 moii; Eliakim, Il ana; Joichai, 3 moisi Josiu, 31 ani; Aman

TBAVAUX DE M. I>E BUNSEN

Rien de pins difficile que d'accorder les différens chiffres des rois d'IiTûël et de Juda^ k partir A'Exéehiai , et les chronologuea y ont vainement épuisé leur érudition. Il nous parait plus sage de sVn tenir à la liste des rois de Juda^ qui dut être inscrite plus exactement dans les litres sacrés de Jérusalem. Mais elle présente elle-même quelques difficultés dans les récits du Livre des chroniques et des Livres dés rois. Yolney , après un examen attentif trouve un total de 252 ans Jusqu'à la 5' année de Rohoam ; M. Jrehinard \ dans un travail spécial sur la chronologie sacrée^ va jusqu'à 267 ans. Les recherches de Yolney nous ont paru les plus satisfaisantes pour cet endroit. Nous y ajouterons toutefois un interrègne de h ans, clairement indiqué par cette double mention du iv* Livre des rots (ch. viii, 20 et 25), que Joram régna 8 ans , et que ^n 61s Oehozias ne monta sur le trftne que la 12*' année. Nous sommes ainsi d'accord avec M. de Bunsen qui a compté 255 ans pour cet intervalle.

7Ba

pam

DATE BIpLIQUE

4«d*Ezéchia8el It 6^ d'Ho94^

14e d'Asa.

5'-deRobûam>.

ÉVÊNEMENS.

Hosée secouru par Soua.

95» dynaïUa (50 and], 94f dynastie (6 ans).

33o dyiuwMfl (S9 «Qs).

Il hsi Zérah l'Ethiopien.

Prise de Jérusalem par Scheschak.

92« dynasUe (140 ana).

DATE EGYPTIEN Nl(.

tmmmrmt

SchéYck II.

ISobévek Itr, \u année.

Bockoris, 1<^ aopée. Fétub«fi(èi,}f* année.

Ousarken I«%13* année.

Scheschenkler,8e année.

Scheschenk I«st'^ année.

wsm

2 ans; Manassé, 55 et fin du règne d'Ezéehias, 15 ans. Total 59+124=10 ana. Elle correspond à IflO ans 1/2 pour la 26« dynastie, et 22 ans et quelques mois de Tôharka.

> Chez Cherbuliez, Parla, 1841.

a 11 y eni 29 ana entre eas deni événemans, \% de Roboani, 9 d'Àbla f( 14 4*Aia.

SUR TES DYNASTIFS (.GYmfiNNES. |S

La coMordiiic« de cm deiii derniers événement prouf e qu'on ne peut placer la priée de Jérusalem vers la fiq du rogne de Sûkeêtkênkj car k roi (htiarkên répond à StwaK malgré la diflérenee apparente de ces deux noms ; la nasale est omise comme dans io nom hébreu Sehêiehak pour Seheickenk^ti le k s'est changé en k aspiré, ehaor gnment qui se rencontre même dans les divers dialectes égyptiens.

Les difficultés que nous avons signalées dans chacune des deux séries forcent d*avooér que malgré tous ces synchronismes, une erreur d'environ 15 ans serait très-acceptable \ celte première limite de noe calculs I mais Tincertitude va prendre de bien plus grandes propor» tioos en nous éloignant du règne de Sckesektnk t'.

Les divers auteurs qui ont calculé la période de Thistoire sacrée , qni s*étend jusqu'à la sortie d'Egypte, présentent une diiïérence de plus de 150 ans dans leur résultat ^ suivant qu'ils envisagent les divers gDuvememens des Juges, comme partiels ou comme successifs. Mais , le l.ivr€ des rois s'exprime d'une manière asseï positive pour que nous pensions devoir nous y attacher exclusivement. La détermina* tion chronol(^qoe de la fondation du temple a pour nous une bien antre autorité que l'addition de nombres partiels dont nous ne pou* vens maintenant connaître les rapports comme on les connaissait à l'époque où cette date importante fut fiiée dans le Livre sacré *^

Il est bien regrettable que Moyse n'ait pas donné le nom propre dt| Pkoraon son persécuteur ; en le vouant à l'oubli, il nous a privé d'un secours inestimable pour les calculs égyptiens. u4frieain et Euêèhê sont d'accord pour donqer ISO ans h la 21* dynastie, mats à la 90% Euiébe , donnant un chiffre plus élevé , nous autorise à croire que eelaî à^jéffieein a été altéré; nous emploierons ce chiffre de 178 ans*,

' On pouvait alors consulter le Hvre des guerrer du seigneur ^ et le Hvre été mêlions des rais de Jada^ auiqaels la bible te réfère souvent dans set véeits, et qœ nous es possédons plos. Remarquons cependant que ni saint /*«#/> ni Josèpke ne se sont eras obligés de se soumettre an sens d^ C9 verN* fplt 09US paraU si ^ir \ fyclum ^4l ergd qu^drinsinU^tM e( oçêagesimç »nn9 fgrwoniêfiUQriiin Uraéf de Iprrd Egyftti^ in anno guarfo, mepseZio^ipsç esiwiensis seeundus) cpdijiçari cftpit domut Domino,,., m fiois^ c. vi| V. 1.

* 178 ans dans le Syncelle^ dans le texte arménien 172; ipais le même texte arménien emploie la même dynastie dans le canon pour 178 ans. c'es| donc là le vrai ebiffre d'Easébe.

16 IRAfAUX DE M. OE BUNSEN

en notant le doute qui s'y rattache , puisque la série monumentale n*est pas assez complète pour y suppléer. Ce doute s'étend jusqu'à la série royale, puisque nous ne savons pas au juste comment Vu^T" pation des grands prêtres thébains était introduite dans les annales nationales. Nous avons reconnu Ramsès Ht ( Hikpen ) comme le chef de cette dynastie. Le chiffre de la 29« dynastie nous a de même inspiré peu de confiance, puisque la seconde partie de la liste est toule viciée ; malheureusement cette partie répond à ti souverains dont les dates nous manquent sur les monumenset les papyrus; mais ce n'est pas une raison pour les supprimer, comme le lait M. de Bun* sen, et nous nous contenterons , faute de mieux, du total à* africain (209 ans).

Nous avons vu qu! Eusêbe avait allongé la 18'' dynastie par suite d'une erreur qn^^éfricain n'a point partagée, nous nous en tiendrons au total de ce chronologue ; mais en remarquant que les nombres de détail peuvent di£Bcilement guider au milieu de ce dédale de r^es et d'usurpations. L'histoire des successeurs à*Horus est à faire, nous ne pouvons néanmoins effacer cette partie de la dynastie en face des textes et des monumens qui s'y opposent , mais nous ne serions pas étonnés de n'avoir déterminé le règne d'^mos qu'avec un siècle d'erreur, puisque depuis U dynasties nous n'employons que des chiffres probahhs.

C'est ici que se présente la difficile question du séjour en Egypte et de la délivrance du peuple hébreu. Si noué suivions aveuglément Jofièphe, ilserait évident que les traditionségyptiennes auraient rapporté cet événement au dernier roi de la 18* dynastie^ Mais il pense luimême que cet Aménophis a été forgé tout exprès pour donner un corps historique aux infamies qu'une tradition haineuse attribuait aux Hébreux. Nous ne comprenons pas mieux sa place au point de vue des monumens, car rien ne laisse soupçonner josqa'ici on règne entre Ramsès I*' et Séti I*' ; nous avons vu d'aiUeors que les denx légendes de Séthos ne peuvent guères s'appliquer an même personn^e , ce qui nous autorise à penser que la confusion de ces denx récits est la source de la confusion des listes en cet endroit, et que l'existence d'nn Aménophis à la fin de la 18* dynastie aurait besoin d'antres preuves. Le récit de cette invasion des peuples d'Asie que rhistorien attribue à

BUR LES DYISASTi£5 ÉGYPTIENNES.

riusUgatiun des juifs n'a d'ailleurs ricu de commun avec la uarraliuu de Moyse qui n'indique ni uue iuTasion, ni une supériorité même momentanée de son peuple. Quoiqu'il en soit, les chiOres d'Arricain, pour ces trois dernières dynasties, amènent la sortie d'Egypte vers le commencement du règne de Séthos V\

tl03

41 ans.

UISTOIRB SACRÉE.

5e année de Roboam.

Construction du temple.

Sortie d'Egypte.

Naissance de Moyfe.

/lex novus. Persécution.

Mort de Joseph.

Venue de Jacob.

Elévation de Joseph.

OIST iCYPTlENNS.

Expédit de Schetchenk.

21e dynastie, (130 ans).

20» dynastie, (178

ans).

]9« dynastie (209 ans).

Successeurs d*Horus.

Amessès et Thoul-

mèS 1er.

Amessès etThoutmès le».

18« dynastie ( 263 plus, 25 Africain).

MOlfOMBNS.

Schescfac ok Ie',8r.

Uarosèshik pen.

Séthos, 4* année.

Acherrcs, lO» an?

Acberrès ?

AménotpIU,13?

Ahmés,lrrannée.

Nous regardons comme un poiut bien établi et de la plus haute importance , que l'administration de Joseph eut lieu sous un prince de race égyptienne et non sous un roi pasteur, comme on Ta plusieurs fois prétendu. Toute Thistoire de Joseph le prouve dans chaque détail ; il est acheté par uu fonctionnaire dont le nom est purement égyptien ; son beau père, prêtre du soleil à Hiliopolisj porte le même

18 TRAVAUX DE M. UK BUKS£i\

nom , sa femme elle-même (Jsenef) rappelle la déesse Neit Le foi Idi donné son annean et tm grand collier d'hôntiettt^, et nous tfoyoïis la mêtne teëfie représentée à thèbes dans le tômbeati de Poéri, La liaffaite traii(}nillité qn'èxigent ses grands trâtatix d'apprôvisionûé* ment ainsi que les changemens qii'il introduit dans la propriété, soflt également incompatibles avec le régime de troubles et d'incursions propre à la souveraineté des pasteurs. Joseph est enfin salué par le roi 4a titre tout égyptien de sauveur du moMe d toujours \ Lorsque ce ministre se sert de l'aversion qu'inspirait aux Égyptiens les pasteurs de btebis » pour obtenir à sa famille un domaine sépare dans la terre de Ghschenj il est évident qu'il parle à des Égyptiens* chez qui saigne encore la plaie récente des pasteurs. Touts ces faits donnent une limite supérieure qui ne permet pas de pkcer l'administration de Joseph avant les premiers rois de la 18* dynastie. Il en résulte encore un enseignement bien précieux quant à Tévaluation des erreurs que nous avons, pu Commettre; c'est que nous ne pou* tons pas avoir exagéré la longueur de l'histoire égyptienne poilr cea 12 dernières dynasties, puisque nous avons employé un mimmuifi pour la date de VÈxode^ et que néanmoins^ cette date recule encore l'administration de Joseph jusqu'au règne de Thoutmês 1"^

Toute erreur considérable consistera donc nécessairement dans un thifire trop restreint ponr les 19, 20 oti 21" dynastie. Joseph diort j le respect de sa mémoire protège les juifs tant que la famille àeà Thoutmês et des AmènotfdL conservé le trône ; mais les révoltilioni qui accompagnent et suivent le règne d'/Torus, amètient des sObvetains d'une autre race ; le roi nouveau qui ne connaissait pas Joseph^ tt qui commence fa persécution, serait-il précl^ment le superstitieux ^BekhenatenP son nom propre {Aménophiê)^ aurait eticore aidé à augmenter la confusion dans le récit de Josêphe.

Avec de pareils élémeus de calcul, nous admirons la confiance dé ceux qui ont cru pouvoir reconnaître dans les listes égyptiennes si le iPharaoh qui poursuivait Moyse âvoit succombé dans la Catastrophe , ttiàis nous ne la partageoris pas. Si l'indication de la Bible était plus

' Voyez V excellente tUsserlalioném^^ Ungarelii, sur le titre i{»ovTop^«viX| dans les Annales de philosophie^ t. ^ii, p. SHO (3« lérie). .

SUR LES l>¥NASil£S £GYPilEl!«i\LS.

positive à cet égard ; nous peuserioDs que la défaite dang la mer Rouge doit appartenir au roi qui précéda Rarmèi P', c'Mt-ft-dire qu'elle aurait eu lieu environ 6 ans avant Tépoque indiquée par nos chfllret. Il noug serait sans doute très-facite, en ctioisissant à propos parmi les cliiOi^ des différens textes ^ d'arrirer à iaire cadrer eiadenieDt ces événemens arec d'autres périodes de Tlûstoire égyptienne. Iliea n'est plus aiséi par exemple, que d'amener la iotHê deê juifs en ood* cerdaace avec Vêœpuhion des pastsurs^ conmie le pensait jéfticami en choisissant un calcul plus long pour la série des juges d*IsraëL On peut, au contraire, amener la sortie d'Egypte sous Ménéphihahf fils du grand Ramsès, en prenant des chiffres plus larges pour les 19, 30 et 21' dynasties ; cette dernière concoridance satisfait, en effat» parfaitement ft l'histoire sacrée comme ft l'histoire égyptienne et noua ne nions pas qu'elle ne puisse être la véritable '•

* En plaçant V Exode à la 10« année de MéntphUuth^ on aurait la série soivante :

Page 1