IX. HISTOIRE DU FOURIÉRISME
Orgenes de la secte.— Ili évitent prudemment de parler de leur système reiigienx ou moral. — Tentatives de réalisation toutes échouées.— Eerîvainsde la secte.
Disons un mot maintenant de Vhistoire de cette école. Depuis b mort du maître , arrivée en 1837, jusqu'au jour où nous écrivons, le Fouriérisme a été en progrès , grâce au talent et à la sagesse des principaux disciples qui ont su présenter au siècle le côté économiste du système, et tenir en réserve ce qu'il y avait de trop hardi dans les di^ductions de Tinvcnteur. Les gens d'esprit qui président à la rédaction de la Démocratie pacifique, principal organe de la secte, ont su éviter autant que possible tout ce qui pouvait porter atteinte i la morale publique et à la religion ; ils ont ménagé ainsi cette civilisation dont ils sont sortis , et à laquelle ils confient encore le bonhcor de leurs enfans et la gloire de leur patrie. La môme justice doit être rendue aux écrivains de la Phalange, qui, peut-être* de tons les re- < cueils périodiques, est celui qui remue le plus d'idées, en philosophie , en linguistique cl en économie politique.
Toute l'école a prodigieusement écrit, et partout elle montre de la bonne foi, du talent et du bon goût; pourquoi ne dirions nousptf qu'elle fait preuve d'un grand courage? On sait qu'il en faut beaucoup en France pour soutenir un système qui, sur tant de points, peut donner prise au ridicule.
Outre la propagation par la presse , le Fouriérisme a ses missionnaires qu'il envoie dans les provinces de -France et même dans les pays étrangers. MlM. Considérant et Ilennequin paraissent avoir ob* JLenu de nombreux appiaudissemens dans toutes les villes où ils oot ' exposé leurs idées; ces marques de faveur s'appliquaient- elles ii b doctrine ou au talent des apôtres? c'est ce que nous ne pouvons décider.
Plusieurs tentatives d'application ont été faites depiiis celle quif»!
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commencée à Gondé sous Noireaa , da vivant de Fonrier ; nous sa* vons qu'elles ont échoué; mais les journaux de la secte ayant gardé le silence sur ces essais et leurs résultats, nous ne pouvons en parler que pour mémoire. Malgré la prudente discrétion qui règne parmi les adeptes sur les aflaircs intérieures de Técole, plusieurs divisions assez «graves ont été livrées au public. Un écrivain fouriériste, qui est aussi un homme d'esprit, M. Daurio , a publié , en I8/1I , un petit écrit où les directeurs du Fouriérisme sont attaqués avec vigueur; on leur reproche de s'endormir dans les doticeurs civilisées de la position qu'ils se sont faite, et d'avoir transigé sur plusieurs points avec les principes de l'école. Il est vrai que M. Daurio signale dans cet écrit les vices oi^aniques de la doctrine du maître ; c'est donc probablement un fouriériste désabusé qui, comme Glovis, brise les idoles qu'il a gloriûées. On a aussi parlé dans le monde d'un schisme qui existerait entre M. Considérant et le poète-ai)ôtre Jean Journet. Il est |Hx>babIe que la cause^de cette rupture tient aussi à l'impatience des zélés, qui partout supportent difficilement la temporisation des sages. Jusqu'à quel point ces dissidences entamcnt-elIes la vitalité de la secte? Nous ne le savons pas; mais nous croyons que ceux qui servent le mieux son intérêt d'existence sont ceux qui retardent la réalisation de sa doctrine ; car elle ne survivrait probablement pas à l'expérience qui en serait faite.
Outre MiM. Considérant et Ilennequin, dont nous avons déjà parlé, le Fouriérisme compte parmi ses plus brillans défenseurs A13I. Cantagrcl, Doherti, Pellarm, Alex. Weill, Bénézu , Langlet, de Nerval , Lavcrdant, etc. Il a pour poètes MM. Leconte de Lisie et Jean Journet. C'est une réunion de talens plus grande qu'il ne faudrait pour le faire triompher s1l avait pour lui ce qui est nécessaire au succès ûual de toutes les écoles : la vérité.