‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 43 sur 103 · D1ER, ABBÉ DU MONT-CASSIN · texte numérisé non relu

D1ER, ABBÉ DU MONT-CASSIN

(ET PAPE SOUS LE KOM DE VICTOR m. ) AMI BT FBRMB 80UT1BHT DU PÀPB SAINT GRBGOIRB Tfl.

ÎDcuîtme îlrtide \

é Didier réconcilie Grégoire VII a?ec Robert Guiscard. — Il décide ce h combattre Henri. — Lettre que Grégoire VU lui^écrit. — Entrevae de ier et d*Ucnri qai veut Tattirer à lai. — Son langage ferme. — Il décide scard i délivrer Grégoire enfermé au chAteau Saint-Ange. -« Il reçoit goire au Mont-Cassin. — Il est nommé Pape sous le nom de Victor III. 1 continue la mission de Grégoire VII. — Ses derniers momens.

rmi les provinces qui forment anjourd'hai le royaume napolitain, M duché de Napies, Salcrne , Amalfii) et la terre du duché de rent, étaient les seuls pays qui ne fussent point encore tombés la domination normande. L'invincible Robert Guiscard avait is à ses lois la PoulUe, la Galabre, la principauté de Bari; Ri« [ était maître de Gapoue et de sa principauté , ainsi que du du* e Gaête ; Roger, frère de Robert , régnait sur la Sicile avec le le comte ; mais Saleme obéissait à Guaimar, et Bénévent à Lanle YI, derniers princes de la race lombarde, pape, tout en consentant à voir les Normands conserver leur ince, désirait qu'elle fût tempérée ; aussi voulait-il du bien aux princes lombards, comme pouvant seuls poser une barrière aux lêtes de Guiscard : c'était là également ce que voulait Didier. i advint que les habitans d'Amalfi , gouvernés durement par le

oir le !«' art. au n^ précédent ci^desias, p. 150.

190 BIOGBÂPIIIË DE DIDJEB,

princo de Salerno, se «onlevèrent, s'emparèrent de la citét et mimt Guaimar à mort. Gisalfe, son fils, lear fit sentir on joag encore ploi pesant ; dans cette extrémité , ils se tournèrent vers Robert Goiscard pour implorer son appui contre ce chef lombard. Robert s'ef* força par les plus douces manières de plier Tâme de Gisalfe en faveur des Amalfitains; mais ayant épuisé en vain tontes les manières amicales, il se réconcilia avec Richard de Padoue, avec lequel il était en rupture; et tous deux ensemble vinrent mettre le siège devant Saleme (1077)'.

. Le phpe voyait avec peine Gisulfe, qu*il aimait comme son fiby courir à sa chute certaine; car qui pouvait résister à la force des Normands ? Il envoya donc Didier vers ce prince pour Taider de pacifiques et plus sages conseils. L'abbé du Mont-Cassln , Lombard de naissance et ami de GisulfC) accourut à sa cour et n'épargna rienpoor le ramener à un meilleur parti; mais celui-ci, ferme dans son des* sein de mesurer ses forces avec celles du Normand , ne daigna pas même le gratifier d'une réponse. Cependant Robert d'an côtéi Richard de l'autre, campaient devant Salerne avec une puissante armée se livrant à tous les préparatifs du siège. Didier , toutefois , n'abandonna point sa sainte résolution de plier Gisulfe à la paix. Ayant pr» pour compagnon Richard lui môme, il se rendit auprès de lui, et loi mit sous les yeux ce lourd fardeau de la guerre qui le menaçait ; il lui fit envisager la diflicuité de résister à la valeur de Guiscard , Il perte de son éiat, la honte d'une fuite, si la fortune ne lui était p(dot favorable. D'un autre côté , il lui représenta la facilité qu'il aiait de se réconcilier avec le prince normand, qui penchait vers la paix, et combien il était meilleur pour lui de conserver sa principauté, qoe de la mettre en péril pour la possession d'Âroco et de San-Eufemii (villes débattues entre lui et Robert) , qu'il n'était point facile d'colever à des mains si fortes. Il suppliait donc en faveur de la paix \ pour la paix aussi parlait Richard , ainsi que le pape Grégoire lui-même, dont la bonne foi ne pouvait devenir suspecte à Gisulfe. L'abbé Didier reçut , pour toute réponse du prince , le serment que jamais O n'en viendrait à traiter de la paix avec Robert. Alors > on pressa k

» Petrus diacon. Chron, Casin. lib. ni, c. 45,

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