‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 48 sur 103 · SUR LES VOYAGES EXUCUTËS EN ORIENT · texte numérisé non relu

SUR LES VOYAGES EXUCUTËS EN ORIENT

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LA DIEECTION QG'iL CONVIENDRAIT DE LBHB DONNER»

Utilité des voyages en Orient. — Résnltau obtenus. -> Acefoissemant du voyagenrs. — Encotiragemens donnés par le gonverneiBMt firancais. -^ Meilleure direction à donner I ces voyages. -^ Vice dtt modo d€ puktt* cation.

MoOB avions coutume de faire counaître les progrêê faiU dm$ fei itud98 orientales, en indiquant k noa abonnés les livres qui avaieat paru sur FOrient ; mais cette année* M. Mohl, i qui nous smproii* tons ce tableau, a jugé à propos d*y substituer quelquu riflexifm également importantes sur les voyages entrepris ou à entreprtiidft dans ces contrées ; et ce sont ces réflexions dont nous allons publier les extraits suivans, parce qu'elles seront utiles aux oiisBioDBaireB el aux voyageurs catholiques.

K Si la littérature orientale reste nécessairemeat le premier et le principal moyen d'étudier les langues, Thistoire» les religionSi la poésie et les antiquités des peuples de TAsie, les travaux des toyageufi en fournissent un commentaire qui nous est indispensable. Il serait superflu do développer une thèse dont la vérité est évidente par eliamCme, et dont nous faisons journellement l'application ; car qui de nous n a besoin , pour l'intelligence d'uu auteur oriental , des récils dos voyageurs , soit pour se rendre compte de la position géogra-

BU YOTAGfiS M OAIENT. 211

phique d -itt piys 5 Krft poar y troofêr ta dewripiioo d« montiàitiM •ncietiê on en Cùfkê d'inicriptioiif , uAt pour déootrrrir le sens d'uira illaskm tirée de rhiitoire naturelle do piyg, toit pour j re«> ewtilir des iraitg de meetirB qui peoTeiit éclairer l'histoire do passé ec rèclairent d'atitant mieux que les umboiis sont plos cMmstantes en Ori(»it; en un moti qui de nous n*i besoin dans tous ses tra?ant du tablean tif ant ded peys dont il s'occupe, taMeau que les voyageun senis pettfent lui fournir t

» On à ftit de notre tems de grands progrte dans l'exploration de roflenc \ les Boropéene Tout Ira?ers6 dans presqoe tons les sens. Des missionnidreei des officiers» des médecins, des diplomates ^ des négociins et des ? oyageors chargée de missions scientlûqnes ont pé^ nétré dans les pays réputés les plus inaccessibles. Bokhara, le Kurdistan , les sources de TOtus , le midi de l'Arable » l'AIghanistan , le lapon » le Tibet ont été visités et décrits ; les monumens assyriens, IMVsatts » sâbéens i les stupas de TAfghanistan ont été exhumés on Mlles } un nombre Immense d'inscriptions indiennes , himyarites p kabykmiennes , assyriennes, médiques, petiBanes, phéniciennes et ly<^ eiennes ont été copiées et sont aujourd'hui soumises aux iOTCstigalions des savans.

» Hais tout en prodamant ce qui a été accompli par le savdr et le eonrage dee toyegetnrs en Orient, on ne peut se dissimuler que ce qui n été fait jiUKittli ce Jour n'est que le commencement d'une carrière ^resqu'illiinitée { qu'aucun pays n'a été suffisamment exploré ; qu'il resté une infinité de monumens antiques à découvrir ; que nous mnmes loin de connattre parfaitement Torganisation sociale des peuples qni couvrent l'Asie ; que la géographie présente encore beaucoup de points obscurs qu'on pourrait éclalrdr ; enfin, qu'il n^est pas douteux que les bibllothèqnes de l'Orient ne contiennent encore un grand nombre d^ouvr^es qu'il serait important d'en tirer, pour les sauver d'une destruction imminente et les livrer à la critique européenne* La snrjhce de la plupart des pays orientaux nous est connue SDUs le douMe rapport physique et moral ; mais quand on lit le rëdt d'un Européen hiteltigent qui ^ résidé longtems dans une contrée , même dans celles qui ont été visiiées par un grand nombre de voyageurs et qu'on supposerait k peu ptts connues, on sent à l'histant

232 DES VOYAGES £M ORIElin:.

qa*il nous ouvre un monde nouveau, et l'on reste surpris tant de ce qu'il nous apprend que de ce qu'il nous laisse entrevcnr et qui reste réservé à ses successeurs. Qu'on lise, par exemple, la deseripiùm du RadjpauUina^ par Tod, et Ton sera frappé de la masse de renseîgoemens curieux qu'il nous donne et du tableau de mœurs qu'il déroule devant nous; mais, cette lecture terminée, on éprouvera k bcfioin d'en apprendre bien davantage, de voir étudier plus profondément cette organisation féodale, ces poèmes épiques , ces monur mens d'art dont il parle. Qu'on lise les fragmens qu'a donnés M. Rawlinson de ses F'oyages en Perse, ou les notes de M. Elliot, sur les provinces supérieures de Vlnde^ et Ton sera étonné de tont ce qu^ils ont observé et de ce qu'ils indiquent comme sujet d'études futures et de découvertes à faire. L'histoire des peuples est comme riiistoire naturelle, plus on l'étudié plus on trouve combien on ignore et combien le phénomène le plus petit, le plus insignifiant en apparence, révèle de mystères. Certainement personne n'a parconni l'ouvrage de M. Briggs sur Vimpôt territorial dans Vinde sans être émerveillé des grands enseignemens historiques que peut fournir l'étude attentive d'un pauvre village indien ; or, s'il plaisait à un missionnaire , en Chine , de nous faire connaître d'une manière aussi complète V organisation municipale de l'endroit qu'il habite, de nous en donner le budget communal dans ses moindres détails, et de nous expliquer tout ce qui s'y rapporte, il nous rendrait un service non moins éminent, et nous ferait connaître un grand et imporuat côté de la civilisation chinoise, sur lequel nous chercherions en vais des renseignemens dans les annalistes impériaux. Je me rappelle avoir entendu faire à M. Fresnel la description de son séjour dans unjiil^ lage derrière Thaï f, près de la Mecque, et je n'ai jamais vu de commentaûre plus instructif sur l'état des Arabes avant l'islamisme; pourtant, il n'y avait là ni événemens à raconter, ni souvenirs historiques à évoquer, ni monumens à découvrir ; c'était une observation intelligente des mœurs et du caractère d'une race qui ne change guère, fuite par un homme qui sait voir et surtout qui sait s'intéresser à oe qu'il voit. Ce n'est donc pas la matière qui manque aux recherches du voyageur ; quel que soit le sujet de prédilection de ses études, l'antiquité ou l'état moderne d'un pays , la littérature ou la géogra-

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