‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 49 sur 103 · DES TOTAGBS EN ORIENT. 2SS · texte numérisé non relu

DES TOTAGBS EN ORIENT. 2SS

phte, rbomme on la nature, Il tronvera une ample moim» de déooa* Tertes à faire , ponrvn qu'il ait des yeux pour voir et les eoonaûi* sanoes néceasaires pour comprendre ce qn'il voit.

9 II n*y a jamais eu de tems plos favorable aux voyages en Orient qne le nôtre. Tout s'ouvre devant la puissance de l'Europe , et les pays que la jalousie, la rapacité ou le fanatisme rendaient inacces* sibles» deviennent de jour en jonr plus faciles à visiter, non pas sans danger, mais, au moins dans beaucoup de cas, avec des dangers moindres qu'auparavant Cette influence croissante de l'Europe n'est pas un avantage sans mélange pour le voyageur, car elle détruit beaucoup de choses chez les peuples sur lesquels elle s'étend; elle efface Men des souvenirs antiques; elle fait disparaître beaucoup de monumens que rincorie et la barbarie des habitans avaient conservés jus* qu'à présent. Mais ce n'est qu'une raison de plus pour se hâter d'explorer les pays qui s'ouvrent devant nous et qui bientôt, en devenant d*mi accès plus facile encore, seront en même tems plus stériles pour l'observateur. Le moment le plus favorable à l'exploration d'un pays, est celui où il devient accessible pour la première fois, et il en est ainsi aujourd'hui d'une grande partie de l'Orient, qui est frappée il'nne terreur presque superstitieuse par suite de son contact avec l'Europe. >

» Schulz et M. de Slane ont pu examiner à loisir les bibliothèques des mosquées de Constantinople ^ non sans difficultés mais sans trouver d'obstacles absolus; un homme savant et courageux comme eux trouverait probablement moyen d'en faire autant à Damas avant que les bibliothèques qui s'y trouvent encore intactes ne soient dispersées et détruites comme il est arrivé à celles du Caire. M. Sodgsan a vu s'ouvrir devant lui les collections des monastères bouddhiques du Népal, et si les bibliothèques des Djains à Jlbou existent réellement, leurs portes ne résisteront pas longtemsà la curiosité et à l'influence d'un employé anglais dans Tlnde. M. Layard a pu entrer seul et sans iucun appui dans le pays de Bakktiaris , et ce qu'il a faiit si bien et si courageusement eût été sans doute impossiUe vingt ans plus tôt; MM. les missionnaires Gabet et Hue sont revraus du Tibet , où ils auraient probablement laissé leurs têtes il y a cinq ou «x ans, et plusieurs voyageurs sont parvenus à visiter, sans grand

tSft 010 VOTtoBS W OêlWt.

ruqni pour lewr tm, ics lieux où gchalz a été asMflriiiéy naîqneouM paroe qs'U était Eorqiésp. Au reate, ai Je dis que te daogar d'amiir k sabir des violences extrémea de la part de eertainea popnlationa a dininaédana une partie de l'Orient, ce n'est point poof dépréeier le ttërlte de eeox qui s'aventurent dans des pays barbareat car» oatPK les périb inôviuUes et inceaaana qui résultent dn cUmatt des fatignai et des privations, il reste assez à craindre delà part des homines poir mettre à l'épreuve le courage le plua déterminé , et peraoAM H refusera son admiration à des voyageurs tels qoe Maaaon t Wolf « Wood , Arnaud , La) ard , Wrede , Bode 9 et tant d'autrea qoi onl risqué leur vie pour ajouter à la masse de nos connaissanoes, Tont es que Je voudrais dire , c'est que les circonstances actuellea sont pUi iàvorablea aux voyages et qu'elles permettent des entre{Nrisea qai eussent été imposable antrefoia et qui aujourd'hui ne sont plus que

•> Une suite naturdie de cet état de choses est raceroisaement eon<v sidérable du nombre des voyageurs en Orient. C'est surtout k l'As* ^terre que nous devons les descriptions lee plus nombreuses et las meilleures de cette partie du monde , ce qui s'expUqtte par la pes» session de l'Inde , par un commerce qui pénétre partout, par uns diplomatie qui a des agents sur tous les points importans, et surtout par la richesse des particuliers, qui permet i un nombre infini de personnes de suivre l'impulsion de leur goût pour des entreprisM lointaines et aventureuses. Je n'essayerai pas de citer même les flm considérables de ces voyages, la liste serait trop longue et néanmoiai incomplète, et le choix serait difficile parmi tant de rapports adrearfi au gouvernement ou à la compagnie des Indes, tant de deacripCiaM de pays et de villes faites par des employés diplomatiques on adati^' nistratifs, tant de récits publiés par des bonunea que leur vocation ds missionnaires ou leur goût pour l'antiquité ont poussés k visiter tontai ks parties de l'Orient Ce grand mouvement se Ait sans que le gOQ* vernement anglais y intervienne de quelque manière que ce aoit, al les ouvrages qui en résultent sont sufiBsamment encouragea par k coriosité intelligente du public pour que leur publication n'ait pis besoin d'un secours officiel.

» Sur le continent; il en est tont autrement. La France ne possède

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que des territoires Inrfgiiifinis en Orient» et ses employés y sont infiidment mdns nombreux que cenx de l'Angleterre. Le goût des f oysges s*est certainement déreloppé dans ces derniers tems , ^t Ton voit de riches voyageurs français visiter l'Orient, et sortoot nn nom*bre très-consldéràbie de missionnaires pénétrer dans des pays dont l'accès est le pins difficile ; mais les nns et les autres n'écrivent de Uvres que rarement, et, à l'exception d'on petit nombre de lettres qd paraissent dans les jénnales de la propagation de la foi , la science ne tire ordinairement que peu de profit des fatigues et des dai^;ers de ces émissaires volontaires de la France. U en est de même dans le reste de l'Europe ; les voyageurs y tout rares , et si de tems ea tems un prince ou un grand seigneur se laisse aller à la fantaisie de visiter un pays de l'Orient , c'est plutôt dans un but d'amusement et d'instruction personnelle que dans l'intérêt de la science.

» Dans cet état de choses , les gouvememens ont compris qu'il y avait là de la gloire à acquérir et un devoir à remplir envers la science. Ib ont envoyé de loin en loin des voyageurs et des commissions sden» tiflques pour explorer les pays qif on leur signalait, et il est résulté de ces misions quelques ouvrages excellents qui feront un honneur im* mortel à leurs auteurs et à leurs promoteurs. Pendant longioms ces entreprises furent isolées et seulement exécutées quand un prince, ou un ministre s'intéressait accidentellement à un savant ou à une branche particulière d'étude. Même en France, le gouvernement ne s'engageait que rarement et difficilement dans cette voie, et plusieurs d'entre vous se rappelleront certainement combien il a fallu de tems et d'in» fluences puissantes pour déterminer le gouvernement de la restauration à envoyer Champollion en Ég}'pte, et Schulz en Perse. Depuis cette époque, on a élargi la voie , et les voyages scientifiques sont devenus une partie régulière et considérable des efforts que fait le gouvernement français pour l'avancement de la science. C'est nn fait infiniment honorable , il marque la sollicitude éclairée du pays pour tous les pr(^s des connaissances humaines ; il peut et doit avoir [NHur le progrès des études orientales en particulier les conséquences es plus heureuses.

' » Mais le système est encore nouveau, et h travers les tâtonnemens nséparables de tout commencement, on n'a pas encore trouvé les

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règles ni les précautions qui peuvent garantir l'emploi le pins arantagcnx des fonds destinés aux voyageurs. Quelques-unes de ces entreprises ont été bien exécutées , d*autres ont été complètement infrac* tueuses. Mon intention n'est point de faire la critique du passé, quoique le moyen le plus sûr de signaler les fautes à éviter soit d'indiquer celles qui ont été commises; mais je ne pourrais me livrer à cette analyse sans faire de la peine à des. personnes que je ne voudrais pas blesser; je me bornerai donc à vous demander la permiifsion de vous soumettre quelques idées générales sur le but qu'on doit se proposer dans les voyages en Orient faits par ordre du gouvernement, et quelques vœux sur les moyens qu'on pourrait employer pour i'atteindre autant que possible.

» La première chose à faire, et la première règle à poser, serait de restreindre l'étendue des voyages qu'on veut faire exécuter. Je ne parle ici que des voyages faits dans un but historique et littéraire, et non pas de ceux qu'on entreprendrait pour l'étude de la géologie, de la botanique ou d'autres sciences , voyages qui exigent nécessairement le parcours de grandes distances. Presque tous les plans qne les voyageurs en Orient soumettent au gouvernement pèchent par leur étendue ; et ce défaut est si naturel, qu'on ne saurait être assa sur ses gardes pour résister à l'entraînement de l'imagination , qui fait briller devant nos yeux une série de noms de villes et de pays les plus curieux à examiner , les plus célèbres dans l'histoire, les plus riches en monumens et en souvenirs. L'administration elle-même est facilement éblouie par un panorama aussi magnifique ; mais la grandeur de ces plans est précisément ce qui en rend l'exécution infructueuse.

>» Autrefois , quand on en était au commencement des découvertes géographiques ; quand les choses les plus connues aujourd'hui étaient ou entièrement ignorées, ou seulement l'objet d'un souvenir vague et mystérieux, échappé aux tems de barbarie , il était utile et nécessaire de suivre les grandes routes de TOricnt aussi loin qu'elles pouvaient conduire, et de raconter tout ce qu'on y avait vu et entrevu. MarC' Paul et Plan-Carpin ne pouvaient pénétrer trop avant dans les pays qu'ils ont visités, et même du tems de Tavernier et de MandeblOf on ne pouvait faire trop de chemin, car tout ce qu'on voyait était

KS VOYAGES EN ORIBfIT. 337

neof, et il s'agissait, avant tout, de faire la carte des contrées parcoames, de savoir quels en étaient tes royaumes, quels peuples les habitaient, et où l'on pouvait espérer de trouver des monumens k étudieff les bibiiothèqoes à explorer, des traditûms à recoeillir, d'nciennes coutumes à ob^rvëï*. Mais a^ourd'hni, en se tenant sur les chemins battus, on peut traverser presque tonte l'Asie sans découvrir rien de nouveau, et, après de grandes fiâgues , ne rapporter que des impressions de voyage sans utilité pour la science. Cela peut convenir k un touriste, que b curiosité pousse à travers le monde, et qui n'a de comptes à rendre à personne ; mais il s'agit d'autre chose pour un voyageur envoyé par un gouvernement. Dans l'état actuel de nos connaissances sur TOrient, nous avons besoin d'approfondir davan<^ tage les secrets de son histoire et de son organisation, de fouiller son sol pour découvrir les restes de ses antiquités , et d'étudier , en détail, les lieux qui ont été autrefois des foyers de civilisation, ou qui nnt aujourd'hui les centres de ce qui y reste de pouvoir ; nous avons besoin d'éclairer une foule de questions spéciales sur l'origine , les traditions et les langues des tribus qui habitent aujourd'hui des pays jadis célèbres; nous voulons connaître leurs institutions civiles et rel^ieuses , leur droit territorial , leur organisation municipale; nous voukms obtenir les livres qui manquent à nos bibliothèques, et qui se trouvent encore dans un coin quelconque de l'Asie.

» Mais tout cela ne s'apprend pas quand on se contente de parcourir un pays, ni même pendant un séjour plus long que ne le font ordinairement les voyageurs; il faut être, pour ainâ dire , domicilié dans une province, pour vaincre les difficultés que nous opposent l'ignorance, la méfiance ou la barbarie des habitans ; il faut avoir le temsde se lier avec les gens du pays, afin de pouvoir observer leurs institutions, et apprendre d'eux où il y a quelque chose à trouver ; il but pouvoir attendre le moment et les occasions de pénétrer dans un canton difficile ; il faut connaître d'avance l'histoire, la langue et la littérature d'un peuple pour s'intéresser à ce qu'on y voit , et pour qoe la partie respectable et savante de la population vous honore et tous aide à découvrir ce qui échappe à un examen superficiel Je vais donner un exemple ou deux qui mettront mieux en lumière la différtilee qu'il y a eatct les deux dasses de voyageurs dont je parle.

338 DBS ?0YA6E8 B» OBIEST.

» M, Rich tbitt MoBêoul quatre foii, il y fit tout eaqiie pent ftira on f oyageor sannt et conscieadeox pendant on cooit ségoor 1 9 anmina les minea de Ninive, acheta ka antiqnitéa qu'on Inl oSnit* »• marqua âea mura couverta d'inicriptions cnnéiformeaj, et iormant lea carea de qnelquea maisons ctii vilbge (Sb Nebbi-yinm^; il raconta qii'oo avait trouvé un bas-rdief de la hauteur de deux homniea, emi» vert de sculptures d'hommes et'*d*anlmaux« mais qu'il avait fté détruit. C'est tout ce que pouvait faire et observer le voyageur le pha zélé qui ne séjournait paa dans le pays \ et c'est plua que n'ont frit tous ceux qui ont passé par Mossoul, avant et aprta Rich, joaqn'aa moment où IL Boita vint se fixer dans cette ville. Mora, feolemanti nous avons vu commencer et se succéder rapidement cea déeoaverlei merveilleuses d'antiquités assyriennes, qui feront époque dans l'étnda de rbisloire, des langues et des arts de rorient,

» Pendant que Niebuhr^ et j'aime à le citer avec le respect qoi est dû à ce grand nom , pendant que Nfebuhr voyageait dans la Y^ men^ il entendit parler plusieurs fois d'inscriptions qui ne pouvaient être qu'en caractères himyarites, maia qu'il ne put pas visiter malgré son vif désir de les copier, parce que tantôt la mauvaise volonté d'un chamelier, tantôt des maladies, tantôt le manque de sécurité sur bs routes l'en empochaient, et que l'étendne de son itinéraire ne lui par* mettait pas d'attendre de meilleures occasions. Biais M. jémoMi m parvenu h atteindre Saba , parce qo'un long séjour lui a fourni la moyens de vaincre toutes les difficultéa. U nous a rapporté fiO inserip* tioos himyarites, et en aurait obtenu un bien plus grand nombre ■ ses moyens pécuniaires n'avalent pas été épuisés. Je profite de eaui occasion pour remercier MU. les ministres de Tmatmction pobliqve et des albires étrangères d'avoir bien voulu mettre H. Arnaud Ci état de retourner à Saba pendant trois ans, et de lui avoir donné aiad le lems de copier les nombreuses inscriptions sabéennea qui eonvrast les ruines de Khariba et d'autres villes antiques qu'il n'avait pu fisiter dans sa première expédition.

» Enfin, que l'on prenne les ouvrages de Hfberovi d'antres voya» geurs que je pourrais nommer, qui ont parcouru Vlndô dans tontes largeur, et l'on verra que ce sont des récits amnsana pour le publiCi mais i pen près iautites pour les savans ; qu'on lea compare au

d» H* £tfMf «or Wiwofiacet lopMeima, mx itCtrai ib H* ^fiftorVf au tmwaàeSHrlmg Mr rOrim,aiixoiiTra|e8de£(fnMii, et 1*00 matin que, mm b ploiue da ces demiars, la payii 90s iatfir^ «m biitoire « soa organisatk»! raviiaot daraiit la laciaor» El pour* tant, las pranian étaiaot das bommas aiim Mvana at auan intalli* ganaqoe la» daroians maia i|ga'af«eQt pai as la lenii d'étudier lai pays qa'ib aa fsbaiant qoa psrconrir.

• Il CuidrsitdoQC eavoyarsoccessîveBieotdas ?oyagaqni sur laspaints les plus intfrassaats da rAsb , asaigaar à chacun d'aux 1 pour centra da ses opérations t une des grandes villes qui ont formé ou formant aneore les foyers de b civilisation, lui indiquer un rayon suflSsant» borné par b langue at las circonstances historiques at politiqoas du pays 9 at lui demander b description compléta da ce territoire , da ses antiquités , de ses bibliotbèques , da son organisation et da ses insti^tutions actuelles; il faudrait lui accorder six ou sept ans. enfin un taoïs sufiBsant pour remplir b ticbe qu'on Ini imposerait ; il lui aanit possible alors da Hrfre das fouillas , at da sa bmilbriser avec les avants et les dieb du pays , pour obtenir d'eux b moyen de pénétrer partout i et l'on devrait méma bii demander la traduction d'une bbi^ loire iocab , s'il an exista une t ou d'un ouvrage qnaicoaqua pour b<* qod il trouverait dans b contrée même des ressources particulières, bourdonner une idée pins précisa da oe pian d'exploration , il suffira d'iadiqaar quelques-unes des stations qu'on pourrait établir succesaivement, àmesura qu'il y aurait das fonds, at qu'il se préaantarait das iNMnmes anxqueb on pourrait lea confier. Ainsi ; on enverrait un loyageur k Bagdad, en bi assignant pour limites b Babylooie an* tienne ou le paschalik moderne de Bagdad ; un autre occuperait Damas, dont les bibliothèques nous sont incounnasi et doivent renfermer bien dea ouvraj^ qui passent pour perdus { sas recherchas comprendraient b Syrie méridionab , une partb du Liban , et les tribus arabes qui dépendant da Damas» Le centre d'une autre axpéditbn serait Hamsdan , afin d'explorer l'andenne Médb, les mines d'Bcbatana at cailea d'autres villes antiqoea , et pour étudbr lea dialectes popubir^ de cette province. Il aérait important qu'un savant s'étabiU à Vexd oark Jrînnafif où il aurait i s'occuper des soroastriens ; il racbercberait bs livras «ands et pabelwbqui mus mnqueRti « irpuierait

238 DBS ?0YA6E8 B» ORIEm.

» M, Ji<c4 tbiu Jfoiiotii qaali^ fûiiy U y fit toat 00 qne petit to un foyageor savint et fsonsciendeox pendant Qtt coon lég^ mina les minet de Ninive, aciieta les anttqnitéa qu'on Ini oSnit* »• marqua âetf mnra couverta d'inscriptions canéiformeBj et fermant Iss carea de qoelquea maisons ctii village & Netbi-iTimniê; il raconta qu'on avait trouvé un Jsas-rdief de la liauteur de deux bomniea, eon» vert de sculptures d'bommes et'ii'ininuux« mais qu'il avait été dé» truit. C'est tout ce que pouvait faire et observer le voyageur le plm zélé qui ne séjournait pas dans le pays \ et c'est plus que n'ont frit tous ceux qui ont passé par Mossoul, avant et après fUch, jnaqn'aa moment où IL Boita vint se fixer dans cette ville. Alora, feoleoenti nous avons vu commencer et se succéder rapidement cea découvertes merveilleuses d'antiquités assyriennes, qui feront époque dans l'étude de rbisloire, des langues et des arts de l'Orient,

» Pendant que Niebuhr^ et j'aime à le citer avec le respect qoi est dû à ce grand nom , pendant que Nfebuhr voyageait dans le Y^ men^ il entendit parier plusieurs fois d'inscriptions qui ne pouvaient être qu'en caractères bimyarites, mala qu'il ne put pas visiter malgré son vif désir de les copier, parce que tantôt la mauvaise volonté d'un chamelier, tantôt des maladies, tantôt le nuinque de sécurité sur Iss routes l'en empochaient, et que l'étendue de son itinéraire ne luipsr* mettait pas d'attendre de meilleures occasions. Biais M. jémaud sM parvenu k atteindre Saba 9 perce qu'un long aéjonr lui a fourni la moyens de vaincre toutes les difficultéa. Il nous a rapporté fiO insoripi tiens bimyarites, et en aurait obtenu un bien plus grand nombre à ses moyens pécuniaires n'avaient pas été épuisés. Je profite de cetls occasion pour remercier MU. les ministres de l'instruction publiqne et des afbires étrangères d'avoir bien voulu mettre M. Arnaud n état de retourner à Saba pendant trois ans, et de lui avoir donné aind le lems de copier les nombreuses inscriptions sabéennes qui couvrant les ruines de Khariba et d'autres villes antiques qu'il n'avait pu fi» sitar dans sa première expédition.

» Enfin, que l'on prenne les ouvrages de If eber on d'antres voya- 1 geurs que je pourrais nommer, qui ont parcouru Vindo dans tonte sa largeur, et l'on verra que ce sont des récits amusans pour le public, mais i peu près iautiles pour les savans ; qu'on iea compare au notai

d» N. £tfMf «or WiwofiBcet npMeiOTa, im iiCti«i4« H. Skûref au traiMix de SUrling uwt rorim, aux mmtm de fbnMn, et Too aentin qqe, mm b ploiue de ces derniers, le psysi ses mtiti^ «m histoire « soa orgsnisatioDi revlTeot deTsat la lecteur» El pour* tant, les praniers étaieot des bonunes shsbi savans et aussi intelli* gansqne les derniers; mais ils a*af aient pss en le lenis d'étodier les pars qu'ils ne fsisaient que parcourir.

• Il laodraitdonc eavoyersoGcessivenieDtdes ?oyageqni snr lespeints les pins intéressants de l'Asie , assigner à chacun d'eux i pour centre de ses opérations t une des grandes villes qui ont formé ou forment encore les foyers de la civilisation « lui indiquer un rayon suflSsant» borné par la langue et les circonstances historiques et politiques du pays y et lui demander la description complète de ce territoire , de sss antiquités » de ses bibliothèques , de son organisation et de ses institutions actuelles; il faudrait loi accorder six ou sept ans. enfin un lems Miffisant pour remplir la ticbe qu'on hii imposerait ; il lui serait possible alors de laire des fouilles , et de se fomiliariser avec les avants et les diefo du psys, pour obtenir d'eux le moyen de pénéurer partout ; et l'on devrait même hii demander la traduction d'une bis* bdre locale » s'il en existe une t on d'un ouvrsge quelconque pour le<qœl il uronverait dans la contrée même des ressources particulières. Ponrdonner une idée pins précise de oe pian d'exploration , il suffira d'indiquer quelques-unes des stiuions qu'on pourrait établir successif veoient , k mesure qu'il y aurait des fonds , et qu'il se présenterait des hommes auxquels on pourrait les confier. Ainsi; on enverrait un loyageur à Bagdad, en hii assignant pour limites te Babylooie an* denne ou le pascbalik moderne de Bagdad ; un autre occuperait Damas, dani les bibliothèques nous sont inconnues i et doivent renfermer bien des ouvras^ qui passent pour perdus; ses recherches comprendraient la Syrie méridionale 9 une partie du Liban , et les tribus arabes q^ dépendent de Damas» Le centre d'une autre expédition sersit Hsmsdan , afin d'explorer l'ancienne Médie * les ruines d'Bchatane et celles d'autres villes antiques , et pour étudier les dialectes popubires de cette province. Il serait hnportant qu'un savant s'établit à Vexd ovk Kirmanf où il aurait i s'occuper des soroastriens ; il rechercherait les livres «snds et pebelwis qui neus manquent • « irpuf erait

9ftO DBS VOYAGES BM ORIENT.

dans les antiquités da Seistan et dans Tétàt moderne dn pays des sujets d'étude àbondans et entièrement nenfs. Un antre iraità Bénarèsponr y fréquenter les écoles brabminiqnes , et compléter nos collections de livres sanscrits. Un indianiste qui séjournerait dans le Radjpauiana pourrait nous rapporter une traduction des poëmes épiques de Tcband faite sur les lieux mêmes et au milieu de la tradition Tirante ; il étudierait Torganisation des Radjpoutes , et compléterait ou corrigerait les Tues de Tod sur ce sujet Une autre station du même genre démit être établie parmi les Djains du Guzarate , dont les monumens et io livres ne nous sont connus que bien vaguement. Enfin » il faudrait, aussitôt que les circonstances le permettront , envoyer un voyagenrà Balkh , et lui confier l'exploration de la Bactriane , l'étude des moDaments de Bamian , et celle des traces de l'empire grec et des étiti barbares qui lui ont succédé. Mais je m'arrête , car mon inteotioB n'est pas de donner une liste complète des points à occuper ; je n'ai voulu qu'indiquer un système à suivre. Je craindrais, d'ailleurs, ei continuant cette énumération , qu'on ne m'adbusât de demander llmpossible. Et pourtant rien ne serait plus facile que d'explorer lind successivement toute TAsie, en y apportant les précautions et la sage lenteur que permet un système suivi par un gouvernement. Le plo difficile est fait ; les moyens sont inscnts au budget , et la part qui doit en revenir naturellement à l'Orient suffira à tous les besoins; car ce serait assez d'envoyer chaque année un voyageur, de telle sorte qu'il} en aurait à la fin , et quand le système serait en parfaite voie d'exication , six à la fois , ce qui ne serait certainement pas disproportioBBé avec les droits que rOrient peut revendiquer dans la répartition di budget des missions scientifiques.

» L'adoption d'un plan semblable aiderait en même tems à la ntation de la question-, aujourd'hui si difficile , du choix des personnel. Il est évident que tous ceux qui ne désirent que feire un voyage zfftt ble aux frais du Gouvernement seraient exclus par les exigences même du plan qu'ils auraient à suivre. La connaissance des langues savanta du pays qu'on voudrait explorer deviendrait une condition sine qfd non du choix , comme elle aurait dû l'être dès le principe, et il n^f aurait que des hommes préparés par une étude sérieuse des langMSj et de l'histoire qui voudraient se présenter. Les élèves des écoles orien-

DES VOYAGES SBi ORIKMT. 3&1

taies de Paris y tronveraieot an objet de légitime ambiiioa qui soutiendrait leur zèle et leur offrirait une occasion précieuse de continuer et de perfectionner leurs traTaux dans le pays même qui en est le but Qui peut douter qu'on ne trouvât, tous les ans, un jeune homme instruit, courageux et désireux de se distinguer par des découvertes presque certaines , et d'entrer dans la vie littéraire par une porte ao^i belle et aussi sûre 7 Qui peut douter qu'en suivant avec persévérance un plan semblable , on n'obtienne les résultats les plus honorables pour la France et les plus utiles pour la science ? Sans aucun doute, tous les points de l'Orient qu'il importe de connaiure seraient visités successivement par des hommes compétents , des trésors inosmus d'antiquités viendraient enrichir nos musées , main^ ouvrage {irédeux que nons croyons perdu viendrait combler les lacunes de nos bibliothèques , et les langues , l'histoire et les institutions de tous les peuples de l'Asie seraient mieux étudiées. »

M. Mohl blâme ensuite avec raison le mode de publication de tous ces voyages ; il fait justement observer que ces publications sont fites avec trop de luxe, qu'elles coûtent beaucoup trop cher, et qu'ainsi elles sont nécessairement hors de Tatieintc des personnes qui en ont le plus de besoin , et qui en feraient le meilleur usage. A l'appni de ces reproches il cite les faits suivants :

« Pour prouver la vérité de ce que j'ai avancé sur les inconvéniens de ce système , il me suffira de citer le prix de quelques-uns des voyages qui sont en cours de publication. jLe voyage de d'Urville au $01e Sud coûtera 1,450 francs : l'ouvrage de la commission de Morée coûte 1,080 francs ; les deux voyages de M. Texier coûtent 1,600 fir.; k voyage de MM. Flandin et Goste coûte 1,400 francs ; l'ouvrage sur Ninive coûtera 1,800 francs ; le voyage en Islande coûte 1,825 fr. ; Comment peut-on s'étonner que ces livres ne se répandent pas et s'arrivent pas aux mains de ceux auxquels ils sont destinés? Gom- , .bien y a-t-il de savants et même de bibliothèques publiques qui puislatent acheter beaucoup délivres à ce prix? Je pourrais citer une Ljbnle de faits à l'appui de ce que je dis ; je me contenterai d'un seul, 'ïe trouvant â Bonn , l'automne dernier, je désirais, pendant une jjonversation avec M. Lassen , consulter une planche d'inscriptions F dans le Voyage de MM. Flandin et Goste ; mais M. Lassen me dit que

au J>E9 V0YAGB8 ER OftlEllY.

la biblioilièqiM d€ TUAltMiité fie le possédait pai , parée foU élilt trap (Attt. Or, panoiiM de vom n^igiuM que M. LaMa eaii nac M* Btunoof > ceittl qui a Mt le plua pour nntqr prtm k» dea iêuàftioM penépdiodiiea. Et poiv qui done poMieraitHni daeeii¥ra|eiMr les aotiqattéa de la Peraa al ce a'ett pour toi et des hOHiiea ewae Mi*

Nom wm)oigim»k H. MeU poiir biliner eettff pi^^ riveetiavillei A. li

NOOVUJ^fift ET ll£LABI€i£S. J4I

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EUROPE

FRANCE. PAEIS. — Nouvelles des missions cafholitjaes j eitrtilti hm. UtdmJmuiietdeimJPrûiMifàliùHtklaFoi»

I. Mission de la Corée, Notice iilr |falchrëtlenté de ce royaume. Efle t'est ondée MDi apôtre et 8*est tootenne, longtemps sans pasiear. » Soft état poilMpie déplorable^ tributaire des Cbinoii . — Son état religieux, ses mille divililés. Le Ghriitiauisme y pénétre a?ec les li?res chrétiens, en 1633. Les néophytes Tiennent en Chine s*entreienir avec les missionnaires. Le baptême est ionléré à plusieurs «jui reportent la Foi érangéfique dans leur patrie. — Un «ni politique veut écraser les Chrétiens de 1791 à 1839. Trois horribles perfcations les déciment. Un prêtre chinois nommé Tekeou est le premier mistonnaire qui les visite en 1794. U est martyrisé en 1801. — Trob missionteins français pénètrent en Corée en 1834. Le nombre des Chrétiens y est n4ovrd*hui de ^,000. — Les 3 prêtres sont martyrisés en 1839. — Le bruit oartque le gouvernement français veut venger le sang des martyrs. Panique ■amii le peuple et le roi.

3. Lettre dVii</rf', diacre coréen, datée de ttai^-Hiang^ capiiate de la ^rée, 37 mars 1845. Détails sur Ul rentrée eâ Corée pour y préparer Tlntroioction de Tévêque Mgr Ferréol. Il achète et arme une barque « et se Prépare à venir le chercher sur les côtes de la Chine, dans le Klang-nan. -'intrépide diacre ne fait pas même connaître à sa mère qu'il est passé par ion pays pour ne pas ébroiter son entreprise.

3. Lettre du P. Go//«/afu/ Jésuite, datée de Af/ang-nan, 8 juillet 1845, racontât le voyage d'André, qui dans une misérable barque, construite seulement loar les fleuves , et avec une boussole de 5 ^us, aborde miraculeusement à ^'hmg'Hai. Mais une loi ordonne de brûler toute barque coréenne qui abor- ^;ÂJidré se met sous la protection des officiers anglais qui la lui promettent, ^esse dite à bord du Sabot coréen. André est ordonné prèire le 17 août, ir Mgr Ferréol ; c'est le premier coréen élevé au sacerdoce. Le 31 août , ^gr Ferréol et M. Tabbé Daveloy s'embarquent sur le Sabol pour entrer ifin dans leur mission. Après mille dangers ils arrivent le 12 octobre» et hfèque et son compagnon sont reçus dans une petite cabane en terre par

2ll& NOUVELLES £T MÊLAKC^ES.

une famille Doavellement convertie. Tout est à faire dans ce Iroopean dédné et disperfé par la persécutioo.

4. Lettre de M. Maûtre, datée de la Mongolie^ 3 mars 1846, dans laquelle il parle comment arriTé sur la frontière nord de la Corée, et à la Teille d*y entrer, il est découvert, saisi par des soldats, et présenté an mandarin. En sa présence le missionnaire et son compagnon se disent européens et mission* naires, et allèguent le récent décret de Tempereur. Sous ces titres ils sont mir en liberté, mais internés à une journée et demie des frontières. — Quelquei détails sur la Mantchourie ; elle se peuple de Chinois qui émigrent de Is Chine.

5. Lettre de Mgr Fcrreoly datée de 50oic/ (Corée), le 27 décembre 1845. fl

est arrivé dans la capitale déguisé en habit de deuil; il se propœe de cob*

mencer la visite des chrétiens ; mais les précautions sont bien nécessaires. Lsi

néophytes sont tous pauvres, ayant abandonné leurs biens et leur positiM

pour conserver leur foi. Le plus cruel de leurs ennemis. Tonde maternel di roi, est mort le 8 de ce mois ; il s'est empoisonné pour éviter sa disgrâce. —Il a à peu près 20,000 Chrétiens à diriger.

6. Mission du Tong^King oricniaL Lettre du P. MarU, dominicain, datés du 29 janvier 1845. Récit du combat et du triomphe d*un néophyte qu'onfiail par renvoyer après l'avoir tourmenté inutUement. — Arrestation d'un prébe indigène, nommé le P. Teue, qui est torturé et mis à la cangue. Lé nooveM roi garde sur les Chrétiens un rilence équivoque ; mais les mandarins d»posent de leur sort selon leur caprice. Cependant la Foi fait quelque progrèi. |l

7. Lettre du P. Ramouy dominicain, datée de Macao^ 18 février 1846, doanant des nouvelles de Tétat de la mission de Tong-King. La paii y eitavtf grande. Les missionnaires peuvent visiter les Chrétiens. De nouveau les* I J phytes consolent leur zèle. If

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