DE LA PHILOSOPHIE DE M. L'ABBÉ GIOBERTI
3. ObligatioD du clergé de reprendre le sceptre de U science.
» Quand la réTolnlion eut dissipé les biens du clergé et dispersé le clergé lui-même, il lui fallut se recomposer, et, pendant ces jours laborieux, il ne put guère s^occuper de science ni d*études. Mais maintenant que la divine Prori* denee a fiit succéder à la tempête un calme suffisant, pourquoi le clergé français tarde-i-il à en profiter,. afin de recouvrer sous tous les rapports son antique splendeur , et de se concilier Tadmiration par sa science , comme il eammande la Yénération par sa piété et par êe» mœurs? Le respect que je prohme pour cette portion choisie de l'Eglise ne me permettrait pu de manifes- Isr ces [sentimens, s'ils n'étaient partagés par plusieurs membres illustres du cierge français et appuyés par leurs plaintes *. Je ne nie pas pour cela que la Ffanee ne possède, même actuellement, des prêtres doués de science et de génie, auteurs d'ourrages estimables et qui suffiraient seuls à soutenir Thonneor et h pounroir aux besoins de quelque autre royaume chrétien. Mais pour k France, ce n'est point assez. Que son illustre sacerdoce me pardonne d*a- :roir dit cette parole; mais il nous a tellement accoutumés à voir sortir de son aefai , en si grand nombre, des hooomes célèbres dans toutes les branches des aeiences divines et humaines, qu'il semble aujourd'hui, bien que le champ ne aoii pas stérile, que la moisson n'est point abondante. »
Ces paroles sont justes, et nous n'avons qa*à en louer et le fond et la forme. Nous nous joignons donc à M. Tabbé Gioberti pour les recommander à l'attention de nos lecteurs.
4« Attaque de M. Gioberti contre les membres du clergé qui ont fondé des
Revues CalhoUqœs,
> Le zèle infatigable de cette portion du clergé français qui cultiTe l'étude, tandis que les autres la négligent, n'en est que plus digne d'éloges. Seulement I me parait que plusieurs de ces hommes honorables n'ont pas pris la voie la ^ propre pour arriver à leur but. Je dirai franchement ce que je pense, et Je ne serai point pour cela téméraire : car en ce qui touche au bien de la religion et^e l'Eglise, il est permis à un catholique, quel que soit son pays , de BiiBifester %e& opinions, sans qu'on puisse raisonnablement le taxer de témérité it Faccuser de s'ingérer dans les affaires des autres. Je crois donc que plusieurs ecclésiastiques français se trompent ei^ pensant qu'une UUêratwre superfi» cuite, teQe qu'on l'aime aujourd'hui, peut être profitable à la religion ; je crois
> Voyex Foriehon , Bsttmen de* quesi. teientif. de Cage du mande » eie. I^ris, 1837. vn et suiv., xxxiiet suiv.
25Û EXAMEN CRITJQUE
donc que leurs fatigues seraient couronnées de plus de succès, s'ils les coniacraient à des études plus solides et plus profondes, à des travaux plus Taslci et plus en harmonie avec les besoins du siècle. Les deux lier» et enuf qiU ùri' veni éujyoardrhui fardent leur Ums et leur ialent dans iesj&ummux. Ce n*est pas que je proicriTe absolomant ce genre de composition ; J*etCliM même qa*un Journal bien rédigé est utile à la science ; et pour ne pas sortir des ja«* naax ecclésiastiques, Je n'ignore pas qu*en Italie et ailleurs, il s'en tasprino plusieurs qui méritent de grands éloges. Mais en reranche, il en est qpd tmk lent sortir de leurs limites naturelles et devenir des livres; et cem-ià« Wi d'être utiles» sont r^llement nuisihles. Le journal doit aider à la sdencet il w peut la contenir ni la faire; c'est un accessoire et non le principal. II sert à faire connaître jour par jour les progrés scientifiques i il est destinéj non pasà suppléer à la doctrine des livres, mais à la faciliter. Aussi , lorsque dans m pays il s'imprime peu de livres ou des livres médiocres, et que les écrits ém Journalistes sont plus nombreux , plus répandus et plus prônés que ceux das auteurs, alors on peut croire au déclin de I« véritable science. Je pense doie qu'il n*est pas sage à ceux qui veulent réhabiliter les sciences religienses d*si traiter dans les journaux, et de dissiper dans un pareil travail le talent qu'on y emploie. Au milieu d'un siècle léger comme le nôtre, quand k noaniedss publications périodiques est devenue universelle, et quand une foule d'indiii* dus s'appliquent à, corrompre par ce moyen les cœurs elles esprits, il est certain que les bons journaux sont un antidote opportun ; mais ils ne doivot pas, je le répète, remplacer les livres, ni se charger de l'enseignement le plm difficile et le plus élevé. »
C'est en 1839 que M. Tabbô Gioberti publiait ces réflexions sur les journaux. Gomme il n'en existait alors que deux , les AnnaUi de philosophie chrétienne et V Université catholique^ c'est sans doute la participation de quelques ecclésiastiques h. ces journaux qu'il prétend blâmer ici, en disant : les dettx tiers de ceux qui écrivesU aujourd'hui perdent leur tems et leur talent dans le$ joumauXf et en traitant leurs travaux de littérature superfUielle. Il y a b re nons semble plusieurs erreurs* D'abord , il n'est pas Traî que la prêtres qui écrivent dans les journaux , forment les deux tiers de ceux qui écrivent ; en second lieu il n'est pas vrai que ce qu'ils écri' vent soit une littérature superficielle. Nous connaissons aussi bien que personne les ecclésiastiques qui depuis 15 ans ont écrit dans les journaux, bien loin de former les deux tiers ^ ils ne forment pss l/20r \IW de ceux qui ont écrit. Quanta la forme de leurs écrili»
DE Là PHILOSOran DE M. L'ABBÊ 6I0BERT1. SSl
nom ne nchons pat qn'il y ait en plos de S oo ftécrlYaint, connos k priiiekeoapd'aBn(mces,qiri tàentîùtdeceiVdUttiraiureêupirficielht qui a pa teor donner quelque renom k rétrangor, mais qne Ton a preaqoe ignorés en France. Les travaux du clergé ont consisté, 1» en nn grand nominre de petits ouvrages peu profonds il est vrai , peu orlginanxt mais nécessaires pour alimenter la piété , la religion des personnes des moyennes classes, très-dignes d'intérêt aossL Ces auteurs ne brillent, nous en convenons, ni par l'invention , ni par Tédat du style; mais ils se recommandent dans la très-grande partie pw le bon sens et la solidité de la doctrine, et par le soin de populariser presque toujours les découvertes et les perfectionnemens faits par d'autres.
La 2* classe, est celle des auteurs plus élevés, qui dans des livres, ont appliqué à la défense de la religion, les découvertes scientifiques de l'époque. Nous aurions de bien nombreux ouvrages à citer, dans ce genre, mais ils sont tous connus de nos lecteurs.
8* Enfin viennent les ecclésiastiques qui ont consigné dans qndques journaux les théories qu'ils ont cru le plus convenable d'opposer aux attaques incessantes de Tincrédulité actuelle. Ces ecclésiastiques sont en très-petit nombre. Ce sont MM. les abbés Gerbef^ de SaUniêy Lawrdaire, Foissei , Maupiedy de P^alroger, Cau^ vignyy Chatsay^ etc., etc. Nous sommes étonnés qu'un homme do la portée de M. Giobertî, vienne parler si légèrement de leurs travaux et des résultats qu'ils ont obtenus. La raison en est que M. Giobertî ne connaît pas ces résultats. Pour nous, nous pouvons lui apprendre, et toutes les écoles de la France en font foi, que si, comme il l'avoue loi-même, une nouvelle ère de science se lève pour le clergé français, d des améliorations importantes se sont faites dans les études ecclésiastiques , si les vieux systèmes de la philosophie cartésienne encore en honneur en Italie, sont abandonnés, si les sciences ont pénétré dans le sanctuaire , c'est à ces journaux qu'on le doit. Bien plus et bien mieux que les livres de 3, de & ou 5 voL in-8®, comme h» 6it AL Gioberti, ils pénètrent dans l'esprit, le saisissent, y déracinent les préjugés. Retournant la pensée de M. Gioberti, nous disons que non-seulement les journaux catholiques sont utiles , mais encore néoenaires, pour diriger les études et indiquer les points à défendre
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OU à attaquer; pour répondre directement ^ et sans retard à celte guerre incessante que fout les journaux irréligieux. H. Gioberdci donnant sa prédilection aux gros volumes et aux productions compactes, oublie que nous ne sommes plus dans ces tems où la foi et la pratique, étant dans le fond des mœurs de la société, on pouvait aion travailler à l'aise, rien ne périclitait pour attendre. Mais maintenant nous sommes en plein champ de bataille, au gros de la mêlée ; k notre droite et à notre gauche tombent et meurent nos frères. Ce n'est pu le moment de préparer de grands boucliers ou de longs retranchements ; ou bien préparez-les , si vous vous sentez porté à ce padeat travail» mais ne blâmez pas, bénissez plutôt ceux qui, sur le ooopi défendent, aident, soutiennent, guérissent ceux qui meurent.
Certes aussi , bien loin de blâmer les écrivains ecclésiastiques de prendre part à la lutte quotidienne ou mensuelle des journaux, il faudrait plutôt regretter qu'ils n'y aient donné ni assez de tems ni assez de suite. M. Gioberii, étranger et habitant hors de France , ne connaît pas notre pays ; il ne sait pas que les membres du clergé oat pris peu de part à raciion des journaux; et encore, c'est bien plutôt leurs noms que leurs œuvres qui ont figuré dans ces écrits. De- ))nis 1830, ce sont les laïques qui ont principalement soutenu le | combat, et nous croyons que c'est une des causes qui ont fait qu'il i été si peu fructueux. Si les plus sages et les plus distingués des ecclésiastiques avaient pris la direction de l'enseignement, si, soutenus par les évêques et dirigés par eux, les journaux catholiques avaient ouurché dans une ligne commune et en bon accord, un bien plus grand progrès se serait fait
5. Si jamais un écrit périodique n'a ramené un homme à la vérité.
Il est vrai que cette manie, la pire de toutes, a aussi envahi le domaine dM lettres profanes. Au moyen de ralchimie des Journaux, on prétend enseigiMr toutes les sciences môme les plus austères, et rendre ainsi superflus les Ufrei les plus volumineux^ sinon les bibliothèques tout entières. Les fauteurs da progrès espèrent que le tems n'est pas éloigné où Ton n'imprimera plus et où Foi no lira plus que des feuilles volantes. Mais ces beaux projets et ces riantes espé* rances devraient être laissés à la sagesse profane. C'est vous y premdre ètm mal que de vouloir défendre la vérité et attaquer Terreur à Taide de ces
DB LA PHILOSOPHIE DE M. L'aRRÊ GIORERTI. 25S
Il frivoles qui ont enfiiQié cette dernière. Lainez ces fiùblti nrmes anx ■it de la religion, procorez-TOOS celles qoî soit solides, celles qui seules i répreuve» et donnent la victoire dans les combats sérieux. La seienee tre solide et forte, comme la religion et la vérité; la légèreté et là faiblesse apanage exclusif de Terreur. Le bux savoir a éteint la foi, il ne pourra la revivre. -Les Journaux, qui ont efficacement contribué à la ruine de la rey ne poumml jamais la rétablir. Car telles sont la faiblesse et la cor» n du coeur bomain, que les éprits soperGciels peuvent bien le pervertir, le convertir, jamais. On cite des exemples d'bommes ramenés de Terreur érité par la lecture attentive d*un bon livre; mais je ne sacbe pas qœ racle %\i jamais été opéré par unjowmal,
c! est encore une errear. La lectare d*an journal scientifique ien a converti plus d*un incrédule, et confirmé plus d'un chréchancelant. Nous avons reçu de nombreuses lettres qui nous rmeut ce fait de la part des personnes mêmes qui avaient éprouvé utaire effet de la lecture des journaux catholiques. Nous ne sa* , en vérité , ce que veut M. Tabbé Gioberti en blâmant ces pulions ; il ne fait pas attention que la lecture des journaux est un n ; s'il n'existe pas de journaux catiioliques, on ne lira que les 3S philosophiques; car, \ coup sûr, on n'ira pas chercher la vélans les in-S"* philosophiques. Blâmer d'opposer revue à revue , blâmer d'opposer parole à parole ; car, à ce compte, il ne faupas se servir de la parole pour répondre aux paroles philoso* les, mais il faudrait, d'un geste muet , adresser l'interlocuteur relûmes écrits : ceux de M. Gioberti, par exemple.
Lttaque spéciale contre les prêtres qui ont fondé l'Université catholique.
e genre de publication pourra à la longue venir en aide aux bonnes dis' 9Hs^ mais jamais il ne produira d'effet, sans Tintervention d'ouvrages B, profonds, appropriés aux besoins de la civilisation et du siècle. Or, pour sir à avoir de tels ouvrages, commencez par vous persuader que les mx ne font pas la science. Et pour cela, gardez-vous de vouloir circons- !*encyclopédie dans quelques volumes, gardez-vous de vouloir restreindre iouze cabiers annuels je ne sais combien de sciences, Croiriez-vous par I qoe quiconque vevt acquérir des connaissances sufiSsantes sur ces masérieuses, les étudiera avec succès dans des eoars improvisés F Cela n'aqu^à avilir les nobles doctrines t et n*est d^aucun profit pour la religion.
25& EZAMEll CmiTlQIIE
An liM de Tapetiver le «nroir et de le ic afe r m ei diat de û êHtélÊm Iuêê^ domiei-iioiif de boM linti, doDiies*iioai dei Kfrei qol le ffùiaulhui étudier, mèene pirdtg iâlgeet, à ee«e de le nofemté et eaiewMe de lipnfoodeur dei matièret. Etqa'on ne fieeee pai dire que kt gmdft gtaiei bmi* qneet, que touf kê liècks De peurent pts enrenter def . Boaniet, des Amnit dei FéneloB, des Melebnnehe, des Petaa, des Gtnbil ; que les génies DMtdenci ne sont capables que des minces traraux auxquels ils s'appliquent. — Gv d'abord le génie ne manque pas en France; le bon emploi du génie, voilà ee qii manque ; et aussi ces études fortes, cette application infitlgible sans lesqndki les dons de la nature deyiennent inutiles. Ensuite, si tous ne pouia donner de ces génies extraordinaires, tels qu*en produisit le 17* siècle, nez-nous au moins des Tiilemont^ des Mabilion , des Nicole, des Thomuda, des Fleury ! Ce sont là des bommes que des études longues et spéciales ont ftit grands, et que tout génie ordinaire peut se flatter d'atteindre, pour peu ^11 se sente d'ardeur et de courage. Persuadez-Tous bien que les noms les ptai fameux qui ont illustré votre corps et rotre patrie ont dû leur grandev et leur célébrité au trayail non moins qu'aux dons de la nature. En sonmie, dotnez^nons des livres qui aient du fond et qui puissent durer et nous aeee|lt^ rons, si tous le voulez, vos encyclopédies et vos Journaux. »
Nous n'avons pas besoin de faire remarquer q[ue ces reprocka sont adressés à iMM. les abbés Gerbet, ^ Scorbiac et de Salinis, qni ont fondé VUniver$iié catholique, seule revue qui publie doa eotin sur l'ensemble des sciences. Que répondra à cette assertion ssm preuves : que cette publication n*a abouti qu'à avilir les nobles d» trines? Avant d'adrewr ces reproches aui fondateurs et mz collaborateurs de ce recueil, et à cette nombreuse portion de l'épiacopitel do clergé français qui a si bien goûté et soutenu cette Revue, H. Gih berti aurait dû se demander si lui, étranger, connaît assez les beHiiii des esprits en France et, par conséquent, les remèdes quMl faut y appliquer. Sans doute, ses livres valent mieux que les 2& volumes de V Université catholique; miss nous désirons cependant qu'ils praduisent autant de bien.
Ajoutons que, reconnaître que ces'Revues peuvent venir en eUs aux bonnes dispositionSf c'est se contredire dans le blâme qu'on tt a fait.
M. Gioberti se contredit encore plus dans nue noie où il oonnoN qn^elles peuvent être utiles aux curés de campagne , nous nVi voulons pas davantage , car c*est des curés de campagne que sortett
DE LA PniLOaOMIB DE M. L*ABRÊ 6I0BERTI. SS5
B ploB toofOU ïm eorét des fiUet, Im ?icaira génârain «t anni les fèqiMs; nuis, par lesintees nisoBB, nous tondrioiit bioi qu'il NN» montiit comment eesjoiimain ne sont pes utiles aux prolesMmrs le théologie et de philosophie , à tons les catbofiqnes qol dirigent ks emies gens , qm se mêlent afec te monde, etausn anxfcunes gens m mêmes. — Par mie étrange contradiction , il loue encore ht pndication dn Propagateur religieux , journal qai a pam quelque tems ï Tarin , en deoi feuilles d'impression et qui , depuis kmgtems a cessé le paralire. On dirait que tout ce blâme n'est que Texpression d'une nauvaise humeur contre les directeurs des publications religieuses de a France. — Mata il va pousser encore plus loin sa liberté.
'• M. Gioherti ne veut pas que Ton cherche à créer une icienee catholique. —Application du nom de catholique h des auteurs qui ne le sont pas.
« Je ne crois pas d*ailleurs que la prétention de créer une icienee exclusivement catholique^ distincte de celle qui est l'héritage common de la cîTilisajon, soKone idée bien sage et bien faYorable à l'accord de la science avec la -eliglon. La science est une, et elle est toujours catholique quand elle est mie; Terreur seule n'est ni catholique ni chrétienue. La science catho/iqae, :^ la science vaste, Impartiale et profonde i celle qui pénètre dans les enlaittes de son objet, et ne s'appnie pas sur la. vague superficie ; celle qui coniidère une nutière sous une de set faces sans négliger les autres; rigoureuse tes la déduction et résenrée dans l'induction, elle n*étend pas ses conséquences MdeU des limites qui circonscrivent ses prémisses; elle n'érige pas la pro- Ubaité en certitude, ne donne pu ses conjectures pour des vérités démontrées, ses hypothèses pour des axiomes ou des théorèmes. Je sais bien que vus ne contestée rien de tout eela s mats en écrivant, comme vous le faites, je >• sais quelles e%amehes seienlifiqaes^ et en les déeorant dn titre de sciemee Oilkoliqaey vous ptraisaet croire que la science qu*on enseigne dans les nnlvsnitéf de TEurope est hérelique mu païenne : ce qui est une très-grave «r- '^fiftr. Saves-votts quelle est la science catholique ? Cest, pour ne pas sortir de ^siècle, ni de la France, c'est celle des envier* des Ampère, des Eémusat, ^ Sacy et de leurs égaux ; la science catholique^ c*est la science qui /*m- ^pie de Philadelphie d Calcutta^ et qui obtient Tas^entiment de tous les Ivants dn monde civilisé. »
Ced nous paraît très- curieux à entendre, et nous étonne quelque «n dans un prêtre qui écrit un Traité de philosophie. Quand les admliqnes de France ont voulu créer des journaux cathoUquei, ils «t entendu une chose bien simple , ils ont entendu publier des rc-
caeils où l'on ne rencontrerait atêcune propoiitian kétérodoatè au contre la foi; ils ont cru , en effet » qu'il y avait un grand nombre d'Universités en Europe , y compris malheureusement TUniversité de Paris, où Ton enseignait une science, ou'des propasiiioHê héréti' ques et païennes. M. Giobertidit ici qne c'est une trés-grave erreur; mais alors pourquoi lui-même a-t-il pris la peine de réfuter IIL pm* sin ? pourquoi publie-t-il ici trois gros volumes pour restaurer les sciences philosophiques P Si elles ne sont, dans les Universités de l'Europe, ni hérétiques ni païennes^ pourquoi cette uigence à écrire e à recommander de lire seulement les gros volumes ? Eh puis, a-l-i bien pesé ses paroles , quand il vient nous dire que la science de M. Ampère ou de M. Guvier, par exemple, est la science catholique} a-t-il lu leurs ouvrages ? admet-il toutes leurs propositions ? Ponr nous , nous rendons hommage à la science de ces auteurs ; mais nous sommes loin , bien loin d'appeler science catholique, par exemple, la prétention de I\J. Guvier^ que le déluge n^a pas été universel ^ ou les assertions de M. Ampère sur les croyances des Pères de rÊglise« L'hérésie ; au contraire, y coule à pleins bords', contre le gré de son auteur peut-être ^ mais à coup sûr c'est un bien étratfge abus que d'appeler cela une science catholique. Nous ferons remarquer en outre cette définition de la science catholique dans laquelle n'eatre pas la nécessité d'être conforme à l'enseignement de rÉ|^. La philosophie et les humanitaires accepteraient volonders cette définition de la science catholique. Au reste, un illustre cardinal, Mgr Gadolini, a déjà relevé dans les écrits de M. l'abbé Gioberti, des phrases d'un christianisme suspett, telles que celles-ci : « Moiie » fût un centre suprême , dans lequel , comme dans Gésar et Na- » poléon , se sont rassemblées toutes les pensées de son tem» * — « L'^iivangile est un livre tout à fait secondaire, dont le niériie » s'évanouit si on le compare avec cette riche littérature qui s'éteofi » d'Homère à Tacite. » — <« Les saints , considérés jseulement lo » dehors, perdent d la comparaison avec les hommes héroïques de » Plutarque et de Tite Live. » — • h Gésar, avec tous ses vices, fot
' Voir quelques-unes de ces propositions réfutées dans notre tome xm, p. 297 (2« série).