‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 52 sur 103 · DE LA PHILOSOPHIE DE M. L'ABBÉ GIOBERTI · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE DE M. L'ABBÉ GIOBERTI

■ meilleur chrétien que Napoléon qui, quoique grand homme , eat

■ toDteiois beanconp de charlatan EnGn, on homme qni a dit

3e Socrate : » qu'en Ini le del s'était plo à esquisser son image sons » forme humaine, » et qui trouve : « Que le Christ fnt divinement Ce- » iorien en politique , comme il fot divinement Socratique et Pla- • tonique en morale , » un tel homme paraîtra peu propre à resii- Èuer an moins cathoUquement les sciences philosophiques. Tout lecteur qui comprend les mots , conclura avec le savant cardinal , qu'on tel homme étend un peu trop le sentiment du cosmopolisme diritien et la forme du christianisme moderne ' . Au reste , M. Gioboti lui-même , craignant l'interprétation que Ton pourrait donner à ses paroles , y met le correctif suivant » que nous essayons vainement de comprendre :

« Une telle science n'est jamais hostile à la religion ; mais quand même ceux qui la caltivent seraient infectés de la comiplion da siècle, quand même ils senâtni irréligieux, ce n*est pas en s*appnyant réellement sur les données ëe lears sciences spéciales qu'ils arriveront jamais à des conséquences essentiellement contraires aux dogmes catholiques ; car la vérité ne combat jamais ta vérité. La science saperpcielU^ ta science téméraire, qui marche appuyée m lea conjectores et sur de vaines hypothèses, est la seule qui souvent soit contraire à ta fbi. Biais tel n'est pas d ordinaire le savoir des hommes éminents,

quand loule/ois il ne leur arrive pas de payer tribut à ta nature humaine. >

Essayez si vous le pouvez, ami lecteur, de comprendre le sens de ces restrictions : la science des hommes infectés de la corruption du siècle n'est jamais hostile à la religion ; les données de leurs sciences tpédàles ne les conduiront jamais à des conséquences contraires aux dogmes catholiques; c*es{ la science superficielle qui produit cet effet. Or, comme on a prouvé qae la science superficielle est celle des journaux catholiques, ce sont eux qni sont essentiellement contraires aux dogmes catholiques. Mais continuons :

■ Aojoordlini, vous n*entendrez pas un habile géologue affirmer nettement qne les données de sa science sont en désaccord avec Thistoire de Moïse; vous ■e verrei pas un antiquaire profond contredire ta chronologie biblique; pas vm phjsiûlogne, pat nn médecin iUustre, tourner an matérialisme ses observa-

Voir ta lettre de J. £. le cardinal CadoUni insérée dans ta Fois de la vériie'du 24 septembre 1847.

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Uoni etges eipériencej. Car le tavani vériUbie est prudeot» il marche avK la précauliona les plus minuUeuies^ il connaît le génie de la acience dool il lut proression, et ne prend pas les apparences pour la réalité. J'ai dit tout4-rii«ue, essentieltcmentf car si quelqu'un de ces hommes éminents paraît quelqaflfbis ne pas se conformer eniiêremeni au dogme catholique et a''en éloigner ei qvtelques pûinis aecidenUh de ses propres doctrines, cela tient à deux causa: oQ bien cet homme interprète mal le catholicisme (comme il est arrivé à Gilliée), on bien la nature lut fkit défaut. Car les grands hommes euf ^nCna sommeiUenl quelquefois^ et il leur arriye de prendre le vraûemêUbU pêm le vraL II est bien entendu que je ne parie pas ici des sciences spècolallTai en cela, je l'aYoue, notre siècle n*est pas d'accord avec la religion. HafseM^i chose bien étonnante, quand notre siècle n'est pas en ee point d*aeeordam lui-même ? 11 n'y a plus de philosophie parmi les hommes, puisqu'il j a antait "de systèmes qu'il y a d'écoles et de penseurs; aussi, en ce poin^» leaoaés ciyilisé est une véritable Babel. Mais il est une chose certaine, c'est que si ta philosophie doit un Jour ressusciter, ce ne seront pas les Journaux ni les meyehpédiéi qui opéreront la résurrection, •

Voici encore Taven qu'il y a bien par-ci par-là dans ces iiomma émioeus des principes hétérodoxes; mais quelle hésitatioa pour l'aprimer ? Si quelqu'un de ces hommes éminens paraît qaelqoeioii ne pas se conformer mtièrefmnt au dogme catholique, etc., c*at la nature qui lui fait défaut, c'est an sommeil..., et pois de mmveau sa conclusion obligée contre \e& journaux catholiques. En Tenté on peut se demander à bon droit poarqnoi ces flatteries d*on eôlé et ces reproches de l'autre.

8. injustice des reproches adressés au clergé français sur ses rappofts arec k société et principalement ayec les hommes de science.

« Le clergé catholique doit éviter avec soin tout ce qu'il sait être petit, élnili faible, pauvre, mesquin ; il doit, en restant dans l'orthodoxie la plus ri|Bi' reuse, embrasser sagement toute la civilisation du siècle, la débarrasser de a cortège de mondanités qui souvent la corrompt, et se l'approprier ensuite. U foi et les mœurs des prêtres français les rendent dignes d*dtre proposés pov modèles; mais je ne sais s'ils sont imitables en d'autres points; Je ne failli k zèle de la sainteté cléricale ne leur fait pas quelquefois passer les bornes. Stii étranger au bruit, aui intrigues civiles et politiques, c'est le devoir dusacc^ doce \ mais pourquoi rêtre è la littérature et aux sciences? Pourquoi étiler h compagnie des hommes graves et instruits? Pourquoi faire une fociélétaolée,

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m eorpti ptrt comme les casies orientales? En 8*éIoignanl de ta société, un leerdoee naH è la rd%ioD, qu! perd également dans Pesprit de la routlitade, [und le ptéire te dérobe trop aux regards et quand il ne sait pas maintenir, •M ■MBtfftnly la dignité do ton caractère. Un grand nombre dliommes aciordnl mx eroyaBCOi rellgieiuef la mémo estime qa'aax mlniitres qui lea lepiéMBlent. La loulo présence d*an prêtre digne de son ministère peut qaelliêMserier lM«t dans one âme ei la rapprocher de la foi $ la fol, qu'on oublie luaad on ne folt pas ceux qui la prêchent Je ne sais si Je me trompe* malf ilttUne è evolrt que dans nue ville comme Paris, beaucoup d'honnêtes familles pi ntet foud ni de piété, ni de religion, virraient chrétiennement, si' les pfêCrei B*aTaient point perdu l'habitude de tenir honorablement leur place tas les sociétés de leurs concitoyens. »

Qui jamais a formulé contre le clergé français de semblables rc- VDcbcs? Qui ne sait qu'il est peut-être celui de tous les clergés de ^t^jm qui tieni la place la plus honorable et la plus honorée dans le QûDde» et an miliea de la société T M. Gioberti n'habite la France que lepnis un an; et il vit trè»-retiré lui-même, il ne connaît pas la malien de vivre da dergé. U ne l'a connu que par les pamphlets de {■elqœs humanitaire^ on les diatribes de quelques journaux repuiBcabis» nous en aurons bientôt de nouvelles preuves.

K Sages eonseUf de perfectionner ou de reCaire les sciences philosophiques.

• Mais revenons aux sciences; les ecclésiastiques ne devraient- ils pas en reconquérir Tantique domaine, l'élever jusqu'à sa plus haute splendeur, en se proposant de rivaliser avec le siècle et de devancer le progrès de leur tems? Xt certes dans le cercle des sciences spéculatives, ce ne serait pas chose difli- <8e en un pays où Ton décore aojourdlini des palmes philosophiques quelques i«s qui olitiendraient à peine on rang secondaire, pour peu que le siècle et h éludes fussent placés dans d'autres conditions. Aussi doit-on sagement ^mtmm à tout et qui tend à restreindre dans une sphère trop éUoite U "teee dn clergé et des calholiques. En philosophie surtout, maintenant que htdeneeeat toute à refaire, et que les ecclésiasliques sont tenus de coopérer ^ tetto grande œuvre en vertu même de leurs obligalions, en (îhilosophie sur- >Ws il Caut trouver cette liberté et celte force de génie que réclame la abUmité du but où Ton veut atteindre. Si je dis cela, c'est que dans plusieurs ^Ivanx du clergé français, travaui estimables d'ailleurs et inspirés par de tanasintentiena» j*ai cru remarquer une excessive timidité d'esprit, de la >ihlaiia iatellactaella^ la crainte d'outrer dans certaines questions, la repu-

^0 EXAMEN CBITIQIJË

gnance à abandonner rornière commune et les sentiers battus (même quand le sujet Teiige et que la prudence chrétienne le permet); toutes choses qai nuisent à Teffet que ces livres pourraient produire, ii la profondeur» tox progrès de la science. Le catholique doit être prudent» niais non pnsillaniflw; timoré, mais non timide, il doit bien mûrir ses pensées» mais non pas reeokr d^efTroi derant les difficultés; il lui faut rechercher avec beaucoup deièleli rigueur de Torthodoxie» mais aussi il doit être libre de scrupules; il doit pénétrer au fond de son sujet, et non s'arrêter à Técorce. Cest sans raison qail craint de tomber dans quelques erreurs, malgré toutes ses sages préc4iutioii^ car il ne borne ni ne mesure sa soumission à TEglise, et ia résolution où il eil d*obéir au moindre de ses signes. Cette liberté catholique élève au plus hait point la puissance de Tesprit dans un auteur; il en reçoit une aptitude singolién à faire marcher les sciences et à découvrir des mondes nouveaux dans U vaste sphère du scible, La foi en son propre génie est toujours nécesnire pour entreprendre et accomplir de grandes choses; mais il n'est donné qnln 'seul catholique de s*y abandonner avec une parfaite tranquillité de conscieBCS, car quelque fondées que lui paraissent ses idées, il les soumet i Faotoritéiiprêmè de renseignement, qui seul ne peut faillir. »

M. l'abbé Gioberti a ici complètement raison, ses paroles sont sign et SCS conseils aussi judicieux que vrais. Mais nous ne croyons pasqie ce soit ia philosophie de Ttdée, de Xvniuiiion directe qui remettra le clergé à cette place éminente qui lui est destinée. Nous sommes ta contraire certain que c*est en revenant à la philosophie traiiîim' nellcy comme il y revient en grande partie, qu'il pourra influer puissamment sur son siècle, arrêter les courses vagabondes de la philosophie humanitaire, et replacer le genre humain sur un terrain ferme et stable. Quant à ces mondes nouveaux que M. Gioberti lui conseille de chercher dans la vaste sphère du scible, nous lui conseillons trèifort de ne pas s'y aventurer, pas plus que de perdre son tems à pratiquer, comme les moines du Mont-Athos , l'intuition directe on h contemplation de Vidée; il n'y découvrira que des chimères nonvello; comme Sisiphe il reporterait sur la montagne^ cet étemel rocher qn en retombe toujours.

10. Conseils donnés aut cvèques de France.— Les uns sont inutiles, lesaotrei

dangereux.

ff Propager la science et la faire fleurir dans le clergé n*esl pas miesMvif diflicile en soi, mais les particuliers seuls n'y suffiraient pas. Il faut que les pre

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tnien pasteurs y apportent leur concours efficace, y emploient les moyens qu'ils rat en abondance, eux qui sont préposés au gouvernement de l'Eglise. Que les Ténérables prélats dont la France admire la piété et la vertu choisissent dans leurs séminaires les Jeunes gens qui promettent le plus ; qu'ils les délivrent du joug de certaines études trop élémentaires et trop restreintes; quMls leur fournissent les secours suffisants pour s'appliquer aux études vers le^uelles ils se sentent spécialement portés; qu'ils fondent une institution où Télile du dergé aoitinitiéeaux sciences les plus élevées, et où la perfection de la discipline scientifique soit unie à celle de Téducation cléricale ; qu'ils réctamcnl pour Cette œuvre sainte et sacrée^ qui entraînerait de grandes dépenses^ le con^ cours du gouvernement : celui-ci ne devrait point le refuser, puisqu'il s'agirait d*nne entreprise éminemment utile, incapable de causer le moindre ombrage; puisque cette institution serait dirigée par le corps des évéques, et que les laïques y interviendraient^ non cotnme arbitres, sans doute, mais comme conseillers. Que les évêques français fassent cela, et deux générations ne se passeront point sans que Téglise de France ait des théologiens, des philosophes, des érudits. des orientalistes, des physiciens et des mathématiciens illustres^ capables de rivaliser heureusement et noblement avec Téiite des savants fonçais et étrangers. C'est qu'en effet il est très-important de remarquer que la science du clergé ne peut produire ses fruits qu'autant qu'elle est audessus, ou du moins à la hauteur de la science contemporaine. Si Bossuet et Malebranehe n'avaient pas été, chacun dans son genre, égaux ou supérieurs , iut savants de leur siècle, croyez-vous que les grands esprits d* alors auraient reconnu F empire de la religion? Aussi, en se livrant aux sciences même profanes, le clergé est loin d'aller contre la fin principale de son ministère. Au contraire, il emploie le moyen le plus efficace pour l'atteindre .* car ainsi il réconcilie la foi avec Topinion publique, et l'accrédite universellement en la iBontrant ce qu'elle est, un assentiment raisonnable. Or, y a-t-il au monde on moyen plus propre à rendre la multitude capable de la foi, que de lui iM>ntrer dans les ministres et les docteurs de la religion l'élite de la sagesse lationaleP Qu'il s'élève au sein du clergé moderne un sculhomtne illustre réunissant la science à la vertu, et il réussira peut-être mieux lui seul à réconcilier les classes élevées avec la foi catholique, que les missions et les prédications ordinaires. Ces derniers moyens sont certainement utiles, ils sont nécessaires, saints, pourvu qu'ils soient bien employés; mais seuls, ils ne «nlBsent pas. Espiérons que le tems n'est pas loin où tous les pasteurs des âmes seront convaincus que la science éminente est aujourd'hui nécessaire dans le clergé, pour préparer les voies aux œuvres et aux merveilles de l'a-

pOitOitt. n

Nous reconnaissons volontiers ce qu'il y a de vrai et d'utile dans

m* SÉRIE. TOME XVL— W 9ft; 1847. 17

26i EXAMEN CRITIQUE

les conseils que M. Tabbé Gioberti se permet de donner ici aux évéques français, et pourtant noas ne pouvons nous empêcher de regretter qu'il n'ait pas dit, ou qu'il n'ait pas su que les évéques français n'ont pas attendu ses avis pour profiter ou exécuter ce renouvellement des étades cléricales. Dès 1825, sur la demande des évoques, une ordonnance royale créa une maiion de hautes itude$t qui malheureusement n'eut pas de suite. Depuis lors dans presque tous ht diocèses, l'étude .des sciences a été introduite dans les sémmairaj et des maisons spéciales ont été créées dans divers èvêchés. Non pouvons citer la maison de Sommervieu, d'où viennent de sortir deux excellens ouvrages , Essai sur le rationalisme contemporain^ et le Christ et V Evangile \ à Saint-Flour^ à Reims,h Besançon, ï Digne i m Mans, etc., sont établis des cours de hautes études ; toat le monde connaît les cours supérieurs du séminaire de Saint-^lpicst et la création de la maison d'études des Carmes, fondée par Mgr de Paris. Les choses que conseille M. Gioberti sont donc ext exécolioa en tant que les circonstances actuelles le permettent k nos évêqnes. Ajoutons de plus que nous n'approuvons nullement cette intervsf^ tion du gouvernement que M. Gioberti réclame ici. Le gouveni^ ment consentirait bien à donner Targent- des catholiques pour créer ces études , mais c'est à condition do les diriger ^ ou comme dit M. Gioberti, d*avoir droit de conseiller ; et c'est précisément ce qv ne veulent pas nos évêques et ils font bien.

Quant à ce qu'il dit que les grands esprits du 17* siède n'ont rtconnu Vempire de la religion que parce que fiossuet et Malebraoche étaient égaux ou supérieurs aux savans du siècle, c'est encore Oi lUie de ces phrases à effet et vides de sens; les chrétiens instruits ont toojours reconnu la religion parce qu'elle vient traditionnellement ii Christ , et non parce que tel ou tel homme l'a acceptée.

11. lojuftice et violence de* reprochesadrcseéi à une partie du clergé fruKiifi

» Quoique Téglise de France ne soit plus de nos Jours en proie Mi fureurs de la tempête ni au feu des persécutions , toutefois elle eit en* core loin de goûter le bonheur et la paix : des ennemis intérieurs 11 Udt Uent , des guerres extérieures la travaillent, et il n*est pour elle qa'i> moyen de triompher, c'est de devenir de plus en plus riche de sagesN el à

DE LA Pmi.OSOPHlE DE M. L*ABBÊ GIOBERTl. 263

wlêDce. Une leete obstinée et perturbatrice^ qui emprunte le maïque de la religion, l'ei t introduite dana le i ancluaire. où eU« a réusii à gagner quelques •rdf nta défeofeuri . Je ? aui parler de ce% /adieux connus soui le nom de lé" gilinUstet, Cbex eux, comme dam toutes les sectes, on rencontre sans doute des hommes généreux et loyaux, que des sentimens sincères attachent h la lignée du prince déchu et à Tinviolabilité du pouvoir monarchique qu'ils croient lésée par le nouvel état de choses; & la religion quit selon eux, est plus en harmonie avec Tancien régime; à la tranquilité et à la sûreté de l'état, qu'ils ont vu troubler par les dernières révolutions. Mais LA PLUPART n'ont en vue que la ruine des libertés pabUques^ la restauration d'un pouvoir despotique qu'ils aiment, non pour lui-même, mais pour les riehesses si les vices qaî en /arment le cortège. Ce sont en grande partie des noèles qui soupirent après Tédat et la domination du patriciat, derniers restes de l'état féodal i ce sont quelques prêtres (Je le dis avec douleur), quelques prêtres qui pleurent les nekessês perdues, et regrettent les intrigues séculières ; ce sont des oisifs de loitte espèce, pauvres d'argent et avides déplaisirs et de dissolution^ qui n'ont point du tout ou point assez des faveurs d'une cowr constitutionnelle, et qui wtgretient ces bienheureux temsoù les sueurs du peuple alimentaient les vices des courtisans et du roi. 11 serait impossible d'imaginer une /action plus iMitile que celle-là à l^vangile, plus contraire h l'esprit généreux de l'Eglise ciiholique. Et qu'on ne vienne pas, pour lui donner une apparence d'honnêtsté, qu^on ne vienne pas l'abriter sous les dehors d'une fidélité chevaleresque, fH-elle sincère ! L'idolâtrie des princes est une trouvaille moderne, et surtout frinçaise; jamais elle n'a pris ni ne prendra racine dans les cœurs mâles des Italiens. La fidélité envers les princes légitimes est un devoir : mais adorer ui homme et une famille, leur subordonner toute affection et tout devoir, les préférer à ce qui est mille fois plus sacré, la nation et la patrie; en un mot , biredu monarque une idole et delà sujétion un culte, ce serait une exagé- Wioii ridicule, si elle n'était souvent pernicieuse. »

Nous n'avons pas besoin de faire remarquer rinconvcnance et Tin- JQsticG de ces reproches ; nous répéterons seulement que M. l'abbé Giobertl» étranger et habitant alors l'étranger, n*a connu les prêtres légitimistes français que par les diatribes des plus mauvais journaux rtvélutionnaires. Aussi le défions-nous de citer un seul, un senl prêtre français qui ait écrit oo dit rien qui puisse légitimer ces accusations : 4e ne regretter l'ancien gouvernement qu'à cause de ses vices^ ou Poiir ruiner la liberté. C'est une calomnie contre la famille déchue, ^ laquelle personne n'a jamais refusé les vertus privées; c'est une calomnie contre les membres du clergé qui en recevaient des faveurs,

mais qui n'ont jamais partagé des vices qni n*y existaient pas. M . l'abbé Gioberti habite maintenant la France ; il pourra donc mieox connaître notre clergé y et nons ne doutons pas qu'il r^rettera de ravoir si faussement jugé, et présenté sous des couleurs si noires aux yeux de ses compatriotes les Italiens. Dans une nouvelle édition no» espérons qu'ils modifiera ces lignes injustes.

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