‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 59 sur 103 · DU RATIONALISME CONTEMPORAIN · texte numérisé non relu

DU RATIONALISME CONTEMPORAIN

• main » sar les bords heoreux de Tlndos et du Gange, n'a-t-U pas » brisé les liens de fer qui le tiennent dans une étemelle servitude 7

• Pourquoi , sur Timmense plateau de l'Asie centrale, la croix ne

»- s'est-eile pas élevée triomphante et glorieuse 7 Pourquoi quelque

» Christ inconnu a'a-il pas rallié autour de l'étendard de la fraternité

» les innombrables tribus du céleste Empire ? Gomment se fait-il

M qu'en dehors du Christianisme , il n'y a ni liberté , ni progrès , ni

» charité 7 Si cependant une irrésistible force pousse en avant les gé-

» nérations humaines, je voudrais savoir quand celte puissance mer-

» veilleuse s'éveillera dans les Savanes de l'Amérique , dans les îles

» inhospitalières du Grand Océan? Vous me direz, j'espère, quand

» la loi du progrès fera sortir de leur torpeur l'australien dégradé et

» le canibale de la Nouvelle-Zélande ; pourquoi la civilisation s'éveille

» toujours au pied de la croix , et pourquoi elle dépérit et meurt, si

» des mains ignorantes ou barbares renversent dans la poussière Té-

» tendard glorieux qui couvre de son ombre salutaire les peuples

» régénérés K »

Gomme on le voit, il s'agît ici de plus qu'un homme et de plus qu'un système ; Strauss représente et résume le Rationarisme tout entier, en 'ce sens, qu'il en a dit le dernier mot et révélé la pensée intime. Sans doute, touî le rationalisme n'adopte pas les interprétations de Strauss ; mais c'est le même but qu'il veut atteindre : tout le rationalisme prétend que Jésus-Ghrist et eon œuvre doivent Ôlrc expliqués par la raison. Il admettra jusqu'au mythe , sitôt qu'il jugera le public assez mûr pour ce système. Les rationalistes u'ont-ils pas, la plupaft, battu des mains à l'apparition du livre du professeur de Tubingue 7 ne l'ont-ils pas traduit 7 ne i'ont-ils pas appelé une œuvre originale et profonde ? ne fait-on |)as sans dissimulation, de$ efforts multipliés pour mettre en circulation ses conclusions et ses données 7 Ge serait à tort qu'on se rassurerait contre le danger de ces spéculations inqualifiables sur leur extravagance. La bizarrerie d'une opinion n'est-ello pas souvent la raison qui la fait admettre ? ne commence-t ou pas déjà à répéter le nom de Strauss comme celui d'un savant qui , démontrant la faussé du Ghristianisme , aurait enûn délivré les homni( s

« Le Christ et VEvnngile^ 2* partie ( rAlIcmaRnc ), p, 224 et suiv.

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