‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 65 sur 103 · AVEC LA RÉPONSE DE M. BONNETTY · texte numérisé non relu

AVEC LA RÉPONSE DE M. BONNETTY

son illustre ami, au ilocteur Ang<>liriue)> dans le grand livre de la Croix (1). ' Je conclus ceci par une remorque qui a ici son importance, et que le lecteur Youdra bien, j'espère, se rappeler pendant que je vais discuter vos reproches au sujet de VIlinerariwn. Quand j'ai ploré dans renseignement externe et positif ée la Révélation, \ origine nécessaire des vérités qui éclairent notre intetUgence (J), il ne m*est jamais venu en pensée d'eiclure par là de l'entendement hunuiin la présence primitive, innée Ae cette lumière naturelle ,Aoni nous parie la Traélitiçn des saints Docteurs et des philosophes catholiques (K). lis BOUS présentenl cette lumière sous des noms qui en indiquent à la fois et Timperfection et l'universalité : lumière informe, connaissances séminales y principes universels innés. Ils nous disent qu'elle resterait informe, inerte et indéterminée, sans le développement de V opération des sens , surtout de renseignement extériear; et cependant c'est en elle suivant eux que Phonime voit successivement toutes les vérités qvCil est capable éPacquérir\ en ce sens c'est elle qui les lui manifeste (L).

(I). Prenons bien garde de dévier ; il s'agissait jusqu'ici de cwa-' prendre, d* expliquer; ici le P. Gardereau a glissé le mot apprendre. Notons le , toute la discussion est sur la différence entre ces mots, nous accordons volontiers que la prière au pied de la croix lui a ap^ pris à mieux comprendre les choses révélées , mais non qu'elle les lui a révélées.

(J). Nous ne sommes pas aflés si loin nous-mêmes ; nous n'avons rapporté à la révélation extérieure que l'orjgine du dogme et de la morale ; il y a bien des vérités qui éclairent notre intelligence , et qui sont dues aux investigations humaines, etc. Distinguons touj'ours ces deux choses.

(K). Ajoutez des philosophes catholiques platoniciens; car c'est on fait que ces expressions idées innées , lumière innée, etc. , nous Tiennent de Platon ; ce n'est pas une tradition catholique ; tant s'en faut , grâce à Dieu. Notons en outre que dom Gardereau supprime ici le mot émané, qu'il a employé et que nous avons justement repoussé.

(L). Nos lecteurs remarqueront que dom Gardereau revient encore ici à ces expressions que nous avons déjà longuement analysées et critiquées^ lumière innée, connaissances innées, séminales, que la révélation extérieure ne fait que développer, qui nous révèlent tout ; seulement il n'ajoute pas ici qu'elle est émanée ; c'est un mot essen-

298 LETTRE I)F. |)0M CARDEREAU

InroffiMiite par eUe-même pour i'aequisiUon des vérités même et Tonlre naturel, à plus forte raison ne peut-elle nous faire i/^c^avrir les férllés suiaturelles $ et lors même que ces dernières vérités nous sont manifestées par h Révélation surnaturelle, elles ne deviennent vùihUs dans la ktmièrê dmit nous parlant , que selon le sens et dans la mesure où çllep sont mecessikkêi la Rmson humaine (M). A cette doetrine se réduit, si je ne me trompe, la p«p aée des plus modérés défenseurs des idévs iiNÉtt. Je ne prétends point fm faire une obligation de Tadopter, ni surtout d'accepter toatea les assertlm du Sérapbique auteur île ïltincrarium mêntif in D€um% mais voôs na poum prétendre m'oUiger àHnmmintr avec vous ce que nous disent lai lainU Doc* teurs d'une lumière innée dans Tentendement bumain ÇS),

Quoiqu'il en soit Janoais je n*ai entendu rapporter dans le aena abaolo Vêrit gine des vérités h cette lumière interne ; dans le Correspondant^ Je ma sril eipliqué aussi nettement que dans VJuseiUaire, sur l'origine traditmanella dsi connaissances humaines ; et si j'ai montré les saints Doeteun analysant dais leurs profondes études toutr(7r</r<; de la science, yai reconnu en termes après qu'ils ne perdaient jamais de vue le flambeau céleste de la rérél^km positire lui rapportant X origine ultérieure des vérités^ dont ils mettent toute la ebilas a découvert par le raisonnement (O).

ticl, qu'il n'a pas voulu rétracter, mais qu'il supprime icL Notons encore, que dans la lettre qu'il nous a écrite, il a déclaré, que les c(mnaissance$ surnaturelles^ n'étaient pas comprises dans ces idées innées ou principes universels, etc., nous renvoyoms à ces articles y dans notre volume xv, p. 286 et 379.

(M). Nous avouons ne pas comprendre cette phrase. Qu'est-ce qœ c'est que des vérités manifestées d'abord par la révélation divii^i et qui ensuite ne sont visibles que dans le sens et la me^rei etc. Une vérité manifestée par la révélation divine est visible x exactement autant qu'elle a été manifestée, cela est clair conrnie le jours il ne faut pas l'obscurcir par des mots vagues.

(N). C'est vous qui avez dit que le saint docteur admettidt une lumière innée, émanée de Dieu et révélant tout,.. Nous vous atOD$ demandé si vous adoptiez ces principes; vous nous répondes qœle saint docteur se défend lui-même , et ici, en rappelant ce principei vous supprimez -le mot essentiel : émanée de Dieu» N'est-ce pas l'iAcriminer autant que nous 7

(0). Souvenez-vous donc que vous avez dit aq contraire en termCi

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VHinerariam mentis in Deum, cet admirable résumé de toutes les connaisstnees de Tbomme dans i*ordre spirituel, allie aussi tous les moyens qui nous procurent ces connaissances ; c'est à la fois un modèle de savante théologie, de aoblime contemplation mystique, et d'analyse psychologique profonde i mais d«DS Tarticle du Correspondanl,ie n'avais à le mentionner que sous ce dernier aq[>ect, puîMiue c'était la seul qui eût rapport avec mon but. Ceux qui fondront bien jeter les yeux sur cet article du Correspondant, delà p. 190 à la p. 193, vmoot que mon dessein en ce passage était tout simplement de montrer que tmuU^sgp^eholûgigue tant exploitée aujourd'hui^ ne datepasderért deDeseiurtef , comme le croient nos Rationalistes dans leur ignorante pitié pour ce qnllff ont appelé V innocence du moyen âgâ. Il s'agissait de foire voir que cet qoeitipnii élémentaires, dans lesquelles s'engloutit la philosophie moderne n'ont pas été iaapperçnes, conmie on se l'imagine, des maîtres qui nous ont transmis las vraies traditions de la science ; mais qu'elles ne leiir ont pas paru dignes d'arr&ter trop longtems un philosophe sérieux..!! s'agissait de montrer qu'ils las avaient nonrseulement vues, mais pénétrées h fond, d'un coup d'ail aussi sûr que rapide, tout en courant à des questions plnl dignes d'un chrétien. Je le prouvais par un exemple, je crois irrécusable en offrant un aperçu rapide des questions deeette nature soulevées et résolues, dans V/tineran'um du doe» tanr Séraphique. Tel était mon but (P).

exprès , qne les scolastiques et saint Anselme avaient mis de côté Véeriiure et la tradition. Comment pouvez-vous dire ici que vous reconnaissez qu'ils ne perdaient jamais de vue la révélation positive? Existe-t-elle ailleurs que dans V écriture et la tradition ?

(P). Ceui^ qui liront la page 193 du Correspondant, y trouveront que dom Gardereau s*y propose un autre but, qui entre tout4-iait dans nos discussions, celui de montrer qu'elle est V origine de nos connaissances. Voici ses paroles : « DhnsVitinéraire de rame d Dieu » les rationalistes peuvent trouver décrits avec une précision inimi- » table 9 les divers moyens de connaissance, les principes premiers^ » les conditions réelles de la certitude, les degrés par lesquels Vâme • s* élève jusqQ*h la possession de l'immuable vérité , le monde exté- » rienr, etc., etc.; » puis immédiatement on désigne la lumière %nnée% émanée de l'être infini comme nous révélant tout. On volt qa*il ne s'agit pas seulement d'une analyse psychologique, mais de rindication , de la précision de ]iorigine de nos connaissances. C'était donc bien exactement la question débattue entre M. l'abbé

Mais vous. Monsieur, plein de yos préocupations litigieuse!, et comme si c'était chose naturelle que chacun dût suivre avec anxiété vos diteassiont contre M. Maret, vous vous êtes imaginé que n'osant vous faire une guerre ouverte j'étais allé chercher sous main, « déterrer à grand peine, des défenseurs et

• des autorités pour Tenir en aide à M. Maret, et q^ en première Ugne^ \tVà » ayais offert samt Bonayenturc. » {Jnn,, t. xxv, p. 303 et 312) (Q).

Sur quoi vous passez, « à V analyse que j'offre de la méthode de ce iiint Doe* » leur. (^Ttn. p. 212)..— Vous allez, dites-vous, examiner cette doctrine

• (p. 214), comme étant du P. Gardereau lui-même, r^/a/duConrespoodant, » qui ne précise^ ni ne cite , et se contente de donner le titre dé l'ouvrage » où il prétend que se trouvent les citations. Dans une Discnssioir aussi n- » roRTàNTB, où les termes mêmes doivent être analysés et sérieusement peaés, >• nous disons (ce sont vos termes) que c'est un manque d'égards et pomrle > saint Docteur et pour les lecteurs..... Nous aurions pu recourir nons-mteei » au texte ; mais nous ne voulons pas le faire ; ce serait favoriser uoe paresie, » un sans façon de preuves qui ne peut convenir à la polémique actuelle « qui veut des textes précis, et non des analyses plus ou moins infidèles. »

Mais Monsieur, où donc aviez-vous l'esprit, quand vous écriviez tontes ces phrases? 11 ne s'agit ici, ni de polémique, ni d'analyse, ni de précision, ni de citation^ ni de discussion, importante ou non ; il s'agit tout bonnement de V indication d'un ouvrage fait il y a 500 ans, où le lecteur chrétien peut Toir remuées quantité de questions que nos Rationalistes nous donnent aiqoard'hui comme très-neuves. Voilà seulement de quoi j'avertissais le lecteur; et je croyais qu'on ne pouvait pas plus clairement indiquer un livre qu'iv si CONTENTANT d'en DONNER LE TITRE. Il fsut êtrc blcu gucrroyant pour voir Joiques dans la simple indication d'un titre, ou du moins dans II simple menlioi d'un opuscule , une discussion aussi importante ou les termes mêmes doivetU être analysés et sérieusement pesés (R).

Maret et les Annales 9 pourquoi vouloir ainsi éloigner oa dissimuler la question 7

(Q). Nolis l'avons cru et nous le croyons encore. L'article est sur l'ouvrage de AI. Maret, les autorités apportées sont natarellement en sa faveur ; elles sont exactement contre la thèse que nous soutenons ^ pouvions-nous ne pas croire qu'on avait voulu réfuter l» Annales? D'ailleurs dom Gardereau avoue lui-même qu'il y aiait dans son article une réfutation de nos systèmes {Ann. , t. xv, pt 38&). Nous ne nous en formalisons pas , mais pourquoi trouver maa^ab que nous ayons répondu à cette réfutation,

(R). Nous en demandons bien pardon au P. Gardereau, mais noos

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