ASIE
GUIXE. — Nombre des églises rendues aux chrétiens^ — On écrit de Hacaoi à la date du 25 décembre 1846.
• Vous savez que dans un édit rendu ie 18 mars dernier en liTeiir de II religion chrétienne en Chine, il est dit que toutes les anciennes églises qil furent construites dans le tems de Kang-hi , empereur fayoraMe à la religioi chrétienne, et qui ont été consenrées jusqa*à présent, seront rendues toi chrétiens des lieux respectifs, après que l'autorité en aura fait rexamen d reconnu clairement le fait. On n*en a excepté que les églises conrerties et pagodes ou en maisons bourgeoises.
• En conséquence de cet édit, les chefs de la société de la Propagande de la Foi ont adressé une circulaire aux pères qui habitent les proyinces di Céleste-empire , pour les engager à dresser Tétat des bàtimens ayant serri au culte catholique et qui sont situés dans leurs diocèses.
« Les renseignemens en question sont arrivés de tous les points k Maeao, et, d'après ces documens, un mémoire a été rédigé par les Pères pour être remis à Ki-yng, vice-roi de Canton.
» Ce mémoire constate que 1 17 églises se trouvent dans le cas préva par redit du 18 mars ; elles sont réparties dans treize provinces et se trouvent dans un état suffisant de conservation. Elles ont été construites dans la période ds tems qui s'est écoulée depuis le 32 mars 1693, date de l'édit de Kang-hi, qui autorise l'exercice de la religion chrétienne en Chine, jusqu'à rannée 1729 1 époque de la mort de ce prince.
» La plus grande partie de ces églises ont été élevées par les jésuites. EUei renferment presque toutes, dans une de leurs tours, de petits ohservatolrei consacrés aux sciences astronomiques dont ces religieux l'occupaîent bcMcoup alors.
» La réclamation des chrétiens, aGn d'obtenir la restitution des églises nea* tionnées dans ce mémoire, a été appuyée par les consuls étrangers, et va élrs envoyée à Pékin par le vice-roi de Canton. >»
♦ANNALES
numéro 95. — lloombre 1847.
poUmique pl)il'(idopt)ique.
«B LA CHRISTOLOGIE RATIONALISTE
DE M. JEAN REYNAUO.
AtUqoes de M Encyclopédie nowoelle contre le Christiaiiifime. — Discideoce enlre les deux directeur! P. Leroux et Jean Reynaud. — Si Moïse et le Christ sont disciples de Zoroaslre. — L*époque de Zoroastre, reculée arbitrairement, d'après le système de l'allemand Rhode. — Zoroastre a vécu au ^ siècle ayant J.-C. — Les Mages ont emprunté à Moïse. — Du Verbe chez les Perses.— Ce n*est pas le Verbe chrétien. — Rapports réels entre les Mages et les Evangiles provenant de la source commune, la tradition primitive.
M. Jean Reynaud est un des houimes qui , avec M. Pierre Leroux, ont combattu les idées chrétiennes, depuis 1830, avec le plus de persévérance et dYnergie. Dans la première ferveur de l'àrole Saint-Simonlenne, ils furent envoyés l'un et l'autre annoncer le nouvel Évangile, que de nombreuses folies devaient bientôt déshonorer, dans cette grande et tumultueuse ville de Lyon , où se développaient déjà tant de fermens de guerre et d'anarchie. Leur parole, pleine de jeunesse et de chaleur, remua profondément la grande cité manufacturière. Après la mort de Bazar, qui divisa si vite la religion saintsimonienne, M. Jean Reynaud, ainsi que M. Pierre Leroux, refusa de reconnaître M. Enfantm pour le Père suiuême de la nouvelle
lU* SfiUS. lOMfi XVL— N* 95 ; 1847. 21
326 CRITIQUE DE LU GaaiSTOLOGIE
école '. « Ces deux puissans philosophes, dit un de lenni admiratenn, » M., Louis Blanc , ont continué à poursuivre dans leurs travaux le "« double but de leurs anciennes études, la religion et Thumanité .» Ce fut donc à li suite des déceptions cruelles qne leur fit subir la désorganisation de Técole saint-simonienne que ces deux écrivains , qui conservaient toute la vigueur de Itïurs antipathies pour la tradition catholique, formôreiit le projet de VEncifclopédie nouvelk, œuvre immense^ qui devait, dans la pensée de ces auteurs, continuer avec un certain éclat la pensée religieuse de l'école saint-simonienne. U est vrai que presG[«e toute la partie théologîque de ce grand ou- Trage est due à la plume de M. P. Leroux. Mais M. Jean Reynaud est un esprit trop indépendant pour asservir complètement ses idées ï celles de ses amis. Dans Técole saint-simonienne, il fui un des premiers à tenir tête au père Enfantin, et à résister aux innovations qu'il voulait introduire dans la morale sociale. « Reynaud, disait alors le » chef saint-simonien, Reynaud, lui seul, conçoit la mission du hant » protestantisme *. » Avec une telle tournure d'esprit, le directeur de VEncychpédie nouf)elle ne pouvait accepter coœpiétement et sus restriaion les idées de son collègue. Il voulut donc aussi donner son expiicaiion du Christianisme et de ses origines ; il composa son article Zoroastre, article immense, plein de faits et d'all^ations « qui contient sous un titre très-modesjte, toute une philosophie de l'histoire et de la révélation. On voit que ce tr^vaU es; le résultat d'une pensée très-longtems méditée. L'auteur s'est plu à concentrer , dans cette dissertation si longue et si compliquée , tout le résultat de ses éludes historiques et théologiques. Il y affecte à chaque instant mmseulement une érudition vaste et^ complète , mais une apparence de calme, de modération et de réserve qui fait contraste avec Pexccssive péluience de M. Pieire Leroux. Pourtant, sous ces formes modestes se dissimule une pensée religieuse profondément révolutionnaire. Il n'est pas seulement question de dénaturer ou d'éliminer de l'histoire quelques faits isolés de la révélation chrétienne. M. Jean Re^naod prétend expliquer tout à la fois, par une théorie qtd comprenne tons
l Voir Louis Blane, Hisioite de dix uns, m , ch. 3. » Leuû Blanc, iii,f . 133.
. m Ut »AQ| RgYNÀDp, 327
ki jlMt9 {^Mçi4u3F« , 1q Pef^Uli^que et Viunffle, Uoise et Jésns- (^fût. Sa n^étbode pré^ejite , au premier eoup-d'œil, une certaine apparence de grandeur qui davra satisfaire bien des esprits superfifii^- <i#P^i)#Pt, Mf Jaa.o Reynaud aurait pu donner à ses idées ençoffi fihi/l i*mi^f m n'admettant, CQïnïm bl. Pauilûer, qu'une K^n^e spnmHAe ppyr louiez les idées du genre humain '. Quand on a €QOWae0ç4 i faire violcnpe aux failJ8« pourquoi s'arrêter devant qi|(dqiiej|jscriipiii£^liistoriqucs? Pourquoi ne pas pousser sa métliodo ju^ii'i ^s dernières conséquenees? Pourquoi couper les ailes de la ^^f»qu9ni on quitte uoe fois Ig terrain prosaïque de riiistoire? ijfmfo» fomwmr et comme logicien, nous préférons donc M. Pan^ tbier k Mf Jean B^ynaud.
li'aocieo monde oriental se divise en deux grandes zones , partagées par là frontière de Tludus. Depuis les bords de ce fleuve jusqu'au Japon, et depuis les rivages de Geylan jusqu'aux steppes de la Sibérie, une seule pensée, eelle de la Société brahmanique^ a suffi pour éclairer et gouverner toute cette immense partie du monde, K'«9trce pas, »n effet, la doctrine des Fédas, complétée et développée par le Bmàddhismet qui a fait toute la vie intellectuelle ^t morale des MMjitf de la hauta Asie J N'es^-ce pas elle qui a jeté les peuples dans W moul/e de bronze que n'a pas pu même briser le glaive de la civi- ]jmtiou ^uropié^ae 7 Mais il n'était pas dans les destinées de la société brabffiaiiiqu^ de gouverner la terre» et la parole des P^édas ne devait paa, pooime <^)e 4e l'Évangile, retentir jusqu'aux extrémités du Jmf^f Sur le versant occidental du plateau asiatique , dans la nuit profoode ei mystérieuse de la haute antiquité, un législateur fameux
' Veir PAUthier^ Mémoire sur f origine el la propagation de la doctrine du T^9 4P-52^ rrPHM Lfi Ckfisift Cjtvq^iU^ noiu aviona placé M. Pau- Uiier à côté de MM. P. Leroux> J. Reynaud et Salvador. Nous avons remarqué depMÎS qu'il éerivail dans le Dictionnaire des sciences philosophiques , avec les diipiptes de M. Cousiiii et qu'il appartenait par conséquent au parti modéré, — M. Clavcl , dans V Histoire pilljoresque des religions ^ a résumé toufes les idées de MM. Jacquemont^ Paulhier, Guigniaut, Balhi, Michiels, Dawis, Lichtcinstein, Luyserus, Plessing, j. Ë. G. Scbmidt, J. A. G. Richter sur rorigioe prétendue indienne du (Christianisme.— Voir Histoire des reli- ^ionsy Ghrislianismc et couclusion.
328 CRITIQUK De la CHUISTOLOGIE
donna aux peuples primitifs une révélation qui devait plus tard, ea se modifiant, gouverner TOccident tout entier. Cette révélation , c'était les Naçkas y cet homme était Zoroastre.
Un fait qu'il est très-curieux et très-important de constater, c'est qu'un profond désaccord règne entre les théories des deux directeon dQÏEnqfchpédie nouvelle, M. Pierre Leroux, fidèle disciple de Al. Cousin, peut-être sans sien apercevoir, attribue l'origine des religions à cette inspiration perpétuelle de rhumanitét qui lui révSê partout les mêmes symboles et les mêmes théories '. C^estlà le point de départ de Lessing, de Scheliing , de Schieiermacher et de HégeL Les hommes sont peu dans un pareil système , l'humanité n'a guère plus besoin de révélateurs et de prophètes. M. Jean Reynaud est km de i^arler ainsi, le genre humain est une race routinière qui s'attache par une impulsion irrésistible, à la trace de quelques grands eqpnts qui i'éblouisseut et le dominent. Deux hommes peut-être, f^yasa et Zoroastre, ont imprimé à Thumanité ce mouvement religieux que quelques génies supérieurs ont continué de siècle en siècle. Zoroastrif Moïse et Jésus-Christ sont, suivant M. Reynaud , les anneaux d'une chaîne d'or qui se continue à travers les siècles, et qui descenddn deL
Mais le Christ et le prophète du Sinaî n'ont pourtant pas modifié profondément la tradition du maître. Ils n'ont fait que la continuer et Tapproprier aux besoins de leur tems. L'idée de Dieu ne vient plus, comme M. Edgar Quiuct l'enseignait récemment, des vents et du soleil. Ce n'e^t plus l'immensité majestueuse des océans, les aridto et mornes solitudes des déserts, les savanes aux larges horizons qvi révèlent à l'homme tous les mystères de l'infini *. La nature, conune rhumanité, s'efface devant la puissance du génie. La voix des prophètes s'est fait entendre sur les sommets des montagnes sacrées, et les peuples se sont inclinés dans la poussière , tremblans et respectueux.
iMalheureusement toute cette brillante philosophie de l'histoire repose sur la plus vïdne et la plus fragile de toutes les hypothèseï Reculer la vie et les institutions de Zoromslre jusque dans les pro-
■ Cousin , Introduction d CHistcire de la philosophie, » Ouincl , Le Génie des i élirions.
DE M. JLA\ RIYNAID 329
fondears ténébreuses de la plus haute antiquité, c'est là une opinion contraire à tontes les données de la science, les plus sérieuses et les plus positives. Je ne m'étonne donc pas si les preuves mises en avant par M. J. Reynaud sont d'une si mince valeur. Aristote est, de son aveu, très-obscur sur ce point. Quand à Pline et à Piutarque, ce Wùt, de son aveu , deux écrivains si crédules et si amis du merveilleux, qu'on est surpris de les voir indiqués dans nue question si grave. Il ne cite véritablement qu'un seul nom important, et c'est celui de Platon '! Mais, qu'est-ce qu'une aulorité, quand il s'agit d'établir un système aussi contraire à toutes les traditions de l'Asie orientale ? Rhode est le véritable auteur d'une théorie nouvelle à lous égardif et qui paraît d'abord séduisante^ mais, qui ne résiste pas à tin examen impartial '. M. Guigniaut , après avoir ainsi caractérisé rhypothèse que nous allons combattre, complète ainsi sa pensée à cet égard : « En se prenant de passion pour les antiques écrits qui por- 9 tent le nom de Zoroastrc , et leur sacrifiant tout autre source » d'instruction , alors même que par une critique des livres zends » plus sévère qn'on ne l'avait fait jusqu'ici, ils y reconnaissent, sauf » le f^endidady un certain nombre de morceaux, des fragmens » d'époques très-différentes , on a essayé de retracer, d'après le » Zend-atesta seulement, tout le système religieux et liturgique des » perses que, par une bizarre inconséquence, ou si Ton veut com- » binaison, on reporte ensuite aux âges primitifs >. »
■ Il cite bien encore quelques écrivains dont il est impossible d*apprécier .Tautorité, comme Hermodore , Hermippe , Xiinthus, etc. Il est étonnant que M. J. Reynaad ail suivi, avec une si aveugle confiance les renseignemens dea Grecs sur l'histoire de la Perse. • Les sources grecques, en tout ce qu^eUes • offrent de contemporain , dit M. Ott , méritent le plus de confiance ; mais » souvent les auteurs grecs rapportent des traditions sur les périodes anté« » rieures^ et à celles-ci , sans doute, on doit préférer les sources originales. • On tait quel accord règne entre Xénophon et Hérodote, sur l'histoire de Ke- ILurous. L*histoire de ses successeurs, qui nous a été donnée par des historiens grées « est souvent contredite par la tradition orientale ^ mais on comprend pourquoi M. J. Reynaud a laissé constamiAent dans Tombre la tradition des Perses, e*est qu*elle renverse complètement toutes ses présuppositions.
> Ce sont les propres expressions de M. Guigniaut, note iv, du livre ii. Les Religions de P antiquité',
3 Guigniaut , ihid^ ~ Les remarques que fait ensuite M. Guigniaut , sur les
332 CRITIQUE DE Là GilRISTOLOT.IE
tion de nos saints Évangiles. Ils pourraient donc supponer, pnisQK nous refusons d'admettre l'influence des doctrines mazdéenne$ sv la religion des Juifs, que le Cbrist et les apôtres auraient puisé directement dans les croyances du Mazdéisme leurs inspirations ks plis pures et les plus élevées. M. J. Reynaud a, en effet, suivi cette nnrche daps la seconde partie de son immense dissertation. Il ne se contente pas de supposer que plusieurs opinions mazdéennes sont entite dans le Christianisme, par l'influence de la Synagogue ■, il admet encore que le Christ lui-même s'est inspiré de la doctrine révélée naguèresur lessonunetsderu^/borcf; *. Le directeur de VEncydopéiii nouvelle n'en reste pas à des assertions^ générales , la doctrine da Verbe et du Saint-Esprit lui paraissent des emprunts évidens Ma par le Christianisme aux idées mazdéennes '. Ainsi , pendant que M. P. Leroux, directeur de V Encyclopédie nouvelle ^ envoie ks chrétiens chercher ces doctrines dans les écoles de l'Egypte et de la Grèce , son colique et son ami émet dans le même ouvrage , mais il est vrai , dans un autre volume, une hypothèse tout à fait opposée 1
Il n'est pas clair^ tant s'en faut, que la doctrine du Yerbe, qu'on trouve dans les livres zcnds soit la même que celle de la Bible ; quelques-uns ont cru la trouver dans le Ferouer d^Ormuzd; mais, cette opinion est véritablement inadmissible y si l'on se fait une idée bien exacte du rôle que jouent les Feroufrs dans la mythologie mazdéenne. i— a Ce sont, dit M. Ou, des êtres spirituels et particuliers qui se >» présentent, tantôt comme prototypes de tous les êtres , tantôt comme » génies protecteurs et bienfaisans, tantôt comme faisant partie de Flme » humaine elle-même , et comme formant la base des êtres spîri- » tuels ^. » Avec quelle surprise n'avons-nous pas vu Creuzer voir
' ^oir J. Reynaud, art. Zoroastre, EncydopédienoavelU^^, 796.— Ce sont surtout lei Pharisiens qui ont ainsi préparé TEvangile. M. P. Lerooi fainit jouer le même rôle aux Esséniens. Il est curieux de voir comme nos adversairtf sont d'accord.
• Foiri. Reynaud, il>id.\ 87 et 799.
» Foif J. Reynaud, art. Zoroaslre^ 805-809.
* Foir Oit, Manuel d histoire ancienne , la Perse, Crenzer ne dément pu cette interprétation. » Les ferouers , dit-il, sont les idées, les prototypes, lei » modèles de tous les êtres formés de 1* essence d*Ormazd , et les plus porci
DB M» JEAN RBYNAnn. «133
dam no de ces êtres qui ressemblent assez aux anges gardiens du cathdicisme , le f^erbe étemel consubstantiel au Père ! •« Ormuzd a » son Ferouer^ parce que rÉterncI a contemplé dans le Verl)e tout- » puissant, et cette image de l'être ineffable est le Ferouer d*Or- » muzd \ • Ailleurs, le professeur allemand, oubliant tout d*un coup cette théorie , transforme V Honorer, ou la prière primitite révélée par Ormuzd, à Torigine des tems, en P^erbe divin, comme il l'avait bit pour le Ferouer du principe lumineux \
On conçoit que la doctrine de Vffonover ait donné lieu aux suppositions les plus arbitraires, parce qu'il n'y a pas, peut-être, dans les livres zends , une théorie plus contradictoire , et plus remplie d'embarras. Dans Creuzer, c'est tantôt la défmition de Dieu >, le fiât créateur, la volonté étemelle et pure. Le monde est encore présenté luimême comme le Verbe d'Ormuzd ^ Dans un autre passage, c'est la loi qui est le Yerbe ^ Il le considère encore comme un esprit de lumière et de vie qui anime toute chose. Dans un second degré, il devient un végétal appelé f/om ^ , arbre salutaire qui donne une vie
» émanations de cette sabitance. Us existent par la parole vivante du créateur: » aosiiy sont-ils immortels, tU par eux, tout vit dans la nature. Ils sont placés
> au Ciel comme des sentinelles vigilantes contre Ahriman, et portent à Or- » muzd les prières des hommes pieux qu*iis protègent et purifient de tout mal. » Sur la terre, unis h des corps, ils combattent sans cesse les mauvais esprits.
> Ils sont aussi nombreux et aussi diversifiés dans leurs eipéces que les êtres » eux-mêmes.» — Creuzer, Religions de CanliquiU\ \^ partie>liv. ii, ch. ii.
' Creuzer, Religions de tanliqaite\ ibid.
* j* Vhonover, dit M. Ott, est une prière qui naquit d*OrmQzd avant toutes » choses, et qui n*est autre chose que le résumé des droits et des devoirs. Ott* » Manuel d'histoire ancienne, la Perse. •
s Enohe'Ferihe, c'est4-dire '.je suis.
4 Toutes ces définitions contradictoires se trouvent dans la même page de QxtvaxT, ^ Religions de C antiquité ; V* partie, 1, ch. 3. M. Edgar Quinet adopte la dernière définition : ^ l'Univers, dit-il, TUnivers est Verbe. » E. Quinet, Génie des Religions, liv. iv, § 1 *^
' Creuzer, liv. n, ch. 2.
^ » Hom, dit M. Menant, est un personnage que Zoroastre a souvent consulté; a comme tel. on lui rend les honneurs dut aux izeds. On lui adresse des priè- • res, et on bénit, k son intention, la tête, roreUle gauche ou l'œil gauche des
33/i CRITIQUE DB LA GHBISTOLOGIE
merTeillense ; enfin , dans un troisième degré, il de?i^ te toMnHm da Mazdéisme , le grand Hom , qui prêcha la parole câeste son le règne de Djernschid» En résamé , le Verbe de la l-eligiôb mazdéenne est toar à tour, d'après Grenzer, une définition, une volition divine, le inonde, la loi, l'esprit vital , ttH végétal , enfiti uû Homme et lu prophète.
Du reste , Tauleur des Religions de VantiqiiUé ne tire de ta faits aucune conclusion sur l'origine de la dogmatique de TÉvangite. Cest son traducteur M. Guigniaut , qui s'est chargé dans des tiofes debire les applications des faits contradictoires accumulés sltns dessein peot- Ôtre, par le professeur allemand. Toutefois, «près avoir dté plosietin passages des livres zends dans lesquels il retrouve la doctrine da Verbe , il affirme que c'est là pourtant une métaphysique naturaliste , « quelque chose qui respire le panthéisme , V émanation , et une » intuition féconde de la doctrine des Hindous '. Le christianisme trouvait dans la tradition hébraïque une idée plus parfaite et plos pure de la doctrine du Verbe co-éternel à Dieu ; sans parler des faits nombreux que j*ai cités dans ma réfutalion de M. P. Leroux*, je
• animaux, f/om est quelquefois considéré comme an personnage célèbre, qui i a fait de grandes et utiles acllons. 11 est quelquefois pris encore pour rarbn M auquel il préside. 11 est le chef des arbres, Tarbre divin qui éloigne la mort.» Voir Ménaat, Zoroaslre 1 10 et Féndidad^ Izech ix, et Boundeheteh^ xtih et XXIV. — On voit , par ce passage, que Hom est considéré comme an lied. Or l«s Izeds sont des DiTinliés du second ordre. {Foir Zend-Avesla, passîoi, surtout le Si-rouzé, ) S'il avait été regardé comme Une incarnation da Verbe divin, ainsi, que Creazer le suppose, sans en donner une seule preuve, peoton croire qu'il eût été relégué dans Tinnombrable multitude des Iteds,
' Foir Guigniaut, noies sur Greu2ér, liv. ii> note 4. — En effet, si OnDUid se définit, comme Jéhovah, celui qui est, il ajoute dans le même passage : d quiesllottt, Ànquelil, ie Zend-avesta ii, 145. — Aussi, M. Guignfaut eIpriln^ t*il ainsi la théologie du Verbe, telle qu'il croit la trouver dans le Zend-avetUu » Cette eau primitive, ce feu primitif» ious deux identiques à la primiUve Ai- » mière, identique elle-même au Ferbe, qui se confond avec Ormuzd, etc. " Guigniaut, noies sur Creuzer, liv. ii^ n. 4.
• • Voir Le Christ et t Evangile^ la France, chap. 2, art. 2. — Je rcviendni plus tard encore sur cette question capitale que Je n*ai pas complètement approfondie.
in M. lEAN RBTNAtm. 895
tm me borner à reproduire nn passage des Proverhêê , dans lequel IL Yacherot lui-même a recoonu une expresrioa trèa-remarquabie de la doctrine du Verbe avant le Christianisme ■•
« Le Seigneur m*a possédée (la sagesse) au commracement de ses » voies, avant ses œuvres j'étais. J*ai été ordonnée dès Téternité, dès
• le commencement^ et avant que la terre fût ; les abîmes n'étaient » past et j'étais engendrée, les sources étaient sans eaux, les mon- > tagnes n'étaient pas encore affermies ; j'étais engendrée avant les 9 collines. Le Seigneur n'avait pas fait encore la terre, et les fleuves » et les montagnes. Lorsqu'il étendait les cieux, j'étais^Ià; lorsqu'il 9 entourait l'abîme d'une digue, lorsqu'il suspendait les nuées, lors-
• qu'il fermait les sources de Talitme, lorsqu'il donnait à la mer des » limites que les eaux ne dépasseront pas; lorsqu'il posait les fon- » démens de la terre; alors j'étais auprès de lui, nourrie par lui, » j'étais tous les jours ses d^iccs, me jouant sans cesse devant lui, » me jouant dans l'Univers, et mes délices sont d'être avec les eufans » des hommes \ »
M. Jean Reynaud partage àU fond tontes les Idées du professeur de l'École normale, il pense comme M. Guiguiaut, que le Christ a cherché dans la doctrine du Mazdéisme des inspirations de la plus grande élévation. Sans doute le fils de Marie, dominé comme il Tétait par la pensée de sa mission surnaturelle, ne croyait pas simplement reproduire les opinions des sectateurs de Zoroastre. Mais, à son insu, h pensée de l'Asie trouvait dans son âme un écho sublime, et d'irrésistibles sympathies. L'influence qui domina l'admirable fondateur du Christianisme ne pouvait manquer d'agir aussi sur les apôtres. Il croit eu effet, en examinant de près les deux doctrines, trouver entre
' Vacherotf Histoire critique de V école d^ Alexandrie,
* Proverbes^ vin, 22-31. -^ Baynus, Commentaire sur les prover6eeé<^Ei Job, XX vin, 12 et 199* — Oq ne doit pas s'étonner, après des ftits pareils^ de la clarté de certaines expressions contenues dans la tradition de la Synagogue. Ainsi la paraphrase chaldaïque de Jonathan-Ben-Huziel dit : « Jéhova dit à
• son F'erbe : assieds toi à ma droite. > On lit encore dans la paraphrase chaidatqae : « Le Verbe de Dieu, mon salut » et : « Celui-ci est le Jéhgva dans le Verbe duquel nous avons espéré. » — Voir encore Rossignol , De la reli^ gion, etc., chap. iv.