‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 7 sur 103 · L'ORIGINE DE NOS CONNAISSANCES · texte numérisé non relu

L'ORIGINE DE NOS CONNAISSANCES

De la mie signification dei moti puissance, acte, préexistence, employés par

saint Thomas et les scholastiqaes.

Pour répondre à une citation de sept lignes prises dans deux cha^ pilrei de saint Thomas, nous avons, dans notre tome XI v, p. 300^ consacré 16 pages à exposer l'opinion du saint docteur. Pour le ^ avec plus d'impartialité, nous avons traduit intégralement un long chapitre, et les premières assertions du chapitre suivant ; nous croyions avoir assez fait pour établir la véritable pensée du saint docteur. Mais Dom Gardereau nous accuse, 1« de ne pas comprendre b terminologie de saint Thomas ; 2^^ d'avoir mal traduit son texte ; 3** d'avoir caché celui qui serait décisif pour son opinion. Nous ^lloQs donc revenir sur cette question, et rendre nos lecteurs juges de b justice de ces reproches. Écoutons dom Gardereau :

Je pourrais taire les interprétations que vous donnez aux paroles du acteur Angélique, si vous n'affectiez de faire ici un sin^nilier appel à ma ^nne foi. « Vous êtes persuadé que Dom Gardereau entendra conmie vous * les mots d*acU et de puissavee, cela ne peut faire la matière d'un doute [Ann,^ p. 214), » et puis, vous nous dites sérieusement qu*ar/e dans saint Tho- ^**% est synonyme ù^exUlenee (p. 310), et puissante synonyme ûe/aeuiief opacité' de Came; et que par conséquent, lorsque saint Thomas nous dit que ies connaissances nous sont innées non pas en aete^ mais en puissance, cela signifie qu'elles ne préexistent en aucune manière, à Texercice des facultés ^* i'àrae, mais que l'âme a seulement \k faculté de les acquérir. Je ne puis donner Ici qu'une explication trèssuecinte.

lesscholastlques è la vnXK^d'Aristote, voulaient diiiiosner en toutei ehoMi«

32 DE l'opinion de saint THOMAS

mêmM m»iritadlet, à Irèf •pea dViception pf^ la matière «C la forme. Dans leur langage, la matière^ quoique déjà EXISTANTE, était dite ^ puissance tant qu'elle ATTENDAIT encore l'adjonction, le comidément, la détermination de iB/orme; autrement dit, tant que la matière DEMEURAIT à rétat informe (ce qui n'est pas du tout synonyme de latent, comme tous le supposez), la puissance ne se changeait en acte, ou ce qui revient au même, la chose N'EXISTAIT in aetu compléta^ que par raccession de la matière.

Pour répondre à cette théorie, rappelons les concInsioQs posées par saint Thomas, et que dom Gardereau passe complètement sons silence. Saint Thomas a dit, bien eipressément : l"" « que les choses » inférieures ne reçoivent pas leurs formes intelligibles et sensibles » immédiatement d'une substance séparée ( de l'ange ou de Dieu), ê parce que ce serait supprimer les principes prochains des choses'. » Première réfutation de l'opinion de dom Gardereau, qui soutient que Dien a mis en nous k germe des choses» et supprime ainsi les principes prochains.

2« Saint Thomas dit « qu'il est certain que la première cause, M'par Téminence de sa bonté, donne aux autres choses, non-seule-^ » ment d'être, mais encore d'être causes ( p. 320 ). » Deuxième réfutation de dom -Gardereau, qui soutient que Thomme ne don/ne pas l'instruction, n'enseigne pas une chose qu'on n'avait pas, n*esi pas maître^ mais seulement développe ce qui était déjà inné dans l'âme. Car dans cette hypothèse l'homme n'est plus maUre, n*est plus cause, « il n'est, continue le saint docteur, que le moteur qui » détourne l'empêchement; il n'est qu'un moteur par accidenit » comme le dit Aristote. Si les agents inférieurs ne font rien que » de conduire de l'état cachet à l'état manifeste^ en ékûgnant » les empêchemens par lesquels les formes et les habitudes de » vertus et des sciences étaient cachées, il s'ensuivra que tous le» » agens inférieurs n'agissent que par accident (p. 320 ). » — - Ce» paroles sont claires et formelles.

De plus nous avions conclu par ces paroles de saint Thomas :

> Voir cette citation et la tradaction de tout le chapitre de saint Thoma»; dans notre tome uv» p. 306.

SUR L'OBIGIMË 0£ NOSî COiNNAISSAMCIiS. 33

« Les formes naturelles préexistent, à la vérité dans la matière^ 9 mab non en acte, comme le disent ces auteurs, mais seulement en » puissance et de cet état (de puissance, de possibilité, disions- nous) » ib sont conduits à Vacte, à la réalité^ par Tagent extérieur pro- «chain, et non pas seulement par Tagent premier (ou Dieu) » ( p. 32i ) » « comme le soutient dom Gardereau.

Pour répondre à des argumens si clairs, dont Gardereau réplique deux choses : l**qne le mot puissance ne signifie im faculté, possUrililé de foire une chose; que le mot acte, n'est pas synonyme à'existence, et il assure que les scholastiques, Aristote et saint Thomas, reconnaissaient une matière qui, quoique purement en puis' saness est cependant existante ; et qui, quoique en acte, n'existe cependant pas totalement, c'est-à-dire ni actucompleto.

Dom Gardereau donne cette théorie des scholastiques, sans citer aucane autorité, aucun passage. 11 nous semble cependant que cela était nécessaire, et qu'il aurait dû indiquer le livre, le chap. d' Aristote et de saint Thomas, qui contiennent cette théorie. Mais cela lui eût été bien difficile.

Car nous soutenons, nous, que cette théorie n'existe ni dans Aristote ni dans saint Thomas. Oui, que l'on nous montre le passage où il serait dit qu'il EXISTE une matière, qui cependant EST encore en Vm$ance ; que cette matière DEMEURE dans un état où elle ait à ATTENDRE l'adjonction de la forme ; enfin le passage où il serait parlé de cet actus completus, dans le sens qu'il le prend ici.

Aristote et saint Thomas, d'après lui , admettaient bien que l'on distinguait deux choses dans L'EXISTENCE, la matière et la forme ; DHQs ils soutenaient en même tems qu'il N'EXISTAIT jamais de 9uUière sans forme , ou de forme sans matière. Voici les paroles i'Aristote :

« (}Qe si l'on sépare ainsi VEtre de la forme, il n'y aura plus de

* science possible de l'Etre. Chaque être ne fait qu'un avec sa » forme substantielle, qui lai est essentiellement identique ; connaître ' ce qu'est un être, c'est connaître sa forme substantielle. Ainsi il sort

* de la démonstration que ces deux choses (être et forme) ne sont

* rédlement qu'une seule chose..* El non-seulement il y a identité

36 DE L'UPIMO.N DE SAiM THOMAS

simuler les objections. Sans doute, en le lisant, doin Gardercao a formé sa théorie, qui consiste à dire que la science, qui est dans rintellect en puisiance^ c'est Vacte imparfait^ et que lorsqu'elle reçoit les forme$ abstraites des sens , alors c'est Vacte complet. Or saint Thomas ne dit pas un mot de cela ; il dit tout le contraire ailleurs, et ici il dit seulement que quand l'ftme passe de la puissance à Vacte^ c'est-à-dire de la faculté de savoir à la science même, cet acte, c*est-à*ilirc cette science, est d'abord générale^ c'est-à-dire incomplète et confuse^ puis devient particulière , c'est à-diro complète et claire. Gomme on le voit, l'acte a été complet comme acte, c'est-àniire que du repos Tâme passe au mouvement, comme dit Arlstote, mais le mouvement est plus ou moins distinct. Nous n'inventons pas cette théorie, écoutons saint Thomas qui ajoute après le mot acte parfait :

« Cet acte parfait, auquel parvient l'intellect, est la scie$u:e com^ » plète par laquelle les choses sont connues d'une manière distincte N et déterminée. Mais l'ocre incomplet est (non pas la clio^e encore » en puissance f comme le croit dom Gardereau» mais) la science » imparfaite par laquelle les choses sont sues indistinctement sous » une certaine confusion {thid.\ »

Voilà ce que c'est que cet acte incomplet de saint Thomas. On voit qu'à proprement parler le mot incomplet ne tombe pas précisément sur le mot acte^ mais sur l'effet de l'acte on la science.

Il Y a cependant parmi lesscholastiqoes une école qui a fait tomber les mots complet et incomplet sur Vacte même, ou l'opération de l'âme. Cette école est celle des Scotistes. Ceux-là reconnaissaient un acte complet^ un acte enlitatif incomplet^ un acte comme corn-mencéf mais, nous dit le scholastique d'où nous tirons ces détails, cette distinction avait été inventée tout exprès pour combattre les Thomistes : « Ses partisans prétendaient contre les Thomistes que b M matière n'est pas acte, mais qu'elle est en acte ; elle n'est pas un être » actuellementy c'est-à-dire un être complet enacte, mais un certain » comtnencement d'acte y qui se joint naturellement à sa forme*. »

'Aetus respccUvus dictusest 1" rormMis,speriiicusct conipletus,ph)8iCtts;

2» Ëotitaiivus imperfectus, quasi inchoatus, metaphysicus Nam ScoUstc

coDtrà Tliumistas sic argumentantur.. : Materia uon esior/rix, sed est m €»>/«..., non est ens aclu, id est em» tn aclu coraptetuni, sed invhoatio quiedam en-

SUR L'ORlGiN£ DE NOS CONiMAISSA^CES 37

« Les Thombtes , coulinae cet auteur, ne reconnaisseut pas cet • acte eniiiatif^ et disent que la matière n'a pas i^exiêtence propre^ » si ce n'est celle que lai donne la forme ; on disent-ils, elle n'a an- . » aille existence , ni de noi^ ni en soi, si ce n'est par la forme^ » parce que tout être est de la forme; c'est pour cela que la ma- » tière est dite nne pure puissance \ »

L'entendez-vous, monsieur ; suivant les Thomistes la matière n'a pas inexistence propre^ elle ne la reçoit que de la forme; on ne peut l'appeler qu'une simple puissance; ou faculté ou possibilité. Ce D'est pas ici une assertion que j'émets, ou un système que j'invente. Je TOUS cite les textes ; ils prouvent que vous avez attribué à saint Thomas le système inventé par ses [dus ardents adversaires pour le combattre. Continuons vos observations :

Je vous entends vous récrier qa'iei, t Ecole se payait de mois,,», qae saint Thomas aurait dâ dire.,,,, qae pour vous, vous diriez plutôt que,., ~~ Je TOUS réponds : il ne s*agit pas de cela. — 11 s'agit du wiïs que saint Thooutt et toute la schokutique donnaient au mot : chose en puissance. Us a'eiiteiKlaient pas par ce terme, généralement parlant, une chose purement possible^ réalisable par une faculté de Cdme^ etc.; ils y attachaient aussi le *^ns d*une existence réelle ou virtuelle commencée^ qiioique incomplète.

Nous venons de prouver suffisamment que dom Garderean s'est mépris complètement sur le mot chose en puissance^ que par là les Bcholastiques n'ont jamais entendu une existence réelle , commencée V^ique incomplète. On vient de le voir clairement ce sont leurs adversaires les scotistes^ les plus subtils, les plus abstraits, et aussi la plus délaissés des scholastiques, qui soutenaient cette opinion. Kous ne reviendrons pas sur tout cela. Quant à savoir si nous avons ^tt le droit d'émettre notre opinion sur quelqpes opinions de la scbol^ae, nous le laissons encore à juger à nos lecteurs.

^ t qa« naturalitor conjunitur, forms. Lexieon philosophicutn, Goclenii« M% p. 50 et 51.

' Tbomlfts... actum entitativum non agnoscunt, et dicunt materiam non ''^propriam existentiam^ prater eam, quam alTert forma; seu aiunt, '^^Vie ex se, neque in se habere uilam existentiam, niai per formam, quod ^^imetise sit d forma; ideoque diei puram polentiam, léid,^ p. 51 et 52.

Ui* SÉRIE. TOMB XVI. — W 91 ; 1847. 3

38 DE L'OPIISION DE SAII^T THOMAS

2» NottYoUe confiuion , raf uoe nîitenee en germe , et une eiistetice

en pttisiiance*

Tdli est l'existence virtaelle de II fleur dans le bouton, du ruisseau dans la soarcei et comme saint Thomas yous le dit iei même, en termes exprès^ de la conséquence dans le principe^ et surtout Texistence de ces connaissances, qu*il appelle admirablement séminales^ dans les principes universeis qu'il vous dit à plusieurs reprises, nous être innés conformément à la doctrine de saint Augustin et de la tradition.

Notonn encore une confusion très-grande dans laquelle tombe ici dom Gardereau , en citant la comparaison d'une fleur qui existe Tirtuellement dans le bouton. Cette fleur, nous l'aYotions y est renfermée, y est en germe; elle ne reçoit dû dehors qu'un secours de dérelop* pcment; aussi on ne dira jamais que Teau et la lumière sont la cauat de la fleur. La fleur n*est donc pas en puissance dans le i)outon , elle y est en germe ^ elle y est latente ^ cachée, La fleur est en puiêsanee dans une 6onne terre^ laquelle attend du dehors la semence pour la pn>« duire. Cette semenctf sera la caupe de la fleur, et cette cause sera extérieure à la terre, comme saint Thomas dit que les formes qui causent la science, sont extraites des choses tensMes. Nous allons répondre aux principes universels.

8. Examen du système des unfyersèux. •* Dangers et fausseté de ce ê^s^ tème. *- Il est la bue du rationalisme.*^ La philosophie catholique doit le combattre.

Je laisse de côté les observations incroyables que vous nous faites sur Teffi» cacité de la lumière de \ intellect agent (que vous traduisez intellect agis^ sant)y etc., etc., et me contente de vous dire que toute la doctrine do. saint Thomas, d6 saint Bonaventure et généralement de la tradiliomau soj»^. des idées innées, est résiunée datas cette parole de llltustre Joseph de Blalstre ?

> TOUTB IDÉE B8T INIVBB PAR RAPPORT A L^UNIVERSBL DONT BLLB TIBlfT ».i^

sovact. ■

Nos lecteurs se souviennent des observations que nous avons £ut^s sur cette lumière que dom Gaadereau a appelée innée ^ émanée de Dieu même, et nous rivUant tout; on se souvient qu'il s'esirefiisé et se refuse même à nous donner une explication sur cette lumière.

SUA L*OBlGiNË DE MOS CO^IKÂISSÂKCES. 39

Ici pour toute réponse, il se contente, sans preuves , sans^ autorités, sans citation d'appeler nos observations incroyables. Nous livrons ^ cette réponse à nos lecteurs. Il juge aussi à propos de blâmer notre traduction d^intelkcttM agmspw intellect affiêsant, et prétend qu'il liaat traduire par intellect agent. Avant de nous répondre il aurait dû nous dire la différence qu'il y a entre agent et agissant. Nous avons cru que pour parler en français il ne fallait pas accoler deux sobstantifs ensemble, aussi voyons-nous les deux derniers traducteurs d'Âristote, l'un^ M. Saint-Hilaire, traduire Vintelligence active^ et Tautre, Al. Ravaisson, intelligence active et toujours agissante '. Notre traduction n*est donc pas si absurde. Mais ce sont là des choses futiles ; arrivons à la grande question des universûux,

Dom Gardereau ne désigne ni le livre ni Tendroit du comte do MMsune d'où il tire sa citation ; nous l'acceptons donc sur sa parole , et disons que nous la nions complètement et entièrement.

Cet UNIVERSEL est encore un de ces mots néfastes créés par la philosophie payenue, adoptés de confiance par quelques philosophes Gâlholiqaes, et dont les esprits recueillent en ce moment les tristes conséquences. £t en effet notons d'abord que cet Universel n'a aucune valeur j aucune existence réelle^ et c'est Âristote qui va nous le dire : « U est impossible qu*auctin universel soit véritablement une es- * ieiiee... Les universaux ne peuvent donc avoir à*existenc$ hors » des choses particulières*. »

Ma ce que dit le Maître. Vous, son disciple, ayez la bonté de tne dire comment les idées peuvent tirer leur source d'une chose, qui ^ peut pas être une essence, qui ne peut avoir d'existence hors da P^THeulier? Nos lecteurs ont ici un échantillon de la science scho- ^^B^e. Ce ne serait rien si ces divers jeux de mots étaient restés dans l'^Cole; malheureusement ils sont sortis de l'école, et voici ce qui est arrivé.

ToQt tme école s'est formée qui a assuré gratuitement que Tâme hu-

y- ^ Voir Bart. Saint-Hilaire, traduction, du Traite de fdme, p. 302, et Rt' ^J ^^^SntiMelaphysiqne d' Aristote, t. ii, p, 5t6. * ^^pkysiquey t. i» p. 153 et 154.

dO D£ l'opinion de saint THOMAS

maine possédant en soi» innés et émanés de Dieu, L*UNIV£R$EL, L'ABSOLU, L'INFINI. De cesélémeus diver/s, constitués en Tâme, les scholastiques, dont nous reconnaissons les bonnes intentions, lésaient sortir en dernière analyse le Catholicisme entier.

Mais bientôt il s'est formé une autre école qui en a tiré tout le contraire. Celle-ci, en ce moment, est devenue la plus nombreuse et elle assure que puisque nous avons en nous Vuniversel^ V absolu, Vinfini^ il n'est besoin ni de révélation, ni d* Eglise; que chaque homme n'a qu'à chercher en $oi^ qu'il y trouvera tout dogme et toute morale ; et que c'est là la seule religion qu'il doive suivre.

Voilà où en est la polémique.

Arrivés à ce point nous avons cru devoir examiner l'assertion dans sa base, et nous avons trouvé que cet universel Vie&i rien, n'existe pas, ne saurait donc renfermer les idées. Dom Gardereau soutient le contraire, sans donner aucune preuve de son assertion. Que nos lecteurs jugent entre lui et nous.

Au reste, noussommesbien aises d'annoncer que déjà on commence à s'apercevoir de la vanité de ces assertions, qui ne contiennent que des mots vides de sens ; voici ce que dit de ce système métaphysique des universavkx l'auteur si sage et si prudent qui fait un cour$ sur la méthode dans V Université catholique :

« La métaphysique générale est comme le résumé de toutes les » connaissances particulières, le résultat de toutes les études spé* » ciales, la généralisation de toutes les individualités, la récapitula* » tion de toutes les spécialités : au lieu d'être le fondement de toutes A les autres sciences, elle doit en être le couronnement,

» Pour rétablir l'ordre naturel, il y a encore beaucoup de réformes^ » à faire dans l'enseignement des sciences ; fidèles à leurs systèmes^» » les scholastiques plaçaient des principes généraux et abstraits *» tête de toutes les branches des connaissances humaines , sans » excepter les sciences naturelles, telles que la physique. Ils sulVaien"^ •» cette méthode dans les traités destinés à l'exposition de matièr^^ » étrangères à la philosophie. Je ne citerai qu'un exemple, ce sera L^ >• Traité des Lois deSuarez, ouvrage fort estimé, et qui méri»^^' » d'ailleurs la réputation dont il jouit. L'auteur consacre le 1er livtr^ ^ de ce traité à une dissertation sur la loi en général, et abstraction

SVB L'OftiOlXE m 3(0S COX.^AIScSA^îCES. Ai

et maies Is espèces partkaljères de kis. Xes priacipes aolés

ce Efie sont commoiis k tootcs les lois, à b loi lutiireile et à

b loi pontife, à la loi difioe coame aox lois hnaniBes. A propte-

porlcr« ce se soBt pas des priacipes premiers cornue ceiaî-d:

£efii $Êm» came; éfidemmeat Us sool le produit et le ré«

àaétnda que Soarez et les tbéologieas aotériears aiâeat

fâies des difircBtcs espèces de k» es porticolier. C>tte dfaoertalioa

Im ioiem général poarnût troorer a place dans roufTage;

fies de paraître au commemctmeni comme la hou de toat

le irmiU, cUe a'aarait dâ Teair qali la fia conmie le rénumé et h

récapitaiacion de fananrage entier. Daas ce même traUé^ conuae

daas ceax écrits par les icoiasiiçues , oa reacoatre irap soaveal

des dcanatlratioas appoyées sar des aaenioas eaipraatées à la

aMtapiiyâqae gteéraJe et doonées cooune des premiers priacipes

et des Tcritcs preoiières'. »

Kea pias, ces idées de boa sens et de boaae critiqoe scmbleat aiw péaélrê daas Téeole ecdeclique eUennéme : « la solidité de Fesprit » français, dit M. Salsset parlaat de Fécole allemande, a'accaeiiie 9 qÊ*sntc téaent ces coastmctioas aierreiDeoses où Foa se pbce

• fnaUftr daas Vabsoht (on Vuniterself on ta/fat) pour se kltmer

• dt% aairers de fantaisie, da haoC desipieb oa regarde ea pitié Tes- » périeace, ritbloîre et le seas coinmim *. » H appeOe cela les déréffameas de resprii en délire. Nons applandiaâoas à ces paroles, et ■aas fnoBS ohienrer qn'eDes atteignaient eo pleia le pr og ramm e dammé par IL GMisia à TÉeok normale^ qni pose celte thèse: « L'absola âéaieat sdoitifiqoe... Traasporter sans cesse Fabsola

• daas le rdatif^ et nnnener sans cesse le rdaiif à l'ahsdn, pom* être » ioBJoars daas raimln, c'est-à-dire daas la science '. • Certes aoas

aiteadioas pas qae dom Garderean Tiendrait corroborer cette m aoas n^ipeiaat ooaane im axiome, qae toute idée est rappert à Vunicersel dont eUe tient sa source...

* UmtwenoÊtkêL, X. xxm, p. 319.

• Tsir dms mes JnmaUs» t. n, p. 4€0.

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