AYANT LE XTI* SIECLE
^roietème article \
La Toussaint. — Hymne de saint Jean Damascène sur cette fête. ^ Le ]oar des morts. — Prose sur le jugement dernier. — Fête de saint Martin.— Prose d'Adam de Saint-Victor.
Les auteurs qui traitent du culte chrétien u*ont pu s'empêcher de remarquer Tharmonieux ensemble qui résulté de l'ordonnance des fêteS; de la place qu'elles occupent dans le calendrier ecclésiastiqiie et même dans le calendrier civil , où elles offrent des analogies frappantes avec les diverses saisons de l'année, enfin de leurs rapports avec les différens états de la vie spirituelle qu'elles ont pour but de produire et de perfectionner toujours.
La fête de la Totissatn^ est une des solennités dont les hannooies sont le plus sensibles et ont été plus souvent signalées.
Après avoir parcouru le cycle des mystères de l'Homme-Diea da&s son passage sur la terre , depuis sa naissance, jusqu'à- son ascensioa, après avoir honoré sa Très-Sainte Mère, en toutes les grandes circoistances de sa vie mortelle, si dignement couronnées par son asBomption glorieuse , après la consécration d'un jour, quelquefois de plusieurs, quelquefois même d'une octave entière à la commémoratioB des plus grands serviteurs de Dieu, quoi de plus juste que de réunir en une seule solennité la mémoire de tous les saints et de consacrer ainsi, avec tout l'éclat de la liturgie, les trois degrés de culte de LatrUt d'Hyperdulie et de Dulie^ reconnus par l'Église catholique?
*■ Voir le 2< uticle au n" 89, tome «v, p. 325.
RECUEIL D'HTmiEt, PBOftKS, SEQUENCES, ETC. MS
D*iiil antre côté, la ffite de la Tousiiini, qu'on pent ausii appeter t»f etceneûce ; la fête dû ciel^ la fête de la yie bienhem^ae , n dot-elte pas nkenreilieasemeiit cette série de mystères joyeux, dou~ hufeuxj glorieux^ dont l'objet est de purifier Tàine, de ViUutni" Her et de Vunir an bien infini qu'elle ne possédera parfaitement qu'au lèrine de cette Tie mortelle 7
Enfin, sous un autre aspect plus accessible peut-être à tous les esprits , quelle époque de Tannée eut été mieux choisie qae celle où les Jotirs s'abrègent, où le soleil pâlit, où toot dans la nature ae fiéirit et meurt, pour porter nos regards vers la cité céleste dans laquelle toute Ticissitude de tems et de saisons a cessé, tout est stable et permanent, où règne un étemel printcms, où le repos, la joie, la paix sont immuables comme la vie et la possession de Dieu ?
C'est à la source de ces harmonies que la liturgie de ce jour puise ses touchantes inspirations. Les hymnes de matines j de laudes, de vêpres, auxquelles il faut joindre la prose de la messe, du missel parisien , célèbrent plus particulièrement la mémoire des saints en suivant l'ordre hiérarchique dans lequel l'Église les a toujours honorés. L'antienne du magnificat aux premières vêpres (rituel romain), invoque nominativement les neuf chœurs des anges» ks patriarches, les prophètes, les saints docteurs de la loi, les apôtres^ lès martyrs, les confesseurs^ les anachorètes et tous les bienheureux»
Nous trouvons les applications pratiques à la vie spirituelle particulièrement dans V Évangile du jour qui nous en présente le code le plus complet et le plus sublime résumé, dans les leçons du 2' et surtout du 3* nocturnes. Celles-ci que l'Ëglisc roniaine emprunte à saint Augusthi , durant toute l'octave, sont snrtout remarquables par l'ingénieux rapprochement que le saint docteur établit entre les béatitudes et les dons du Saint-Esprit.
Les leçons du l**" nocti\rne ainsi que Vépître de la messe, les eajpt/tfjei et plusieurs antiennes, déploient à nos yeux, avec magnifioence, toutes les beautés de la céleste Jérusalem telles qu'elles furent rérélées à l'apôtre saint Jean dans l'île de Pathmos.
C'est aussi la descrij^tion de ces merveilles que l'œil n'a point imeSj que l^oreille n*a point entendues, ([ue l'esprit ni le cesur de rhomme n*ont point comprises , qui fait le sujet de ïhymne ou
platAt du poème suivant Cette pièce a été attribuée à saiot jéuguilîf» et elle se trooTe dans les éditioiis de ses mueres (Stnsbomg ' 1489 et Yenise 1729). Mais die paraît appartenir plntftt à saint Jeoi Damoêcènef qoi du reste s*est presque toujours inspiré des penséei de saint Augustin, et a même empiof é souvent ses propres terma. Saint Jean Damascène est, comme on le sait^ auteur d*on assez grand nombre d'faymnes et de compositions poétiques , et il mérite d'être mis avec saint Tfaomas d'Aquin et saint Bonaventure, an rang da beaux |;énies que de grands travaux théologiques et philosophiques n'empêchaient pas de cultiver b poésie sacrée.