‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 72 sur 103 · HYMNE SUR LA GLOIRE DES SAINTS DANS LE CIEL · texte numérisé non relu

HYMNE SUR LA GLOIRE DES SAINTS DANS LE CIEL

Ad perennif vite fontem mens sitivit arida.

Claustra caml« prsf tè fraiigi claïua qa«rit anima, Gliscit , ambit^ elactatur ezol frai patriA.

Dam pressarif et «ramnis i e gemil obnoiiam, Quam amisit qaùm deiiqait contemplator gloriam« Prsfens maiam aaget boni perdit! memoriam.

Nam quis promat somme pacii qnanta ait faetitiaP Ubi vivis margaritiaiargont «dificia, Auro celsa micant tecta» radiant tridinia.

Solis gemmis pretiosis h«c stmctora nectitur; Auro mundo tanquam yitro urbis via stemitur; Abest Umm, deest fimus, nnlla lues cemitur.

Mon âme desséchée a soif des eaux de la vie étemeUe, mon âme caftfie cherche à briser au plutôt sa prison de chair ; pauvre exilée, elle f riiMilIlDj fin lutte, elle soupire après les Joies de la patrie.

Tandis qu*eUe gémit, en proie aux chagrins et aux doulenn, elle conlMi|li la gloire qu*eUe a perdue par le péché ; le mal présent lai rend phv dnr II souvenir du bien perdu.

Car qui dira quelle est la douceur de la paix suprême? Où s'élèvent d« édidces de perles précieuses/où brillent des palais d*or, où resplendisMUt di magnifiques salles de festin.

Toutes ces structures sont cimentées avec des pierreries; le pavé de la cilé est d*un or pur comme le cristal. Point de fange , nulle ordure , nnlle tachi n^apparàit.

RECUEIL d'hymnes, PROSE», SÉQUENCr.S, ETC. 45

Htemf homM, aitaf tomnt illif nvBqoan Mflairt. Flof perpetanf rofimm ver agit perpttamoi Candent lilia, nibeieil eroem « fudat btliamvD.

Virent pntt^ YaratBl MU, rirl uieDif finflaimU PfemeÀtomiii ipiral odor, liquor et aromitiim; Pendent pomt floridoram non lipiart nemoram.

Non iltemtt ImM Tieei, lol Tel ennnf ridemm; Agnof est felielf nrbii lumen inoeeidnam; Nox et tempu denmt ei, diem fort contimrom.

Ntm et ftncti ({nique, Télat lol prcclanu, rutilent. Post triamphnm eorontti matnè eoi^nbUint, Et proitrati pugnas liosttt Jam secari nomerant. |

Omni lalM deteeati , eamis belle neicinnt ; Caro facta apiritalis et ment noam fentinnt; Pace moltA perfmentes icandala non perforant

Matabilibns exuti repetmit originem,^

Et praientem yeritatis eontemplantar fpeefem;

Hinc Titalem Tiri fontii baoriont dolcedinem.

L'affrem hirer, l'été brûlant n'y févlafent Jamais . La fleur étemelle des roiet 7 couronne un étemel printems. Lei lia y sont éclatants de blancheur, les safrans toujours dorés, le baume y coule de toutes parts.

Les prés et les champs toiyours Terts sont arrosés de ruisseaux de miel ; partout rôdeur des parftmis, partout des flots d*aromates ; des fruits qui ne tomberont pu pendMit aux branches des bosquets fleuris.

La lune n*y subit aucun changement, ni le soleil « ni le cours des astres. L'agneau est la hmiière inextinguible de llieureuse cité. La nuit et le tems fl^ sont point connus ; eUe briUe d'un jour incessant.

Car tons les saints resplendissent comme autant de soleils. Couronnés après le triomi^,. ils se félicitent l'un Tautre, et, désormais en sûreté, ils comptent leurs Tictoires sur Tennemi terrassé.

Poiîfiés de toute souillure. Us ne connaissent plus les combats de la chair. La chair devenue spirituelle est d'accord aTOC l'eiprit. Nuls scandales ne troublent la paix dont ils sont inondés.

Déponillés de tout ce qui change, ils remontent à leur Téritable origine, et contemplent Cmc à hc% la vérité dans tout son éclat; c'est à cette source Ti?eqa*ib puisent les délices de leur vie.

3'|8 SPICIÏ.fîGE LITURGIQUE.

exemple (si ce n*estdans la semaine sainte^ alors que TÉgiise se partage entre la douleur de la mort de son divin époux et la joie de son triomphe), la litnrgie sacrée a voulu faire uu« effirayante aUoaion à ce qui se passe tous les jours dans le monde, où les fêtes sont si sonvent troublées par la subite intervention de la mort.

La sainte journée toute pleine des souvenirs de la vie bienheurenseï se termine par cette procession au cimetière, dont les incroyants eux-mêmes ne sauraient parler sans un religieux respect. Là tous les rangs se confondent , toutes les distinctions humaines disparaissent à la suite de la croix, comme toutes les in^alités de fortune sous le niveau du sépulcre* Là , tandis qu'il est permis à chacun de s*agenooiller sur la place où reposent des restes vénérés , rÉgUse-prie sans nulle préférence pour tous ses enfans trépassés; et les recommandant aux suffrages de ceux qui sont déjà en possession de h gloire, elle nous montre le ciel ouvert sur nos têtes, et à nos pieds, toutes ces tombes entre ouvertes, comme autant de portes enurerexU et la patrie.

Ainsi les trois familles de TÉglise, triomphante, mliiante et sauffrante, se donnent la main; ainsi, s*unissant dans un étroit embras* sèment > elles semblent mettre en action le dogme de la communion des saints, et s'efforcent de nous montrer une ébauche de cette unité parfaite qui ne s'accomplira qu'après l'entière construction de la céleste Jérusalem : Jérusalem quœ œdificatur ut civitae cujui participatio ejus in idipsum, %

L'hymne du jour des morts est le Dies irœ^ composition unique dans son genre, qui depuis huit siècles, a le privil^e, je ne dis pas, d*être admirée (mérite médiocre en fait de poésie religieuse), mais d'arracher des larmes de componction , de remplir l'âme même innocente , d'une salutaire terreur, d'éveiller le remords dans l'âme coupable, et de la jeter éperdue aux pieds du ^uverain juge, en loi suggérant les plus tendres inspirations de l'espérance et de la prière. Nous n'ajouterons rien à ce qui a été dit tant de fois sur cette prose célèbre ', si non que la beauté , la grandeur, la convenance lai flost tellement acquises, qu'elle s'adapte également aux circonstances les

I Voir Fanalyse faite des beautés de cette proie dans notre tome vi, p. 977 ( Ir^ iérie).

BEOTEn. d'huihbs, mkosbs, séquences, etc. SM

direnes» aaz foaéniUes des gnmds eoBUDe aa coBfoi do piiTre ; Bugestoeme, toojoiiis pieine de soupirs et de bmes, qœ l'estcodkai chuilée par des toîx discordantes , dans une égMtt k campagne^ ea présence d'an autel no et d*on paorre eercoeB» oo lâen qne s'âançant de mHIe boocfaes» elle tee tremUtf ks Tootes ie nos caibédralesL

La prose qœ no» donnons d-après, sans pooroir être mise en parallèle a^ec k Dies irm, mérite cependant d'être ooonne par sa ■mpfidté el par k nfacité des sentîmens de foi et de piété qo'dk icspire. L'anteor sTest conformé an texte de TÉrangOe arec one scropokose exactitnde qoi ne gêne en aocone manière k régokrité do rîdune eC ne naît point ^ lliarmooie. Le styk est remarqoabk poor one pièce qui remonte an moins an 8« sîède, piûqoe Bède k dte dans son tndté lie meliris.

Cette prose est acnsticiia-alpliabétîqoe» c'est-à-dire qoe les lettres initiaks de chaqoe strophe oftent l'alphabet tout entier dans son «dre natnreL Beaoooopde keteors ne rerront k qo'on traiail poéril et k Miar rerk d'im esprit qoi se orée des diflkoltés poor aroir k mMbt de ks sormonter. Il ne laot poortant pas ooblier qoe cette famé remonte Si one très-hante antiqoité. On k troore dans ks £«• memiatûms de Jéréime et dans k psaume 118*, oà elk paraît nniqnement destinée à dés^ner Tordre nomériqœ. Cependant plosieors laints Pètes et oommentateivs, loi attriboent im sens mystérieox '. Qoelqoefob dk a po sonrir à foik^ des secrets qoi defaient être iérobés à k connaissance do Tolgaire : c'est ainsi qoe ks Yers sibylbins oftcm k nom dn Saoreor dans la dispositioa des initiales. Le ^ofcn-Sge, sdon sa cootome, donna dans l'excès et mit l'abos \ côté ie l'osage. ùù vit partftie de doobks et triples acrosticbes composés k grands efforts d'esprit et presqoe toojoors aox dépens dn goût et An icas. Mak cek ne soffit pas, sdon noos, poor condamner absobn Hicat et sans résetret im genre qui sagement empbyé, a k mérite de rappeler one formnk poétîqoe de l'aotiqoitê.

L'exenqik qo'on va vdr n'est pas imiqoe dans k poésklitnrgiqoe :

I Yek k kttie 156f» demkt JcrtaK W/>4Ui£cM rffwa, ao'damréditk^ iGgne, tMM I, p. 44^, et CorMfioi a Lapide : /V«&i|;wi. m TkrtmJrremiét,

350 SPIGILÊffi LrniBGIQUB.

nous nous contentons de rappeler ici , eomme en oflhtnt un seeoidi Ia belle hymne de Sédulids : A solis ortûs eardine , dont Vtfin romaine chante les sept première strophes à l'office de Landes, I9 jour de Noffl.

PROSE SUR LE JUGEMENT DERNIER POUR Lk F$I9 DR f^ C0¥*

MtJWORÀTIOD PES MORTS,

4ppar^| fwpentiiui Die# VMi|p»a Domini, f^r pbscurâ veliu i|OGia Imprpyiiot ocQupamt

BraYtt V>tiit mm par^bit Pf-iici laxas ss*caîi| Totum simili qaiim clarebit Prseterisse laeculum.

Qlaagor tabas pef quaternM Terre pla||as concioenBi VJYqs pnà moriaosque ClijristÇ cie^ obviani.

Pa ocVaili jadej^fMTCC, M^^sta^ futgidus Claria angelorum cborU Gomitatus aderit.

Erubescct orbia luafB^ BqX ^t obsc4r<Uûtiir^ Stella çj(4ent paUcfpciiitfiia Mundi (remet ambitus.

Flamina ^gran» anteibit Jiuti valtum judicis, Gaelos« terrac et profiipdi Fluclus ponii decoraas.

Gloriosus in sublimi Rex aadebit solio, Angelorum tremebanda Circumstabunt agmina.

Hujm ojymes ad electi CoHigentur dexteranpi

Tout h coop appanltftt Le grand jpar glu Seîfw, CoQ^me nu volawr» pv «nt nipt ohieiirii arrivant à l'i^iprovlste.

Bien courte alors fenablcra Tonte la pompe dn aièclo, Lorsqu'on vmn If ai^df Evanoai lana roiaur,

Le son de la triMDpotfo Réaenpaat dam 1^ qqalff pvtiet 4« Mi^f Apï^Uera les vivanu ^t loa m^m £n$gmble dev^tn^ le Ç^i$i^

An bani dea eélettas parvis»

Le jnge resplandiaiant d« najeittf Daioendra, aCcompagniS Des çb«nr> luoHOeiK d«a ^ngef.

I/orhe de U lune fcmgîra, }iP aoleil sem olifciinsit Les é Voiles pâlissafiiea tovBbafCHMl L'univers entier f^a ihtênlé.

Une flamme dëvoranie prfeMara La fiice du jnate jnge, Colorant de fes r«fle|a |ea cieoi, la Uni Et la profondeur des ûoi»,

Le roi de gloire s auoiem

8ur un tr^e élevfi)

A l'eaioar se tiendront debout

Les armées tremblanips de s<s aog^

Tous loi ^fissffffo^t Bëunis à sa droite,

sAqifenceS]

PraTÎ pavent I itniflris Tthit Aetidi.

Ile, dicit R«s ad émoroë, Re^nm ccli Munlte, Pat«r Tobis q«od ptraTli Ante mnndi ibNImb |

lUritate qnl fratemâ Me javittit paaperem»

Garitatlt tmac mcrcc de m Bepmtate divifes»

Laeti dicent » qaando, Chritte, Pauperem teTÎdimas?

Te, rex magne, Tel egeDtem Misera ti joyhnasf

Magaas illis dicet ]«dex :

Qaam jaVittit pauperes Panem^ domam, vestem dantet, Me juTittis kanHem.

Nec tardabit et dnittrls Loqai jottos arbiter :

In gehennie, maledieti, Flammas hinc dbcedite ;

Obsecraniem me exaadire DetpexistU mcndicnm, Nodo Tettem bod dedistj^, NeglexlsHs languidom.

Peccatores dicent : Christe, Quando te Tel pauperem.

Te, rex magne, vel infirmom ComoniMatei «preTÎnmi?

QdfiMis contra jndex altat :

Mendicanti quandjù Opam ferre detpexiitii.

Me sproTif (M, impinplli.

Ileti>6 raanctana injasd Ignea iu perpttooi,

Lei méchants trembicat à sa gaocba Pareik à des boaes fttides.

Ailes, dit le roi à eevz tfai sont à droite, Receves le royanme do del, Que le Père a prépare pour tous Avant le comsacBeement dn BMMide;

Animés d'une charité fratemeUe Vous m'svex seeofnu dans la panrreté; Beceves iiisinienant de la charité La magnifique récompense.

Pleins de joie, cenz*ci diront : 6 Christ, Quand tous aTooe-noiu vu pauvre f Quand, 6 grand roi, vons avont*noas Secouru dans Findigence P

Alors le grand juge répondra :

Lorsque vous avec secouru le pauvre; Lui donnant le pain, l'asile, le vétementt C'est moique vous avta humblement soulagé.

Bientôt se tournant vers sa gauche, Ainsi parlera le juste arbitre :

Eloignes-vous, maudits.

Dans les flammes de renfer.

Vous avex méprisé mes prières Quand j'éuls mendiant; Nu, vous m'aves reAisé des vêtements, Malade, vous m'aves débissé.

Let pécheurs diront : 6 Christ, Quand vo]|s avons-nouf tu pauvre, Vous, à grand roi, ou infirme.

Et vous avoBs*nons aecahié de nos mépris ?

Le souverain Juge répondra :

Chaque Ibis qu'au mendiant Vous avec dédaigné de porter secours, Vont ni>vet néprisé, méchanti.

Aussitôt les pécheurs tomberont Dans les feux étemels,

352 SNCILÈGE LITURGIQUE.

Quorum non moriiur vermis Où le;rer ne mevit |»as,

Flamma nec rettinguîtor,

Satan alro can minisiris Qn6 tfloeiiir caroere* Flcint nbi magitusqne^ Scridtut omiMf dcntibot.

Tuoc fidalet ad caplMlem Smto Uep tM patriam, Choroi inter asgeloram Regni pètent gaadia ;

Urbis smninc lenualem Introibunt gloriam, Vera lacis atque pacit In qui folget visio.

Où la flamoM ne t*éleinC pas.

Où Satan avec 9e$ minittraf E«t enfermé dans nu noir cacàoc »

Où il n*y a <pie pleort, gémiaaenMi Et grincemenu de d«Bta.

Alors les fidèles s'ëlèveront Vers la céleste patrie; Mêlés aTec les dunars des angsib Ils entreront an joyens rojMMMi

Ils pénétreront dans U gloire ^ De la céleste Jémsalem, Où resplendit la Ykion, De la lumière et de U paix.

XPM (Christnm) regem jam paiemâ Où les nobles légions des bienbenrens

Claritate splendidum Ubi celsa beatorom Cootemplantnr agmina.

Tdri firaudet erg6 cave ; Infirmantes sableva^ Aumm temne, fuge Inins, Si vis astra petere.

Zona cUri cattitatis Liimbos nnnc praecingere, In occursam magni régis Fer ardentes lampades.

Âmeo.

Contemplent déjà le Ghrisi-Roi

Toat éclatant

De la splendeur de son père.

Evitei-doBc les mies du serpent ; Secoures les infortunés.

Méprises l'or, fajes le luae^ Si vous voules monter an ciel.

Ceignes maintenant vos reins De la brillante ceinture de la ebastelli Et marches an-devant du grand roi En portant des lampes arde&tct.

Amen.

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