EXPOSANT
SES OPINIONS PHILOSOPHIQURS ET THËOLOGIQUES
AVEC LA AÉPONSC OH U. DON.\£TTY.
Il aVa pw nn nM|en plut lûr de rorroni' pre une ■ci«occ ^im dVn chaaKcr le« termef.
GtUn««
7. De la philosophie de saint Bonaventare et en particulier de ion iiinerariam
mentis in Dcum,
. Noos venons de donner dans Tarticle précédent, des prenves assez nombreuses que la philosophie du il'' siècle n'éuit pas tout-à-fait teUe que l'auraient désirée les papes et les évéques. Malgré les papes et les évêques, la philosophie d'Aristotê s'introduisit dans les écoles. Saint Thomas et saint BonaTenture l'adoptèrent dans leurs ouvrages. A Dieu ne plaise que nous voulions dire qu'ils ont professé des erreurs contre la foL Non* ils firent la seule chose qu'il était possible de faire de kur tems, ils forcèrent Aristote par des explications plus ou moins justes à témoigner en faveur des dogmes chrétiens. Biais ce sont ces eqiUcations mâne, et cette méthode que les philosophes ont fait tour* ner contre la Révélation. C'est pour cela que nous croyons devoir la repousser.
Descartes commença à détrôner Aristote en substituant à son au-> torité celle du moi humain on de la raison individuelle, c'est-à-dire qu'à une autorité humaine fixée an moins par un texte , il substitua l'autorité vague et changeante de chacun. Nous croyons les catholiques français destmés à corriger ces deux méthodes également fausses
■ Voirie &• art. au n* précédent d-dessos, p. 289. — Voalant mettre fin à cette discunion qui dure depuis trop longtems, nous donnons à nos abonnés uneJemUe déplut dans ce n« et probablement dans le suivant.
et impuissantes, en y substituant la méthode traditionnelle ^ cdk qui fait reposer les vérités de dogme et de morale sur la rivéUuûm extérieure de Dieu.
Voilà notre but et notre dessein*
Après ces éclaircîssemens et ces preuves, nous pouvons entrer dans l'examen que va nous offrir dom Garderean de l'ouvrage de saint Bonaventure, qui a pour litre : Itinerarium menHs in Deum.
8. L'itinéraire de l*âme en Dieu n'est pas vin ouvrage philosophique, mail one eontemplalion ascétique et mystique de Dieu.
La première observation que nous avons à faire; c'est que l'ouvrage en question n'est pas un ouvrage philosophique^ et nous avons bien fait de mettre sur le compte de dom Gardereaa le système qu'il a exposé dans les paroles que nous avons citées et contredites. Pour prouver cela nous allons transcrire quelques passives de Vinirodw^ tion que le saint docteur a mise en tête de son opuscule.
£t d'abord écoutons le raconter quelle fut l'occasion de cet onvragCi
Se trouvant un jour sur le mont Alveme , il s'y prit à penser à la vision qu'avait eue saint François, d'un séraphin ailé^ et il coatinue :
« Par les six ailes de ce séraphin on peut avec raison comprendre » les six suspensions d^illuminations, par lesquelles l'âme est dit» » posée, comme par certains d^prés et sentiers, pour passer à h paix » (céleste) par les excès ou élévations extatiques de la sagesse chré- » tienne..... L'image de ces six atles nous indique ces Uluminaiûms » ascendantes^ qui commencent par les créatures, et nous condui- » sent jusqu'à Dieu, auprès duquel personne n'entre droitement qoe » par le crucifix. Car celui qui n'entre pas dans la bergerie par II » porte, mais y monte par un autre côté, celui-là est un voledr et u » larron. » £t un peu plus bas : « Je propose les considérations soi* » vantes, à ceux qui veulent vaquer à ^/ort/Ser, aimer tu goûter n Dieu, les prévenant que le miroir offert à l'extérieur est peu oo » plutôt rien^ si le miroir de notre esprit n^est propre et poli '. »
Ainsi on le voit dès l'abord il ne s'agit ici en aucune manière d'une méthode philosophique rigoureuse , il ne s'agit pas de cette méthode philosophique dont a parlé dom Garderean, où l'on
' Dans les OEavres du saint docteur, in-fo!., t. vu, p. 135, Moguntl», 1609.