DE LA PHILOSOPHIE DB SAINT DOMAVENTUIIE
» Poor ce qui est de Ylllalion notre intellect en a vraiment rintelligence, quand il yott qne la eonckuion suit nécessairement des prémisses ; ce qu*il ne Toit pas seulement dans les termes nécessaires , mais aussi dans les contingents : par exemple : si lliomme court, Thomme est en mouvement. Donc la néeessiie d*une pareille illation ne vient pas de l'existence matérielle de la chose, puisque cette existence est contingente, ni de Texbtence de la chose en notre âme, puisqu'elle serait pure imagination si elle n'était en réalité. Donc pour trouver la source de ceiit neeeiiile, il faut remonter jusqu'au type qui existe en Tan étemel, type dans lequel les choses ont leurs aptitudes et, relations réciproques, pour que cet art éternel soit repre'senW en elles. C'est pourquoi , comme dit Augustin au livre de la vraie religion : c'est celle ve'n'lc
philosophes aucune raison. Essayons de faire nne réponse, qne nous laissons d'ailleurs à nos maîtres et à dom Garderean lui-mômc à compléter :
V Nous pouvons nier en bloc tout ce raisonnement , parce qu*ii implique des choses contradictoires ou absurdes dans les conclusions, ridentiûcation de la raison humaine avec Dieu, ou le panthéisme.
Mais comme les panthéù^tes trouvent au contraire qne cette con« dusion est très exacte, nous répondrons :
2"* Nous nions que pour connaître une vérité immuable il faille la voir dans une lumière immuable. — C'est là un pur et dangereux sophisme; pour connaître avec certitude une vérité immuable^ il faut avoir le pouvoir, la faculté, la capacité, le don de connaître avec certitude; or, ce don, nous l'avons, personne ne peut le nier^ personne ne peut même en douter sérieusement. Mais rien, absolument rien ne nous dit , ne nous prouve que la condition de cette certitude soit de voir dans une lumière immuable. Au contraire il saute aux yeux que c'est là un sophisme. £n effet, si pour voir une vérité ou lumière certaine il faut une lumière immuable , ne fau-
dra-t-il pas aussi une lumière pour voir cette lumière? , et ainsi
à l'infini. Nous voyons les vérités 1*" parce que les vérités sont visi^ hles; 2"" parce que Dieu nous a donné la faculté de voir. — Entre ces deux conditions qui suffisent , venir INVENTER une lumière, on moyen, c*est dire ce que l'on ne sait pas, ce que l'on ne voit pas, c'est inventer le fantastique et V absurde. — NousF attendons la réponse de domGardereau (et des rationalistes aussi ) à ces considérations.
Hr SÉRIE. TOME XVI. —K° 95; 1847. 25
388 L£IïKë D£ UUM GAftDEKËAU.
n Datt avec ces condilions^ qui lont TUn, le Vrai, le Bien. Or TÉcre M préiMU » À la peDsée comme parfait et comme imparfait; comme Être en pnimiiceit
• comme Être en acte Comme donc aucune privation aucon défiraCie
» peut être connu que par le positif qui lui est contraire, notre Intellect n » peut réussir à concevoir pleinement la notion de quelqu^un dee êtres ciééi, » qu*autant qu*il est aidé de la notion d'un Être parfUtement pur, psittli-
• ment actuel, parfaitement complet et absolu : lequel est simplemnt et » éternellement tÉtre, dans lequel sont les raisons de toutes choses dam Inr » pureté. Or comment rintellcct sauraiu-il que tel ou tel Être est défedim > et incomplet, s'il n^avait nulle connaissance de f£ire sans aucun début? ■
» Quant aux proposiliofis, on dit avec vérité que notre entendemeot ca t rinteliigence, quand il sait avec certitude qu'elles sont vraies ; et savaircch c'est savoir qu'il ne peut se tromper en cette compréhension. Car akis f sait que cette vérité ne peut être autrement qu'il ne la conçoit. Aind doae il sait que celle vérité est immuable. Mais notre âme ne possédtaU p*i elle-même rimmulaàililé, elle ne peut voir celte vérité reluisant ainsi ttwu manière immuable^ qiiau moyen dCane autre lumière qui elle-même tM ctune manière absolutnent immuable, cl il est impossible que celle lamièn soit la créature sujelle au changement. Lame sail donc sa science en ceik lumière qui illumine tout homme venant en ce monde, qui est la vnie hh mière et le Verbe au commencement en Dieu(X),»
(F). Dom Gardereaa va surtout s'appuyer sur ces passages potf défendre ses opinions. Il me semble qu'au lieu de se les approprier, il aurait dû essayer de les expliquer contre les Rationalistes qui se ta approprient en les prenant à la lettre et les tournent contre laRéréb* |( lion chrétienne. Essayons donc de faire ce que ne fait pas dom Gs^ dereau, de les expliquer. Le saint docteur fait ces deux raisonneiueiS'
<t 1" L'homme connaît qu'il y a des vérités immtMbles.
» Pour connaître des vérités immuables, il faut les voir dom hb » lumière immuable.
» Or il n'y a d'immuable que le Verbe, donc c'est dans cette la- » mière immuable que nous voyons ; — de plus , nous ne pmrran » voir qu'en nous, donc le F'erbe est en nous. «
On le voit, c'est exactement la conclusion de M. Gouria qui dit, que la raison humaine est une incarnation du /^erfrf; c'est ta conclusion de tous les rationalistes. Nous allons voir dom Gardereaa repousser cette conclusiou, mais sans en donner ui à nous, ni aux
Dfi LA raUOSOPfllE DE &AÏSJ BOKAVESTTftC. ^9
ce qu cti de VlUaUom, Rolie inlcllecc ea a TiaiBiCDt riiileilîgeace, 9 Toîl qae la ameUuiatt vaâX néceBaireinesl des prémîMcs ; ce qa*îl i^ftpai ifidfimiil dans les termes néccinircs , mais aosâ dans lescoBlinpar nemple : si rhomme court, rboaune est en moarcment. Donc b ■rtmw/gdTnne pareille îDalîon ne Tient pas de Peiistence matérielle de la cette enstence est conlii^ente, ni de reustence de la dmseen pnifqn'elle serait pore imagination si elle n'était en réalité. Donc liwnrer la source de cAltméeessiié , il tant remonter jnsqn'aa type qui Tart étemel, tjpe dans kqacl les choses ont leurs aptitodes et .rdaf é dpioq ocs, poT ipie cet art étemel soit reprcscmU'ciï eOes. C'ea pourdit Aqgnstin an lirre de la rraie reli^iam : éesi ceiU vérile
fMainptiff ancmie raisoa. Essayons de ùire une réponse, que noas d'aflfenrs à nos maîtres et à dom Gardereaa loinnênie à
1* Koos pooTODs nier en bloc tout ce raisonnement , parce qa'îi iapËqiie des ciioses contradictoires on absordes dans les coodosîons, rMnitîficatkm de la raison homaine aiec Dieo, on le panthéisme.
Mab comme les panthéistes trooTent an contraire qoe cette condmion est très exacte, nous répondrons :
2* Xooi nions que pour connaître ime Térité immmabU il laille la iwu mmt limûère immuable. — C'est là im par et dangereux t; poor coimaître aTec certitude ime mérité immuable^ il avoir le pooToir, la Êtcolté, la capacité, le don de connaître crée certitude; or, ce don, nous Tarons, personne ne peut le nicTt ne pent même en douter sérieosement. Mais rien, absolarien ne nons dit, ne nons pronre que la condition de cette CBrtiinde soit de voir dans ime limiîère immuable. An contraire il iMe anx jeax que c'est là im sophisme. En effet, si ponr roir une lUé on laim^e certaine il lànt tme lumière immuable , ne un*
àa4-fl pas aosiimelimiière ponr roir cette limiière?. , et ainsi
àriÉinL Koos soyons les Térités 1* parce qne les Tériiés sont visi" Ua; 2* parce qne Dieu nons a donné la faculté de voir. — Entre 01 deoz coudions qoi snflbent. Tenir INTENTER one lomière, ■ moyen, c*cst dire ce qne Ton ne sait pas, ce que l'on ne Toit ftSf €tA inventer k fantastique et Vabsurde. — Noo^ attendons la de dom Gardereaa (et des rationalistes ansi ) à ces consî-
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» naît avec ces condilions^ qui font TUn, le Vrai, le Bien. Or TÉlre m préNBle » À la peniée comme parfait et comme imparfait; comme Être en polmneert
• comme Être en acte Comme donc aacane privation ancan âékniu
» peut être connu que par le positif qui loi est contraire, notre Intdleet n » peut réussir à concevoir pleinement la notion de quelqa^un des êtreicrérf, » qu'autant qu'il est aidé de la nolion d'un Être parfaitement pur, pitfiiMe*
• ment actuel, parfaitement complet et absolu : lequel est simplement et » éternellement tÉtre, dans lequel sont les raisons de toutes choses dam Nr » pureté. Or comment rinlelicct sauraiu-il que tel ou tel Être est défectnm > et incomplet, s'il n^avait nulle connaissance de l*£lre sans aucun défiuit?»
» Quant aux proposiUom, on dit avec vérité que notre entendement ca i rintelligence, quand il sait avec certitude qu'elles sont vraies ; et savoir cdi c est savoir qu'il ne peut se tromper en cette compréhension. Car ûan B sait que cette vérité ne peut être autrement qu'il ne la conçoit. Ainsi doae il sait que cette vérité est immuable^ Mais notre âme ne postédtmt p9i elle-même rimmutaàilité, elle ne petit voir cette vérité reluisant ainsi ttne manière immuable^ quCau moyen tTune autre lumière qui elle-même rettil {tune manière absolument immuable, et il est impossible que cette lamiêre soit la créature sujette au changement. Lame sait donc sa science en edh lumière qui illumine tout homme venant en ce monde, qui est la vrw'e l^ mière et le Ferbe au commencement en Diea(f),»
(F). Dom Gardereaa Ta surtout s*appnyer snr ces passages pour défendre ses opinions. Il me semble qu'au lieu de se les approprier, il li aurait dû essayer de les expliquer contre les Rationalistes qui se tes 1^ approprient en les prenant à la lettre et les tournent contre laRéféb' ||!: lion chrétienne. Essayons donc de faire ce que ne fait pas dom Car- t dereau, de les expliquer. Le saint docteur fait ces denx raisonDemetf* ^
<t 1" L'homme connaît qu'il y a des vérités immuabks.
M Pour connaître des vérités immuables, il faut les voir ion» v» » lumière immuable.
» Or il n'y a d'immuable que le Verbe, donc c'est dans cette I^ »* mière immuable que nous voyons ; — de plus , nons ne pôirretf » voir qu'en nous, donc le f^erbe est en nous. »
On le voit, c'est exactement la conclusion de M. Gousia ([ai ft. que la raison humaine est une incarnation du Ferbe; c'est h conclusion de tous les rationalistes. Nous allons voir dom Gardereaa repousser cette conclusion, mais sans en donner ui à nous, niaoi
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ce qu cti de YlUaUom Rolie intellect ea a Traiment niitelligeiice, 9 mil qae la ctmebuicm soil nécesnirenieBl des prémiMcs ; ce qa*d it |nf sealancol dans les termes nécesaires, mais aussi dans les continpar ciemple : si l'homme court, rbomme est en monrement Donc la îié^mmt pareille îBation ne Tient pas de Peiistence matérielle de la celle esislence est conlii^ente, ni de rcûsteDce de la dmseen *, pimqn'elle serait pure imagination si elle n'était en réalité. Donc mm tïïwmtx la soorce de celte lu'eessUé, il tant remonter jnsqn*aa type qui ■Ête en Tart élemeU tjpe dans kqacl les choses ont leurs aptitodes et .rdaiiHf f éc i pt p qocs, poor que cet art étemel soit rtfnrcsenic en eOes. Cea pour- |Hiy coflHie dit Aqgnstin an lirre de la vraie relisiam : e*esi cette vérité
Anhisophes ancone raisoa. Essayons de ùire une réponse, qoe nous d*aflleiirs à nos maîtres et à dom Garderean loinnênie à
1* Noos pooTODs nier en bloc tont ce raisonnement, parce qa'ii inpliqoe des choses contradictoires on absordes dans les condoaons, ndentification de la raison homaine aiec Dieo, on le panthéisme,
Mab comme les panthéistes trouTent ao contraire qoe cette condnion est très exacte, noos répondrons :
2* Noos nions qne poor connaître one Térité immuable il laille la ivir éams ooe lamière immuable. — C'est là on por et dangereux ■phisme; poor connaître aTec certitude tme Térité immuable, il te aroir le pooToir, la Êicolté, la capacité, le don de connaître «Me ceriiiude; or, ce don, noos TaTons, personne ne peot le niert pomme ne peot même en douter sérieasement. Mais rien, abBola- ■cat rien ne noos dit , ne noos prooTC que la comiflioit de cette coiitode soit de voir dans one limiière immuable. Ao contraire il >We anx yeox qoe c'est là im sophisme. En effet, si poor roir one ^Ué oo lif mi^e certaine il (àot ime lumière immuable , ne fao-
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iFiÉiu. KoosToyoBS les Térités 1* parce qoe les fériiés sont visi- Afcf ; 2* parce que Dieo noos a donné la faculté de voir, — Entre tfs deux CTndîfw?^ qoi soflfisent , Tenir INTENTER one lamière, ^ aïojcs, c'est dire ce qoe Ton ne sait pas, ce qœ l'on ne Toit fgg, c'est inventer le fanlttstique et V absurde. — Noo^ attendons la de dom Gardereao (et des rationalistes atisâ) à ces ooosi-
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S90 LETTRE DE OOM GARDEREAU.
m qui aliame la lumière de tout homme qui raisonne seion ia ve'riie', ei il » est possible à cet homme de parvenir jusqu'à elle. D'où 11 appert HMBifcf- » temeDt que notre inlelUcl est conjoint d t étemelle vente' elie-méme^ puis* » qa^il ne peut saisir avec eerlitude aucune vérité' que par elle, et aaldtU m qiC elle r instruit. Tu peux donc voir par toi-même la ve'rite' qui f instruit', » pourvu que les passions et les images des sens n*j/ mettent pas oistade d » ne s'interposent pas comme des nuages entre toi et le rayon de la yérité (G}.> Le GH. IV intitolé : de la contemplation de Dieu dans son image (Tâmi humaine) réformée par les dons gratuits^ est consacré à Texposition do 4* degré de la contemplation, tout entier dans la considération des dons /unitfturels de Tàme (ce qui n*est pas tout-è-fait étranger à notre but ). Saint Bonayenture déclare expressément que c*est au moyen de \ Ecriture Sainte (pir conséquent au moyen de la révélation surnaturelle] que Tàme peut s'élerer i la contemplation surnaturelle, comme c'est par /a philosophie qn^fA\e»toTmt à la spéculation ou réflexion dans Tordre naturel. Aussi ai-je mentionné du» le CoiTcspondant la nécessité de la réyélation chrétienne. « Or, pour ce degré
(G). C'est encore ici une des grandes citations de dom Gardereio, mais il est plas facile d'y répondre ; car que doit-on conclore de ce texte dn saint docteur :
l"" Que tout homme qni raisonne selon la vérité est tint à h vérité. Ce qui certes n'a jamais été nié par personne. Mais cette vérité est-eUe une lamière innie^ émanée de l'être infini? on bien est-ce sealemeot une connaissance que nous avons de la vérité, donnée par les moyeu naturels (capacité, aptitude), innés ^ mais non émanés ? C'est ce qoe le saint docteur n'explique pas. Car il dit bien que l'flme peut voir en elle-même la vérité, la vérité qui Vinstruit en soi^ mais ea même tems il ajonte : «« pourvu que les passions ne viennoit » pas s'interposer entre la vérité et toi, >' c'est-à^re pomm que la grâce éclaire et sanctifie ton âme; ce qni est sortir de la conoiBsance naturelle, qui doit avoir lieu surtout pour corriger les pissions, etc. JVlaisnons reviendrons sur ces deux paragraphes qôuid nous verrons le parti que dom Gardereau veut en tirer. Notons pom»tant qu'il termine ici sa citation , mais le saint docteur va plus loiii, et soutient que de même que la vérité suprême est imprimée es nous, aussi lé souverain bien, aussi la loi parfaite , et tout le reste. Ce qui rapproche tellement l'homme de Dieu que ce système dA abandonné maintenant même de dom Gardereau.