DE LA PHILOSOPHIE D£ SAINT BONAVENTURE
» de la tp^ulalioD, ce qui sert spécialement et surtout, c*est li considération » de la Sainte Écritare divinement inspirée , comme C était ta philosophie I pour le degré précédent (H).»
(H). Dom Garderean ne tire de ce chapitre IV qae la preuve que saint Bonaventure reconnaît la nécessité de la révélation pour la spécolation des vérités inmainrellest or tel n'est pas le sens du saint docteur. Voici ses paroles :
M II paraît étonnant, après que Ton a montré que Dieu est si » proche à nos esprits^ qu'il y ait si peu d'hommes qui découvrent » on plutôt contemplent ( speculantur ) en eux-même le premier » principe... La raison en c$t, que totalement ensevelie dans les choses » sensibles, l'âme ne peut rentrer en sot, comme en l'image de
n Dieu D'où il suit que combien qu'un homme soit éclairé do
9 la lumière de la nature , et de la science acquise , il ne peut » entrer en soi , afin qu'en lui- môme il se réjouisse en Dieui si ce s n*est par la médiation du Christ, etc. »
On le voit clairement , il ne s'agit pas ici de philosophie, mais de méditation mystique^ jouissance de Dieu. En effet, le saint docteur ajoute :
<t C'est pourquoi il faut revêtir l'image de notre esprit des trois » vertus théologiques, par lesquelles l'âme est purifiée ^ éclairée f » perfectionnée et ainsi cette image (de Dieu) est réformée et 9 refaite, et rendue conforme à la céleste Jérusalem , etc., etc. Par » la foi du Christ, elle recouvre l'ouïe spirituelle pour entendre les » discours du Christ , et la vue spirituelle pour voir la splendeur » de la lumière. »
Voilà donc cette lumière que dom Gardereau veut nous faire IN*endre pour la lumière naturelle et philosophique de l'âme 1 1
£t plus loin :
a En ayant ces 9 vertus, l'âme eu entrant en elle-même, entre dans 9 la céleste Jérusalem, ou considérant les ordres des anges, elle t^otV » en eux Dieu, etc., etc. »
C'est après ce préambule que le saint docteur ajoute : « Mais pour » ce grade de spéculation (ou l'âme devient la Jérusalem céleste), » b considération ou V étude de la Sainte Écriture divinement en- » voyée sert spécialement et principalement^ comme la philosophie
Au CH. V, le saint docteur commence à contempler Dieu non plus seulemeot dans son image ou la créature, mais dans ses divines perfections :
« Il nous est donné aussi de contempler Dieu au-dessus de nous, par la lumière qui est manifestée à notre âme au-dessus d'elle-même; et cette lamiëre est celle de fa vérité éternelle, parce que notre âme pensante reçoit immédiatement sa /bnne de la vérité' elle-même. »
Ici saint Bonaventure distingue deux degrés dans la contemplation, leMpieii forment le ô« et le ()• :
« Dans la contemplation des invisibles et éternelles perfections de Dieu, nous concevons deux modes ou deux degrés ; dont l'un a pour objet ce qui regarde Vessence divine, l'autre ce qui est propre à chacune des divines ^^rrosnés. (I) — Le second de ces degrés surnaturel éminemment fait Tobjet di chapitre suivant, le premier est développé dans le présent chapitre Y.
M pour le précédent degré. » Et notons que la Sainte Écriture dans Fesprit da saint docteur ne sert pas, comme le donne à entendre dom Gardereau, à nous donner la connaissance des vérités surnalurelksi « mais, dit le texte, la Sainte Écriture est principalement pour /es » œuvres de réparation , la foi , Vespérance et surtout la chariUj M par lesquelles vérités Tâme a à se réformer. » Ainsi l'Écriture sert non à connaître les choses surnaturelles, mais à réformer son âme sur la connaissance de ces choses , toujours supposées par le saint docteur.
« De ces deux degrés... nous pouvons comprendre que, par la » main de Dieu nous sommes conduits par les puissances natureUe- » ment infusées de Tâme raisonnable , jusqu'à ses opérations, babi- » tudes et dispositions scientifiques {habitus scientiales) y comme ' » cela parait dans le 3« degré. »
(I). Notons ici plusieurs choses : !<* Dom Gardereau ironqpib le texte pour le rendre purement scientifique. En effet , après ks mots : Fâme reçoit immédiaiement la forme de la vérité ellemême, le saint docteur ajoute : « Ceux qui se sont exercés dans le » premier mode (par les vestiges extérieurs) sont entrés dans le » portique qui est devant le tabernacle; ceux qui se sont exercés > dans le second mode (l'image de Dieu en nous) sont entrés dans le » Saint ; mais ceux qui s*cxercent dans le S*' mode (par la lumière » divine) entrent avec le pontife dans le Saint Hes saints; oà sor » l'arche sont les chérubins de la gloire, ombrageant le propitiatoire,