DE LA PHILOSOPHIE DE SAINT BONAVENTUBE
» Done, l'Etre qui est TEtre pnr^ l*Etre abiolu, eit l'Etre Premier, Étemel, «mTenioemeiit Simple, fouyerainement Actuel, foaYerainement Parfait, et MNiTerainement Un. Et ces choseï font fi certaines qae l*Etre proprement dit ne peut être conça par la pensée sons les aspects oppoféf , et qne chacune de ces perfections implique nëcefsairement les autref (N).
• Si tu Yoif cef chosef (toutes les perfections de Dieu!!!) dans làpi^re simplieiu de l'esprit, tu en reçois quelque illumination de la lumière étemelle. Mais Toici de quoi élever plus haut ton admiration. Car l'Etre proprement dit est à la fois Premier et Dernier, à la fois Etemel et très^Présent « à la fois très- Simple et très-Grand, à la fois très-Actuel et très-Immuable, à la fois fouyerainement Un et possédant éminenmient tous les modes d'existence. Si tu admirée cela dans un espril pur, tu seras inondé d*une plus grande lumière, voyant ultérieurement que s'il est Dernier, c*est parce qu'il est Premier; que s'il est très-Présent, c'est parce qu'il est Etemel; que s'il est très-Grand, c'est parce qu'il est très-Simple ; que s'il possède les modes de toutes les existences, c'est parce qa*il est souverainement Un. C'est en effet parce qu'il est souverainement Un qu'il est le Principe Universel de toute multitude. Et par là mème« il est de tout l'universelle cause efGciente, exemplaire et finale, comme cause de tout ce qui est> raison de tout ce qui pense , ordre de tout ce qui vit. Il possède ( ou [plutôt il esl ) donc les modes de tout , non comme Essence de tout, nuûs comme CAUSE éminemment surexcellente i universelle et suffisante de toutes les essences (0)..«.
H quelle il voit tout le reste, etc. — L'œil de notre intelligence est » comme celai du hibou; quand il fixe sa vue sur la lumière de l'Être- » Suprême , il s'imagine ne rien voir. — Voh$eur%U même est alors v la plus hante illumination de notre âme... >. Nous le répétons, nous attendons un mot d'explication sur tout cela. Pour nous , nous ne trouvons là ni philosophie ni théologie, mais des considérations mystiques et ascétiques seulement. Un mot de réponse s'il tous platt.
(N). Ici, dom Gardereau laisse une grande lacune. En effet, le saint docteur, poursuivant ses énuméraiions, essaie de déduire de la ieuU idée de l'être infini, absolu, etc. , la nécessité de tontes les autres perfections divines. Cela est très-logique pour une âme qui est en Dieu^ éclairée non-seulement des dons de la science naturelle, mais encore et nécessairement, conune il l'a dit, des dons de la grâce ; mais cela ne pourrait avoir Heu pour celui qui aurait mis de côté V Écriture et la tradition» C'est ensuite que vient ce que dom Gardereau a mis immédiatement.
(O). A la bonne heure, yoilà qui est expliqué ; Dieu est la raisoo;
■ RetenoDs encore et disons : l'Etre parTaitement pur et alMoiaqui est siinpicnient VElre, étant éminemment et premier et dernier, est, par coniBéqaeBt, Torigine de tout et la fin qui consomme tout. £tant très-Eternel et très-Présent , par conséquent il investit et pénètre toutes les durées, comme étant i Ja fois leur centre et leur circonférence. Etant et très-Simple et très-Grand, par conséquent il est tout en toutes choses et tout hors de toutes choses, etpir là il est une sphère intelligible dont le centre est partout et la eirco^fêrenei nulle part ^eic, (P).... •
Au CH. VI, ainsi que nous Fayons dit, le docteur Séraphique t'attache i contempler en Dieu la distinction des personnes; mais quoique l'objet d*ane telle contemplation soit surnaturel avant tout, saint Bonaventure s'efTorce d'expliquer philosophiquement l'idée que nous tAchons de nous faire de la génération et de l'aspiration divine, par l'essence conomunicative du Souverain Bien qui est Dieu même.
» Quant à la contemplation des Emanations, le Bien par eicellenee en tit » éminemment le fondement principal.... Le Souverain Bien tend essenllel- » lement et éminemment à se communiquer. Or la suprême diffusion et com- » munication NE PEUT ETRE qu'actuelle et intrinsèque, substantielle et » hypostalique (Q), etc. >»
la vie, la lumière, les modes de tout, non comme esnence de tout, mais comme CAUSE de tout. Pourquoi ne pas s'arrêter Si cette expGcaiion si simple, si précise et si claire , et qui nous est fournie par la révélation et la tradition? Pourquoi allez -vous emprunter aux spéculations platoniciennes et indiennes les mots innés^émanés, participation, eic , etc. — Nous nous tenons, nous, à cette notion de cawe |X)ur Tordre naturel; \s moi participationj nous le réservons pour Tordre surnaturel
(P). Ces notions sont encore admises par toutes les saines philosophies : Dieu est emtnemmm/ Torigine et la fin de tout; il estmême éminemment tout ce qui est, en ce sens qu*il contient les perfectioM de tous les êtres d'une manière supérieure et éminenie.
(Q). Remarquons bien ces paroles, qui sont parfaitement exactes. Il parle ici des émanations, mais il dit que cette suprême diffusioa ne peut être quHntrinsèquef substantielle et hypostatique ou per» sonnelle; c'est-à-dire qu'il ne peut y avoir d'autres émanations qpit les personnes divines ; c'est ce qu'enseigne la théologie , et nous ne savons comment dom Gardereau peut faire accorder cela avec cette