‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 82 sur 103 · DE LA PHILOSOPHIE DE SAINT RONATENTURE · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE DE SAINT RONATENTURE

Ce chapitre comme le préciédent n*ett qu'une reprodactioD plu approfondie de la doctrine de saint Anselme , développant dans le Prosloge et dans le Manoioge l'idée de TÊtre infini. Les OBorres ascétiques et philosophiques de

lumière qu'il place en chacon de nous et qae saint Bonaventare , dH-ily a reconnu être émanée de Diea même. Aussi alIons*nous le voir bien embarrassé pour justifier ce passage.

D'ailleurs, il ne sera pas inutile de faire remarquer que dom Gardereau a encore tronqué tout ce passage, parce qu'il ne pouvait présenter Gdmm&philoîophiq'ue Tordre des idées du docteur. Voici , en effet, quel est cet ordre : Saint Bonaventure prouve que , de même que Vidée de Vétre contient Dieu^ de même Vidée du bien contient la Trinités « Ainsi, dit-il, il arrive qu'on ne peut penser le bien sans » penser le trois et le un,,, ». Et puis le saint docteur, mêlant toujours ensemble le naturel et le surnaturel^ conclut ainsi :

« Vois donc comment l'âme est proche de Dieu^ et comment chaa cune selon leurs opérations : la mémoire conduit dans Vétemiié^ « l'intelligence danslat^MV^, la puissance élective dans le souverain • bien. Bien plus, selon Tordre^ et l'origine , et l'habitude de ces « puissances ou facultés, elle conduit dans la Trinité bienheureuse « elle-même.

Nous passons id les preuves, car dom Gardereau même, dans la lettre qu'il nous a écrite, nous a averti qu'il n'admettait pas qu'en naissant nous portions en nous la notion même informe des vérités -surnaturelles , telles que la Trinité ', au lieu que le saint docteur trouve encore la Trinité ^

« 1"* Dans la philosophie^ qui est naturelle, rationnelle ou morale ;

« 2*" Dans la philosophie naturelle^ qui est métaphysique, mathé* madque ou physique;

« 3<* dans la philosophie rationnelle j qui est grammaticale, logique et rhétorique ;

« h"^ dans la philosophie morale, qui est évangélique, économique et politique.

« Toutes ces sciences, continue-t-il, ont des r^les certaines et in- ' Voir tome zv, p. 379.

saint BoDayenture sont pleines d'allusions aux ouvrages de ce guidéjclesU des théologiens scoiasiiqaes.

Enfin dans le GH. YII* le docteur Sérapbique nous représente cet état de Tàme contemplative où, après qu'elle a parcouru les 6 dégrés de la spéculation, toute opération intellectuelle est suspendue pour elle : f affection seule agit, et la grâce de Jésus-Christ opérant le mystère de Tunion, » fâme s'élère }> en quelque /or /^ au-dessus d'elle-même^ et passe XovXzpoar ainsi dire^ en > Dieu dans Textase mystique. «

Veuillez faire attention aux mots pour ainsi dire, en quelque sûtU^ afii de ne pas trouver encore ici des tendances vers le panthéisme ; puiaque e*6il ift, si Je ne me trompe, tout ce que vous voyez à remarquer àKOBVitinermim mentis in Deum (R).

» faillibles, comme étant des lumières et des rayons descendant iê B la foi éternelle dans notre esprit ; et c'est poar cela que notre » âme irradiée et arrosée de tant de splendeurs , à moins qu*elle ne 9 soii aveugle t peut être conduite par elle-même, et contempla cette » lumière éternelle.

On voit encore ici qu'il ne s'agit pas de philosophie proprement dite, mais de considérations mystiques. On y voit encore conunent ces considérations ont donné naissance an Rationalisme moderne qui a appliqué à la connaissance naturelle ce que saint Bonaventnre ne disait qu'autant qu'on y unissait comme condition 5tne quâ wm^ h foi et la grâce. C'est ce qu'il dit expressément par ces mots : à moins qu'elle ne soit aveugle , ce qui n'eut pu avoir lieu, si au propre ks rayons de la foi éternelle fussent descendus dans son esprit; c'est, aa reste, ce qu'il dit plus expressément en finissant :

tt Lirradiation et h considération de cette lumière sospend ks » sages en admiration, mais quant aux insensés, ceux qui ne croient M point afin de comprendre ^ elle les conduit à la démence, afia » que celte parole du prophète soit accomplie : tandis que tn » éclaires d*une manière immuable du haut des montagnes iter* » nelles^ tous les insensés, ont été troublés dans leurs joies •.

(Il) Nous répondons, au contraire, une chose, c'est que comme il

> lUuniinaos tu à montibus sternis, turbati sunt omnes insipientes conK Ps. Lxxv 5.— Nous n^avons pas besoin d'avertir que le sens attribué ici i ci psaume n'est pas le sens direct et littéral, mais un sens, comme disent lescoomcnlateurs, accoinmodalif.

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