SUR LA DÉCOUVERTE DES \ÊDAS
« Jusqu'à présent, dit-il quelque part, nousaTions eu peu de commerce avec cet ordre de savaos ; mais, depuis qu'ils s'aperçoivent que nous entendons leurs livres de science et leur langue samscroutam , ib commencent à s'approcher de nous ; et, comme ils ont des lumières et des principes, ils nous suivent mieux que les autres dans la dispute, conviennent plus aisément de la vérité, etc. »
S'il y avait espoir de se procurer des manuscrits des f^édas^ c'était donc surtout par le moyen du P. Calmette ; aussi ce missionnaire y mit tout le zèle dont il était capable. Voici ce qu'il écrit à Paris en 1730:
« Genx qui, depuis trente ans > écrivent que le Féiam est introu* vaMe n'ont pas tout le tort : l'argent ne snflBsait pas pour le trouver. Bien des personnes, tant des missionnaires que dess&^uliers, ont fait de la dépense sans fruit, et n*ont tenu rien, lorsqu'ils ont cru tout ternir. Il n'y a pas six ans (en 1726) que deux missionnaires, l'un au Bengale et l'autre ici, y ont été trompés. Hd. Didier 9 ingénieur du roi, donna 60 roupies pour un livre qu'on disait être le Fédam en faveur du P. Pons» supérieur au Bengale. Les Fédams trouvés ici ont donné l'édaircissement au sujet des autres livres. On les croyait si bien intronvablesy que bien des personnes ne voulaient pas convenir, à Poudichéry, -que ce fût le véritable Fédam , et qu'on m'a demandé si j'avais bien examiné. Mais les épreuves que j'ai faites ne laissent aucun doute, et j'en fais encore tous les jours, lorsque des ss^ans ou de jeunes brames, qui apprennent le Fédam dans les écoles du pays, viennent me voir, leur faisant réciter et récitant quelquefois moi-même avec eux ce que j'en ai appris du commencement ou d'ailleurs. C'est le Fédam^ il n'y a plus de doute là-dessus...
» J'ai dit plus haut que l'argent ne suffisait pas pour trouver le Fédam. Il me paraît que nous ne l'aurions jamais eu,si nous n'avions, parmi les brames , des Chrétiens cachés , qui commercent avec eux sans être reconnus pour Chrétiens. C'est k l'un d'eux que nous devons cette découverte, et il y en a deux, à présent , qui sont occupés à la recherche des livres ou à en faire tirer copie. Si on venait à savoir que c'est pour nous, on leur ferait des affaires sérieuses , surtout au sujet du Fédam. C'est un article qui ne se pardonnerait pas. »
L'année suivante^ il écrit :
«• J'ad enfin reèminé les qaalre f^idam , dont le praniir M appelé Rùug^Mam, le 3« l^/oiir-v&lfm, le 3* 5tai*«MMit kfc* JdarvaiUM)iiam. Le qnatrièine esl eeM qn*on dil amir M jM ptr les brames dans b mer depois qo*il y a des ransiomniNi dw l'Inde. Ainsi, ce qne les brames ont Jiisqn*id tena plus caché qne hs juifs ne faisaient des livres de Moite » ce qn'iis n*oiit eommariqié I aucune nation qui soit an monde, pas même aux Indieiis a^lis ne sont de leur caste, tombe enfin entre nos mains, et la mer même a renda sa proie '. »
Ainsi, grâce au P. Galmette et à plusieurs Brahmanes chrétiens, le F. le Gac put écrire an P. Sondet cette annonce désirable : « Les » quatre livres qui renferment les Fédam» est nne dépense de 851 » &0 pi^odes (environ 350 francs). J*en ai déjà envoyé deox poor la » bibliothèqne de S. M. On travaille à transcrire les deox antreSi •
C'était en 17SS. En même tems, il répète son opinion, qne ce sera nne dépense inutile , et que ces livres ne pourront servir qne de parade dans nne bîbUothèque. En effet, ils n*ont pas en d'antre usage.
Quant au P. Calmetie , il ne se contenta pas des f^édâ$; par le moyen des Brahmanes convertis, il parvint encore I découvrir d'antres ouvrages importans. Aussi disait-il, en parlant da Darmth*^^trê : « Si les MftI. de la Bibliothèqne-Royale continuait I nous honorer » du soin de la recherche des livres, j'espère que noos déconvrironi n des richesses dignes de l'Europe. Ce n'est pmnt nn or pnr ; il est » comme celui qu'on tire des mines, où il y a plus de terre que d'or, » mais l'éclat que jettent certains passages fidt juger qn'il y a vérdta* » blement de l'or. •
Il fit plus. Genmie il était très-versé dans la langue et dans la poésie sanscrite, il se mit à composer lui-même des f^ida$ pour la cob-
> On peut comparer ce passage avec eehil que Sonnerai éerivtit fiO m p!u3 tardt • L«s Brames, pour qu*on ne pût les forcer de montrer ces Um » en interdirent la connaissance an peuple, le déclarèrent indigne de les lirfi » et s'en attribuèrent seuls le droit, comme descendants de laDiTinili >> Quand on les interroge aujourd'hui sur les Fédams , ils disent qulli foat » renfermés dans un caveau à Bénarcs. Jamais personne n*t pu les roir; « on n*en connaît ni copie , ni traduction } ainsi leur existence parait àat » teuse. » Voyage aux Indes oritntalf s, Paris, 178?.
SUB Ik MCOWBBTB DES TtDAS. fïk^
TéAkm des Bfthffiaitea. Ce sont les Pteudo-Fidoi , et entre antres cet Ézour^védam, qoi a causé en Europe une double mystification ' . Mais cette question aurait besoin d*être traitée à part, et peut-être ne serait-elle pas sans intérêt. £n attendant, nous pouvons dire en l'honneur du P. CahmUe que» si la Bibliothèqiie-Royale est en possession depuis plus d*un siècle d'un exemplaire unique et curieux des Féia$^ c'est à lui surtout que nous en sommes redevables.
Bach,
Membre de la Société asiatique de Parii j
Ce n'eit pai du tout par distraction que j attribue VEzour-vedam au P. Calmette : c^est une rectification que je crois nécessaire. Ceux qui Jusqu'à présent ont attribué cette œny te française au P. Robert de Nobilis y portugais de mission, italien d'origine , se sont trompés. L'examen de cette question fera l'objet d'un autre article que je me propose d^adresser bientôt aux Annalesm
ikhU LLTRBE l>Ê DOM GARDB&EAC.
|lal^û|iir Catl|dtqtif .