AVEC LA RÉPONSE BE H. BONNETTT
Il nVtt fÊê on mofen fkw aâr et < pre aoe lôMce tftê 4*ca dbanfcr In
Srptîhne rt ^nmitr Slrticlr \
Plus bas il noof dit que cette lumière est cdie de l*Etre extra omme genm et (fue cet Etre exira omne genus est rÊTRE DIVIN. Diaprés cela, Jeenii superflue la peine que tous prenez de démontrer que ce qui émane proee'deie la subslance et un autre etc., et vousToyez que j*ai plutôt atténué qu'eiagéfé les termes du saint docteur (A).
J'ai dit 6* que d'après lai cette lumière divine est reçae en notre âme, quoique d'une manière objective et finie. C'est ce qu'il fkit entendre à duqu phrase : je me contente d'en citer une : « Anima est imago Dei, adeo siii » prasens et eum fuibens prœsentem quod eum acta eapiij etc. (B)«.»
(A), Non , certes I cela n'est pas superfln ; car le saint docteur vous a déjà dit clairement que ce qui émane est et ne pent être qu'intérieur et hypostatiquef et unique. C'est à vous à expliquer comment une opération qni est toute intérieure k l'être divin , peut cependant venir s'untr à chaque intelligence.
(B). Notons toujours qu'il n'est nullement question de cette me*
' Voirie 6* art. au n* précédent ci-de88Ufl, p. 38t. • Expression que Je crois intraduisible en français, mais qui du moins bnv* que clairement que Dieu remplit de sa présence même actuelle la eapacilé dt
nE LA PHILOSOPHIE DR SAINT RONAVENTURF. MC^
J'ai dit enfin ?<> que fdon Mini fionavenlure dans ettU lumière ci par elle sont révélées sueeessùemeni à Ckomme iotUeè les vérilét qféiipeuipmrvenir à eomprentlre; et rien encore de pluf prèeif qne les j^relet de ïiUnerarium : « Eiqao manifeste apparat quod conjunctas sil inlelleeias noster ipsi œlemœ > verilaiiy dam nisi per illam doceniem nihil poiesi eeriiladinaliter eapere, n Videreigitor per te potes veriUUem qaœ le dœel.,, Seil igitar in iUa t» liue elc.> Et nn pen plus bas : «Esse eitra omne genns quod priùs Tidel et • $in€ qno nihilpolesl eognoieere{fi) .
Vooa foywdone, Blonsieart q«a sans ni*étre elMrgé de dire vne mmiyse,'\t n'avais pas lenda an compte trop infidèle (D} dessentimens dndoeteor séra« phiqne et tous arei beau dire à deox reprises que ee qne j'ai t mis /nr cv
nUre objective et finie j système des Allemands, de M. de Lamennais et delML Gonsin, qui reste toojoors sor le compte de dom Gardereta, système qui est proprement le Rationalisme.
(G). Une simple remarque , c'est que dom Gardereau supprime ici les expressions si claires du saint docteur, où il ajoute que tt l'homme ne verrait rten, aheolument rien^ même avec cette /«- » mière, 8*i7 n^a pas la grâce ; que ce n'est ni la nature^ ni Vétuie , » ni la philosophie qu'il âut écouter, mais le Christ , mais la » grâce t etc., 'etc. >». G'est donc encore l'état surnaturel, exceptkmnel , Tétat d'extase, de vision, de prophétie qa'U a en vue, et non Fétat naturel , dont il s'agit ici.
(D). Notons encore, pour souvenir, cette phrase : qu'il a rendu dans le Correspondant un compte pas trop infidèle du système du saint docteur ; et cependant, il nous a dit qu'il n'avait fait ni analyse^ ni «îlalion, etc.| mais une simple mention du titre. .. d-dessus, p. 500.
rime dont il éclaire Tlntelligence; ce qui du reste ne dit pas du tout que Tàme ait la possession, ni la vision actuelle et directe de la divine essence, dont les bienlieureax ne peuvent Jouir qne par une laveur toute surnaturelle. D. GAto. — A la bonne heure, la vision directe est une faveur surnaturelle, et cepen* dant dom Gardereau a dit : « Saint Bonaventure dans cette image de Finfini... » a reçu comme une intuition directe de Teiistenee du Très-Haut {Corr», p. 194). » Nous sommes bien-aises de voir dom Gardereau réUrmeter^ ou faire passer de l'état naturel à l'état sumatniel tout ce qne nous kd avons reproché.
^ A. Bi
9. Goi^tmlim ée U ^octttoe de M. Govfai Cl de edk 4e irial BoMnitan. Qwiiqylt e« toit, dà If premier cogp^tti aie pwJMBtotatwiwdeiAdM
tfMw X'wMiiiPMBHif da dftctwr de rEgfcw diflaw de 9dtm dm yMi—f hi n> tijMiiite ceaMBiieiiMdttCtriaeeftIiedeiediiltoda ^Mll^^ du scepticisme de rentre (C . Rica ae iwfwMe phif I mwp iflr ni pialtifii) qne le wiftJbat de M. Cousin qui loppoee mvoii smksUtidieUe (G) dv Teriw
(E). KoBS ivoiiB laneé don Girderani vipùBcir id y 6oidiii6 il le dit, tout le système de saint Bomvciitare , et Hoot miiiitaNNtt {te que jameis 1* qoe c'est Hi dn CoiMtfi, do niliawa?î<»M| tofutfiw : le RafhHialiinM^ ne demanda pas antre dioae que de doter rioie d'mM hmUéreiimi€j naêwrette, émtmée ieDieu, e( dmu laqMlle, et far laqoella il peut voir iemia le$ «drîléf; 3 ne dcmaade pas autre cfaoae^ c*est*ihdire que* NATURELLEMENT, noire ftnw mHxmmêï l'étemelle Térité, etc., etc.
Biais 2* noos prélandoDt ph» qne jamais qoe ci apNtae n*ert pv celoi de saint Bonaventore ; et qae nous arooa en eompKtcuMlt raiilin de le mettre sur le compte de dom Garderean* Noua persisloiiaenccire dans cette opinion, car le saint docteur^ ne ^cessa de protesier que Téuide qu'il (ait, qne la contemplation à laquelle il se lîYre» le regard même qu'il tourne fers son âme ne peut ooow* /mh, n'est i^ gititne , n'est possible qu'autant que c'est un Chrétien qui s'y lifre, un homme qui déjà croiV, enCn, un homme doué de la grâce do Christ : voilà ce que nous prétendons.
(F). Ouif la doctrine de saint Bonaventure telle qu'il la préseate avec les conditions de croire déjà et d'état de grâce est orlhùâùate^ sinon absolument et clau*ement logique. Mais telle qu'elle à été estraite et offerte par dom Gardereau, elle n*est , nous le croyons , ni logiquj!j ni orthodoxe.
\ (0). M, Cousin ne suppose qu'une chose, Vunionde l'âme arec
DE LA PniLOSOMlIE DE SAINT ItONAVENTUBE. 447
avee noire âme; rien de plus éloigné au contraire de cette monstrueuse errtar que la doctrine de VlUntrÉiriumt qui ne suppose que la présence en wif9 âme de la lumière divine et son union ohjeclive arec notre entendement (H).
le FerU Amn, dans l'état naturel. Cet état n'est pas celui où le saint docteur place Tâme ; mais c'est celui que lui attribue dom Gardereau.
Notons de plus que M. Maret parle expressément d'une union rielk de Dieu avec la rainon humaine {Ann. t. xii, p. 05); et tous* même vous soutenez cette nnioh, en disant que cette lumière, imd^ nie de Dieu , informe l'âme humaine, et que l'essence de Diea pénètre la pensée humaine.
(H). Le saint docteur ne dit rien de cette union objective : c'est Ëk votre système. Il dit simplement, lui : « d'où il apparaît que notre » intellect est uni à réternelie vérité elle-même... Cette lumière de » l'étemelle vérité, unie à rentendement humain, n'est ni ne peut 9 être la créature mobile... ; cette lumière est la vraie lumière, le » Ferbe au commencement en Dieu ». C'est vous qui ajoutez le mot objectivement pour vous sauver du panthéisme, sans vous douter que vous tombez dans une erreur tout aussi grave , celle de constituer une chose étemelle f immuable, émanée, et qui , cependant, n*e$t poi le Ferbe.
Le saint docteur a parbitement expliqué cette union quand il a dit: « Dieu est uni à notre entendement, non comme Veêsence de tontes » choses, mais comme la CAUSE surexcellente de toutes les essen- » ces '. » Voilà les termes exacts, philosophiques et théologiques de cette union , et non ceux d*objective. L'une est celle de TÉgirse, l'autre celle des Allemands, de Cousin et de Lamennais.
Saint Augnstm aussi avait dit : « Que notre esprit ne peut être » séparé de l'éternelle vérité , parce qu'il no lui est pas uni locale- » ment *. » Hais quand il relut ce principe, il ajouta avec modestie :
I Voir ci-dessus, p. 73. «A'icm sicui omnium es fenk'a,sedsicat cunctarum » etsenliarum superexeellenlissima càusà. »
* Animum proptereà non posse ab «temA tatione separarl, qùia nofi ei k* caliter jungitur. De imm, animœ, c. vi, n« f t.
kkH LETTRE DE DOM GABDEHEAU.
Si l'école éclectique s*eâl alliréc le reproche de panlhéifrae ce n'est pii pour avoir affirmé comme saint Bonaventure la présence en fentendemeat humain itime lamière émanée de Dieu , c'est pour ayoir îdenitfie' cette lumière avec Fentendement (I). Rien ne vous autorise à nous dire que tcpinion du saint docteur (J) • est l'erreur du moment , l'erreur qui se propige » et qui nous gagne, le fond du rationalisme et du panthéisme i qu'avant de • le citer J'aurais dû prouver comment il peut dire d'une manière orlhodaie
» A coup sûr je n* aurais pas dit cela si alors j'eusse été assez instmit » dans les saintes lettres * . » Car faites bien att^tion que les rationalistes ne demandent pas one union substantielUi comme les panthéistes; il leur suffit que ce soit une union quelconquet une parii^ dpation quelcanquey pourvn qu'elle soit traie et nécesaairef entre notre âme et la vérité, et cette union vous l'accordez; saint Bonaventure dit que cette union n'existe que par la grâce. Voilà la vraie différence.
(])• Nous croyons que dom Gardereau n'est pas juste ici envers Vécole iclectiqtàe. Cette école, comme lui, repousse le panlAetsme, et elle se sert pour cela de la distinction de vérité objective et vérité subjective; c'est par conséquence que nous prouvons qu'elle est véritablement entraînée dans le panthéisme. Elle ne nie pas la personnalité hunusinej elle ne demande rien de plus que la présence en notre âme d'une limiière divine et son union objective avec cette lumière. En effet, soutenir qu'il y a en nous une lumière DIVINE, ÉMANÉE de Dieu, laquelle est unie objectii^ement à notre entendement, il faut ou ne pas comprendre la valeur des mots lumière^ divine, émanée^ unie et entendement, ou bien il faut soutenir que l'homme n'a plus besoin de maître ou de révélation. £h ! quoi . j'ai en mol naturellement Dieu , entendez- vous Dieu , unt à mon entendemeat {objectivement pu subjectivement peu importe), et tous venez me soutenir qu'il faut encore que la parole humaine^ Vhomme m'enseigne; je le répète vous ne comprenez-pas la valeur des termes.
(J). Certes aussi nous n'avons pas dit que ce fut l'opinion du saint docteur; mais la vôtre; ne changez pas mes paroles.
• Quod profectè non dixissem si Jam tune essem litteris sacris ita eraditas,elc. Hftr/ir,, 1. v; n. 2; édition dt Migne, 1. 1, p. 591.
l>fi LA PlilLOSOPHifi D£ SAil«ï BOriAVEKTURt. 649
» qu'il y a en rhomme quelque chose» que ce soit iamiére ou idée qui émane M de CElre infini. *> (Jnn,, p. 217) (K.) Je réponds que TOUS-méme avant d'accuser ainsi le saint docteur d*hëtérodoiie, dans les mots, tous deviez faire attention qu'il n'a pas confondu comme vous le sitjei et Cohjet. S*ii enseigne que la lumière et les principes innés dans Thomme sont éUmels^ nécessaires^ immuaèlesy etc.« c'est seulement du cMé de Yoèjel, mais en tant qn'innés , dans le sujet, dans une intelligence finie, en tant que participés par la créatore, ils ne sont ni éternels ^ ni immuables» ni nécessaires (L.)
Or cette présence originelle mais objective d'un principe étemel, immuable dans une intelligence créée, n'opère nulle confusion, nulle identification de l'une avec Tautre. Le principe demeure ce qu'il est, vérité immuable : la créature demeure ce qu'elle est^ contingente, mobile; fidée en tant qu'objective a beau s'appeler innée, elle ne fait point partie de l'être qui la reçoit ; en tant que subjective elle n'est point identifiée à son objet, pas plus l'idée innée que ridée acquise; à moins qu'il ne vous plaise de transformer en panthéistes lant de saints Docteurs et de grands philosophes chrétiens qui enseignent la doctrine des idées innées (M).
(K). Nous maintenons la même accusation; mais envers dom Car'* dereau.
(L). Nous prions nos lecteurs de suivre cette discussion avec attention , car dom Gardereau prend ici la défense du système des rationalistes , qui n*ont jamais soutenu que les principes innés fussent de toute éternité dans Tâme humaine , mais seulement que la raison iiumaine est, dans Vétat naturel^ unie à la vérité éternelle. — ^De plus, notons ce système inconcevable que les principes étemels, immuables f nécessaires y peuvent cependant être ni étemels j ni immuables^ ni nécessaires ; Siti lien de dire que c*est Vunion^ etc, qui n'est pas immuable, il dit que ce sont les principes eux-mêmes. Voilà où en est réduite Vécole mixte,
(M). Accordons pour ce moment à dom Gardereau , que les idées soittnn^e^, soit acquises , sont des choses, des êtres, des principes distincts de l'âme humaine ; de manière que lorsqu'il dit avec saint Bonaventure : Si Vhamme courte donc il est en mouvement, cela forme une chose , être , entité , idée distincte, séparée de l'âme raisonnante et tirant la conclusion de deux principes. — Accordons, dis-je, tout cela, car dom Gardereau ressuscite tous les vieux systèmes les plus inintelligibles des scholastiqocs i et nous ne pouvons tous les
Gef philosophes chrétiens n*ont jamaii cm que ces idées eossenl d'antfci objets sinon des principes étemels» bien f^innés o^est à dire ohj€etinmnl unis d an entendement crée) depuis le momeni de sa ereeUion, Voos foei d'entendre saint Bonateninre tons le déclarer en propret termei i » Ans»* • pia.,. ut sempitemalia.,,. tanquam siài innaia recognasmi, • GoaoNil des principes étemels poorraient-ils faire partie de rame humaine (N)P
Je ne pense pas du reste qa*aucan lecteur se paisse méprendre sor le sen de cette parole, que la lumière innée, (émanée seton saint BonaTeotore (0), est reçue objectitbirict dans fAme. Gela ne reot dire autre chose* comme h terme llndique asses* sinon que cette huilère est présente en la pensée àt rame, est l'objet de m pensée (P), dès le premier moment de son edsteics et cela écarte toute idée d'union substantielle de cette lumière atee l'âme, oi avec rinteUigence humaine; ttineamatim du Verbe^diriB dans notre InlsKgence (Q), en un mot cela écarte absolument Terreur des panthébtcs et év
réfuter. — Mais aussi suivons bien son principe : il eidate dans rime une vérité ou idée objective, éternelle, immuablct émanée de Dm^ qui lui est unie. Retenons cela et suivons-le encore un peu, tembiBt de Scylla dans Caribde » comme disait l'évêque de Paris, EtiesBe Tempier.
(N). Accordons encore que cette lumière ne fait pas partie de l*ûme humaine, quoique dom Gardereau ait dit : « Il a entrevu conune » un éclair de Tessence de Dieu pénétrant la pensée humaine. * Ge qui ressemble assez à en faire partie. Mais non, poursuivons.
(0). Nous protestons encore contre ce mot; c'est amgulier» iln'j a qu'une page que dom Gardereau vient de dire que : « ce mot n'cit » pas, «7 est vrai, employé par le saint docteur.» et ici il répète enooie, « émanée^ dit saint Bonaventure. » Gomment discuter ainsi? Le saint docteur^ nous l'avons vu , a donné une définition exacte ta émanations.
(P). Nous avons de la peine à suivre dom Gardereau daps ses tnaiformations succcessives. Jusqu'à présent celte lumière n'était qne l'aide j le moyen dans lequel elle \oyait toutes les vérités; mainteniit elle devient Vobjet do la vue, de la pensée, c'est-à-dire qu'elle déficit la vérité même...., et cependant il nous a écrit pour nous avertir que quant aux vérités surnaturelles^ il n'y en avait aucun germ en nous, etc.
(Q). Notons encore que V incarnat ion ne suppose pu» V identifié'
DE LA paitOSOPHlE D£ SÂIM BO.NAVEISTUAE. liii
nlionalistes de la nouvelle école. Le mot objectif M bien clair; et il n'a certes rien de noateaa, non plus que rien de subtil. De tout tems on a sa distinguer la cbosé unie à FAnie seulement comme objet de la pensée, d'avec la chose unie substantiellement à l'âme. Dire comme je l'ai dit dans le texte du Cov" respondant» (p. 193,) que [cette union de la lumière innée avec l'&me n'était ^objeetivc^ et repousser formellement comme je l'ai fait à la page suivante (194 à la note) X interprétation abusive que certains philosophes tnodetnes uni donnée d cette union dune raison cre'e'e^ avec le Verbe ou la parole de Dieu; ce n'était pas assurément» comme vous osez m'en accuser, eiueigner fcrreur la plus dangereuse de nos jours, sans DisT»cno:r, saks rsstriction, sAirs EXPLICATION ; c'était au contraire prévenir, autant que le comportait Vindicalion rapide tracée par moi dans le Correspondant^ toute mauvaise interprétatîoD que la malveillance ou la légèreté pourrait donner à mes paroles (R). Au reste Je n'ai point enseigné que cette vérité objectivement unie à Tenteudement soit le Ferbe de Dieu lui-même. Je sais bien que Fénelon le dit, que saint Bonaventure le dit, que bien d'autres philosophes catholiques le disent, mais je leur laisse encore une fois la responsabilité de leur opinion. Seulement je vous trouve un peu hardi de mettre pour cela le docteur Seraphiqueà l'indexa côté de Malebranche, qui s'y trouve lui pour d'autres cauies, et pour de bien plus graves, comme tout le monde sait (S).
tion^ Y unité substantielle ^ mais seulement la présence, la descente du Verbe dans la chair. Si le Ferbe ou la lumière émanée est dans Tâme, toujours et nécessairement depuis la naissance, comment dire que ce F'erbe n*est pas incarné en Vhomme ; il y est incarné de même que Tâmc. Nous laissons à la sagacité des lecteurs, le soin de débrouiller tout ce cabos de Rationalisme , qui coule ici à pleins bords, malgré les paroles si diffuses de dom Gardereau. — Mais suivons le toujours établissant cette chose, éternelle , immuable j éma^ née de Dieu, et qui cependant n*est pas le IVerbe de Dieu. Jamais paroles semblables dans un théologien.
(R). Nos lecteurs ont jugé si ces explications et restrictions sont sufiBsantes.
(S). L'entendez-vous, tous tous lecteurs catholiques, qui savez qu'il n'y a et qu'il ne peut y avoir qu'une émanation^ ayant deux termes , le Fils elle Saint-Esprit. Voilà un théologien qui soutieot d'une part qu'il y a émanation divine^ et d'autre part que cq u'e3t pas le Ferbe. Âloqu'U oous dise ce quç c'est que c%\ éi$rn$l, cet m-
^52 lËTTRË DL DOM GARDËRÊAU.
Tout ce que je maintiens, c*eit que le saint Doctear a bien pu cnbt k k présence da Verbe divin dans notre Ame» et même à son union objeeUtejnH Vkmtf sans pomr cela encoorir la note de PanthéUme (T).
Maintenant a-t-il pu croire sans manquer à rortbodoile, que » |>ar £« ikvelation intérieure^ par C enseignement de celte lumière de Ce'ienMe vérité
• unie ainsi d son entendement, l'homme connaît succeasiyement toutes Icf » vérités qu'il est capable de comprendre, comme voyant tout ee qu'A voit
• dans cette vérité qui renseigne ■ (U) ?
Je sais que nos rationalistes affectent de tenir d peu prés U mène Um- C^e(y)i mais ils y joignent des idées tout opposées à c^es du saint Docteur. H
mutiblet cet émané ? Ceci n'est pas une questioa d'école et de philosophie, c'est une question d*ortkodoxie, il faut qu'il s'explique. Car en dehors du f^erbe^ ce ne peut être que cet être^coétemel que PUtoa plaçait à côté de Dieu.
(T). Oui , en vous accordant cette distinction d'objective « ce ne serait pas le panthéisme, mais ce serait le ratUmalinne pur^ Vincamaiion du Ferbe ; le saint docteur a parlé de l'état somalurdi car pour l'état naturel , il vous a dit que le Verbe était uni \ l'ioe en qualité de Cause^ ce qui est très-exact.
(U). Encore un coup , il s'agit de la propriété de certains termes, de ra6i«s que l'on peut faire de certaines expressions que yous voulez introdnireoo continuer dans la philosophie. Il s'agit defo^tfiie» et de savoir si en admettant le principe de révélation iniérieifÊin et directe de la vérité étemelle à Tâme^ on peut réfuter les ntionalistes , etc. Voyons comment dom Gardereau répond à celte question.
(V;. Enfin dom Gardereau convient que les philosophes catholiques de V école mixte tiennent à peu près le même langage que kf philosophes déUtee. Il est vrai qu'ils y atUchent des idées opposées,
' > Manifesté apparet quod conjunctus sitintellectusnosler sterne verititi » dum nisi per iltam docenlem nihil potesl certitudinaliter capere...,ÏÂ » iUud quod prios videt et sine quo nihil potes t cognoscere ; „. quod prili > occurrit menti et per ipsum alia.., parlicularia et universatia,., Fiéeit
* î^iVLT potes veritalem quœ te docet, si concupiscenti» et phanlamals k
* tanquan nubes inter le et verilalis radium non interponant. »
0£ LA PHILOSOPHIE D£ SAIMT BONATENTURE. 653
Ml croyant : ils font sceptîquer^ il est rroyan^ parce qu'il professe partout la nécessité absolue de Tenseigiienient eitériear de la foi ; et sa parfaite soumission à cet enseignement, sans lequel, comme il Ta dit dès le commencement du llYre, rbommene pourrait parrenir à ses fins, ni aUemdre la veriie; sans lequely aussi il n*y aurait pas, selon lui, de contemplation possible. Au lieu que les philosophes rationalistes sont sceptiques^ parce que rejetant la nécessité de la réfélation eitérieure, ils privent à la fois la raison de son point de déparl et de son point d*appui ; parce qu'en lui ôtant non-seulement la révélation chrétienne mais la révélation primitive, ils retirent tout ce qui peut donner valeur et existence à renseignement social, et tout ce qui peut nous expliquer le mystère delà vie; parce qu'enfin toute ùocixiue purement rationnelle commence par le doute absolu, ne procède que par la dispute, et se termine i llncertitude (X).
Maintenant serait-il vrai que contre toutes mes intentions j'eusse parlé et fint parler notre sublime docteur dans le sens de ces sceptiques P Vous le soutenez, à la bonne heure; et pour le persuader, vous citez ce membre de phrase où je disque, d'après le saint auteur, Censeignemeni dt la divine ve^ rite\ nous bévèle, nous manifeste dans ce jour et par ce jour intérieur de ràmc; (car Je riatlaclic pas iciiTtiuirc sens au mot iiêvêler) toutes les vérités que rhomnie devient successivement capable de comprendre; puisqu'il n'y a, dit Vllinemrium^ ni conrutissance, ni ccrlUudc possible autrement que par elle,
Tai énoncé d'une manière bien claire ic sens que j'attachais ici à ce verbe révéler^ puisqu'après avoir dit que selon saint Bonaventure, » la lumière iitnée
c'est-à-dire que les déistes prennent les mots dans leur sens propre^ et les partisans de V école mixte j dans un sens impropre. Que nos lecteurs jugent si nous avons raison de dire qu'il faut cesser d'employer des termes qui dans leur sens propre constituent le rationalisme et le panthéisme.
(X). Dom Gardereau parle ici comme tous les catholiques émano'^ tistes et à idées innées. Il prouve la vérité des déductions pai* la vérité de la foi. Il dit : ces philosophes croient au symbole , donc la méhode qu'ils emploient est bonne. — Nous disons , nous : depuis que l'on emploie cette méthode , la plus grande partie de ceux auxquels on l'a enseignée ne croit plus au symbole , donc la méthode pourrait être mauvaise; et nous prouvons qu'elle l'est, et^'^^mment elle l'est; ceux qui croient ne croient qu'en donnant à leurs paroles des significations impropres.
m* SÉRIE. iOlUi xn. — W" 96} 1847. 2U
l^-y^ LITTnE DE DOM GARDBEEAU.
n développée par fttueipiemené révèle à i'homme teui ee qu*U devient (le « teite porte ut) capable, ûe tomp*endre • J'ajiate ImmédlitenieBt : > cir Il rhoinine voiV tout dans celte clarté primithn, même les vérités ^l'fl » ACQUIERT par Tintermédiaire det sons • par une voie eitérfeare. Ar^W/e suppose toujours l" intervention de tenseiznement du dehors. Il y S je l'avoM dans cette iumière innée plus que la timple faculté de voir, et en mémeleBi plus que la simple visibilité des objets que la parole extérieure nous prspose; auirement que ferions noua de la tradition des philosophes eathoHqna depuis saint Justin et saint Augustin Jusqu'à nos Jours , qui nous eHsdf|M clairement que les principes miiversels sont innés à notre âme (Y).
(Y). Dom Gardercau semble ici ne tenir à son système si compliqué, et dont il avoue les inconvénien.s nombreux, que parce qu*il nt sait que faire de cette prétendue tradition catholique qu'il auribos aux pères. Nous allons le mettre à son aise :
1» 11 peut dire avec les i'P. Kilber et Ganus, a que Fautoritéde « quelques ou même de plusieurs pères , ne donne pas un argoment M certain dans les questions pliilosophiques ou des sciences naturelles; « elle prouve tout autant que la raison naturelle le persuade '. » C'est N la 2* ou 3* fois que nous citons ce texte qui est reçu de tous les th^logiens. Dom Gardcreau i).*y a jamab rien reperdu.
2* Il peut dire avec Mgr l'cvOquc du Mans que les docteurs scholastiques ont pu avoir et ont eu , en effet , une mauvaise tnétaphiji' sique, que saint Bonaventure et les autres docteurs parlent des^vi- Btances séparées , et de cette lumière, h peu près comme s'tb kl avait vueSj ce qui n'est pas; enfin que les docteurs scholastiques établissaient un grand « nombre de questions diverses, y donnaient des » réponses hasardées et téméraires, qui se concilieraient difficiiemeot » avec la foi *.
3o Enfin, il ])eut dire avec dom Gardcreau de Y Auxiliaire : « Les
' Patrum uuctorilas sivc paucorum , sive pluriuui in quaîstionibus pbilosoptûcis aut scientianim naturalium haud ccrtiiiii supi)C(]itat argunienlum, scd tanlûra probat quantum naturalis ratio pcrsuadct- » Prîncipia Iheolngtca^àMM le Cuftns Iheol. de Mignc, t, i, p. r>00, où l'on "Ile encore Dargone et Tbomassin.
' Voir ci-dessus \u 300 tout le passage
D£ LA PHILO^OPHiË Ùb SAI^T BOKiVi^TlJR£. 455
Ainii ta^connaiflMnce informe du Vrai, da Bien^ da Beau, da Juste, de l'Un, etc., nous est inaèe dans cette lamière interne, dans ce jour qui éclaire primhiTeaifnt notre éme. Car où donc verrions-nous ces vérités-principes ,
» pyotestang.... (ot V école mixte aussi) se prévaleot de certaiue^ » phrases détachées çà et là dans les écrits des pères (et des docteurs » flcbolaatiqaet) , où ils préteodent reconnaître des expressions pla- » lem^iMi; expressions équivoques, douteuses et qui, prises dwis le » plus mauvais sens, prouveraient tout au plus que tel père, en telle » ou. telle circonstance, ne s'est pas servi de termes asseï prici$ pour » exposer tel ou tel dogme '. —Voilà tout ce qu'il faut dire des pères.
k^ Quant \ saint Augustin , en particulier notons une fois pour toutes que lui-même , en parlant de lumière innée n'a cru donner qu^une opinion plm croyable^ bien loin d'avoir cm fonder ou continuer une tradition catholique. Voici ses paroles : « J'ai dit quel* c que part * que ceux qui sont instruits dans les arts libéraux , en n apprenant tirent sans doute de soi ces arts qui y étaient ensevelis » par l'oubli , et en quelque sorte les déterrent. *- Mais (notez bien • ces paroles) je désapprouve formellement cela. Car il est plus V croyable que la raison pour laquelle les ignorans même répon- » dent des choses vraies , lorsqu'on les interroge convenablement » » c*est qu'ils ont présent en eux, autant qu'ils peuvent le compren- N dre, la lumière de la raison éternelle « où ils voient les vérités )* immuables '. » Voilà comment s'exprime saint Augustin sur cette prétendue tradition catholique. Nous, nous dirions que cet ignorant répond des choses vraies, parce que, comme dit saint Thomas^ l'âme active a la faculté de comprendre les termes qu'elle entend, et puis de les compliquer pour y répondre. — Notons, en outre, que dom Gardereau va nous dire quil refuse d'admettre que cette lumière émanée soit celle de la raison éternelle ou du Ferhe. Ce qui prouve qu'il s'accorde la permission d'accepter ou de rejeter ce qu'il
* Auxiliaire, t. n, p. i32.
» SoUl„ I. II, c. 20, n. 35.
' Jlclreei.'f 1. 1, c. 4, n,4.
&&G LETTRfi DB DOM GAEDBEEAU.
quand la parole extérieure nous les révèle, s'ila ne nous étaient en même tems réTèlés ou manifestés dans cette lumière et par cette lumière interne? où YO|OD8-iious la vérité, si ce n*est en nom-mêmes^ comme dit souvent BoMiet (Z).
veut de cette traditiwi catholique^ qu'il vent nous impocxar h bih» même*
Notons encx>re que, d'après dom Gardereau^ rboaune ii*AC- QUDSRT aucune vérité , car il les a toutes en germe^ à Tétat kRnt. Au lieu de cette lumière innée et émanée , sujette ^ tant d'embarras, il suflSt d'admettre la capacité de voir et de comprendre dans l'ime, et la visihiliîé on la compréhensibilité dans les objets et les vérités^ Mais dom Gardercau oppose une tradition platonicienne prétendu» catholique j que jamais aucun théologien n'a soutenue. — Nous nous sommes expliqué sur ces principes univenelSf qui dotent de prime abord l'homme de Vinfiniy de 1 absolu, du divin^ dans notre n* de juillet, ci-dessus, p. 39.
(Z). Voilà tout juste le système mis à la place du fait; dom Gardereau nous demande : OU voyons-nous les t7erî/d«prmc»jpes ? Et tout de suite il répond : Nécessaîremcul dans la lumière émanée j dans nous'mème. C'est cette nécessité que nous nions, 1"* parce que Texistence de cette lumière éte*'nelle, émanée^ et qui n*est pas le P^erbet est fausse et constitue, prise à la lettre, une hérésie; 2" parce qoei pour connaître et vot'r une vérité , il ne faut que deux choses : 1*" qu'elle soit compréhensible ; 2° que nous avons la faculté d« comprendre. Il ne faut rien de plus : cela suffit, et cela enlève tontes les difficultés. Or, Dieu nous a donné ces qualités. On ne peut faire qu'na pas de plus ; c'est de dire que c'est la parole qui nous donne ceue connaissance. — Quant à Bossuet, il dit, en parlant des vérités éternelles :,«Nous les voyons être devant nous.,. G'ast en Dieu que je » vois ces vérités, et les voir, c'est me tourner à lui , recevoir ses ^ lumières ». Quant à la manière, c'est d'une manière qui m'ett incompréhensible*. Cela est bien diiférent du système de dom Gardercau.
' Cunnaiss. lU Dieu et de tui-mcmt, cU. !▼, art. 5.
DE r.A PBirosopniE de saint bonaventure. 657
L'eiutigoeDMiit extérieur noos rend visible ce que nom portiont en nouf , ce dont nous n*aurioi|s Jamais eu sans lui la conscience distincte. Je ne prétends pas par là que cet enseignement n'apporte en notre intelligence aucun étément nouveau, surtout si nous parlons de la rérélation surnaturelle (A). M«fs la grflce est entée snr la nature quoique son principe soit snmatorel; et la foi , quoique son objet formel et son principe le soient pareUlement, suppose toujours comme substralum en notre intelligence la Imaiére et la Tue d^oiie Térité natarelle^ sans laquelle nous ne comprendrions pas même rénoBcé des dogmes catholiques. Sans aucun doute renseignement eitérieur, naturel etioniauirel, dèv^ppe^ in/urme^/eeoHde; mais quelle Térité nous manifeiterait41 si nous n'avions déjà dans notre intelligence la vue d*une Yérité plus générale qui sert comme de base à toute vérité intelligible; si nous n'ayions la vue d*une vérité éminemment universelle» notamment celle de l'Eias, qui est le fond de toute idée» comme son synonyme la véhitê dans le sens uni- Torsel» est \tjour qui éclaire toute idée : n'étant elle-même que l'Être en tant qu'intelligible (B)? -- Or la notion informe de l*Être-?érité, (dans laquelle sont implicitement les autres aspects de rÉtrCy le fiien, le Beau, etc.,) est innée selon moi ; elle ne l'est pas selon vous. J'en appelle à la tradition; vous croyez pouvoir en faire de même : voilà le seul point où votre critique atteigne l'éellemeDt, ma pensée (ailleurs elle atteindrait tout au plus mes expressions) ; et je suis bien loin de tirer de mon opinion les conséquences que vous me prêtez en abu$ant de quelques paroles» ou moyen d'interprétations que je desavoue hautement, quand elles ne seraient pas d'avance désavouées par tout le contexte de mon article du C^rrespondaïU. En vérité ce n'était pas la peine
(A). Voilà dom Gardercau qui nous accorde que c'est renseignement extérieur (on la parole) qui rend visible ce que nous portons en nous. Puisque la parole rend vMble l'objet, qu'est-il besoin de la lumière émanée ? De plus, il accorde que tout n'est pas dam Vâme, qnc la parole apporte des éléiuens ou vérités nouvelles. C'est tout ce que nous avons soutenu ; seulement , dom Gardereau dit qu'elle apporte les vérités surnaturelles seulement ; nous disons, nous, que, si la parole apporte dans Tâme les élémens surnaturels^ elle peut apporter aussi les élémens naturels.
(B)« Remarquons encore ce système qui dit que pour voir les vérités particulières même surnaturelles, il faut que nous voyions déjà des vérités générales. Mais celles-ci, par quelle vue les voyonsnom 7.*. C'est toujours le mCme sophisme dialectique» etc*» etc^
458 l.lbrihË 1>K DOM ti^RDEBKAU.
de me cbercber tut de chicanei i vous devez voir cela maintenanl» oa fatal Je reooaee à me faire comprendre (G).
J'ai dit que la révélation chrétienne est nécessaire jpoiir donner à tooi* k vie et U /ècondilé\ que la parole de la société, fruit de la révélatioB priodtive, à laquelle vingt fois dans l'article je fais remonter eipressément toute viiii philosophiOt est nécesaire po^r ouvrir Us yeux de rAme, et lui faire voir mime eeUe lumière innée sans laquelle elle ne verrait nen ; (v. ci-dessus pu 4.) lumière qui par conséquent est nécessaire aussi, mais ne suffit pas. ietsi les yeut sur tout l'artiele : • Vous verrei à chaque page que rhumaine raison m » marcherait que dans les ténèbres sans le Oambean naUirel et sumatoral tf aas » révélation primitive, eitérieure; que la philosophie payenne, comme Is » philosophie moderne se montre vraie, parfois môme sublime, quand eHs a reproduit les dogmes d^une révélation primitive, mais muette etimpuissenls » quand elle veut s'élever de ses propres allés dans les hauteurs où se résolvent » les questions d*origlne et de fin; que la sageise humaine s'agite misérable- » ment quand elle essaie de créer quelque chose de mieux que la dociruie » traditionnelle, et surtout lorsque prétendant confisquer cette doctrine à son » profit, eUe ose contester à la parole de Dieu Thonneur de Ta voir invea' U'e, etc. {Corresp. p. 183, 187, 191, 192, 196, 198 etc. (D).
Vous uMgnoriez pas cela , Monsieur, vous qui avez lu tout l'article. Pourquoi donc citer exclusivement aux lecteurs qui ne le connaissent pas, un passage détaché, qui^ peut ainsi sur votre affirmation, être interprêté en msuvaise part^ lorsque vous assurez que rien ne l'explique ni ne le modifie, et qne tout l'article est rédigé dans un sens entièrement eoniraire aux doctrines que j'ai soutenues dans C^axiiiaîre catholique? Vous n'ayiez pas besoin d'aller
(C). Nos lecteurs savent que nous n*a¥ODs attribué aucune erreur personnellement à dom Gardereau , mais seulement h ses expree^ sions , à sa méthode, i sa logiqtu» Nos lecteurs sont juges de ta justesse do oos attaques.
(D}. Oui , oui ! TOUS avez dit cela ; mais vous rendei tout ceta inutile et contradictoire en soutenant aussi l"* que la parole n'enief ^, ne livre aucune vérité , ne fait qne les développer; en soutenut qu'il y a en i'âme cette lumière innée et émanée^ qui lui révile ttmt. Nous vous l'avons prouvé.
■ Je n'ai pas écrit je le répète, donnait d lûus, comme porte le texte in« primé, mais donnétnt d tout.
DE LA PHILOSOPHIE DE SAINT BONAVBaTURH. /ii59
chflrelier ce dernier journal pour établir que •le système du P. Garder eau » est que la réréiation intérieure ne fé»éle {d /fropremeni parier), aucune » dcf Téritéi essentiellei k l'homme ; que ces véiités sont réveiees primitif e- » ment par la parole extérieure de Dieu, et consenrées par la tradition, etc. » ( jinn,, p. 317). Vous derlM dire que nulle part Je n*ai soutenu ce système arec plus de force que dans cet article du Corresoondanl (£); que nulle part jen*aî repoussé plus énergiquement les docthnes contraires, et e'est parce qu'aucun de ceux qui me lisent, sans préoccupation f&cheose^ ne sauraient iT y méprendre, que J'ai pu sans imprudence et sans incoi;?énient, me senrir de qmêiqmes espressiam don* je sais très-bien qtte nos ennemis aèaient ( F )• Maif c'est précisément ce qui me les a fait employer de préférence à d'auliei % je m'explique :
Ceux qui ne m'ayant pas lu seraient tentés de tous croire sur parole, s^lma* gineront que « quoique prêtre i je suis venu dire sans explication^ sans dis*
• linetion et sans restriction , qu*U y a en nous une lumière nons révélant » toutes les vérités compréhensibles ^ laquelle lumière est émanée de Dieu;
• paroles que saint Benaventure n'a pas dites dans le sens Qu'on lui attribue » ou du moins qu'il ne dirait plus en ce momesit. » {jénn., p. 317) (G).
Au contraire ceux qui m auront lu, sauront premièrement : que le but de tout mon article était de proclamer qu'il n^ a d'enseignement légitime en
(E). Ayez la bonté de me dire si, lorsque vous avez dit que la Iq« mière einan^ révèle touty ce moi est aussi à proprement parier. Voilà Tos deux phrases :
« La révélation intérieure ne révèle AUCUNE dee vérités esêen" n Helles d l'homme.
n La lumière inrUe et émanée révèle TOUT ce que l'homme e$$
• capable de comprendre, »*
Que nos lecteurs jugent si ces deux propositions peuvent êtie vraies ensemble.
(F). Enfin, dom Garderean avoue qu'il s'est servi de quelques expressions, dont nos adversaires abusent. Après cet aveu, an lieu de continuera les soutenir, il nous semble qu'il eût été mieux de les retirer, et de les proscrire, au lieu de chercher tant de détours pour les excuser.
(G). C'est exactement ce que nous soutenons encore , et nous croyons que nos lecteurs seront de notre avis, même après les longues explications de dom Garderean.
Ko ilmi m* Dov gabuebeau.
fiàiluopliie CMume en théologie» qne TciuriptemaU iméUùmnei^ Ti meot qui propose toutei lei Téritéf ^MiitseUet el ■»»!» coohm k/huir 4e Jt pirole eitérieure el positîTe de Diea . qne r cntei B Bfm gat fllcplÛM Mt reimignement rationaliile^ > lequel D*ef t Jamaii dtni le Tiai que quad é»- » niBé à fon Idmi par la tiwiitioB^ il ne fait qa^eipoier ce que la tradiliMi » enttipu (H). >
Usfavront en Mcond lien qne le bat paiticnicr da paawgB altafié pr ▼OM, était de montrer par reumple d'nn nint et îHnftra dndow, Èm konune ont ocenpe nne place si diftingnée dam la chaîne de la tradHian, qn la parlaiUf ioaminion des philosophes catholiqaei da moyen-âfe ednn teloritéy et la défense qu'ils font à la raison « de procéder par le doute ahnia - et de sonder le secret de Dieu, ne les avait pas empêchés de pénétrer les plm • intimer profondeurs de Ja science. » (Corresp.^ p. 192); que tontes les découvertes dont s^applaudifient les philosophes modernes ayant été d^ th niilières n tinnocfnee dti moyen-âse^ le rationalisme n*a réellement sa 4^tar à la tradition catholique que ce qu'il a en propre ; c'est-à-dire l'erreur diai les pensées el Tabus dans les mots {!}.
Ainsi les nouveaux éclectiques ont ^m dans le profond enseignement d^ saint docteur, d'un savant philosophe catholique du moyen-Age qœ la himiére émanée de Dieu même est objectivement présente \d' CentemdemaA huwain depuU t instant de sa création -, ils y ont vu que cette lomière noos enseigne tontes les vérités que Chomme peai apprendre, puisque ce n'est qu'en elle et par elle que nous pouvons penser {y , que nous poavoai,
(H). Voilà ce qui doit un pen étomier nos lecteurs , eux qui strent que , d'après dom Gardcreau , V enseignement extérieur n^enseijne rien, ne lirre rien, n^apprend rien, mais seulement ôte le Toîle, dé' vt'loppe. donne V accroissement aux vérités que Tâme parte en soi, iMi ^^tn^el d'une manière latente. Voilà , dis-je, ce qui est curieov, et très-curieux, (^cla montre au moins une chose , tontes les ressources et les conversions de la dialectique, et la fausse position de Vécole miate.
{!). Hélas! hélas! >ous sommes bien forcé de le dire ; ceux qui abïisent des mots ne sont pas ceux qui les prennent avec leur acception propre, mais ceux qui ôtent le sens aux mots écoulement^ éma» nation y enseigner, livrer , etc., etc. ; et ceux-là constituent IVco/r mixte.
(.1). Pour le coup, voilà un système notivedu ; jusqu'à prétest t
m LA PRiLOSOPniE DR SAJNT nONAVENTURC A61
|iar dMUé^pMDt, reccfoir on enieignenMiit qiMleoiiqiie, même renseigne* II, «TaUlean abiolunientsi nécesmire, d'âne révélation eilérienre. Non itent de s'approprier ces deiii points de doctrine, ils y ont ajouté qne cette présence d*one iumiére divine en est aussi VineanuUion dans l'bomme; et qae cette rneimtion intérieure snffit» à l'eiclnsion de Feitérieore, de la révélation proprement dite et positive (R). Voilà poonpmi ayant, ainsi qne Je l'ai dédaré an lecteur, à indiquer l'enseignement de saint Bom i y en lfe comme nn trésor pillé' par cette s denee moderne qnl m glorifie 4e créer là mÉBM où elle ne fait que corrompre, Je me sois serri à d es sei n de cctdeoi eipressions aaïqnelles nos rationalistes ont prétendn rattaclMr lem ftoases décon vertes ; j'ai entendu faire voir qne non-senlement lenr science , mais lenr terminoiogie même est calqaée sur celle d'antrefois; en sorte qne tontelenrdoctrine n'est qu'un emprunt, maisun emprunt détourné de la vérité
la lumière serrait à voir et à connaître^ et maintenant, c'est en elle qne nous pemons. Que reste-t-il à Tâmo, si la lumière émanée la bit voir^ connaUre et penser. Oh ! abîme de V école mixte!
(K). J'en demande pardon à dom Gardereau , mais il me *8em- Ue qae , jusqu'ici , les rationalistet ne raisonnent pas mal. Oui , c'est maintenant le raisonnement des rationalistes ; et après l'avoir exposé, dom Gardereau devrait le réfuter. Oui, nous croyons aussi, nous, que, si une lumière divine (entendez-le bien ce mot), DIVINE , émanée de DIEU , est dans i'àme, si cette lumière loi réfDèle tout ce qu'elle peut comprendre^ plus , plus n'est beecna d'un enseignement extérieur; c'est Dieu, Dieu lui-même présent en nous; et vous assurez que ce Dieu ne peut nous instruire suflBsammenl, qu'il faut une parole extérieure. G mon Dieu ! comment des Chrétiens ou des pliilosophes ont-ils pu ainsi amoindrir, rapetisser votre action, voure nom , voure gloire ! Ils se vantent de yous posséder en substance, et ils disent que cette iubsianee ne peut donner la vuCf la conscience d'une seule vérité. Dissipons, dissipons ces ténèbres qui obscurcissent la gloire de notre Dieu.
1 Ceci n'est pas de ma part une simple coiûecture : il est de fidt que l'école, éclectique a exploité Vltinerarium mentis in Deum ; comme elle sait exploiter la science catholique : en abusant (D. Gard.). — u Cest vrai, mais il 9 faut donc ôter le prétexte à Cabasy et ce n'est pas en renouvellant les mêmes a termes, les mêmes expressions j^t ^ a alMisé (A* B.).
Wl UTTKi HE UM tjàMMMtàJC.
• t'cfTMir, ai awM: de cette iattlc profVMté ^'a fiié«Me 4ê ^crvmv inl( «ftt'ef&e unkIm. J 9vvat qut celte propriété de T un mr daît n dttt» I «mptoi de t'iuicf l«f tjprtattmi qu'elle « vae fm pnf^^^g (L); «jMDfijmt veriec-vf/af Dont dire que j «i e'mptvféH eeUef-cî iciv cj^I^mI^, tftfiiri étiîtntUfm^ i^m riitnr ti^^n . qotDC pr^ftcéoieDt to^ii mgm mriieig m'^ ^v'tme ejplte^ttun, uo** àtitmefion, une restrictitm de ee ^iieces ■unieat ea de IcNiciie dani le lems actuel M .
ht vcioi ne iitiove? pai niei rertnei on» Bffei |iréeiaef daaa c il )e ne eontente ici de dire taochBOt cette inwkérw ewuinre, ftcinaventurc, que dam la peniée da Miot doclear elle a'cit lepw q^'^i/mli' vrmenî dani ràine, et que ion union aver l'cnleDdea>eDt éUBl fNutamtaf* jetiire et non âubtiantietU, <un vk.% celle Toirr SKici rAftLurr ccBTAnspBi»
MirttE^., '^t I 0«VT AfcOtt IiE 1.4 DOCTMIVE LE S4I3KT IkllTATEjrTCmB p. 1^4, « /<l Oi^V
Si j«r ff-ffiuriiae •■«rulf-iiifiit nu sujet de cetie ruelatton par la lamicre inaéei qtt^lle ii|cnili<* que Ibufiinj*' loil tout dans cette tlari^ priwûtiT€'\ loalci lei i-oijii«i»(iaiu(r» lucriie AtJ^ll lSh.b *uecesiivetncnt du dehon ^v* Tiitfttttrttt.mt (/«.I jr/<i et pat ïeusCirnement fj^/rr/Vur, auquel la paroiede /Jteut '« "< t/fttion (fiitO.ttine. «tonne la vie fi fa ficondité\ 51 je n'ai pif pnu^b*^ If k eiiiliemiuti» plus a^anl, f*eft que tout le rooteile est une explkdlsm li flaire, que Jusqu'à ^uus, aucun de reax qui ont la mon article, nafift à mu ronnainance Koupt.onne que celte page pût être prife en manTiii •en» N;/
(!.). 1^^ ratioualiatci» n*out pasdétoanié de learaens les eipicianM lumtfff intérieurr^ émanée^ qui révèle toui ; ils les ont prises dM letir sens propre \ ih vn ont le droit : c'est k loas de ne pins fov «lenir df* te» teriiie:».
(M). %uus avons raison dr dire $an$ restriction , cet daos lesdcn paf;«*s oti on aiiaUse saint Uonaventare, on n*en met ounine; on dit irihmMit f|ii*nn(? lumière inUrieure^ étemeUe^ émanée de Ineurê' véir tout; on dit que Tânie voit presque /rire à face Ve$senee éi IHeu, . Ailleur», ou donne pour toute explicatioa que la parole 9(h tiulr isi ni'Ti*.ssaiM* pour dvrchpper cette lumière ditine,,. Ëufio, 1.1 on (III piiiK* d'tn<ei'jnifmirnt »'t de tradîtinn , ce sont des teroM nnpropres : on \oii done que tout vil obscurité . contradiction, et »|n'(iii n'explicpii* rini.
(N\ Ici, diiin (iariliTeau transforma' son système. Nous venoB
• \ v»ir ri-ifcs-iui, p. «'•*? cl p. 4'5 «( f^t *i"fe.
DE LA PHILOPOPHÎR l>£ SAIIIT BONATENTURE. UM
¥fmf mokt i'éuiê f/kvâ éloigné que penoDie d« pemer que r<»rUiodo&ie
■lêBe la phH acnqNileuie, pût y troorer de rambigaité ei en être ffcandaliaéet
MUiOMnt je n'aurais pu manqué de donner des eiplieations détaUléef»
je le Ciii ici» au risque d'ennuyer les lecteurs du Co^Têspondant^
le j'ennuie peut^tre les vôtres. Mais vous, monsieor, qui êtes si prompt
à erier au scandale, et qui yous étonnez • qu'un prêtre vienne dire /mu
■ €spii'eaiion • mu/ disUnttian et sont restriêUon , qu'il y a en nous une
• kuniére {innée et émanée de Dieu), ■ dans quel eiprit eherchez^Tous donc
è eiagérer le scandale? Et au lieu de dire que ce prêtre déclare cola sans
ttplieatioo, sans restriction, etc. pourquoi cacher à vos lecteurs que tout
article n'est qu'une profession de foi t'iute contraire au sens odieni que
donnei à ce peu de paroles (0)P Qu'on reuille revoir encore ci-
dcHUS» pb 42, quelques citations qui attestent comment Je m'eiplique
•or la nécessité d'une révélation extérieure. Je conçois qu'ainsi présentées
dans l'isolement, et comme exprimant un sens qui serait exécrable, un
MBW qui est diamétralement contraire à tout ce que J'ai Jamais pensé,
dfl on écrit, mes expressions puiisent étonner dans la bouche d'un pré"
ire : ce que Je puis dire , monsieur , c'est que de si graves accusations
dirigées d'une manière si insidieuse contre un prêtre, m*étonnent même dans
la bouche d'an laïque ! Chacun sans doute A droit de critiquer ma doctrine, non en la dénaturant (P).
ci-dettus de citer ses paroles. Ici encore, il parle de connaissances ACQUISES , et dans sa pensée , rien n*est ACQUIS » tout est en garnie ; il n'y a que développement.
(O). Noos protestons contre Tidée d'avoir cherché à donner du Handale; nous avons prouvé, au contraire, que le scandale dans lequel «tombent tous les jours tant de jeunes gens est dans les expreslions intuUion directe^ lumière émanée^ etc., etc. Voilà le scandale eontre lequel se heurtent tous les éclectiques et les philosophes. Eh! mon Dieu ! un peu de zèle à le faire disparaître irait mieux que tant de plaintes.
(P) Comment venir nons reprocher d'avoir dénaturé un passage que Ton convient que nous avons donné en entier? Aucun journal ne potisse plus loin le soin d'exposer avec exactitude Topinion de ses adversaires. Quant au droit du laïque , certes il a bien le droit dans un journal de critiquer un autre article de journal et de demander compte à*expresêions aussi mal sonantes que celles à'émanaHoti, éeoulementy intuUion directe de Veesence de Dieu. Si cela n*é* lait pas permis, il n'y aurait plus de critique possible.
l\U lETTRJE DE DOM GARDEREÀIT.
Si , contre ma pleine convietion , je m'étais servi dans ce passage de parolM imprudentes, de paroles qui ne s'expliquassent pas snffisanuBent par le contexte, d'expressions dont le sens équivoque parût &voriser en qaei qie ce soit les erreurs qui me sont le plus odieuses, je désavouerais ce nunmii sens de la manière la plus énergique! Il ssrait étrange que je vinsse offrir des armes aux ennemis de la foi, et surtout aux rationalistes, moi qui n'ea prends que pour les combattre ; que j'Insinuasse qu'on peut se passer de la révélation extérieure^ quand j'en proclame sans cesse V absoute neèettite même dans Tordre naturel ; que^V tniste du Cousin tout pur sur ie compte des saints docteurs, lorsque je ne cite les saints docteurs que pour les opposer aux erreurs et aux arrogantes prétentions du rationalisme. Ce reproche de connivence directe ou indirecte avec la philosophie la plus antichrétienDe, li dIus vide et la plus orgueilleuse qui fût jamais, est à mes yeux le phu humiliant des reproches et le dernier, je l'avoue « auquel je me fusse attendu (Q).
» Mais poursuivons, la citation du Correspondant, dites-vous toojonn du même ton (p 218}, « nous allons retrouver du Cousin tout pur mk m » le compte du saint docteur. >
« Dans cettit image de l'infini , il a ENTREVU comme un éclair de FES- » SENCE de Dieu PÉNÉTRANT la pensée humaine ; il a reçu comme isr » INTUITION DIRECTE £^d ^dx/V/^r^ du Très-Haut, qui déjà s'était RÉ- » YÉLÉE de la même manière au génie de saint Anselme (R). Alors, repre- » nant en sous-œuvre et développant d'une manière excellente, en son stjk » rapide et mystique la preuve si complète qu'avait créée l'abbé de N. D. 4e » Bec, comme lui^ il ASSIED en peu de mots sur la simple idée de rinfim% » TOUTE LA CONNAISSANCE de Dieu, celle de l'homme, les fondemeas
métspliysiqaes, f unité radicale de toute la science humaine et la disUac- » lion de ses rameaux. Mais aussi, comme l'abbé du Bec, le docteur séraphi- » que se garde bien de s'arrêter d cette région inférieure de l^spécolation; > la philosophie du 13* siècle éiuàihii pour une fin pins élevée que laseicnet^ » I/àme une l'ois enrirliic do la coTinaissance du souverain bien, no doit psi
(Q) Ces paroles de dom Gardercau nous (oucbent; aussi feronsnous observer que jamais sa foi intérieure n*a été l'objet d'un doute. Mais ses paroles, ses expressions, nous les avons mises sous les yeux de nos lecteurs. Us savent, eux, si elles ont pu prêter à de funestes éqni* voques.
(R) Nous le rappelons encore, tout cela n*est que du raiionaiismB pur, et très-pur*
DE LA PHILOSOPHIE DE SAINT BONAVElfrURE. ft}5
• pas s'en tenir à une vide et itérile conside'ration» De degré en degré^ Bo- » nafentore l'élèye à la plos hante contemplatioii mystique, et ne prend > congé d'elle que quand il Ta, pour ainii dire, condaile dans les eieux Jus* » qu'à la pleine joaissance de la |érité. >
Ici, TOUS prenez les aUores d*an proenrear de Sorbonne (S) , et vous déférez au jugement des Docteurs ce que vous appelei met dng propmtions et mes principes rationalisles '•
» t* L'homme par ses sedcs forces naturelles entreyoit TEssence de Dieu. •
« 3* L'Essence de Dieu pénètre la pensée humaine. »
t Z"* L*homme connaît par une intuition directe Teilstence de Dieu. >
« 4<* Toute la connaissance que nous avons de Dieu ou de Thomme, les « fondemens métaphysiques, etc., sont assis sur la simple idée de l'inGni. • l « 5* Enfin, c'est par cette voie toute rationnelle que Tâme est élevée dans I les cieux jusqu'à la pleine jouissance de la Vérité. *
W est compromettant, Monsieur, pour l'issue de votre accusation, que, de ces cinq propositions ralioualisUs accumulées dans quelques lignes^ pas une ne se trouve même équivalamnenl dans ces lignes que vous mettez sous les yeux de vos lecteurs (T). Examinons- les cependant : nous verrous qu'elles ne •ont pas aussi répréhensibles les unes que les autres.
Assurément je n'excuse pas la première; car je suis très-certain qu'aucun homme, dans la vie présente ne peut ni voir ni entrevoir Fesscnce de Dieu, non seulement par les seules forces de sa nature, mais encore par la puissance d'une grâce ordinaire; il faut pour cela un miracle inoui ou presque inoui dans les annales, tant de l'Ancien que du Nouveau-Testament; j'ai dit seulement : c le docteur Séraphique a entrevu, dans la sublimité de sa contempla* a tion de l'Être infinie comme un éclair de Vesséhce de Dieu (U), pénétrant la
(S) Pardon , ici nous avons pris les allures d'un simple écrivain qui a bienUe droit d'exposer ses doutes sur des assertions qui lui paraissent fausses. Nous allons voir comment dom Gardereau va les justifier.
(T) Si cela est, toute la honte a du être pour nous qui avons mis le texte où nous prétendons qu'elles se trouvent. Ce texte est encore là, que nos lecteurs jugent ou plutôt lisent.
(U} Dom Gardereau modifie là sa phrase sous les yeux même de ses lecteurs. Il n'a pas dit : da'i^,^ la sublimité de .«a cantempkUianf
' «( Oui, que Ton nous dise s'U est possible d'accumuler an moins de lignes « plus de principes rationalistes f » [Ann,, p. 319}.
4(6 LETTEI M DOM GAlDEIBâC.
« peBiée homaise. i Gonnse daw cetie page il ne g^ifiiR pat €eMmgut U ffhilosapkit, qaoi<|n'fB ût dil M. BoBBettr (T)» Je pente qoe tail kmen ftéfieu Hit GOB|iiCBdi«etrrie/B£rf à sm jutUporUe ce STYLE METAPBO- RIQUE. Miif \Qn& reDe? dire qoe les moU me $mtv€ni rUm, ^'ib e*«mpiiHll par \uprimcip€s. Mm, je répondi que les priacipei i'iBlerprteBt pv leiMlfc Commeot promrez-Toiis que tel mou ne te daiveai paf picudre dm le hh FIGURE ? Par les principes^ dites-Tons, qui sont fmliQtiaiùt€M, El eoMMil pronrei-TDas que les principes sont ralionalistee ? Fir les wtois» qoL mr doïTcnt pas prendre dans le sens fignré. La conclusion irréfragable c'est, qv dés la première ligne j*énonce un principe rationaliste S (X;.
Mais poarsuirons, pour voir si la logique tous deviendra pins AvonMc.
2" IS Essence ée Dieu pénètre la pensée humaine.
Cette seconde proposition, paraissant faire partie de le précédente, tnÉi soiis les mêmes correctifs : comme un éclair de r essence , etc.« cda feiacnÎR au lecteur qu*eUe n'est pas plus réellement dans mon texte que Fantre (T). Mais TOUS nous assurez que les correcUfs , que les mwls ne sauvent rie»;
ce qui pent s'entendre d'une opération mystique ; mais dam eetk image de F infini ^ qui lui est innée, qu'il a toujours en 5oi, ce qa est DU don naturel, une opération philosophique.
(Y) Ce n'est pas M. Bonnetty, c'est vous qni avez dit : • Les jiA^ M losophes actuels peuvent trouver décrits eu ce livre, avec uk • précision inimitable^ les divers moyens de la connaissance, etc. (p. 193). D'ailleurs que ce soit de la théologie ou de la philosophiey que ce soit à des catholiques ou à des philosophes, im prêtre qui écrit doit se servir d'expressions justes.
(X) Voilà donc où en est réduite cette ÉCOLE MIXTE ; à nier b signification des mots. Nous avons dit que le mot COMHÇ ne saauit rien ici. Car, comme vient de dire Dom Gardereau, l'homme en ce monde ne voit ni n'entrevoit Vessence de Dieu , le mot comme M sauve rien du tout; il n'y a point comme un éclair y là où il n'y a JM du tout éclair. Et puis qu'est-ce que c'est qu'un écrivain qui pirk de Dieu, et qui laisse à ses lecteurs le soin de réduire ses paroleB i Jour juste portée. Ah I pauvre école mixte.
(Y) Voilà qui est un peu fort Les lecteurs ont sons les yeox si phrase mise ici sans correctif : Essence de Dieu pénétrant la pemit humaine^ et l'on vient nous dire qu'elle n'est pas dans le texte, puce que l'on a mis comme un éclair. délressc de Vécole mixiel
DE LA PlliLOSOPIIlE DE SAINT AONAVENTURE. &61
qa*ttUfi €tt dans mon tsita quand même; alon voyons quelles fonséqueneri GoU aarait pour mon orthodoiie.
Quand on dérére k qui de droit une proposilion comme condamnable , on indique rinlention d*appeler sur elle une de ces itoies théologiques par lesquellei dans les facultés on a coutume de flétrir une proposition répréhenlible. Vous dénoneei donc au moins comme fausse la proposition dont il s agit : car cette note est la moins sévère; et c'est aussi la moindre assurément qui sa puiise infliger ù un principe ralimmlisie. Cela posé, permettez-moi de voof rappeler un instant aux règles de la logique :
Si la susdite proposition esi/ausse^ donc la contradiction est v/vri r; et il faut dire diaprés vous : « l'Essence de Dieu ne pénétre pas la pensée humaine. » Or, comme la pensée humaine, ou la faculté de penser est une créature, votre proposition équivaut à celle-ci : « f/y a queique créature que ne pénètre pas m fessence divine, • Pour peu que vous soyez logique, vous surtout qui prenez les mots ttans le sens propre , vous vuilu bien forcé d'affirmer cette proposition. Et moi je U défère, .^ mon tour, au jugement des théologiens. Jusqu'ici j'ai cm sur la foi de tous les catéchismes que Dieu est essentiellement présent à toutes ses créatures et même en toutes ses créatures; et que sa divine essence pénètre tout, comme elle vuit tout, eu*. (Z).
3* Proposition, m Lhotmne ccnnait par une intuition directe V existence de Dieu, » Je fais observer :
1" Que je n'ai pas dit cela : j'ai ditseaiemen que ttans sa haute eontempUi* « lion (A) • saint Bonaveniure a ret ii cqhhf. une intuition directe fie texis» Unct de Dieu, > Vous avez beau repéter que les correctifs n'y font rien, je trouve, moi, qu'ils y font axse/ pour quej aie dit toute autre chose que ce qu*il voQs plaît de me faire oire \\\},
30 Vous affirmez que ce principe esi ranonaiiste. Je vcui bien le croire ;
(Z) Admirez encore la conversion ; il s'agissait ici de Dieu pénè' Irant la peiuée humaine d'une manière spéciale, pour ôtre sa propre lumière, pour la guider, lui révéler tout..., et maintenant il ne îi*agit plus que de Vomni'pr6î^nce de Die^i dans toute la création, tel qu'il est dans la plante, la pierre, ctn,, otr< Ob 1 détresse de Yécole mixte!
(Â) C'est encore uu pou fort : vous n'avez pas dit dang sa haute contemplation il a reçu, etc.; mais vous avez dit: dans cette image de rin/inî, etc., image naturelle que tout le monde a en soi et peut voir.
(B) Les lecteurs jugeront si l'on peut dire que l'homme a reçu COltfUE une intuition directe de rexiêtence de DieUt lorsque 1^ vôîté est qu'il ne reçoit pas du (out^ du tout^ tu)e intuition directe.
[ BBî* ie Mnia cOTiew ilo utulr cumniHil vom |M«inmiet tntm kaanM. Mi/toui (i «bMdnc, car I) nv t'af[lt |>it d« i<iwV Awn, tatif ttaDpUmwi de nrir oHte vintéi tt'iva itùde (C)]
3^ Vrai* dilca que rt piincipi! nu fiiut , je k rrab coBiMW «au ili *'(^ de ïtulailien directe AOtèrlcBrc > toute MsmUoh, k WUU fMtntrUiti t lotH* ici«Me ! Mint ThoMu m l'nyfrrtcnw prouTOAl aMn bf«i t» nt imbbla ^'«1 ce H-D» ' /'c^iiunce do Di«« ii*f«i pu qiwiqae ttoM CflMW|«
I ■ Mt. ■ (t'^iiUniia ilri lUM e/( aii^at't fitr •e ruJaay. Mali )r or rMi pM ipae aaint lionatoniure, caai|Meaal VUinrKarmm k vm ^ikhiim un Q hiU d4ft fAntral de loo urdre «I cudlMl d« l'EdUe raviuine, n'sAi trtu tnoat
iuttrait et réOéclti, TniiieDW d» Dieu e»t un« véhlê iviMritUi nr, rtniéntf d'uuK viritË i»l «n Minéral l'inluil/on de celte mcnc vAtIia. Il i a plu. *ni> Virité d« v6riléi, aui jain de pliuieuri auliil» docteu» rt île la phipui «•• nnnd» |dii[eat>pbei catholique), «I um» uu np^ati,, tréiuêlatt raltiel du» /vîjtsce dirteU. Tuul le uwude Mil ipio nmc Aiuoln^a va d«iw la Mali idre df Dica \ a/tiniiatioH un wa MitUnrei aalni BoHventtin a'appropiK (a peosie de Miot Aniolme et la dcvnlnpiii;, mihhio le lacletiT a pu le rp|»ari)M(, ' « Il a tu tri \t% lung* etlnilu c|uv iiuu) avanx cUéa de KHimerarmni. Or, mm I DutU atonii au molos IVR/u/fiun tiivixit dr no/ lA-ju clairea Ht tle ce qn'd [ reaferment d'eMcntlcl (non de V^ljcl, t\ c c«l Dleuj; Il «"en cuit iine- «tue I ruplnlon de eei deiu grands docleart, doim avons dam l'id^ de Dica, ifcj Tù/m ifr cuire infini [rendue claire «t dfvetopprt par l'édacaUun) tniMm ttirtei* die i«n «xiItuce, ri* i]ul n« renl pa< du tout dtK : >fr am mwkx. H l'cntuit #);tlemeDt qu'«n criant au icandak i propoi d'uur chn*« ewd Mifr eente, roua o'atiM \w mime roiuprli di^ quoi roui vuui a[:andaililr*(U>-
[ (C) Vfeole mû^feTeiii nom faire croij«qDi;l'in(w«itViii dirrfttii Vitu , que <]ir« de quelqu'un qu'il s entrtcu comme Vetteinx ii Dieu ne signilie pas voir Dieu, mais seulement croire i cetl« li-rité Dim, «xiitF. Rlle psilie ou cliitnge tontes ses (nrole», catnnM k ta
I reprochait Grégoire IX.
I (l>) Comprenons bien csci : Vécole «niVftf après afoir dtt qw
. l'tiumoKi entrevoit comme Vestence de Dieu pénétrant la pauK humaine ; qa'il » i'inluitiun direolt ée ftx'vlenet (te Dieu ; «ju'll i
I èlé rendu capable de eontetuflev pntqut (ace û face fJiev doM ^Mn ttaence... mainleuaiit iiat en retraite, retire ht sens de intatecti
, ^p>(>|>otili(nis pour arriier ai» cimclaiiions il« l'e'co/e traiitiwmtfh
k. nue vmtteiinmvm^vn^mit^ffi^MimêtiHÊ^-t-nm