DE LA PHILOSOPHIE BÊ SAINT BONAVËNTUBE
Cest encore la pensée de ces deux saints docteors, que Vidée de Dieu est la clé de YOûte de tout rédifice des vérités intelligibles, comme Teiistence de Diea est la réalité par excellence, de laquelle dépend toute la chaîne des •ntrei réalités. Or, l'idée de TÊtre infini {quo majus dari neguil)^ comprenant à la fois, selon eux> et l'idée de Dieu , la principale des vérités intelligibles, et raffirmation de Texistence de Dieu, la principale des vérités réelles, ilf ont cru voir dans cette idée de Dieu, qui confond ainsi dans leur source let deux ordres de nos connaissances, la seule vérité qui fût propre k servir de fondement k toute la science bumaine. Voilà pourquoi ces deux saints doeteurs se sont attachés, Tun dans le Prosloge et Tautre dans Vltinerarium^ à asseoir sur cette idée principale et fondamentale toulVovata. de la science kmmaine (E). Je croyais qu'on pouvait raconter ce fait si connu dans Thistoire de la philosophie sans encourir aucune censure; mais pas du tout, car c'est là mon 4* principe rationaliste^ et voici comment il vous plaît de le présenter à vos lecteurs :
4* Propm • Toute la connaissance que nous avons de Dieu ou de Chomme^ 9 les fondemens métaphysiques, etc., soin assis sur la smrLB idée de » L*iMniii. •
Vraiment, monsieur, on a besoin de quelque modération pour répliquer de iang-lirold à des attaques si incroyables. Comment ! parce que j'ai raconté fue deux saints docteurs, prenant pour Base Vidée de C infini^ ont construit sur celte simple idée t édifice de la science ltamaine,yÈi voulu dire que tontes nos connaissances sont assises {d'une manière absolue) sur la simple idée de l'infini ! Mais de qui donc vous êtes-vous moqué? est-ce de moi seul ? esl-ce de vos lecteurs? serait-ce des saints docteurs eux-mêmes ? voulez-vous nous donner pour adeptes du Rationalisme d'illustres docteurs de l'Eglise, parce qu'ils ont tracé un plan de philosophie catholique? En ferez-vous autant de sceptiques parce qu'ils emploient le procédé rationnel, parce qu'ils commencent leur sublime carrière dans Vordre de la science^ par un principe de
cette merveilleuse argomentatioii nous lisons à la réflexion de nos lecteurs, cette phrase, que Vintuition directe est celle qui a lieu, par le tnoyf n de Vimtrxiction, de Véducaiion^ etc. Nous signalons encore cette phrase du texte qui est contraire à toutes les gloses, que cette existence t'était déjà révélée de la même manière (c'est-à-dire directement) au génie de $ainl Anselme. Tel est le texte, et ici, on nous dit que c'est par la révélation de la parole. école mixte !
(£)• Encore une phrase palliée : il ne s'agit pas dans le texte de r-orrifede la science, mais de la science même.
m* s£a1£. tome XVI. —n^ 96; 1847. 30
470 iBTXRE DE Don GiiRD£IUgAU.
raisoo ou par une question rationnelle, par dire, comme saint Thomas, Viddar qmd $U ou quod non lU Deus (F) ? Vous êtes choqué de ce qu'ils rattachent à ridée de Tinfini toute la synthèse de la science humaine ! Mais yous diseot-ils, vous ai-je dit moi-même, que cette idée soit €usûe dans le vide ou qu'elle soit U produit et l'invention du raisonnement humain? que cette synthèse aussi n'ait pas hesoin d*ètre tracée d'avance quant à ses lignes principales et étayée dans son ensemble par V enseignement extérieur de la foi ? Vous deviez d'ailleurs, avant tout, respecter la vérité; et quand même les saints docteurs se seraient trompés en assignant ridée de l'infini pour point de départ dtf déductions du raisonnement philosophique, s'ensuivrait- il que lorsque je veos ai dit, moi, simple narrateur, qu'il a plu à saint Anselme ou à saint Boniventure , dans un exercice philosophique , à' asseoir en peu de mots sur la simple idée de Vinfini tout V ordre de là sciemcb humaine, s'ensuivrait-il que je me fusse associé aux prétentions impies de nos rationalistes, et que j'eusse posé comme eux en principe absolu « que toutes nos cormaissanees « SOHT ASSISES sur la simple idée de V infini ^t Vous savei pariaitement,
(F). M. Bonnetiy ne se moque de personne: ce sentiment n'est jamais entré dans sa pensée , ni le mot sorti de sa plume ; mais M. Bonetty plaint sincèrement dom Gardereau de soutenir cette éeoU mixte f qui , sdon lui, est la principale cause de nos erreurs. U répond ensuite à toutes ces paroles :
l"" En répétant le texte de dom Gardereau: « Saint Bonaventure » assied en peu de niots, sur la simple idée de Vinfini^ toute lacon » naissance de Dieu, celle de l'homme^ lesfondemeBs métapby- V siques, l'unité radicale de toute la science humaine, et la distino- » tion de ses rameaux (p. 194). »
2^* M. Bonnetty fait remarquer qu'ici dom Gardereau pallie encore ses paroles par ce mot : que ce n'est pas d'une manière absolue.
3° Quand on lit que c'est sur la simple idée de Vinfini que tonte la science est assise, comment supposer qu'on sous-entend que cette idée simple est assise sur V enseignement ?
k^ Elle n'est pas assise sur renseignement^ qui, dans le système de dom Gardereau, n'apprend rien, ne livre rien, mais ne fait qae développer,
5« Dom Gardereau a dit une chose inexacte quand il a dit qoe c* était sur la simple idée de Vinfini que saint Bonaventure avait assis toute la science humaine • Le saint docteur le contredit exprès-
DE LA PHU<a^Pm£ W ^AltiT BWAVENTDRE. A7f
monneur, que ce ne sont là ni mef connctûn», ni mes parolaf ((S).
^'û cité iM «dwiriililei lynlbèseg |philo«o^ijqiiM d« Prwhg€ et de 17^'nemriumj uniquement efia de montrer que la foi> d'Attleors «| piire# de aoe sainu docteur», ne leur teotit pai lieu de Kienee; dose je B*aî ni pensé « ni enseigné que leur science, d*aiUeuiv ù profonde, leur tint lien de foi, encon moins qu'elle puisse nous en tenir lieu à nous-méme ; et si j*ai dit que i sa?aate analyse logique saYaii tirer d'une seule idée-mère toutes les tiens de la science philosopblque , j'ai remarqué qii!ïk proclament la nécea slté de déduire la science elle-même des enseignemens de la foi , qu'ils ont inscrit en tête de leurs ouvrages les plus purement philosophiques! « Sijû ne CTûis^Je ne pourrai comprendre, • (Corresp.^ p. 188) (H).
An surplus le doeteur Sérapkiqae ne se tient pas longtems ranfenné dans les limites de cet ordre de science (I). J'ai fait voir qu'étudiant pour une fin plus élevée, le philosophe chrétien se gardait bien de s'arrêter d oelie région inférieure de la spécula tion\ que de degré em degré ^ Bonaventure éleva l'âme à la plus haute contemplation mystique^ et ne prend congé d'elle que quand 11 Ta, pomr ainsi dire, conduite dans les eieuz, iusqu'à la pleine jouissance de la vérité.
Or, il vous plaît de déclarer de ma part au lecteur que si le docteur Séra-
sément par ces paroles : la sciencey la nature rCat rien, ne sert à rien^ aans la grâce.
6» Ce ne sont pas les saints docteurs qui sont sceptiques, c'est dom Garderean qui a mal interprété leor doctrine : voilà tout
(G). Nous savons bien que ce ne sont pas vos cont^îc/ûmi» mais vos paroles sont sous les yeux de nos lecteurs.
(H). C'est vcNis , nous le répétons encore, qui avez attribué au saint docteur tout cet ordre de science en le séparant des cooditions essentiellits qu'il y avait entremêlées dans cet opuscule mystique; c'est vous qui avez dit de ces saints docteurs, qu'ils avaient mis de côté V Écriture et la Tradition. Cette dtation môme, que vous prenez à onze pages d'intervalle, prouve qu'ils n'ont jaa>ais mis de côté l'écriture et la tradition. C'est vous, monsieur, qui , par ces mots, avez rendu les saints docteurs purement rationalistes, et leur avez fait ainsi une grave injure.
(I). Non, non t mille fois non ! Le saint docteur n'avait pas fait un ordre de science , il nons l'a dit tout d'abord U a fait un exer^ cice de contemplation ou d'eœtase : c'est vous foi lin attobues m ordre de science.
A72 IJETTRE DE OOM GARDEBEAU.
pbiqoe quitte Tordre de la seience et de la spéculation où il conâdérait Vidée ^naturelle de Vinfini (J) , ce n'est que pour considérer encore Vidée nalarelU de t infini \ qae §11 élè?e Tàme de degré en degré, chacun de ces degrés n*e8t que Vidée nalarelle de C infini-, que s'il passe de la science à la pratique, et de la spéculation du philosophe À la contonpiation mystique di ferrent religieux, il ne fait que passer de Vidée naturelle de t infini i cette même idée; tous m'attribuez gratuitement ces sottises et les donnez sérieusement au lecteur comme num 5* principe rationaliste :
5e Prop, « Cest par cette voie toute RATtoNUBLLE que rame est conduite » dans les eieax, jusqa*d la pleine jouissance de la vérité, »
Non, monsieur, je n*ai jamais écrit ni pensé rien de semblable. Au coih traire, j'ai dit mille fois que saint Bonayenture, et généralement les philosophes catholiques des siècles de foi, hommes pratiques ayant tout, et étudiant toujours pour une fin plus éleyée que la science, se montrent partout implicitement ou explicitement théologiens et jamais purement philosùphes, et qu'ils n'isolent que très-rarement, et môme jamais, si Ton yeut prendre les termes à la rigueur, leurs procédés psychologiques de l'élément surnaturel qui se fond dans le chrétien ayec l'âme et su (acuités (K).
Mais il y a plus, et je l'ai fait, ce me semble, clairement entendre dans ce peu de lignes que yous critiquez : quoique le chrétien se fasse sentir chez le
(J). Idée naturelle de Vin fini!! N*avioos-nous pas raison de dire que dom Garderean élevait toute la connaissance de Dieu sur une idée naturelle. H est yrai que Vécole mixte nous dira que Vidée wh turelle est due à une révélation surnaturelle !!
(K). Nous yoilà encore complètement dépaysés. Dom Gardereau a dit : que les docteurs catholiques avaient mis de côté V Écriture et la Tradition;'}l a dit que ce qui fait le fond de la nature de l'homme, c^est qull a une lumière innée et émanée de Dieu^ dans laquelle il voit tout; que cette lumière était une image de Vin fini, dans laquelle il entrevoyait comme un éclair de Vessence de DieUy etc., etc.; et maintenant il vient soutenir la thèse même que nous lui avons opposée, c'est-à-dire que les saints docteurs n'ont jamais été purement philosophes. C'est un fait bien décidé qu'on ne peut pas discuter avec VécoU mixte, — £t puis, notez s'il vous plaît cette expression : Vêlement surnaturel qui se fond dans le chrétien avec Vâme et les facultés; en sorte que l'âme et les facultés sont un composé, un fondu d'clémeot surnatureL O école mixte !
DE LA PHIf^OSOPHIE DE SAINT BONAVENTHRE. 472
dœteor Séraphique^ alon même qu'il considère l*idée naturelle de CinfaU^ toutefois il t'arrête peu de tems (L) d eeUe région i^féritart de la fpécalaUoii et de la science; et revenant à la contemplation surnaturelle des mérités qu*il a apyrises de la révélation chrétienne f laquelle donne d toute sa contem^ plalion (M) la vie et la fécondité, comme je le dis quelques lignes plus hautt il élève rame de degré en de ré (degrés qui, comme on le Toit, ne sont pai tous de Tordre naturel) , pour ainsi dire jusqu'à la pleine jouissance de la vérité, dans Textase mystique, Il n'est donc point seulement assis^ comme vous me le faites dire, sur la seule idée de Cinfini^ mais il se fonde sur les divins oracles de l'Ecriture et de la tradition, il élève l'àme non par une voie toute rationnelle, conune vous le supposez, mais par la plus haute con^ templaUon mystique (N). Vous êtes le seul, je pense, A n'avoir pas entendu
(L). Mais il s'y arrête donc ; naguère vous venez de dire qu'il n'est jamais furemtnt phihsophe.
(M). La révélation chrétienne donnait nagaère à TOUT la vie et la fécondité ; maintenant c'est seulement à cette contemplation qae cette vie est donnée.
(N). C'est bien. Mais voyons un pea le texte : « Les philotoplus » actuels peuvent trouver décrits avec une précision admirable^ » les divers moyens de la connaissance , les principes premiers, les » conditions réelles de la certitude , les degrés par lesquels l'âme H s'élève jusqu'à la possession de l'immuable vérité, etc., etc. »
Or, comptons ces degrés :
1* Lumière innée et émanée, latente et à l'état d'idée informe ;
2" L'éducation sociale, bisamt^aillir cette idée ;
S"" Cette idée grandissant, et lui révélant successivement toutes les vérités qu'il est capable de comprendre;
4^ Dans cette image de Vinfini^ il entrevoit comme Yeuenee de Dieu ; il a comme une tn^utlton directe de Dieu;
5*" Il assied en peu de mots sur la simple idée de Vinfini, tonte la connaissance de Dieu ;
6° Due fois enrichie de cette connaissance de degré en d^ré , il l'élève à la jouissance du souverain bien.
Ou ces paroles ne signifient plus rien ou c'est bien là l'ordre d'idées tout naturel de la jouissance de Dieu. — Il est vrai que dom Gardereau nous dit qu'il n'a fait ni analyse^ ni citation; que de
Ir7& imu ne bm GAumiâir.
ciH 41i— i i i l i «» l i l l» dw«gMie et iiMdt dte, Si » HVfMiitgél fMdr« M0 ptMlei Meovf plw «ipKeiiCi, c'ert, rnaBu je t^i TéH» mi de M«, got Im d^gréf foniatweli par IcMioeli not BoftiTCBtttre bit p«wr Tàm» eoDtcmplitfre, ne te rapfiortaleiit pu i mon bvl qui était «iii^eMeat tfa mantrar la profonde teienee def Mhito doeteart en ee qtti c ornant lei ifUiitions foBdamenUlef de la phitotopliie. Ibb asfaréoieDC }e a'ai rien Mrméf tien Iniinaé qui ait rapport ao plan rationaliite que fou nettei for mon compte (O).
J*ai tort de m*arrêter Éi longtems i vos argmnens snr V/iinerariam et le lyitAme de Mint Ronaventure. Toutefois en toici un que Je ne pitîa omettre.
■ AJoiitoni, dltei-vouf, une considération toute philosophique (nonsalloni
• voir quelle réfloilon io}i\A philosophique ! ) snr ce système Malebranchiste » (celui dn saint Konaventure; — non, le vôtre"). On dit que Dieu donne i
■ l'homme une iimihrt inné^^ etc. Il semble qaUl était natorel d^ajouter qae
• c'est avec cette lumière que l'homme voit les oljets extérieurs etlesTérités » IntvUaotuelles fournies par la parole sociale; mais non; on bouleverse toutes « If s notion* pour dire un non sens; en disant non pas que l'homme voit avec » cettn lumière, mais flans cette lumière' : c^est exactement conune si Ton >» disait tjui^ dans Tobscurité d'une chambre, un homme porte une lanterne, » non pas pour éclairer avec elle les objets , mais pour voir les oôjets dans Il elle' • (Jnn^t p. 918). Ainsi cette lumière qui, selon saint Bonafentnre, Investit et pénètre de ses éternelles clartés tous les objets lisibles et inrisiblest lonle étendue, tonte durée; cette Inmiére^ ce jour inteUectnel, doits laqui^Ue noua l'uyoNx aséme Ici tentés immuaUes (ih qum meminit invariaéi» tinm ««f'i/fi/iiM,— vous supprimez: et mrme les choêes/uimresl!)^ comme noas vo^irans les ohjeta matérieb iMuia la liuûére du jour, cette lumière de vérité quo nuu «eulenient rhcMnne voit en soi, mais dans laquelle son âme se voit ellt^-iuèiue, cette lumière, dis-je» spkèn intelli^hte dont le centre est par-
«It^r^ m ttryn^. ne s^nifie (tts une asccnsioQ sor h même Miellé, n^abi |>a!isa$i^ d'un onlr^ 3i tm tatre ordre « c'est-à-dire changeuwtu d'é^^)M4ll^< — Nous le n^too$ . c» ne peut discotor aivec Yécok
vO\ t"if«i prvci>:èuient c^ silence que noos tous refirochons id, tviuiwe Jo\ai\l n^^^!i8Mùrvm^t tndtiirv en errenr vos lecteurs, et «\n;uuis' Ûiis^u; au sùnt \k>c;ear oq »ir ni>xuL:5te.
' ^ Uwfss.s ^-ii \\ ilCÀ Jîav. CaftttL «iqî «ii^ w*« non. sitnj. c'eA le doetcnr sé-
DÉ LA PH1L080PHIB DE SADfT BON ATBNTURE. 47i
ioat et ta eirem^érentt natle part, la ToUà réduite êxattemeKÈ txn fMroportions «tane lanterne^ et tFane lanterne qvfan homme porte dam une ehamm ère. Or, aTant cette déeoaverte qui remet les eboief dana l'état norBal, toutes les notions étaient boaleverse'esj et It langue philoftophiqiie eoomes^ çait par dire un non-sens {P),
J*avoae que tos obsenrations n'ont pas tontet ime al haute portée. Voià ea donnez la preate dans deux ou trois chicanes de mots qoi couronnent votre critique (p. 220 et 321). Elles tombent tellement en dehors de toot ce que f ai dit on pensé jamais, que je ne me sens pas le courage d'y répondre (Q).
(P). Cette discussion a déjà été beaucoup trop longue ; sans cela nous rappellerions les diverses transformations que dom Gardereau a fait subir à cette lumière innée, émanée^ par laquelle , et puis dans laquelle, et puis qui est elle-même la chose qui voit, et puis qui est la chose vue; car toutes ces expressions sont sorties de sa plume. Maintenant , nous disons seulement qu'il persiste à faire de cette lumière, un être étemel, immuable, et qui cependant n'£ST PAS LE VERBE. Nous laissons à juger si ce n'est pas là une erreur grosse d'hérésie. — Cette erreur provient de ce qu*il fait un être subsistant !<" de la faculté de voir ; 2'' de la visibilité des objets. Nous voyons non point dans^ mais avec la faculté de voir, nous voyons non pmnt dans , mais d cause de la visibilité des objets. £n dehors de cette explication qui est un fait, il n'y a plus que des systèmes ; et malgré l'autorité de saint Bonaventure, tronquée ici par dom Gardereau, car le saint docteur fait toujours intervenir la grâce, ou Faction directe et immédiate de Dieu , c'est toujours un système métaphysique que nous avons pu qualifier de non-sens, exposé surtout par dom Gardereau.
(Q). Nous ne voulons pas priver le lecteur de l'indication de ces deux chicanes qui se trouvent être Vobjet essentiel de tout ce long travaiL
Il s'agit d'un argument qu'il dit être le premier degré par lequel il s'élève à Dieu; nous avons fait observer que c'était justement le centième ou le millième degré. — 1'* Chicane.
Puis nous citions cette phrase : « Le christianisme a tetlemaat »> épuré le regard de l'âme , qu'il l'a rendue capable de eontemptor » presque face à face, Dieu dans son essence I! » C'est là la 2* chicane.
à7t) LKTTIE DE nOU GAftDCMài;.
Ctti iNeo asMi d'avoir penévéré aimi longiieiBeBt diM la Uche fMtidiaiiN qÊt foiu in*afei inipoiée : et je crois poofoir promettfeàfOf leeiewi^ je ■e^lei fitigaeraî pu d*ime noorelle réplique fî je soit es bttlta à «M aoa- Telle attaque de fotre part, à moiiis que cette attaque ne soit féeUemeoiaMiveélC' Si elle oe s*en prend q^wsL pnneipts imnes. Je laisseni la fieilk tiiditkm se défendre par sa seule autorité contre Fesprit de système. Si im m*aceuses encore de déduire de la doctrine des primcipes hmés on de la ikwUire innée el émanée^ des conséquences rationalistes, je crois être allésiffisanunent au défaut de ce reproche. Si tous rerena sur la prétendue imprudence de mes expressions. Je viens d*en déclarer le sens, et de dire a«ei longuement par quels motifs et sous quelles restrictions Je les ai emplojési. Cen est assez pour qu'aucun de tos lecteurs ne puisse désormais se méprendre iuTolontairement «nr mes principes et le sens de mes paroles, et poar qu*ik ne soient pu tentés de me condamner sur yotre seule affirmation (R).
Ceux d*entre eux qui n'auraient pu étudié les monomens de la traditioB sauront aussi qu*il ne faut pas trop se fier aux jugemens que tous porter nr les écrits des saints docteurs, et en particulier de ceux du moyen-àge (S). Cela suflità mon but. De telles disputes ne mènent à rien de bon. Nous ne devons point craindre ;la guerre ; car J.-C. nous dit qu'il a apporté le glaive en ce monde et non la paix ; mais nous ne devons aimer la guerre que contre les ennemis de l'Eglise ^ Entre écrivains catholiques» nous nous devons seulement des avertissemens fraternels; Je suis prêt à en recevoir de tout le monde et de vous-même ; car, quoique vous me paraissiez éminemment eoavaincu de ma faUlibilité, je crois que j'en suis encore plus couTaincn que vous ne pouvez l'être .* seulement, comme tout en me défiant beaucoup de wn propres lumières, Je n'ai pas une confiance illimitée dans les vôtres, et qaeje suis loin de reconnaître en vous l'autorité d'un pape ou d'un concile, vonae trouverez pas mauvais qu'avant de me corriger je soumette vos censures à te juges plus éclairés et'snrtout moins prérenus. Déjà, pour celles que tous teiei
(R). C'est très-bien ; nous aussi nous aTons mis loyalement et Mes longuement les textes sous les yeux de nos lecteurs, nous les laisBOOS comparer et juger.
(S) Nous croyons que nos lecteurs porteront aussi le même joge^ ment sur la science philosophique et théologiqne de dom Gardereia.
* Encore les faudrait-il combattre au nom des traditions certaines et non pM au nom d'un système (D. Gard.). — 11 est nécessaire aussi de ftire te remontrances sur les imprudents amis qui donnent des armes À nos ennesûf en établissant des systèmes dangereux (A. B.j.
DE LA PHirOSOPHIE DE SAINT BON AVENTURÉ. Ml
de m'adresser» de pareilles déckions m'ont tranqiUUifé la conscienee» d'ail* lenn pea émae, je TaYoae, d'une attaque où Teiprit de syfténey mal dêguiié^ perce à chafioe ligne (T).
Vous aTez souvent déclaré que tous regardiez comme un acte de justice et de loyauté d'insérer teituellement les réponses qu*on fait [à yos critiques. Je réclame de vous cette justice, et vous prie, Monsieur, d'agréer Tassurance dessentimens distingués avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc.
Fr. V. Eugène Gardbmau.
(T). Ici au moins nous sommes complètement d'accord avec dom Gardereau ; nous ne sommes, ni lui, ni moi, pape ni concile ; nous sommes ici de simples écrivains émettant leurs idées dans des journaux, et ayant pu faire une critique fraternelle de nos opinions; à nos lecteurs à choisir.