‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 3)Chapitre 95 sur 103 · Plaintes et blâme contre un évoque gallican · texte numérisé non relu

Plaintes et blâme contre un évoque gallican

Nunc porrè VotMscum communf- Maintenant, Vénérables Frères,

camus, Venerabiles Fratres, summam Nous Vous communiquons Textrème

admirationem, quâ intimé affecti fUi- surprise dont Nous avons été profon-

mus, abi scriptum è quodam viro ec- dément affecté quand un écrit, émané

clesiasticâ digniiate insignito elucubra- d'un homme constitué en dignité ec-

tum, typisque editum ad Nos pervenit. clésiastique, et imprimé par lui, est

Namque idem vir in hujusmodi scripto parvenu jusqu'à Nous. En effet, cet

de quibusdam loquens doctrinis, quu homme, parlant dans cet écrit de cer-

Ecclesiarum regionis sue traditioses taines doctrines quMl appelle les /ns(/<-

appellat, et quibus hujus Apostolicœ lions des Églises de s&n pays^ et par

Sedisjuracoarctareiniendilur, HAUD lesquelles il prétend restreindre les

ERUBUlTasserere.traditionesipsasà droits de ce siège apostolique, N'A.

Nobis in pretio baberi. Absit enimverè, PAS ROUGI d'affirmer que ces tiadi-

Venerabiles Fratres, ut mens aut cogi- tioos étaient tenues en estime par Nous.

tatioNobisunquàmfueritvel minimum Loin de Nous^ certes, Vénérables Frè-

declinare à Majorum institutis, aut res , la pensée ou l'intention de noua

abstinere ab hujus Sancts Sedis auc- éloigner jamais, pour si peu que ce

toritate sarta tecta conservandâ, atque soit, des enseignements da nos ancétiea

(l%U £^OUV£LLIiS ET MlkLANGfiS.

tnendâ. Habemas eqiiidem io pretio ou de laiiser amoindrir en rien IW peculiaret trtditîones, sed eas tantùm, torité da Saint-Siège ! Oui, sans dénie, qiUB à Gatholic» Ecdesis senta non Nous atuchonadu prix aux tndiUooi discrepent, prcsertim Terè ilias rêve- particulières, mais à celles seulenent remur ac firmissimè tuemur, que cum gui ne s*écartentpas du sens de l*Egliie aliamm Ecclesiarum traditione, atque catholique ; mais par-dessus tout Nous in primis cum bàc sanctA RomanA Ec- révérons et Nous défendons très-for* desià plané congruant, ad quam, ut tement celles qui sont d*accord avec la S. Irenoi verbis utamur, propterpo- tradition des autres Eglises, et avant tioremprincipalilatem necesse estom- tout avec cette sainte Eglise romaine, nem convenire EceUiiam, hoc esl eos^ i laquelle, pour nous servir des paroles qui iunl undiquè fidèles ^ in guâ sem' de saint Irénée, « il est nécessaire, ï per ab his^ qui sont undiqaèy conser^ » cause de sa primauté, que se rattivala esl ea, quœ est ab Aposlolis Ira- » cbe toute TEglise, c'est-à-dire les fidédilio. (S, Iren. contra hœreses^ lib. iii> » dèlesqui sont partout, et sons laquelle cap. 3.) » s*est conservée par ceux qui soat

» partout cette tradition qui vient des

» apôtres ■. »

4« Plaintes contre ceux qui mêlent la [doctrine da Cbrist [aux inventions dei opinions humaines, et contre Findifférence en matière de religion.

Ât aliud insuper est, quod animum Mais il y a de plus un sujet qui preM

Nostrum vebementer angit et urget. et désole vivement Notre âme. Vous ne

Ignotum certè vobis non est> Venera- pouvex ignorer, Vénérables Frères,

biles Fratres, mnltos hostium Gatho- qu'un grand nombre des ennemis de

' Nous devons consigner ici les paroles de Mgr Tkibaad^ e'véque de Montpellier^ que les journaux catholiques ont désignées conune étant celles auxquelles Sa Sainteté fait allusion; elles sont tirées d'un mandement fait an tetour^de Rome au mois d'août dernier.

» Partagez, N. T. G. F., la joie de notre cœur, car la gloire de Pie IX est b » gloire de celui qui est voire Père et le nôtre. Partagez-la avec d'autant pioi » de transport qu'il a daigné vous bénir en la personne de votre évêque, qu'il » aime notre patrie, qu'il honore le clergé français et les pontifes qui mariclMil » à sa tète, qu'il regarde notre belle France comme l'une des plus nobks

> portions de son immense héritage. Sa foi est la nôtre ; il respecte nos braii-

> lions particulières, et loin de vouloir que la prééminence de son Siège soA » défendue avec une sagesse dépourvue de sobriété, il n'a garde de eondanmer » une modération de principes éminenunent propre à ramener au giroi » de l'Eglise les esprits égarés. Non, ce ne serait pas lui qui voudrait jamaii » contrister toute une grande Eglise, en flétrissant du nom (Terreur jusqu'à » l'enseignement de cette école célèbre, surnommée le Concile permanent des » Gaules f et à laquelle plusieurs de se» augustes prédécesseurs ont décerné

> les plus magnifiques éloges. Il sait, ce grand Pontife, pour l'avoir lu soi » sources mêmes de notre histoire, que tout ce qui cherche à s'imposer parmi » nous, au moyen de la témérité ou de la violence, dure peu dans notre pays, I» et que, nous autres Français, nous ne savons pas plus nous résigner à subir » les tyrannies de certaine école, que les tyrannies de toute autre sorte.

iNOUVELLËS £1 MÉLANGES. 485

lies veritatU iD,id prffisertim nostrû la Térité catholique dirigent, turtout

tAmporibiu conatas suos intendere, ut de notre temsj leurs efforts vers ce but,

monstrosaqusqueopinionumportenta à savoir, Régaler à la doctrine du.

œquiparare doctrin» Christi, aut cum Christ ou de mélei' à elle les moufi-

eà commiscere vellent, atque ita im- trueuses inventions des opinions, et

pium illud de cujusiibet retiglonis in- de propager de plus en plus le système

difftrenliâ systema magis magisque impie de Vindifférence de toute reli-

propagare commoliuntur. Novissimè gion. Récemment encore, cela est bor-

autem, horrendum dictu ! invenli ali- rible à dire ! il s'est rencontré des

qui sunt qui eam nomini, et Aposto- bommes qui ont fait au nom et à la

lie» dignitati Nostrs contumeliam im- dignité apostolique, dont Nous sommes

posuerunt, ut Nos veluti participes rerètu, Taffront d*oser nous présenter

stultitis su»> et memorati nequissimi comme le partisan de leur folie et le

systematis fautores traducere non du- fauteur de ce détestable système, bitarint.

5. Exhortation à adopter les croyances de l'Eglise « qui seules peuvent

sauver.

Des résolutions, certainement non étrangères à la sainteté de TEglise catbo« ique, que, dans certaines affaires relatives au gouvernement civil de Nos domaines pontificaux. Nous avons cru devoir adopter pour le développement du bien et de la prospérité publique» et du pardon qu*au commencement de Notre pontificat nous avons généreusement accordé à certaines personnes de Nos Etats, ils ont voulu conclure que Nous avions de toute espèce d'bonmiea cette opinion que non-seulement les fils de TEglise, mais tous les autres, quelque éloignés qu'ils soient de l'unité catholique, étaient également dans la voie du salut et pourraient parvenir d la vie étemelle.

Les paroles nous manquent pour exprimer notre horreur et flétrir cette nouvelle et si cruelle injure lancée contre Nous. Oui, Nous aimons tous les hommes de la plus profonde affection de notre cœur, mais non autrement, toutefois, que dans l'amour de Dieu et de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu, qui est mort pour tous, qui veut que tous soient sauvés et que tous viennent à la connaissance de la vérité; qui a envoyé ensuite ses disciples dans le monde entier prêcher l'Evangile à toute créature, déclarant que ceux qui auraient cru et auraient été baptisés seraient sauvés^ et que ceux qui n'auraient point cru seraient condamnés. Que ceux-là donc qui veulent être sauvés viennent à cette colonne, à ce fondement de la vérité, qui est l'Eglise ; c*est-À-dire qu'ils viennent à la vraie Eglise du Christ, qui, dans ses évéques et dans le Pontife romain, le chef suprême de tous, possède la succession non interrompue de l'autorité aposto-^ lique, qui n'a jamais rien eu plus à cœur que de prêcher, de conserver et de défendre la doctrine annoncée par les Apôtres sur l'ordre de Jésus-Christ; qu, ensuite, à partir des tems des Apôtres, a grandi au milieu des difficultés de toutes sortes, et qui, brillante de l'éclat des miracles, multipliée par le sang des martyrs, annoblie par les vertus des Confesseurs et des Vierges, fortifiée par les témoignages et les sages écrits des Pères, s'est répandue dans le monde entier, vit encore sur tous les points de la terre, et brille par la parfaite unité de la foi aux mêmes sacrements et par sa sainte diteipline.

111* SÉRIE. TOME IVI. — N* 96; 18ft7> 31

Pour Nous qui, malgré notre indignité, siégeons sur cette chaire raprème de TApôtre Pierre, sur laquelle Jésus-Christ, Notre-Seignenr, a posé le fondement de son Eglise, nous n'épargnerons Jamais ni soins ni labeurs poar Tamener, par la grâce du même Jcsas-Christ , à cette voie unique de vérité' et de salut, ceux qui sont dans Tignorance et dans Terreur. Que tons ceux qui sont nos adversaires se souviennent que le Ciel et la terre passeront, mais qu'aucune des paroles du Christ ne peut jamais passer, que rien ne peut être change' dans la doctrine que C Eglise catholique a reçue de Jcios" Christ pour la conserver^ la défendre et la prêcher,

0. Tristesse pour les ovations faites à Toccasion de la défaite des Catholiques suisses.

Ensuite, Vénérables Frères, Nous ne pouvons Noos défendre de tous parier de Tamère douleur qui Nous a accablé lorsque, il y a quelques jours, dans Notre chère ville de Rome, citadelle et centre de la religion catholique, U s'est trouvé quelques hommes en délire qui, oubliant même les sentiments de Thumanité, n'ont pas eu honte, au frémissement et à Tindignation des autres citoyens de la même ville , de triompher publiquement , au sujet de cette la- Bientable guerre intestine qui a récemment éclaté entre les Suisses. Celte guerre fatale , Nous la déplorons du fond du cœur, soit à cause du sang versé dans ces fratricides, de ces discordes furieuses, persévérantes, de ees haines, de ces divisions qui naissent en foule au milieu des peuples livrés aux dissensions civiles ; soit à cause des dommages que Nous savons en être résultés pour les intérêts caihuliques, et qui. Nous en avons la crainte, eo résulteront encore ; soit enfin h cause des déplorables sacrilèges qui ont été commis dans le premier conflit, et que l'âme se refuse à rappeler.

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