‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 24 sur 108 · SI 4 LETTRE CRITIQUE DE M. SÉ6UIER · texte numérisé non relu

SI 4 LETTRE CRITIQUE DE M. SÉ6UIER

soutenu en outre que le Dieu d*Israël était le Dieu de tous les peuples; que ces peuples ont pu connaître les Juifs et leurs lois; qu'un grand nombre en effet Tout connu , et que c'est de cette connaissance et de la tradition primitive qu'ils ont tiré les croyances et les dogmes qui se trouvent semblables aux dogmes bibliques. Que M. Séguier. combatte cette hypothèse au lien de nous opposer des faits qae nous admettons comme lai. Quant à ce peuple juif qu'il dit que Dieu a voulu concentrer en Judée , qull nous dise si ce n'est pas Dieu au contraire qai« a dispersé «les Juifs dans toutes les nations qui ne le connaissaient pas^ »afin que^ dit Xobie, ils leur racontassent les merveilles qu'il » avait opérées, et leur fissent connaître qu'il n'existe point «d'autre Dieu tout-puissant que lui ^ »€e sont là des textes posit ifs et qu'il est impossible d'éluder. Il faut renoncer aux systèmes historiques qui les contredisent.

«Les communications des Juifs avec les peuples voisins, soit par la guerre , soit par des traités de paix et d'amitié , ne prouvent rien pour Vacceptation des dogmes religieux. Ces actes sont dans la nature de toutes les relations politiques. La religion en est en dehors en ce sens. Les correspondances amicales de Salomon avec Hiram , roi de Tyr, et Vaphrès , roi d'Egypte , sont sans influence sur les opinions religieuses de part et d'autre. Aussi , l'un des historiens cités par vous, Monsieur, à l'appui des conséquences que vous tirez du rapprochement de ces princes, Alexandre Polyhistor ^ , nous apprend que Salomon ayant donné au roi de Tyr, qu'il nomme Souron, et qu'on croit être le même qu'^iram , une statue d'or , en retour et comme témoignage de reconnaissance pour les dons qu'il en avait reçus, celui-ci la plaça en manière de consécration dans le temple de Jupiter. Dans l'opinion de ces nations, le dieu Jao (c'est ainsi qu'ils nommaient le Dieu des Juifs), était un Dieu comme un autre, mais non pas à ^exclusion des autres, Ptolémée-Pliiladelphe , en faisant traduire de l'hébreu en grec l'Ancien-Testament , en donnant des marques de respect pour le Dieu qui y est célébré , n'a pas cependant déserté le culte des fausses divinités qu'adoraient ses pères.

Encore ici M. Séguier combat des opinions que nous n'avons jamais soutenues. Nulle part nous n'avons dit que les peuples eussent accepte pleinement la loi des Juifs ^ ni qu'ils eussent de-

^ Tobie, xiii, 3, 4*

2 Voir Eusèbe, Prép, év, L. ix, c. 34.

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