LETTRE CRITIQUE DE M. SÉGUIER
tes ont ëté unanimes pour flétrir ces sacrifices qu'ils reg«irdent comme une œuvre du démon.
Pas plus que M^ Séguier nous ne croyons que tous les rapprochemens faits par Fourmont et par Huet soient justes. Nous Pavons dit expressément en parlant de Huet ^ Lavaur^ sur lequel M. Séguier insiste tant ici^ n'a été citéqu'en deux lignes comme une opinion particulière ^ . Dans le texte, nous nous bornons à dire qu'il est impossible que la vie si merveilleuse ûe Samson et des autres Juges ^ soit restée inconnue aux peuples voisins ou éloignés; et nous soutenons encore cette opinion. Quant à Hercule, nous ne nous chargeons pas d'expliquer toutes les traditions recueillies sur son compte. Que M. Séguier lise Lavaur qu'il dit ne pas connaître; peut-être y trouvera-t-il quelque remarque nouvelle*.
Quant au iv livre des Roisy nous ne savons à quel propos M. Séguier le cite ici. Voici la traduction du verset 31" : «. Car il sor- »lira de Jérusalem un reste de peuple, et il y en aura de la mon- »tagne de Sion qui seront sauvés; voilà ce que fera le zèle du » Seigneur des armées. »
Par occasion, nous conseillons à M. Séguier de lire le verset 19* du même chapitre, où il est dit : « Maintenant donc, Seigneur, » notre Dieu, sauvez -nous des mains de ce roi (Sennaché- »rib), afin que tous les royaumes de la terre sachent que vous itseul êtes le Seigneur et le vrai Dieu. » Le Seigneur exauça cette prière, et la nuit suivante l'ange du Seigneur fit périr 185,000 hommes de son armée... Il est difficile de penser que les peuples n'aient rien su de cette exécution et de la fuite honteuse du roi.
» C'est une vaine imagination de réduire toute la première histoire des nations célèbres à n'être qu'une pâle copie de celle des Juifs. C'est un scepticisme comparable à celui de Strauss concernant Jésus-Christ.
Jamais les Annales n'ont soutenu que toute la première histoire
* Voir noire tome xi, page 817 (3»ne série).
2 Voir tome xii, p. 379, note 2.
3 Le livre de Lavaur est intitulé : Conférence de la Faite avec l'Histoire sainte, où Ton voit que les grandes fables, le culte et les mystères du paganisme, ne sont que des copies altérées des histoires, des usages et des traditions des Hébreux. 2 vol. in-12. Paris, 1730. Ce livre, comme celui de Huet, est rempli de points de vue justes et curieux, mêlés à des conjectures douteuses, ou même fausses. Mais le fonds ne laisse pas que d'être vrai.