‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 42 sur 108 · CONFÉRENCES DE NOTBE-DAME OE PARIS · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES DE NOTBE-DAME OE PARIS

besoin qa'on leor fasse Toîr, par l'examen sommaire des faits hisloriqnes, tont ce que le Christianisme a répanda de Tertu et de vie dans notre société actnette. Le R. P. de Ra viguan a déjh traité ces divers sujets arec celte am|riear de Toes et de développemens qui le distingue. Il y reviendra encore sans doute. En attendant c'était, comme il Fa dit, on devoir pour Ini de traiter les questions qui constituent la religion pratique; car en dernière analyse il n'y a que ceiie-là qui sauve.

Dans cette 1** conférence Torateur sacré a prouvé que nmmortalité de notre Ame est la sanction de sa liberté. Voici comment il entre en matière :

Pour mieux comprendre qu'à ia liberté hamaine telle qu'elle existe et f 'exerce ici-bas. fut attaché comme Justification le sceau d'une immortelle sanelion^ rappelons-nous que la religion est une loi , c'est-à-dire le lien sacré qui unit notre ame à Dieu ; lex d Ugando. De plus toute loi renferme deux choses essentielles : Tautorité et Tobtigation; l'autorité qui impose Fobligation, Tobligation qui est imposée. Ces deux caractères se retrouvent éminemment dans la religion qui, dans sa notion la plus précise, est pour l'homme la loi de tendre à sa fin qui est Dieu même. Or toute loi doit porter avec elle sa sanction, ou bien elle n'est pas loi. C'est une idée si évidente et si élémentaire qu'il suffît de l'énoncer. Que deviendrait , en effet, l'état social le mieux conçu , si, après avoir déposé dans un code les plus beaux principes et les plus sages prescriptions, on n'y ajoutait aucune sanction, aucun moyen d'en presser et d'en exiger l'accomplissement ? Ce ne seraient plus alors que de vaines théories, d'impuissantes exhortations. Point de sanction, point de loi. La religion étant la loi souverainement imposée à la liberté humaine , elle portera donc nécessairement avec elle une sanction ; la conséquence est inévitable.

Autre considération non moins décisive : puisque l'homme ^X libre ^ c'està-dire capable de bien et de mal, de mérite et de démérite dans l'ordre religieux et moral comme en tout autre, sans une sanction, et je ne la dis pas encore en ce moment immortelle, sans une sancUon^ sans des récompenses et des peines divines, qu'aurez-vous pour garantir l'exécution du pacte divin? Pour défendre la loi religieuse contre les écarts de l'indépendance, contre la lutte opiniâtre de l'orgueil et des passions, que vous reste-t-il, si vous supposez toute sanction évanouie devant la liberté humaine? Lamowrdu bcau^ de V honnête et da^'raiy me répondrez -vous. En vérité, l'utopie serait par trop forte. Non, ce n'est pas ainsi qu'on arrête la fougue des penchans, et que l'un dompte l'impatiente indocilité du cœur, de /homme. Quoi qu'il en soit de la

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puissance et même du devoir des molifi déMntére&téj», devoir que je reconnais en certains cas et en certains tems> il n'en est pas moins vrai que nous sommes invinciblement liés au besoin de notre propre béatitude; que dans

Tordre babitnel det afTections bnmâines les motifs les plu9 déterminans d*agir sont la crainte des maux et Tespérance des biens^ et que pour saisir l'huma* nité dans ce qu'elle a de plus universel et de plus effectif, il fallut absolument à la loi religieuse^ qui est par excellence la loi de la liberté bumaldef la sanction des récompenses et det châtimens. Cette sanction fUt donc établie; ou Dieu n'a pas su faire une loi, ce qui est plus absurde encore qu'impie. .

Puis Torateur prouve que Dieu doit cette sanction à ses autres attributs, et que sans elle les sanctions humaines des récompenses et des peines sont vaines et abusives. Après l'énumération de la plupart des vertus et des vices qui, sans cette sanction, seraient sans récompense ou sans châtiment, l'orateur passe à la 2e partie.

La 2e partie est consacrée à prouver que cette sanction ne peut exister dans cette vie. Le R. P. de Ravignan le prouve : !<" parle besoin que Fâme ressent de connaître et de posséder Tinfini ; 2* parce que les biens de cette vie ne sont pas toujours répartis aux bons, ni les maux aux méchans; 3" par l'impuissance où est la justice humaine de frapper tous les coupables ; A"" {(ar le suicide lui-ntômé, qui éehap* peraît à toute peine s'il n'y avait pas ailleurs une punition ; 5* par l'impuissance des jouissances de la vertu et des remords du crime, enfio par cette 6^ considération :

An moins si Dieu se fût montré en quelque manière favorable à la vertu s s'il avait pris soin d'en aplanir les voies, s'il l'avait rendue» Je ne dis pas triomphante, mais plus facile à suivre; je concevrais encore qu'elle a pu lui être chère. Mais non, il en a hérissé toutes les routes d*épines et de difficultés. Ce sont les sens qu'il faut soumettre, les passions qu'il faut briser, les désirs qu'il faut étouffer, le cœur auquel il faut sans cesse déclarer la guerre. Tandis qu'il a donné aii vice tous les attraits, il a donné tous les obstacles à la vertu. Et Dieu se fait une joie cruelle delà laisser sans espoir quand elle a lutté, et qu'elle a recueilli les mépris, les sarcasmes et les persécutions de la terre! Au lieu d'animer le juste par ses promesses, il lui annonce qu'à la mort ses peines, ses travaux, ses combats sont perdus, qu'aucune différence ne le sépare de Fimpie, et qu'il veut l'anéantir ! Le tyran le plus féroce en fondant un empire eût-il fait plus pour le crime P eût-il moins fait pour la' vertu? Blasphème encore! 11 y a donc une autre vie. L'âme est libre, elle est

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immortelle, tout s'explique; sa, condition présente est le combat : Téternité Tant bien ce prix.

Puis l'orateor ûiit Pénufnéritidii de tous les mamrqai Mêlent la terre, et finit ainsi :

^ A ee triste' «péotaele; ma fol se réveille. Lein de ébanéeler eomme Jadis calle 4a |»kllo9ophe paTeiif : Noà, non, se dit^èlle, tout n*est pas fait ni terminé aree }a rie. Du sein 'des générations, s*est élevé un cri prolongé d'enfantement, suivant le mot de saint Paul ; elles se sont comme pressées autour de respoîrdHin immortel avenir: La création toute entière gémît, Jusqu'à ce qu'elle arriva à son terme : payées douleurs, par ses agHations, par son déaenireinéme, elle dcmaircte, eHe poursuit le jour de la déllyranee; dq fend 4q le vallée des larmes, elle rappelle et rinveqve; elle appelle la paix, la gloire , la liherié, la^ jqsUce divine^ qui ne sqnt paf de ee^te ^rre ) ^le soupire «près (e jour providentiel des réparations nécessaires et immortelles, le grand jour du Seigneur. Il viendra. Messieurs, ce jour, pour vous juger et vous confondre si vous l'avle? méconnu; pour vous récompenser et vous bénir, si vous fûtes croyans fidèles. 11 viendra : ne l'oubliez jamais; car votre âmQ est (mmorteQe. » ' '

( 2« Confér^n€4in I^'oraseor aborde ici la gris^ade ei terrible question de $àyoir pQi^rquûi le mat ^xi^te mkf H ierre^ {pourquoi Dieu qui pa9irrdit l'eEQpêçt^er ne rei;Dp4ohe p9s > et lui permet d'exercer &es funestes ravages. L'orateur cherche dan^U saine raiseï) et; dan$ la foi les véritables principes, qui vengent la Providence divine de toule imputation d*injjustice et de cruauté; qui affranchissent en même tems l'homme d'une fatalité aveuglçetd'ujn désespoir nécessaire; et il y arrive en dém^ontrant ks^ quatre proposition^ suivantes :

i° fs premence m rmd pa& Dieu respçtmabk dM péché dç Hbomme'. Laissons le parier lul-mêfij^e : ,

Q* nous du : La prescienoe de Dieu est infailUWe. Ce qu'il a prévu de t9utQ éternité nç p,eu,V pas uç.pa^ arriver djSins^le tems. L'hoipme ne peut PAS np pA? agir .conjime Dieu a pf évu. l^ prescience est içfailUble : oui, à cause 4e ces (Jem choses „ riaf^U^bilité de la lumière, et de la vue divines, la certitude ,eii m <Je ia proposition .^w de l'açlian prévue. Cette vérité : Judas tjaUiw SOI) iïuutre^^^ait certaine dç toute ^tiçrnîté pour Dieu, mais <}ans sa nature et rfans §çs conditions propwç/ Wçp, dans ù çonnoiçs^nce 4u Tout- Puissant, n'altérait la liberté du crime que devait commettre le disciple infi-

PAR It B. P. DE ftAfmNAll. S83

éët», lift tMi8«ti<m ii*eii était eertâine que pârc€ q^e Judls dêvtit Ittocm^nt se résoudre et agir tSmêl. £11« n'étatt eertaina éêm ia iveseimÊt dirâe gu* lianni ^ e««(e »resei«»CK« s'^teiNi ipliii^tiUefiitiil Ir lout« vérité Mmiw à iout CmIp «ppirépiabl^. Bo» de 1#» pq déflûsoiioe*

encore un coup, deux çh(9^ «o^t j£i jiiDjUemeiit et «bsoliimei^t certaines ; pieu prévoit^ il ne peut pas ne pas. prévoir ^ rhpmme est libre ; ce qu'il fait dans l'ordre des actions morales, il peiit toujours ne pas le faire. Dieu a donc préTU, coordonné si Ton yeut, dans l'économie de sa Proyidence, les enivres bonnes ou mauvaises de l'homme; mais il les a prévues et eoordoBiiéeSî (eDeii qifelles dolvest être, c^est-à-din toujours ii1»res. Quel obstaela donc à ee que JH^n fréveie eertaineiBeot un aete libre comme libre» et le biifde i^ompiélti' ment tel? Qml ^hUadêy quel fm9i^\iW»9i en ceU? Aucwi' Dieu a prévu» oui ; ce qui sera, oui ; infailliblement, oui encore. Mais il a prévu comme acte libre^ oomme acte pouvant ne pis être, si f homme l'eût voulu lat>-même ; il a préyu comme fruit de la libre détermination de i'homme^ cette actÎQO^ Cf crime, ce bienfait : telle est la prescience.

Noos portons- en nous>tiièaiei une image, quoique bien affaiblie , de cet •tCdbot diviti. Notre esprit possède à on eertain degré ta science coii{e<^o* rate. Aidés par la réfleiion et rexpérieace , nous pouvons prévoir certaines choses qui dépendent des libres déterminations de l'homme. Un acte libre, afnst eoojectwé ou. prévu, aura-t-il cessé d'être libre quand il se réalisera ? floB, assurément. L*infinie> l'éternelle science de Dieu est une certitude absolve sauf aucun doute $ mais elle demeure dans les eondilions d'une science» d*une vue de rintelUgeace qui suppose son objet, mais ne le fait pas/ qui ne le dénature pas, ne Timpose pas» mais Taccepte et le v<^t tel qu'il est en luimime t libre quand il est libre, nécessité quand il est nécessité.

V La permission du mat n'en fait pas Dieu Pauteur. Or Diea n^est pas i auteur du mal^ parce quMl a pu créer rhomme libre; parce qu'il a donné c| I*honime tous les moyens d'éviter le mal ; parce que §*il est des personnes qui soient plus favorisées pour le bien, cette iAveur, venaot de la li)>erté d^ Dieu , A'ôte tàm au pouvoir et à la liberté M fi^ux.qm^ont moin^ iavoriséi^ ausû on a beau cheix^ber dans le monde du péclié, Dâeu est too jours l'absent et l'étranger» jamiHs {'aeteor ni l'auteur du loal.

8* Un ordre générât de Providence Supplique la présenee du mal sur la terre ; parce qu'on ne prouvera jamais que Dieu n'ait pas pu créer Thorame tel qu'il est, c*est-4*dire un homme lîbre , et devant b sa volonté de né pas pécher ; au contraire , c'est le seul

SM G01VFÉRENGE6 DE NOTBE-DAME OR PÂBIS

élal OÙ la saiûtelé, la jastice et ia mûtéricorde de Dieu ressortent le plus admirablement tempérées les unes par les autres.

h*^ La liberté de Vkomme suffU pour expliquer et aeeompUr le mal du péché $ur la terre. Chose singulière ! Partout en ce moment on réclame la liberté, civile, religieuse, intellectuelle, et ce n*est que lorsqull s'agitdes droits de Dieu qu'alors certains hommes proclament qu'ils ne sont pas libres, que leurs actions sont nécessitées, que la prévision de Dieu les pousse dans un fatalisme invincible. « Mais vaines I) raiscms ! comme le disait saint Augustin, la liberté, c*est ce que tous vk les hommes connaissent, ce que les évêques enseignent dans les Il les chaires, ce que les bergers chantent sur les montagnes. i>

L'orateur termine ensuite toutes ces profondes et austères paroles par cette belle péroraison :

Vous le voyez, queHe que soit Tétrange dépravation de rfaomme, Dieu, raivantune expression inspirée, dispose tout à regard deJa créature intelligente et raisonnable avec un grand respect. Car il lui laisse toujours, quoi qu'elle fasse, les deux plus grandes choses du monde, la grâce et la liberté. . Sur la terre donc la lutte et le combat, mais la lutte et le combat librement acceptés, librement soutenus , avec les secours sumalurels d'en hint pour nous assister dans nos défaiUances et ranimer notre ardeur prête à t'éteiadre. Qui se Révoltera contre cette loi de la divine Providence?

Plaignez- vous alors, Messieurs, de la gloire des' braves, des travaux et des triomphes du génie, des découvertes de la science, des conquêtes de Pindustrie; car la guerre, Pétude, le travail ont leurs dangers, leurs douleurs et Uurs maux qui mérilent une compassion véritable Alors ne formez le soldat que pour un honteux repos, la jeunesse que pour une facile ignorance, Fartiste ou le savant que pour de paisibles et lâches loisirs. Mais non; le mal de la guerre, le mal du travail, le mal de la science, les obstacles que la nature oppose en tout genre à nos efforts, font nos douleurs et notre gloire. Souffrez que la victoire ait les siennes aussi, et que dans la luite continue du nîal contre le bieti, du péché contre la réparation même divine. Dieu montre k l'admiration des siècles ses justes et ses héros. Sans la liberté et sans ia présefeice du mal moral sur cette terre, je cherche ce que seraient le courage et |a gloire du bien, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus grand parmi les hommes. Je ne le vois pas.

Messieurs, il faut donc combattre : vous vengerez la Providence^ et vous comprendrez mêmç pourquoi le péché est libre sur la terre, puni dans les en-

PAR LE. IL P. DE BA^lGNAN. SAS

fer«, benni des cieux où régne la uintelé, ee bien tupréoie (Umt ta eooqvète est laborieuse sans doute» mais éternelle et bienh<$areuse. »

3* Conférence. Après avoir parlé de la nécessité d'une sanction pour la loi morale , après avoir montré rimmortalité comme la condition nécessaire de cette sanction, Torateur devait naturellement dire quelle était cette sanction. Or, cette terrible sanction que Thomme ne pouvait découvrir, n^aisque Dieu lui a révélée, c'est celle de l'Enfer ou des peines étemelles. C'est donc de la réalité de celte éternité des peines , cpie l'orateur traitera dans cette conférence.

Dans la 1" partie de son discours , il va s'attacher à prouver que r Enfer existe , et dans sa 2* partie^ il prouvera que l'Enfer existe justement.

L'orateur fait observer d'abord que la croyance à l'éternité date du commencement du monde. Puis il démontre que cette pensée n'a pu Tenir que d'une révélation de Dieu lui même, en sorte que c'est de Dieu, qui apparemment en sait quelque chose, que nous tenons la certitude de l'éternité des peines, laquelle ensuite a été confirmée par Jésus-ChHst ; il eût fallu entendre cette belle exposition qui a produit sur l'auditoire une impression saisissante.

La religion , la philosophie, Thistobre, d'accord avec la poésie et le sentiment populaire, rappellent en tous lieui, en tout tems , la sanction des peines étemelles. Virgile, après Homère, n*a fait dans m$ admirables tableaux que réfléchir les traditions universelles et impérissables des générations anté" rieures, Platon, qui résuma dans ses leçons Torientalisme aussi bien que Thel* lénisme , parle d'un Tartare d'où les grands criminels nb sortiroict jamais. Otez, en effet, du chaos des religions païennes ce dogme d*un Tartare étemel* il ne reste plus aucun principe de différence entre le bien et le mal moral, aucune sanction pour la vertu affligée contre le vice triomphant. Mais^ grèee au ciel, ridée et la haine du crime n'étaient pas éteintes. L'honneur de Thumanité n'avait pas péri tout entier.

Le Dieu du christianisme serait-il venu nous dégrader davantage? Non, certes. D'ailleurs, le dogme de l'éternité des peines fut chrétien avant détrc païen ^ c'est-à-dire qu'il fut révélé dès ^origine. Car autrement, de quelle manière eipliquer cette unanimité dans les croyances de l'Univers sur le point le plus hostile peut-être à l'orgueil des opinions qui se divisent toujours, et k l'indépendance des passions qui se révoltent sans cesse? Cette vérité terrible plana donc sur le berceau du christianisme comme un soleil réparateur de

t86 GONFËRBIfCBfi DB ROTBB^^AIIB tA PARIS

joilleei elle régéném miÈêi, elle rée<mda la terre i elle opéra les prodigee 4e ta civilisation moderne , polsqu'elle fût . et qn^elle est eneere «n dea éiémens çpnsHjéra^Ips et pbligé» de k pré^i^tioQ .évangi^Ugue ^pi md lionmie ne peut retrancher uo iotaf suivant la parole de Jésus- Christ,

Aussi, quand après la mort de Tillustre Origène> des hommes qui probablement altérèrent ses ouvrages vinrent nier] sous son nom Téternité des peines, TÊglise les coildamna. Un concile œcuménique vengea de toutes les attaques l'intégrité da dagme à cet égard, et définit la foi de V enfer étemeL

Pour nous qui i\mm à suiYre dws^ nos ciéli^bres orateurs la mardiç (ie I4 pçlémiqu^ et de T^pologétiqu^ cbrétieune, et qui pous jnspiroi^ autant que possible d^ paroies de nos piaitres» répétons ici après le célèbre orateur, ce que nous avons dit si çouveot dans les uinnahs : Çç dogme , pomme la plupart ^^ autres , fut chrétien (iVQnt d'être paierj. , c'e^itrà-dirq qu*iliut révélé dès l'origine; redisons epcorq que k» philosophe» Gr^çs n'ont fait que réfléchir fçstrfldifiQm unipçrselks çt impérissables des (fénérations anté- Tkurç^, Ce sonç là de» principes qu'il fapt répéter souvent pour paryepir k les faire passer dan^ l'epseigniement comp^uQ, Nous prions encore nos lecteurs de faire ajtjention an^ pwoles suiyaPte»^ qui nous paraissent préciser avec une admirable justesse la valeur rationnelle du consentement universel^ lequel prouve U vérftéyiioii par sa valeur intrinsèque ou humaine, ce qui est le système lamennaisien ^ mais en tant que conservant la révélation divine^ laquelle pai*oIe seule est infaillible ; en sorte que ce consentement universel sera plus ou moins infaillible , selon qu'il sersi plus ou moinç prouvé qu*U a jconsçrvé cette priniitivç l'éyj^latio.n. Ecoutons la parole d|| docte et payant orateurs

Alors qu'il s'agit d'une vérité dogmatique, la voix delSi catkolicile' loal en' tièrej atUslant en ce sens [es oracles divins, di quelque valeur logique appareniment. Son témoignage est plus puissant dans la réalite pour convaincre uiié raison saine, que tous les raisonneraeris du monde pour la dissuader. 11 n'y a donc pas d'illusion possible pour le chrétien ni pour Thomme sensé sous ce rapport; it faut croire à rélernitédes peines, ou bien rejeter la croyance de i^Eglise, la tradition et toute raûtorité des enseignemens catholiques. Il faut Rejeter aussi les admirables résultats que tous les dogmes réunis ont enfantés, les vertus qu*ils ont inspirées. Car enfin il ne 9e peut pafi, suivant l'ordre de la Providence à la foii ei de la logique > que ttnt de bienâi de grandeur et de

PAR tE R. f. DE RAVIGNAPr. 287

gtoire f oient l'effet régulier et permanent d'une folie où d*une fable^ !( ne se peut pas que Dieu ait environné dé toutes les splendeurs et de toute la fécondite des vérités catholiques le soQge. amer d*un enfer éternel, ^î cette croyance n'est qu^nn songe. Non, ce n'est pas pour admettre/ mais bien pour rejeter la foi de nos dogmes, qu*il faut dévorer les plus pruellei absurdités > et ^e v(U)er au culte des idées étroites et pusillanimes.

Pois Forateur offre sommaireniMit le tableau de la traditioii cathcv» liqoe remontant^ par nne chaîne non interrompue, jusqu'à la parofc suprême du Christ.

Les derniers témoins de la tradition, comme les premiers, auraient fermé les yeux à la lumière, abdiqué les droits de la raison, détruit l'empire de la vérité dans le monde) Peut-on créer des suppositions phis absurdes P Est-il possible d*ima^ner un système plua révoltant? Maisnen; aaint Thomas, le phis étonnant génie peut^reqoi ait bonor^l^ terre) avant lui, saint Beniard, si pieùi^ii oom- I^Mitissant i saint Grégoire-le-Grand, que cite et appuie^ Bowjue.t) H^int Jérôme, saint Jçan-Cbtysostome, saint Basile, TertuUien, sa4.nt Jvi^^in proclament hautement l'éternité des peines ; aucun d*eux n'a jamais faibli dai\^ cette croyance; ils l'opposent avec énergie aux païens abusés et a^x chrétiens pré- Varicateurs. Us transmettent aux héritiers de leur foi cette vérité qu'ils avaient recueillie de h bouebe des anciens prophètes, et que Jésus-Ohrist avait fermulée dans les mêmes termes dont il se sert p^nr exprimer I* éternité de b vie é»9 bienheureux et de sa propre vi«;/Au«^ ht in stippUtium cHcmam;jnsU autem in vitam œlemam '. E^o sum vivens f» Ji^ul^ s^c^orw^^s» Qeuoia^ bunhir di€ cko n^lc iu s^oOila sçcvféaxwn^^

Il faut donc le conclure .; le christùtnisme enseigne^^ il ordonne 4e croire. lé dogme formel de l'éternité des peines. Il l'enseigne non ipoins que tous les autres dogmes révélés et déiinis. Dans un de ces. dogmes comme dans tous se trouvent le même caractère de vérité, le même principe d'autorité> le même motif de respect et de certitude.

Avant de proeonoerà la légère que renfer'éiemct est tiiie «apposition gratuite et dénuée de bon aens , se sei|t*dn bien la foroe ^hifUrmeri que la fol tout Mitièfe est un romain aluuvde? Qnle dii|»ii|%a 4^Bier»|tèele. La langue, est devenue plus réservée et moins altière, la logique plus sincères )| (audr^lt. Iç redire cependant, ïUi effet^ si TéterniJé dea peines n'est qi^'uqe pa^rtie inséparable d'un ensemble de vérités toutes divines et certaines, quels n^oyens de

' MattlHeu^ XXV. 46, . , .^ . .

» nid. XX, 10.

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