‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 43 sur 108 · S CONFÉRENCES DE NOTRE-DAME DE PARIS · texte numérisé non relu

S CONFÉRENCES DE NOTRE-DAME DE PARIS

Ten arracher avec violence oa de Pisoler avec dédain pour la nier et la détraire? On le christianisme est faux tout entier, ou hien Tenfer est vrai, puisqu'un même enseignement, une même origine, une même autorité garantissent également tous les points divers de la foi et en forment un indissolnhle faisceau.

Maintenant, h Texemple des Pères qui ont raisonné dans le sens de la foi, sans jamais néanmoins faire dépendre du raisonnement humain un dogooe qui a d'antres fondemens et d'autres motifs , ceux de la véracilé même, faisons sentir que nulle considération, quelque spécieuse qu'elle soit, ne peut offrir d'antagonisme et de contradiction entre la bonté divine et réternité àe» peines. Après avoir montré la vérité de Tenfer, montrons-en la justice.

Dans la 2* partie, Torateur va s'attacher à prouver que la raison ne peut rien opposer de légitime contre la foi à réternité des peines» et il le prouve en développant les trois considérations suivantes:

!• La bonté de Dieu elle-même nous prouve l'éternité des peines. Car cette bonté est aussi Tamour nécessaire du bien et la haine do mal moral, du péché ; Dieu doit à lui-même de punir la transgression de sa loi. Sans cette exclusion du mal , Dieu serait supposé Taîmer , c'est-à-dire qu'il cesserait d'être Dieu. « Le dogme de l'Enfer » est donc parfaitement d'accord avec la bonté divine , ou plutôt il en » est l'eipression réelle , puisque par sa nature , la bonté de Dieu » repousse nécessairement et à jamais le mal de toute participation » à son amour et à sa gloire. »

2" La nature même du péché implique l'éternité de la punition. Car le péché c'est le mal vrai , le mal unique^ le désordre lui-même, le renversement de la loi suprême et de la création. Or, quand la mort arrive dans le péché, l'âme reste ce qu'elle est, séparée de Dieu, son ennemie volontaire. Ce qu'elle a choisi lui est laissé, elle s*est établie dans la. région où Dieu n'est pas aimé, elle y demeure. Or, c'est là l'Enfer même, dont le supplice le plus cruel, le tourment constitutif, pour parler ainsi , est la séparation de Dieu , la perte du souverain bien.

2^ Voici comment l'orateur expose et développe la troisième et dernière considération.

Mais j'entends répéter le mot terrible : « V éternité! t éternité I Des supplices sans fin ! • Ce dogme, il est vrai, échappe sous certains rapports aux fa-

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