CRITIQUE DE QUELQUES EXPRESSIONS DE M. MARET
Et d'abord il a vu dans TUnité divine toute perfection^ mais il n*a pu y en dt^c^rner aucune; il n'y a pas même vu unêtrepariict4/ter, déterminé ^distinct; iln'ai7tt qu*an être absolu, simple f infini^ qui n'est qu'un nom, pas même un nom vivant^ mais une lettre morte. Voilà ce qu'il a vu» ce qu*il a trouvé, en sorte qu'en dernière analyse ce grand effort de conception ^ ce vol élevé n'a abouti qu'à le mettre en présence d'un nom vide et d'une lettre morte.
Or, d'où vient cette confusion , de vision d'un côté et d'existence de l'autre? cela vient;, dit M. Tabbô Maret» de ce qu'il n'avait pas encore conçu les propriétés divines.
Approchez, chrétiens, vous tous simples d'esprit, petits enfanSf hommes et femmes du peuple, approchez , c'est là ce qu'ont appelle la première conception philosophique de Dieu; ou, plutôt n'approchez pas* contentez-vous de la^ connaissance de Die;u. que vous donne votre Catéchisme, elle est la seule raisonnable, et par dessus cela, elle est la seule .vraie. Le Dieu dont on vous donne la connaissance n'est point un être indéterminé^ ni v^ne lettre morte; bien loin de ne^pouyoir discerner en lui aucune perfection déterminée^ vous connaissez en même tems ses perfections que son existence ; vous apprenez tout dç suite qu'il est bon, qu'il est tout-puissant, qu'il est étemel, qu'il nous a créés, etc. Or, c'est là le seul Dieu réel et traditionnel, tous les autres ne sont que des dieux fantastiques, je veux dire philosophiques.
Mais, pour montrer à M. l'abbé Maret, et à nos lecteurs^ combien cette première conception de Dieu est erronée et dangereuse, combien elle est éloignée de la croyance chrétienne, nous allons la comparer aux conceptions de Scheling et de Hegel, en nous servant des propres paroles employées par M. l'abbé Maret pour les ex* poser et les réfuter :
« L'absolu, originairement et en lui^-même, ne possède donc au/^ » cune forme déterminée; il n'est pas l'étendue, il n'est pas la '> pensée ; il n'est pas rintelligence, la volonté, l'esprit; il n'est pas la » matière. Il n'est qu'une pure possibilité, une pure puissance de » devenir toutes choses ; et pour se réaliser ^ il doit se diviser en » lui-même, se particulariser en une multiplicité infinie, etc. '. »
* Tkp0dicee ckretienn^^ çtç,, p. 392.