SUR D1£U ET SA TRIMITÊ
ture divine. « L'être (diTin)» dit-il, suppose une force, une énergie » première^ une actiTité, une causalilê qui le soutientf le porte et » le réalise sans cesse. » Il ne nous sera pas bien difficile de prouver que toutes ces notions sont erronées et fausses. Et d*abord i*étre en Dieu ne suppose rien, absolument rien de premier à loi ; il n'existe ni force, ni énergie, ni activité, ni causalité, qui puisse s^appliquerà la substance de Dieu; il n'y a rien, absolument rien qui h soutienne^ la porte et la réalise. Non, l'être en Dieu ou plutôt l'être-Dieu est sans principe, sans racine, sans premier, sans précédent réel ou supposé. Cet être EST, et de lui commencent tous les premiers, viennent toutes les forces, toutes les énergies, toutes les causes. Il ne fout pas dire qu'il est parce qu'il est possible^ il faut dire, que c'est parce qnll est, qu'il peut y avoir des possibilités et des ^tiîs-i $anees d*étre dans l'Univers.
C'est là la notion que la théologie et les Pères nous ont donnée de la Divinité. C'est pour s'en être écartés, pour avoir voulu faire un Dieu dialectique et logique, que les philosophes et les peuples ont si souvent etsi profondément erré sur la substance de Dieu. Nous ne voulons pas citer ici un grand nombre de textes. Citons-en pourtant quelques-uns pour montrer combien la théologie chrétienne est précise, prévoyante et profonde sur ce point.
Et d'abord, M. l'abbé Maret n'a pas fait attention que si une fois on pouvait ainsi supposer, concevoir, Dieu en puissance, jamais, jamais, il ne pourrait passer en acte; car, pour qu'une chose possible passe en acte ou soit réalisée, il faut qu'il y ait un agent en acte, ou réel, qui, de possible, la rende réelle. C'est ce qu'expose avec une grande clarté et une rare précision le théologien qui a été dit Vu4nge de Fécok:
« Le premier Être doit être en acte et en aucune manière en puis- » sance; car, quoique dans la chose même qui passe de la puissance » à l'acte, la puissance soit antérieure, quant au tems, à l'acte, ce- » pendant, simplement parlant (ou en parlant de l'Être absolu), l'acte » est antérieur à la puissance ; car l'être en puissance ne passe réel- • lement en acte (n'est réalisé) que par un être en acte. Or, nous » avons démontré que Dieu est Vitre premier; il est donc impossi- » ble qu'il y ait eu Dieu quelque chose en puissance (ou quelque
3M CRITIQUÉ DE QUELQUES Blf BESSIttlS DE M. HARET
» cbofe de poflrihie)r«. Dieu est m acUpmrj n'ayat rian de^a*
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MooisaTCNiBlMeaqoe M. l'abbé Maiei ne laisse pas Bîea«i]HMisonnet le ait paner tout de suite en ode; laaiB quel moyoïi empjkûe t'il pour cela TA-t-îi nlêmelogiqiiemeiilledioitde le Durai Saiot Thomas vient de dire que non. Aussi» qœ fiût-îl? il tnmsfionMi sa pmêêance^posiibilUé en puisiancc-foree. Cette erreur, un peo oon^ vertedaos ses paroles, est patente dans celles de M. l'abbé de La Men* nais; répéums ses exprearions : « Pour être» il ùMpouvoUr être. » On voit qa'ici le mot pou/vair n'est que la possibilité d'4tre» posstfrilite\ qui exige un agent pour être réalisée ; mais dans le second membre de la phrase, ce pouvoirfpoêêibilUé devient poupair-agigtaïUi c'est-à-dire que ce n'est plus la poisibiUté^ mais c'est un ag^^ réel En effet, il continue : « L'existence implique la notion d'vneéneigie » par laquelle elle est perpétuellement réaliséei m Yoîfii pourtant ce que M. l'abbé de La Mennais a adopté en délaissant ks^pnres et fidèles notions chrétiennes.
Quant aux mots d'eitergfte, de foret ^ de causalîAf> appliqués à la substance de Dieu» qu'il nous soit permis de citer encore les obseiw valions de quelques docteurs sur ces expressions. On va voirqae non seulement il n'est pas permis de les appliquer à l'Etre de la substance divine» mais qu'il faut encore user de ia plus grande circonspection quand il s agit de la génération du Fils par le Père, ou de la priice»sion du St^Esprit de l'un et de l'autre» Ecoutons un mnoient les doc** teurs de l'Eglise :
$aint Cyrille d'Alexandrie ne veut pas que l'on se serve du mot éneryte pour indiquer U Pèrt. « Car^ dit^tl> énergie (ivtpf^oc) Ja- » dique une action , un ouvrage (IpYov) » et père indique one » façon d'être j une relation natweiie (o^^^étreu^)» -^ VénH'gie est
' Necesse est id quod est primum ens, esse in actu, et nullo modo in potentià* Licet enim in uno et eodem, quod eiit de polentiâ in aclam , priùs sU tempore potentia quàm actus> simpliciter tamen actus prior est polentiâ, quia quod est in potentia, non reducitur in actum nisi per ens actu. Ostensum est autem suprà ( Çuast, prœc.y art. 3 ), qaod Deus est primum ens. Imposfeibile est igitur quod ih Beo sitallquid in potentia. {Samma^ pan IS q. iit^ art. I .) IMiis M adus purai nea tkabans ^SàicpSA «te potentii^tatef {Md^ art. t,p. 4T7 .)