‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 53 sur 108 · SUR DIEU ET SA TRINITÉ · texte numérisé non relu

SUR DIEU ET SA TRINITÉ

» la même chose que action (7roiY](ni;}. Or cette action 4a Père a n son terme hors de lai et non en lui'. »

Petanrâsume ainsi les divers sentimens des Pères : « Quoiqu'il y ait » telle action qui soit de cette nature, qu'elle exbte au moment même M OÙ la cause efficiente coàiinence à être , cependiuit on doit la nom- » mer faetuns et énergie. Âtt contraire il faut appeler substantielles 1» et non pdnt iûergies les opérations par lesquelles} ce qui opère 1» produit quelque chose de sa substance, etc.^ »

Quant à la inanlère dont s'opère la génération du S'ils, voici ce que dit saint Thomas :

« Les Àilens voulant prouver que le Fils est une créature, dirent » que le Père a engendré le Fils par sa volonté, en ce sens que la » volonté désigne le principe. Pour nous, il faut dire que le Père » a engendré le Fils, non par sa volonté, mais par sa nature. C'est » pour cela que saint Hilaire dit : La volonté de Dieu a donné la n substance à toutes les créatures ; mais la naissance parfaite reçue D d'uûe substance non passive et non née, a donné sa nature au » Fils. Toutes les choses créées sont telles que Dieu les a voulues ; t mais le Fils né de Dieu est tel que Dieu lui-même^ Il en est de même, d'après saint Thomas, de la relation du Père et

« Cyrïlns, 18 7%e:Faar.^p. 184.— Saint Grégoire dcNazianze, Orai. xxxv, p. 572, dit U même ^ose cônlfSf Eunomas, qUi iouteHait que le fils était le produit de Téoergie du père. Dans Petau, Do^. théol.^ t. n, part. 1", p. 250. Venise, it57.

* Ilaqne tametsî hujtu; generis actio sit aliqua, quœ eodem momento, quo caussa efficiens esse incipit, eiistat, nihilominus Troivioi; et évsp'yeia nominabitur. E contrario yerô oùaïA^stc, id est substantivae sunt operationes et non censientur evsp^stat , quibus è substantiâ suâ producit allquid id quod operatur, etsi tempore sint eo posteriores. De Trinit.,\\y. y,c. 4>n. %Jbid,^ p. 251.

' Ariani yolentes ad hoc deducere quod Filius sit creatura, dixerunt quod Pater genuit Filium, voluntate, secundùm quod voluntas désignât principium. Nobis aulem dicendum est quod Pater genuit Fiiium non voluntate , sed naturâ. Unde Hilarius dixit {de Synod. défi,, 24). « Omnibus creaturis sub* » slantiamDei yoluntas attulit, sed naturam dédit Filio ex impassibiU ac non » natâ substantiâ perfecta natlyitag. Talia enim cuncta creata sunt, qiiaiia » Deus ésse yoluit ; Filius autem natus ex Deo taiis subsittit, qualia et Djbui » est. » Summa, p.i, q. xu> art. 2 dans Téd. deMigne, t. i, p. 807.

308 GB1T1QU£ DE QU£LQU£S EXPRESSIONS DÉ M, liABEX

do Fib. « On ne peut pas dire qu'ils s'aiment par le St-£s(^it ; ils 1» s'aiment par leur Essence. Cet amour est le St-Esprit*. »

On Toit par toutes ces citations quel soin ont pris les docteurs chrétiens d'éloigner toute idée d'action et de génération, on de procession appliquée à la nature divine. C'est ce à quoi n'a pas fait assez d'attention M. Tabbé Maret, qui, comme le lui ont déjà fait observer les théologiens de la Biographie catholique » ainsi que les jinnales^i admet une communication de la nature divine, ce qui constitue l'erreur de l'abbé Joachim, condamnée par le 12^ concile général , iv* de Latran (en 1215), en ces termes :

Cl Chacune des trois personnes est cette chose, c'est-à-dire subit stance , essence ou nature divine , qui seule est le principe de » toutes choses , hors de laquelle ou ne peut en trouver un autre. » Cette chose n'est ni engendrant, ni engendrée^ ni procédant; mais » c'est le Père qui engendre, le Fils qui est engendré, et le Saint- )» Esprit seul qui procède, afin qu'il y ait distinction dans les personnes, M et unité dans la nature... On ne peut pas dire que le Père ait » donné au Fils une partie de sa substance, et en ait retenu laulre » pour lui-même , puisque la substance du Père est indivisible, » comme étant tout à fait simple. On ne peut pas dire non plus que )) le Père transmette {communique) sa substance au Fils en l'engen- » drant, de manière qu'en la donnant au Fils il ne Tait pas retenue n pour lui-même; car alors il aurait cessé d'être substance^ »

' Pater et Filius non diligunt se Spiritu mdcIo^ £ed easentiA saà... Nonpossumus dicere quod Pater spiret Spiritu sancto vel generet FiIio> etc. lâid,, q. xxxyiii, art. 2, p. 777.,

* Voir les Annales^ t. xii, p. 72, et la Bibliographie catholiciae, t. xt, p. 282.

' Quœlibet trium persoDarum est illa res, videlicet substantia, essentia, sire natura divina, qu» 8ola est universoram principium, prêter quamaliud inrenirinon pot est; et iila res non est generans, neque genita, nec procèdent ; sed est Pater qui générât, Filius qui gignitur, et Spiritussanctus qui procedit, ut distinctiones sintin personis et unitas innatnrâ... Ac dici non potestquod partent suœ substantiaeilli dedcrit et partem retinuerit ipse sibi, cum substantia Patris indivisibilis sit, utpotèsimplexomninè. Sed nec dicipotest, quod Pater in Fiiium transtulit suam substantiam generando, quasi sic dederit eam Filio , qu6d non retinuerit ipsam sibi : alioqiftn desiissel esse substantia. Decreb con. Lalerwernis, dans les Conciles de Bail, I. i, p. 296.

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Les théologiens basent encore leurs observations sur les mots cause et principe» sur la décision suivante du 18* concile général ; celui de Florence, en 1438 :

« C'est pourqum, an nom de la sainte Trinité, Père, Fils et Saint- I» E^rit, et par l'assentiment du saint concile général de Florence, » nous défini$$on8 que cette présente vérité de Foi soit crue et reçue » de tous les Chrétiens; et qu'ainsi tous professent que TEsprit-Saint est » éternellement du Père et du Fils , et que son essence ou son être » subsUmtiel, il l'a du Père en même tems que du Fils , et qu'il » procèdeétçrnellementderunetderautrecommed'iin seulprincipe » et d'une unique spiration; déclarant que ce que les saints.docteurs » et les Pères disent quer£sprit-Saint procède du Père par le Fils, veut » faire cominrendre et signifier que le Fils aussi est, selon les Grecs la >» cautej et selon les Latins le principe àe la subsistance de l'Esprit* » Saint, de même que le Père'. >*

On voit, d'après ces décisions suprêmes, qu'il est inexact de dire, comme Ta fait M. Maret, « qu'il n'y a qu'une nature divine, qui sans > division SE communique^ trois principes coéternels./ (p. 283) » ; la nature divine ne se communique pas, n'engendre pas, n'est pas engendrée, n'est pas réalisée. Car, comme le dit saint Thomas : « Rien » ne peut faire que le mot essence (ou nature) puisse être employé » pour le mot personne^ »

* In nomine igitur sancte TrinitatU, Patris et Fiiii etSpiritûs sançii, hoc sacro aniveradi approbanteFlorentino concilie diffinimus, uthsc fideiveritas ab omnibiu Christianis credatur et suscipiatar, sicque omnes profiteantar, qaia Spiritus nnctus ex Pâtre et Filio etemaliter est, et essentiam suam, suumqae esse subsistens habet ex Pâtre simui et Fiiio, et ex utroque «ternaliter tanquam ab uno principio et unicâ spiralione procedit, déclarantes quod id, quod sancti doctores et Patres dicunt, ex Pâtre per Filium procedere Spiritum sanctum, ad hanc intelligentiam tendit, ut per hoc signifîcetur, Filium quoque esse secundùmGraecos quidem causant, secundùm Latines \erà principtum ^ubsistenti» Spiritus sancti, sicut et Patrem. Uuerœ anion's, dans Bail, p. 473.

* Hoc nomen essenlia non habet ex mode su» signifîcationis quod suppooat pro personà. Ibid, q. xxxix, art. 5, p. 789.

m* s£ri£. tome xiu. — n^ 76; 1646. 20

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