ET AUTKES CHEFS DES MISSIONS
POUR lA FORMATION D'uN CLERGÉ INDIGÈNE.
L'importance du document suivant nous fait un devoir de Tinsérer en entier dans les Annales. En effet, on verra par les dispositions qu'il renferme que le Souverain Pontife, le chef des chrétiens, cherche non seulement à éclairer les peuples qui n'ont pas reçu les lumières du Christ, mais encore à effacer les derniers restes de préjugés, de races et de castes qui pourraient exister dans la grande famille humaine. Il ne s'agit plus seulement de convertir les infidèles, Hindous, Chinois, Américains, Nègres, etc., mais encore de les fahre arriver à l'honneur du Sacerdoce et de TÉpiscopat, pour les établir ainsi eux-mêmes les gardiens et les juges de la foi qu'on leur confie. Cette mesure, qui passe inaperçue de nos philosophes et de nos humanitaires, est cependant le plus grand pas que l'on puisse faire pour la réunion et Fégalité de la grande famille humaine. On remarquera encore le soin que prend le Pontife de recommander à ses missionnaires d'initier les peuples étrangers, non seulement à la foi, mais encore aux sciences^ aux arts, aux bienfaits de la civiUsation chrétienne. ljS& phalanstérlens, les économistes prêchent de belles maximes ; nous leur en savons gré, mais pourquoi ne louent-ils pas, ne font-ils pas connaître au moins les grands secours qui sont envoyés aux peu* pies par le chef des chrétiens. Il y a une différence, d'ailleurs, entre
m* SËRI£. XQM6 HJXU — N' 77 ; 18&6. 21
326 INSTRUCTION D£ Lk SÂCEÉE GONGBÉG4TION
leurs paroles et celles du Soaveraia* Pontife, c'est que les unes res* tent à peu près à Tétat de théorie, et que les autres soot te ut de suite mises eu pratique par d'innombrables Apôtres qui ont tout abandonné, même le sol de la patrie, pour^ aller réaliser ces mifiantes paroles, souvent au péril de leur vie. A. B.
a Tout le monde connaît assurément avec quels soins et par quels efforts le Siège apostolique, dans Faccomplissement de la charge divine qui lui a été confiée, s'applique journellement depuis la première et toujours croissante effusion de la lumière évangélique sur toute la terre, de faire arriver la gloire de la vérité éternelle jusqu'aux peuples encore plongés dans les ténèbres et dans les ombres de la mort, et de maintenir profondément dans les âmes le Verbe de vie, une fois qu'elles ont eu le bonheur de le recevoir. Or, il est manifestement démontré, soit par l'exemple des apôtres» soit par le témoignage le plus imposant de la primitive Eglise^ qu'il y a, pour la propagation et rétablissement de la religion catholique, deux moyens principaux et comme nécessaires, savoir : l'apostolat des évêques, que le Saint-Esprit a établis pour gouverner l'Eglise de Dieu *; et le soin de former un clergé indigène. Sans doute, sur ce point, il n'est pas nécessaire de citer ici les passages d'ailleurs fort connus de la sainte Ecriture, et plus spécialement encore des Épitres et des auti^es actes apostoliques qui prouvent surabondamment cette vérité. Qu'il nous suffise d'entendre les paroles expresses de saint Clément de Rome, qui fut le disciple de saint Pierre, le coadjuteur et le compagnon fidèle de saint Paul. En s'adressant aux Corinthiens, voici comment il s'exprime an sujet des apôtres : « Us établirent des évêques et ils » transmirent pour l'avenir cette forme de succession épiscopale, 9 que d'autres hommes choisis et éprouvés par eux passent après » leur mort remplir leur charge et leur ministère sacrés *. » Et au siècle suivant, saint Irénée disait : « Nous pouvons faire l'énuméra- M tion de tous les évêques ou de tous leurs successeurs^ depuis les » apôtres qui les instituèrent jusqu'à nous \ » Bien plus, telle a été
* ^^cles XX, 28.
* JEpit. aux Corinlk,f i, c. 44,
* ^<iv€t\ ïïœrcs.yX, m, c. 3.