‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 7 sur 108 · DB M. 4A18SET · texte numérisé non relu

DB M. 4A18SET

1 comme notre Dieu est proclie de noas^ et présent à tontes nos > prières K » Dans ces termes, la proposition est très-exacte : en effet» Jebovali était, à beaucmp d' égards, le Diett national et local des Hébreux. C'était pour cette partie de la religion qni était ce-rémofiiale, laquelle arait presque toute rapport au Messie à venir, et qui fais^t du peuple fiébreu, le peuple de Dieu* Le passage cité se rapporte à ces cérémonies, et particulièrement au fait que Dieu se rendsdt présent dans le sacrifice et dans Tarcbe. — Mais M. Saisset avoue ici que l'on trouve dans la Bible des passages d'un caractère tout opposé , et prouvant que Jebovah était le Dieu du genre bumain ; il en cite deux tirés des Psaumes et un û!Amos. Mais il pouvait en citer un plus grand nombre tirés de Moïse, de Jobf de la Genèse; il aurait pu dire que les Juifs étaient obligés decroire par Tbistoire même de la Création , que Jebovab avsiit créé tous les bommes , et que tous les bommes étaient donc ses^ enfans; cela était le fond de la croyance du peuple Juif, seulement le peuple Juif était le peuple privilégié; ce qui est loin d'exclure les au^es« Il faut savoir gré à M. Saisset de ces modifications; mais avec ces cbangemens> comment a-t-il pu laisser snb* sister ces passages : < Nous ne trouvons partout que des Dieux »nationaiix et Umtéa; — et : l'idée d'un Dieu unique et univer* » sel est essentiellement dnrélienne {tb. ). »

Tout. le Mpsaîsme repose sur un Dieu unique; c'est presque toute ridée , la seule idée du Mosaîsme ; que M. Saisset veuille bien étudier le Christianisme sous ce point de vue , qu'il se sou-^ vienne du passage où saint Augustin dit expressément , « que la » religion chrétienne date du commencement du monde, et à » toujours subsisté; » que le Christ n'est venu que réaliser les prophéties et les types, et compléter ce qui manquait à la religion primitive; alors un jour nouveau éclairera pour lui l'histofare et les religions de l'antiquité.

4* ModiOcation de l'opinion de M. Ssiisset sor la pfaHoiopfaie de Xénopbane.

M. Saisset avait demandé « quelle était la voix qui s'était éle- 1» vée pour la première fim au sein du paganisme pour attaquer les » croyances polythéistes; il avait répondu que c'était celle de Xé- » nophane^ un des pères de la philosophie grecque.»., lequel, le

* Deut,, iT, 7.

1S MODIFICATION DE QUËiQUES OPINIONS

» premier en Grèce, avait proclamé nettement le dogme d'un Dieu » unique et spirituel (p. 1039). • Nous lui avions fait observer que ce dogme était déjà renfermé dans la Bible^ qu'il avait été cru primitivement par toute la famille humaine , que des fragmens obscurcis de cette croyance avaient existé au milîeqrdes peuples et des familles, et que les prophètes l'avaient proclamée de nouveau , avant et en même tems que les Grecs. Nous avions prouvé^» en outre , d'après M. Cousin , que Xénophane avait reçu sa doc^ trine d'ailleurs , et qu'il était douteux que son Dieu fût unique et spirituel. Nous finissions par ces paroles de M. Cousin : c Xéno** 9 phane , qui le premier ( avant Mélissus et Parménide , dans le » texte) 9 parla de l'unité (ou plutôt d'unité), n'a pas eu de sysn tème précis ; il ne parait pas s'être prononcé sur la nature de » cette unité, si elle était matérielle ou spirituelle ; mais en con- 0» templant l'ensemble du monde, il a dit que l'unité (cette unité > du monde) est Dieu (p. 226).» — M. Saisset a loyalement modifié son opinion; Xénophane n'est plus le premier absolument , qui en Grèce ait proclamé l'unité de Dieu, mais peut-être le pre^ mier. On voit combien cette modification est importante. Mais, comme nous l'avons déjà dit pour le Dieu national des Juifs, ces modifications font disparate avec le contexte. On ne peut plus dire, en effet, comme il le dit quelques lignes plus haut : « Quelle » est la voix qui s'est élevée pour la première foie, etc., » à laquelle il répond : c c'est celle de Xénophane;.. . » il fallait répondre logiquement : Je n'en sais rien ^ mais c'est peut-être Xéno^ phane.

Quand à cette assertion , que le Dieu de Xénophane était uni-que et spirituel, il la laisse subsister, quoique M. Cousin lui dise que Xénophane ne s'est pas prononcé sur la nature de cette unité , si elle était matérielle ou spirituelle. Il est vrai qu'en adoptant cette modification , il fallait détruire le fond même de son article ; c'était beaucoup demander. Contentons-nous de ce qu'il nous accorde, que tout ce qu'il dit de Xénophane... est peut-être vrai.

5. Modifications de ropînion de M. Saisset, sar la philosophie d^Anaxagore.

M. Saisset avait dit : « Qui a conçu Dieu pour la première fois, » comme une intelligence pure de tout mélange...? c'est encore » un philosophe, Ânaxagore; » et sur cela, il citait Aristote, qui

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