INSTRUCTION DE LÀ SÂGRÉ£ CONGRÉGATION
» prêtre on a fixé son rang propre, et à chaque lévite son ministère *. » Enfin, en pareille matière, il ne serait pas permis d'omettre le témoignage d'Ëusèbei lequel, bien que moins rapproché des tems apostoliques, renferme cependant le passage suivant, le pins exprès et le j^ns significatif de tous. « Après la mort du tyran, Tapôtre Jean, àsonre- » tour de Pathmos, vint s'établir à Ëphèse. Sur la prière qu'on lui en » fit, il se transporta dans les provinces les plus voisines, soit pour » y établir des évoques dans les églises d^à formées, soit pour y for- » mer de nouvelles chrétientés, soit aussi pour séparer du reste des » fidèles et les faire entrer dans la part du Seigneur, des hommes que » l'Esprit saint lui faisait discerner pour les constituer en clergé '. » » A l'exemple donc des apôtres, et fidèlement attachés sur les traces de leurs pas, les pontifes Romains placés à la tête de l'Eglise entière par l'autorité divine, se sont efforcés en employant leurs soins et leurs peines, tantôt par eux-mêmes, à partir des tems les plus reculés, tantôt, et plus spécialement depuis les trois derniers siècles, par l'entremise de la sainte Congrégation de la Propagation de la Foi, de multiplier le plus possible le nombre des évêques, d'établir partout des églises selon l'opportunité et tout cela pour le salut et le plus grand avantage de la religion. Non seulement ils ont voulu par les plus nobles et constans efforts que cet admirable et salutaire moyen de sainte Providence s'appliquât aux contrées d'abord fécondées une première fois par le bienfait de la semence évangélique; mais ils ont eu soin de faire participer au même avantage tous les pays qui ont vu s'affaiblir ou s'éteindre dans lenr sein la foi catholique, soit par le laps des tems et des siècles, soit parle funeste fléau de l'hérésie, soit par le retour dominateur des superstitions idolâtriques. Que si, par suite des vicissitudes cruelles des tems ou par quelques graves et impérieuses circonstances, on n'a pas pu établir ou conserver partout des évêques titulaires et ordinaires^ du moins les Souverains Pontifes se sont empressés d'envoyer des vicaires apostoliques, tous revêtus du caracière épiscopal et de l'autorité pleine et entière pour gouverner dans ces contrées le troupeau fidèle de Jésus-Christ. Seulement» dans quelques pays assez rares, i raison de quelques circonstances
■ Jujc CorintK^u c. 40.
* Uist. ceci,, liv. III, c. 23.
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très^-graves anssi, ib ont consenti à ce que de simples prêtres finsent tenqporairanent chargés de Tadministration suprême du troupeau catheUqne; mais avec rintention et le dessein bien arrêté toutefois, de rêtaUîr aussitôt qn*on le pourrait en de telles contrées, la forme parfaite et primitive de la hiérarchie ecclésiastique.
» Ainsi donc, il demeure démontré à tous, et confirmé par des documents nombreux, que les pontifes Romains, dans le saint exercice de leur suprême devoir, se sont appliqués de tout tems^ et par toutes sortes de moyens efficaces, à veiller à ce que les évêques qui se rendaient par leurs ordres dans les diverses contrées de l'univers, et y étaient établis chefs des Eglises, pressassent avec Tardeur la plus vive la formation d'un clergé indigène» C'est à ce but que tendent en effet ces secours de tout genre accordés si fréquemment aux évêques des contrées les plus lointaines, afin d'y former d'abord à la science et à la piété de jeunes indigènes qu'on devrait ensuite initier aux ordres sacrés. C'est dans ce but et pour la même fin qu'ont été élevés soit à Rome, soit ailiers, ces nombreux collèges nationaux f qui ont absorbé, depuis leurs premières fondations jusqu'aux faites somptueux qui les couronnent aujourd'hui, tant de travaux et de dépenses. C'est pour ce but encore qu'on accorde tant de privilèges et de facultés extraordinaires aux évêques et vicaires-apostoliques, afin qu'en quelques endroits, l'ascension dans les degrés des saints ordres et l'élévation aux honneurs du sacerdoce soient rendues plus faciles et plus IHTomptes en faveur des indigènes. C'est pour cela enfin qu'ont été écrites tant de lettres et de constitutions émanées des pontifes Romains , tant de documens et de décrets d'après la même autorité , et formulés par cette sainte Congr^ation , devant servir de témoignage éminent et incontestable pour les siècles à venir, de cette auguste sollicitude apostolique pour l'institution du clergé indigène dans toutes les missions.
» Il serait certes trop long d'énumérer en particulier toutes les sanctions pontificales sur cet objet; comme aussi d'en rappeler sommairement la série, depuis les premiers siècles de l'Eglise jusqu'à nous. Qu'il suffise d'en rapporter ici quelques-unes de celles qui ont été portées de tems à autre par la samte Congrégation, soit à son origine, soit à notre époque. Ainsi, dès l'année 1626^ on avait re-
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comMiiidé à Téf ôque du Jiipoa <( d'élever par. Içs degrés des sainu D ofàxf^ j^o'au 99cerd9ce ceux des Japonais qu'il J4igerait pro- » iNrea et jiéeessaires «a saint minist^ret »» Et peu de tems après, le 98 povembre 1&30, il fqt déçjdé sans Aucune exceptipOi relaUvement aux missions des Inde^» « cpi^il fallait absolument disposer les «choses » d^ manière à élever aux sain^ ordr^, jusqu'au sacerdoce inclusi- M vement, ceux des Indiens qui paraîtraient les plus capables iq^rés » une préparation exacte; et un sérieux examen de leur instruction, » après répreuve 4e leurs mœurs, pendant quelques années, et dans » la pratique de la religion chrétienne et l'exercice des fonctions sa- » crées*
» Mais ce fut eu l'année 1659 que le Pape Alexandre VII, d'immortelle mémoire, exigaq expressément que la aacrée Congrégation donnât les avertissemens raivans aux vicaires apostoliques qui partaient pow le Tongrking, la Chine et la Cocbinchine ; « Que le motif » principal, en envoyant des évoques dans ces contrées» avait été » que les missionnaires apostoliques s'efforçassent par toutes sortes » d'actes et de moyens de former la J€unê$M du pays^ de manière ii » la rendre capable de fournir des prêtres, lesquels^ consacrés par » leurs mains, seraient placés dans les différentes parties de ces vastes » réglons, pour coopérer sous la vigilante direction de ces prélats à A Tceuvre chrétienne. '> Il leur prescrivit donc d'avoir toujours de* vaut les yeux le devoir « d'établir et d'instruire le plus d'élèves et » le mieux possible pour les ordres sacrés, et de les y élever quand u il m serait tems \ »
» Les constitutions du même et si si^ Pontife renferment de semblables prescriptions 2 ce sont celles du IB janvier i659 : Sacrih samli aposiolatm ofim ^ et ^ly^r çaihedram ' du 9 septembre tââfi } celles de Clément IX : In tsoëm S et N$>eciUalores ^ ; l'une et l'autre du 13 septembre 166 9 î celle aussi de Clément X :
* /»^/. <l£f wV. 9post..Ti)nq, citQocbiQ., anQQ 16^9.
* Bull, tmg,t e4^ tom., t. vi, part. 4, p. 2t2, Const. 85,— Et BulL Ptvp^ , t. r,p. 137.
3 Suit Propag, in Append^y t. i, p. 261.
4 Bail, mag.^ t vi, part. 6, p. 3S5, Const. 118.— Et jffa//; Pro/)/i^.,t.i,i>. IW.
• Bnll mag.x VI, part. 6, p. 35T,CoB». 1 19.— Et Bh^\ Pr^pttg.^ t.r, p. 170.
Dfi lA PftOPAGATION DE LA FOI. S SI
Decêt Jtofnahum pontifleem s da23 décembre j 673 , indiquent tontes, et dans le même sens : « Que la fin suprême pour laquelle on » avait envoyé et étabK des évêques vicaires apostoliques en Chiner » au Tong-king, en Cochinchine^ à Siam et dans les autres roifau- » mes voisins, c'était afin qu'on fbrmât et qu'on tirât de ces iiidigèt ne$ ou des habitans de ces pays, des chrétiens qui fussent initiés » 2i la clérîcature et au sacerdoce ; et, qu* avec V accroissement delà » /bt, on introduisit peu à peu parmi les fidèles Piisage de la dis^ » clpKne ecclésiastique, » »
En outre, le Pape Innocent XI, dans ses Lettres apostoliques en forme de Bref, dont les premiers mots commencent ainsi : « Onerosa n pastoralis, au sujet des missions de Chine, et datées du 1^ avril » 1680, ordonne que le nombre des vicaires apostoliques soit » augmenté, pour que ces vastes contrées soient gouvernées avec » soin et avec fruit, et surtout afin que chacun de ces évoques s*ap- » plique spécialement à former et à promouvoir aux ordres sacrés » des naturels de ce pays. »
» Et ce n'est pas tout encore ! Cevénérable pontife, afin de presser plusdlicacement rétablissement d'un clergé indigène dans les royaumes dont nous venons de parler, alla jusqu'à accorder aux évêques d'Hélîopdîs et de Bérythe, ses deux légats, entre autres facultés, le pouvoir d'obliger même les vicaires apostoliques^ par les peines cano' niques, à disposer les naturels et les indigènes, à les initier à la tlérieature, et à les élever au sacerdoce, afin de préparer ainsi les voies à l'institution d'évêques indigènes , institution que le même Pontife réalisa dans plusieurs contrées; Ce fut encore dans ce but que forent publiées dans la suite les lettres en forme de bref du pape Clément XI, Dudum felicis^, du 7 décembre 1703; le décret' de Clément XII, du 16 avril 1736 ; plusieurs constitutions de Benoit XIV; l'encyclique* de Pic VI du 10 mai 1775, et enfin un nombre considérable de décrets et de constitutions sur la même matière, émanés de' la sacrée congrégation de la Propagande, par l'autorité de notre
• BulL mag.y t. vii^ p. 242, Const. 145.— El BulL Prop., t. i, p. 205. » BulL Propag,, t. iij p. 1.
3 Ibid,, t. II, p. 24, Ad Grœcos Caiabros.
* Ibid., t. IV, p. 163. ^*"**