‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 68 sur 108 · LETTRE DE MGR L*£VÊQU£ DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

LETTRE DE MGR L*£VÊQU£ DE MARSEILLE

se m<^utrâ fort irrité d'y trouver uq très-grand nombre de chrétiens et qu'en 303 beaucoup d'entr'eux souffrirent le martyreavec saintYict^r» On^ y reconnaît une Église dès-lors florissante et déjà ancienne ; c'est sans doute à cause de Tancienneté de cette £glise qu'çn 314 Orésius, évêquede Marseille^ eut la préséance^ au 1*' concile 4* Arles, sur les évêques de la province Viennoise, même sur Marin d'Arles et sur? Verus de Tienne, et c*est encore pour cette raison que les évêque3 de Mai;seille furent considérés con)me métropolitains de la seconde Narbonnaise jusqu'au 5^ siècle, époque où, d'après le Concile de Nicée^ les métropoles civiles devinrent métropoles ecclésiastiqoies.

Les savans les p]us versés dans l'hisioire de i'ËgUse de France^ Lpngueval, Baronius, Pagi, Denis de Sainte-iMarthe, Sirmond, de, Marca, Roinart, Noël Alexandre et d'autres, pensent que le Gbristianisme a été prêché en Provence dès le l""' siècle. Mais comment admettre que Marseille, la plus ancienne ville des Gaules et une des, plus grandes, sinon la plus grande alors, elle qui dès Tabord se présente la première sur le rivage^ aurait été négligée quand , d'aulires parties du pays eussent reçu FËvangile? C'est impossible; le^ grandes villes étaient toujours préférées.

L^apostolat de saint Lazare à Marseille appartient à un ensemble de faits qui se rattachent à la Provence entière et sont l'objet de sa tra-> diiion constante. Des monumens qui ont survécu aux siècles rappelt lent, sur divers pointe de notre province, ces faits dont le souvenir nous est justement cher. Un culte spécial, et dont l'origine remonte à l'époque la plus reculée, y est fondé, ainsi que je l'ai déjà indiqué, sur leur existence. A Tarascon, on honore le tombeau 46 sainte Marthe \ à Aixy on fait la fête ùa saint Maximin^ premier £vêque de cette ville, venu dans les Qaules vi^ceaifU Lazare etseg sœurs; aux Saintes-Maries, ancien diocèse d'Arles, on vénère les re« iîques de plusieurs saintes femmes du nom de Marie, dont il est parlé dans TEvangile, et qui sont venues aussi avec saint Lazare; à Saint- Maximin et à la Sainte-Baume, aujourd'hui diocèse de Fréjus, on voit les populaiions accourir ici au tombeau, là au Heu où futia re-^ traite de sainte Marie- Magdeleine; enfin, à Marseille, on montre te chef de saint Lazare , que l'on honore avec une grande solennité comnïè le fondateur de cette Eglise.

m* SÉRIE. TOME XIU. — N* 77; 1846. 2i

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