MISSION DE SAINT LAZIRE
Comment, s'ib sont faux, les faite dont il s'agit ont-ils pn êtrclfeaiement admis aycc nn caractère religieux en tous ces endroits cMfércntsî Comment est-il arrivé qu'en se présentant sous un aspect particulier à chaque lieu, ils s'accordent parfaitement cntr'eux pour ne foraier qu'une même tradition ? On né pourndt dire avec prenvc à quelle époque on a commencé à y croire, de manière à ce qu'une erreur pratique ait prévalu h leur égard dans tontes les parties d'une grande province. L'argument de prescription a lieu poui* eux dans toute sa farce aussi bien que dans d'autres questions; mais il n'est pas, tant s'en faut, le seul qui existe pour prouver que si on a pu lés embellir dans leurs circonstances, ils ne sont pas, quant au fond, une pure imagination conçue par l'amour du merveilleux et accréditée par la crédulité populaire.
Baronius les appuie, dans ses Jnmîei EccUsiastique^, sur des manuscrits du Vatican'. Ce savant homme attachait une grande valeur h ces manuscrits relatifs à lliîstoire d'Angleterre ; il les examina avec {rinsiéurs autres sa vans, que le pape Grégoire XÏIIlui avait adjoints pour la révision du Martyrologe Romain j et les faits en question furent maintenus dans qjq Martyrologe, malgré la sévérité avec laquelle on avait procédé à sa réformation. Baronius motive, dans nncwo^c, l'opinion des examinateurs par Tautorlté de ces manuscrits, autant que par celle, dit-il, d'une ancienne tradition*.
On a découvert récemment^ dans la bibliothèque de l'univer^té d'Oxfoi:^, iinfilt^id tMirnscriffe de sainte Marie-Magdelaine par le célèbre Haban^Manr, archevêque, de Mayence, lequel raconte tout au long ks mêm^ faits comme parfaitement admis de son tems. Ce dernier manuscrit est du commencement du 9* siècle. Il eût désarmé le grand adversaire de notre tradition^ le fameux docteur Launoy, le
*' On y lit, en effet: «Insuper colligere possumus Lazarum, Mariam-Mag^ n dftienàni , Marlham et Màrcelldtn pedissequam... cum Maximîno in certom • 't^ekteirium mari fai^e credHos..., quos divinâ ProTidenti Ma^siliam tra- 4. dont appoliss& » (ManusenpU.Aii/. AngL qui liabetàt-in Vatie. Ëihlioth.) — fiiurpitiui ei^ eocor^;^e^A Mxfgdalaka et sociorma^^ Voir sesjémaieé, anno 35, n. ^, ^ j.
* I^airopius ()it danj^.^es notes $ur le M^rlt^rçloge romain i iDeâcCOMU » autcm Magdalenffi cum Marthâ et Maiin^po in GaUlas^^in vetuf (,(a(}itiOy H tùm etiam antiqui manu^cfipti cadices èdocent..* «Nq^ au 22 jviUeU
LETTRE DE MGR L*JE^ÊQUB DE MABSEILLE. â&3 \
premier qui l'ait attaquée et qtrî ne demMâait, pour $e désister, qu'un témoignageantëriaur aiiiO^ siècle. '^ ^
n ne serait pourtant pas étonnaat qu'au fût dèpoutvu de pi^tité^
f osHîtes, quant aux tems qui ont pirécêdé c^ siècle :' les Sàitâèfhs,
dafts leur» intasioii$ diverses ou pour mieux dire' bontîûû^fes; durant
une 'période de près de SOO- ams, n^ont presque laissé rieà subsister,
d«n»uos contrées» de ceârtemSrIâ, à l^appui de notre histoh^1oca)e,
en quelque genre que ce soit. C'est à cause de cek que les anciens
documens , pour cette histoire, sont la plupart ti^dè pigées* étrèm-
gère» à nos ârcbives, et 9e trouvetti néce^ssÉ'emènt f<^t incomplets ;
aussi» quand ib gbrdaraie&t m'êUtneê abÉùl'U sur mosëaints Pàtr<^s,
a?«it l'époque de la renaiasanice de'tios^afdifilre^; on n'en pourrait ^
rien conclure^ Néanmoins le: père Noêl^Aléxatidre cite, entre àtftreis
preuves en faveur de l'etistence et de runîversâlitédè^ notice ti'ifdi-
tioB, im titre du 6® et un 'autre du 9« siècle. Bouche, faiistorîen dé
Provence, eu apporte {dusieurs autres qu^ôn'jcÉ^ ne pouvoir être
rejetés que par det^ esprits pi:évenus. Lé pèreXruesiiay, jésuite, dans
un ouvrage qui a pour titre : Magdaièna Massiliœ advena^ prdixàt
pareillement un bon nombre de ^citations qui! serait trop Totig' de
douttér ki , et qui sont des t^èignages remarquables pour une
époque antérieure à Tan 900 de^notre ère. Les hommes compétens
considèrent le tombeau de sainte Marthe k Tarascon, comme portant
le type du 6« siècle. Celui de sainte Miflrie--ftlagdeldne à Saint-Mati-
min , orné de bas-reliefs représentant plusieurs traits de la Vie de ia
sainte, est attribué , sans aucune hésitation, par les antiqttàirés,'aux
premiers Méçie»; et un auteur renommé, IVtilIin, qîH Fa èxdmiii^ eu
dernier lieu, dit que 4;'est utt' monument des premiers tems du
Christitmisme dam les &cmU^. €ki est fôiîdé à recohnattre utie
semblable antiquité à la remarquable église des Saintes-Mariés,
laquelle, située à une grande distance des centres de populatîonVdans
un endroit de très-difficile accès, à rextrémité du delta du Rhône,
aura été à Tabri de la fureur des barbares. En effet, Gervais de Til-
buri, neveu du roi d'Angleterre Henri II, et qui avait été maréchal
d'Arles, la dit une de^ premières EgHsei transmarines^ d'aprisme
* royagesy tom* m, pag. l^S.
itih MISSION I>E SAINT LAZARE.
tradition f de sou tems, réputée très'àncienne et dt beaucmip d'autorité; tenetj dit-il, atictoritate plena vetustas. Enfin, one inscription célèbre Uonvée en présence dn prince de Saleme^ dans un tombeaa de marbre à Saint-Maximîn, et relatée dans im procès- Terbaldesardievéques d'Aixet d'Arles, en 1279, portela date de 716. Ce procès-verbal en latin est ainsi conçu : « L'an de Notre*Seig»ear » 1279 et le 15 avant les calendes de janvier, le magnifique Sei^enr, » Charles, fils aîné de Fillustre roi de Jérusalem et de Sicile, prince » de Salemeet seigneur du Mont-Saint-Ai^e, en présence des véné- 9 rables seigneurs, les archevêques d'Aix et d'Arles, et de plusieurs n autres prélats, dans la recherche qu'il fit du corps de la bien|peareose » Marie-Magdeieine avec toute la ferveur inspiz^ par sa dévotion , » trouva à St-Maximin, dans un sépulcre de marbre qui était placé » dans un souterrain de ce monastère, une inscription dont voici la » teneur : Van de la Nativité de Noêre-Seigneur 7iù ,et k mais » de décembre^ sous le régne d'Eudes, trés-bon roi des Français^ 9 au temps des courses hostiles de l'infidèle nation des Sarrasins^ » le corps de la très-chère et très-vénérable Marie^Magde- » leine a été, à cause de la crainte de laditeinfidèle nation, transit féré très-secrètement, pendant la nuit, de son sépulcre d'albâtre » dans celui de marbre, parce. qu'il y est plus en sûreté, après, » toutefois, que le corps de saint Sidoine en a été retiré'. • C'est ce sépulcre d'albâtre qui existe encore entièrement conservé, ainsi que celoi de saint Sidoine.
On trouva aussi avec les reliques de sainte Magdeleine un rouleau enduit de cire sur lequel on lisait : Hic requiescit corpus Mariœ- Magdelenœ- On sait que Tusage des anciens, d'écrire sur des tablettes enduites de cire, n'a pas subsisté après le 5^ siècle. Quoiqu'il
' Anno Domioi 1279, 15kal. janu. Magnificus vir Dominus, Carolus primogenitus illustris régis Jérusalem et Siciliœ , princeps Salernitanus et Dominas honoris Montis-angeli, prœsentibus venerabilibus Dominis Aquensi et Arelatensi Archiepiscopis et pluribus aliis praelatis, invenit apud Sanctum*Maximinum in quodani sepulcro marmoreo Crypts ejusdem monasterii, ex devotionis fervore de corpore beat» Mariœ-Magdaiena} exquirens , cedulam inrrà inscripti tenons, videlicet : anno IValivitalis Dominicœ dccxvi> même detaubriy in noclc, secrelissimè, replante Odoino, Piissimo rege Francorum ,