‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 72 sur 108 · PAR LE R. P. DE RAVIGNÂN · texte numérisé non relu

PAR LE R. P. DE RAVIGNÂN

. Ce fait> ce phénomène, on l*interprète> on TAltëre, on le calomnie; on ne peut pas le nrer, on ne peut pas Texpliqner. La confession existe, s^xeree et se pratique: Dieu est là; non pas Thomme.

L'orateur s'attache ensuite, daps la 2** partie, à démontrer {'.efficacité bienfaisante de la confession. On a beau parler de ses vertus, ou exalter ses mérites, ler^nords pénètre plus m moins dans toute conscience humaine, mais principalement dans celle du criminel et du pécheur. Alors un combat terrible s'engage au fond de l'âme : Thomme^ cet être un, devient deux, et ces deux se font une guerre impitoyable dans le plus intime de son âme. Si l'homme est seul, le plus souvent il ne pourra pas y résister, il.tombçra dans le. désesppir ou le suicide. Mais s'il a un conseiller, un guide, un ami, aussitôt son courage se relève et ses forces lui reviennent Que sera-ce quand ce sera un ami, lui apportant les. forces, les.consolations du Ciel ? Ce guide, ce conseiller, cet ami humain et divin> c'est le confesseur.

Remarquez-le encore. Est-ce que le grand bien, Tiramense besoin de Tàme ici-bas n'est pas le pardon de Dieu? Est-ce que nous ne sommes pas tous coupables envers son éternelle majesté? H faut donc un pardon divin, ^garanti, assuré, manifesté pour la conscience. 11 faut absolament un gage de Tamitié rendue à Thomme par son Dieu après de longs et sanglans outrages, après les ravages du péché, du crime même ; après les étreintes d*uu cruel désespoir. Il le faut, ou bien Thomme erre à Taventare dans un affreux désert, sans abri et sans issue. Où trouvez-vous cette garantie du pardon divin hors de Tinstitution catholique? Nulle part. Ici un tribunal sacré, un juge assis au nom de Dieu, une hiérarchie universeUe dans Tunité, TËglise tout entière avec son autorité, sa foi, sa science, sa sainteté, prononcentles paroles bénies : Je vous aBsous, Point d'assurance égale sur la terre à cette immense garantie ; point de bienfait ni de bonheur qui loi soit comparable I J'en appelterài volontiers au témoignage des hommes ramenés à la vertu après de longs égaremens et véritablement régénérés dans les eaux fécondes de la péniteniie.

Enfin, l'orateur termine par ce beau passage sur un illustre philo-* sophe allemand : '

Un homme parut au 17* siècle. Philosophe profond et sage, savant heu* reux« génie hardi et patient, esprit clair et sublime , Leibnitz est demeuré CMune une des grandes gloires de Thumanilé.

Vous le savezy membre d'un conseil de^iijcoiiegiutn irenicum^ ainsi qu'il

lik COMFÉBI^GES 0E «OTBE-DÀIIE DE PAKIS

le dit lui-^même, il Toalut travailler arec Bossaet à reconsAitaer pour TAllemagne Tonité catholique. Leibnitz fat protestant par «a naissance; DMîa on peut le dire catholique par couTiçtion.

Il a laissé en latin un manuscrit précieux, tout entier de sa main et dépositaire de ses croyances les plus intimes. Ce manuscrit imprimé une première tms, il y a phisieRifs années, fient de Fètrc de noUTCau sur Foriglnal areG un soin et un scmpnle dignes d'éloges. TronTé sans titre^ il a reçu à Fimpression celui de système Oieolo^iqae de Leibnitx. L'illustre et Ténérable Emery « supérieur de Saint-Sulpice , de cette congrégation qui a rendu à TEglise de si éminens services par Tautorité de la science et des vertus , en révéla le premier Texistence au monde chrétien. J'en traduis exactement | pour terminer, ce passage remarquable.

« Ce fût assurément un grand bienfait de Dieu, dit Leibnitz, de donner à son » 'Eglise le pouvoir de remettre et de retenir les péchés. Ce pouvoir, FEglise

• TexerCe par ses préires, dont le ministère à cet égard ne peut être méprisé » sans crime. Par ce moyen, Dieu coftlfrme la juridiction de l'Eglise^ la for- » tifie^ Ferme contre les chrétiens rebelles, et promet d'assurer lui-même > Texécution des jugemens qu'elle a portés. Une condamnation terrible pèse » ainsi sur les dissidens (c'est un dissident qui tient ce langage) et leur im- » pose de cruelles privations , lorsque, repoussant l'autorité de l'Eglise, ils » manquent forcément des biens qu'elle seule dispense^

» Ici> continue Leibnilz, à la différence de la rémission des péchés qui » s'opère dans le baptême , où rien de plus qu'un rite d'ablution n'est pres- » crit, dans le sacrement de pénitence il est ordonné à celui qui veut être ■ puriûé de se montrer au prêtre, de faire la confession de ses péchés^ et de » recevoir ensuite, au jugement du prêtre, quelque châtiment qui, pour » l'avenir, lui serve d'avertissement et de recommandation salutaire. Car,

• comme Dieu, a établi les 4)rêtres médecins des âmes, il a voulu que les

• maux de l'infirme et l'état de sa conscience fussent mis à découvert devant » eux... On ne saurait nier que toute cette institution ne. soit parCaiteiBent M djgne de la sagesse divine, et si quelipie chose est louable, grand et glorieux I» dans la religion, certainement, c'est le sacrement de la réconciliation qae les » Chinois et les Japonais ont tant admiré eux-mêmes. Cette nécessité de la con- 1 lofSipn devient, en effet, pour un grand nombre un fseia saluuire; elle ap- » porte à ceux qui sont tombés une grande consolation, de tette sorte <|ae je » regarde un confesseur pieux^ grave et prudent, comme un despluspuis- >» sans instnimens de Dieu poiur lesalitt des âmes '*»

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■ Voir ce passage avec quelques légères différences dana k traduetion^daiii les JOenu £vang. (}e MignOi t. ly^ p. )08^.

Par le b. p. de RAViGiSÂN* 355

Je TOiil laissa > messieurs , "avec ces gra?eik paroles de Leibnitz. Ou je me trompe, ou peu d'autres» sorties de la bouche de ce grand homme, ddivent plus profondément vous émouvoir, et peuvent mieux montrer Tadmirahle et vive alliance de la raison, de la science et du génie avec la foi.

6* conférence. L'orateur va traiter lé plus grand, le plus auguste des mystères chrétiens, celui de Dieu hp^ilant réellement au pailieu de nous» bien plus de Dieu devenant la nourritore réelle de Tbomme, c'est-à-dire qu'il va parler de Vçucharisîie. Faisons comme lui, exposons d'aboid la profeasion de foi de T Eglise :

« Nous croyons ^e dans le trè»*saiiit sacrement de fEttcharisâé sont ccm* tenus Téritableinent, réetlement et substantieHemeoty le eeipi etiesinf avec ifame et la divinité de notre Seigneur <léi«s*Chri|t, Ceat te eonciie de Trente qui parle ainsi. '

â» Noua croyons ^pié dans fEucharistie» Il B*e]^é un adnrirafale dunige'* ment de toute la substance du pain et de toute la substance du vin» en sorte cfa'il D'y a plus que le corps et te sang même de Jésié-dhrist, sous lee seules apparences extérieures du pain M du vin. Cesl ce changement que l'église a si bien nommé tran^ubstantiation*.

» Nous croyons que dans ce sacrement vénérable Jésus-Christ tout entier est ccmteiiu et réellement présent sott!^ Chacune des deux espèces, ou appa^ rences du pain et du vin, et sous cMcilne^ de leurs parties.

» Nous croyons que le sacrifice de la messe est proprement et vérltablenlent an sacrifice offert à Dieu.

» Kous croyons qtiè par là vertu des paroles divines > prononcées dans la eottséoation à Tautel, lemyoère s'accomplit ^ que Jésns-Chritt est rendu présent; qu'il est olfcfft tmmfi nctimé^et demeure Coanne aliiMnt divin de nos âmes*

m Telleeat rSucliaristiey telle eat lafoi cetbolique. . ^

Mais le P* de Ravignan ne vient pas prouver ici la vérité de ce mystère, il renvoie aux apologistes catholiques, et en particulier à Leibnitz qui, éàm ison même tpUnhô biologiques admet pleine* ment la foi de TégHsc ; Torateur va montrer pldtôt IHncatnatiûn tontinuée et l*untï^ consommée dans ce grand mystère. '

V^ partie. Quand Dieu voulut sauver les hommes» il fit descendre son fils sur cette terre; m^is ilii*y . vécut qH'^ne vie d'hoQii^Q.ccK'cespondant i un certain tems et à un certain lieu. Mais ce n'était pss assez

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