‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 74 sur 108 · PAR LE R. P. DE RAVIGNAX · texte numérisé non relu

PAR LE R. P. DE RAVIGNAX

vertus. Chères à Jesus-Christ, légion bénie de ses élus, elles sont le but des plus grands desseins de la Providence, sur la terre comme dans le ciel ; car saint Paul nous l'assure, tout arrive à cause des éhis de Dieu. W dépend de vous de donner votre n«m à cette gbrieuse milice, d*y vivre et d'y mourir avec toutes Ica cttosolationa de la paii, avec toutes les garanties de Fespérance et de la dinrité diTÎne.

î« conférence. L'orateur va prouver dans cette dernière conférence qu'il n'y a de vraie, de profitable religion^ que la religion pratique. En vain, l'imagination sera-t-elle remplie de la grandeur de Dieu ; en vain, le cœur poussera-t-il des élans naturels vers le créateur; en vain , Tesprlt reconnaîtra-t41 sa puissance, sa majesté ; si Ton ne joint pas la pratique à ces spéculations , la religion est inutile.

<t Cependant que présente le monde à nos regards^ au milieu de consolations dont }e veux moins que jamais afTaiblir Timpression et la puissance, même après les jours bénis qui viennent des^écouler? Il faut encore Tavouer, messieurs, des hommes, dépositaires des destinées de la société ou du moins de la famille, nous offriront le spectacle d'une existence que ne revêt et n'anime aucune expression pratique de croyance et de culte : la religion est absente de leur vie; sa langue n'y est point parlée; ses inspirations n'y ont point leur cours; ses rapports, ses liens et ses actes n'y apparaissent point aux yeux qui les cherchent. On est réduit à supposer, par le plus courageux effort de charité, que la pensée religieuse demeure encore, mais sommeille au fond de ces âmes, inerte, stérile, voilée sous les épais nuages de lillusîon. Quand à nous , messieurs, que la foi remplit et vivifie ; nous, pour qui Faction religieuse est le besoin , l'appui et le bonheur , le mieux sentis ; nous, qui ne concevons pas même l'état d'une ame sans Facte et la vie pratique de la religion , nous ne pouvons passer, voyageurs inattentifs et îndiH'érents, à travers la patrie d'ici-bas, sans déplorer ce mal immense, et 9m atleintei cruelles d'une mort qui déshérite toutes les espérances. Noua delam sans crainte sonder les profondeurs de ce tombeau resté ouvert pour un grand nombre^ et où viennent s'engloutir les biens de l'esprit, ceux du cœur et de la vertu, avec les affections les plus héroïques et les plus pures. Notre Y9kk •'animani de toute rimioulsion de la vérité qu'on aimé, et du zèle que Ton resamt peur lésâmes, doit avertir eneoee les générations engoor^es o« égarées, afin de leur f|iif e entendre l'heure du céretl et du retour.

L'orateur va dond prouver que la retigiou doit êive pratique^

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1* parce que V homme est un être pratique; 2*^ parce que la société, au milieu de laquelle il vit, est toute pratique aussi.

1'* partie. Pour prouver que la religion de Thomme doit être pratique comme lui , l'orateur se sert de quatre considérations.

1' V analogie des faits. L'homme n'est pas fait pour une vie spéculative et théorique ; il est dans la nécessité de sa nature de descendre à des réalités, de continuer, de consommer sa vie dans des actes réels et de pratique. Sa vie matérielle et intellectuelle, sa vie d'individu et de peuple, sa vie particulière et sociale, cesserait, s'il ne réalisait pas des actes de pratique. Gomment venir dire après cela que la vie spirituelle, la vie religieuse peut s'accomplir sans acte pratique, sans entrer dans la réalité, dans les habitudes de cette vie ?

Est-ce que, par hasard, la tendresse d'un enfant pour sa mère est réelle et appréciable, quand aucun témoignage, aucun fait, aucone action d'amour ne la révèle? Comment donc Tadoration profonde de Tarae n'aurait-elle pas besoin de s*exhaler dans lesaccens de la prière, dans les humbles et vires démonstrations du respect et du culte actif et pratique ? Certes, en toutes choses sur cette terre, un grand mérite est d'avoir l'esprit pratique, d'avoir des idées pratiques. Nous avons tous à demander à Dieu de nous préserver, pour la conduite des affaires, d'esprits spéculatifs, amis des théories et des considérations brillantes, mais sans puissance d'exécution et d'action , parce que l'action et la pratique font véritablement l'homme, sa force^ sa gloire, comme son crime on son malheur. Ainsi, dans les faits du monde moral, tout nous crie que l'acte doit répondre à la faculté, venir après elle pour en manifester la réalité même et l'existence. Quoi donc! la religion seule serait une puissance, une faculté idéale et rêveuse, objet des songes du poète et des^ spéculations du philosophe^ bannie du monde positif et réel de l'action pratique? Grand Dieu ! Et seule elle peut consacrer , bénir et glorifier le monde et Thomme.

2** Une autre considération vient à l'appui de l'analogie des faits , c'est la langue vulgaire elle-même, cette grave parole du bon sens et de la nature.

Qu'eit-ce qu'un homme sans religion, demanderai-je vdonliers à la franchise populaire du langage? On me répondra : Un homme sans religion est celui qui n*en pratique aucune. Pounpioi cela? C*est qu*ici la liaison est d'une logique indissoluble, la conséquence d'une nécessité inévitable. Vous êtes chrétien ; alors vous professeï, vous pratiquez le christianisme. Vous ètesre-

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