‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 85 sur 108 · ASIE · texte numérisé non relu

ASIE

Cei.XE. — PÉKIN. Edit de V empereur touchant la religion chrétienne. Nous avons déjà publié dan» nos Annales ( t. xir, p. 156) le mémoire adressé à Fempereur Tao-kouang, par le commissaire impérial Ky-yng^ pour obtenir la permission aux chrétiens chinois do professer librement leur religion, et nous avons annoncé que ce

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mémoire avait été approuvé par Tempereur fils du ciel. Mais différentes difficultés s^étant élevées, sur les nouvelles instances de notre ambassadeur M. Langrené, un édit impérial en forme a été obtenu par le même commissaire Ky^yng; lequel édit, non seulement donne le caractère le plus authentique à la mesure , mais encore renferme de nouvelles concessions. Bien plus, ce qui ne s*était jamais vu , Toriginal même de cet écrit a été remis à M. Tabbé Callery drogman de l'ambassade, qui est venu l'apporter en France, où il a été déposé aux archives du ministère des affaires étrangères.

Voici d*abord la lettre adressée par Ky-yng à M. Lagrené pour lui annoncer cette faveur.

• J*ai reçu ci-deyant une dépèche de Votre noble Grandeur, où vous disiez » que, la mission dont vous étiez chargé touchant à sa fio, tous alliez quitter y> la Chine sous peu de Jours, avec le regret de ne pouvoir, dans une dernière » entrevue, manirester les sentimens d'amitié qui nous unissent.

n Pendant les deux dernières années que Votre noble Grandeur et moi avons > traité ensemble les affaires publiques, j*ai eu le bonheur de trouver en vous » des sentimens d'une amitié sincère; aussi en apprenant, par les lignes qui » précèdent, que vous étiez sur le point de vous éloigner, en ai-]e éprouvé ' un trés*profond chagrin. Aussi tèt j'avais préparé une réponse, et chargé un » magistrat d'aller vous faire la conduite; mais votre navire avait misa la » voile, ce qui fut pour moi un sujet de grande contrariété.

» Voici maintenant qu'en date du 9 de la deuiième lune iie la vingt- » sixième année de Tao-kuan , nous avons reçu l'édit impérial en verlu da- » quel les demandes faites par Votre noble Grandeur sont entièrement ac- ■ cordées. __

» Dorénavant une paix perpétuelle unira nos deux empires, tandis que la » civilisation multipliera leurs rapports, et Votre noble Grandeur qui, pour » mettre une vraie religion au grand jour, n'a pas craint les dangers et les

a fatigues d'une longue navigation, sera sans doute, aux yeux du Seigneur

(du Ciel , un magistrat plein de mérite que les chrétiens des siècles à venir

» se proposeront pour modèle. Quant à moi, étant parvenu à obtenir la

t réussite de cette affaire, je me trouve n'avoir point manqué aux recomman-

• dations que mon excellent ami m'avait faites, ce qui me cause une joie ex- » trême.

» Outre que moi et le lieutenant gouverneur de Canton faisons respec- » tueusement des copies de l'édit sacré, qui seront expédiées dans toutes les

• provinces de l'empire, pour qu'on s'y conforme, qu'on le publie par alli- » cbes, et qu'on en fasse une promulgation générale, outre ceie, dis-je, je

A02 NOUVEUSS EX MÊtÂJS«£S.

9 prends maintenant Toriginal même de redit impérial que nous ayons reçu» » et le remeU à M. Callery, poar qu'il le porte ayec diligence et respect dans

» Totre noble empire.

f^ 11 conrenalt que Je vous adressasse cette dépèdie, et )e profite de foc« » casion peur tovs sonhaiter «ne prospérité sans bornes.

> La iépéehe ci-contre :

» A Lagrmt\ grand commissaire impérial du grand empire des Français.

• L« a3 de la a« lime d* U »6* «lui^adt

m T'ao-Âuan (16 févrfor 1846)* •

V oici maintenant la pièce la plus imporUnte :

' BDIT IHPÉBIAL TOUCHàlfr Là RBUGIOM MltièTnEIflIC.

« Le grand-chancelier de Tempire.

» A i^Uf assistant ministre d*£tat, etc., ci à ituân^ UeoCenani-goiiyemeQr

• de la proyince de Canton. »

t> Le l5 de la première lano de la a6* M ann^e de Tao-tiouanff (lO féTrier 184^9

» L'emperear nous a signalé ledit suivant :

» Ky^yng et ses collègues nous ayant ci-deyant adressé une pétition dais

• laquelle ils demandaient que ceux qui ^taXtaàteDilkreligioHehrêUamB dans » un but yertueux fussent exempts de culpabilité : quHIs pussent conslniire » des lieux d'adoration, s*y rassembler, yénéier la croix et les iflMges, rédter

• des prières et faire des prédicatloBij sans éprouyw.en tout cela le moittdre 9 obstacle, nous ayons domé notre «lArWoi» impérmU à ces diyen points » pour tovte retendue de Templre.

» La religion du Seigneur du ciel^ en effet, ayant pour objet essentid » d'engager les hommes à la vertu, n*a absolument rien de commun ayec lei » sectes illicites, quelles qu'elles soient. Aussi avons-nous accordéi dans le a tems, qu'elle fût exempte de toute prohibition, et devons-nous ^galoneat » faire en sa faveur toutes les concessions que Ton sollicite, savoir : f » Que toutes les églises chrétiennes qui ont été construites, sons le régB0 » ûtXang'hi, dans les différentes provinces de l'empire, et qui existent en- » core, leur destination primitive étant prouvée, soient rendue* aux ekré' » tiens des localités respectives où elles se trouventi à Texception oependaat » de celles qui auraient été converties en pagodes et en niaîaoM iparticaa Hères.

» Et s'il arrive, dans les différentai provinces» qoe, après In réceptian es 9 cet éditf les autorité* locales «arceiit 4m ^owanilei eoetit con qai

NOUYEtUS £T MÉUNGES. ft93

»'pr(rf)BBmt Trtimtnt k T«Ugton dirétieinit nm «w n mc t i f g taeiifi eriow» os

s devra infliger d ces auloriU's U châtiments qus méritera leur coupable » conduite,

» Mais ceux qui se couvriront du masque de la religion pour faire le mal , m ceux qui convoqueront les habitans des districts éloignés pour former des » aweml>lées subversives, comme aussi les malfaiteurs, meminrei d^utres *• religions, qui, empruntant faussement le nom de chrétiens^ s*en serviront » dans un twt de désordres tous ces geas-li, coupables d'aciîoos perverses, » il par eela même anfraeteursdes lois» devront être rangés parmi les crimi- » nais el pmis enirant iealois de Tempire*

■ Il faut ajouter aussi que, en conformité avec les tiiités récwirnealetn* M dus, il n*e8t en aucune façon permis aux étrangers de pénétrer dans Tinté» » rieur du pays pour y prêcher la religion, car les réserves faites à cet égard n dofvent demeurer clairement établies.

» Portez cet édit à la connaissance de qui de droit.

» Respectez ce( édit. J*obéis aux volontés de L'EMPEKKtIR eâ envoyant » cette communication. » '

On comprendra facilement l'importance et les conséquences de cet e*dit,On remarque principalement deux closes 9 la 1'' celle qui restitue aux Chrétiens les églises qui leur appartenaient aux tetns delà plusgrande prospérité de cette mission sous Tempereur Kan^-hi^ en 2« lieu celle qui décerne un châtiment 4ia autorités qui se permettront de tourmenter les chrétiens.

On peui prévoir, comme le dit ci-dessus Mgr de Bizi, vicaire apostoliquOi que cette liberté des cultes va faire convertir les Chinois par mUi<mt.

dOU BIBLIOGKAPHIE.

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0iblîûi9rapl)u.

ANriIROPCH.06IEou Etude des organes» foDCtioni et maiadies M'b&mnÈtei de la femme. Cours complet de médecine destiné aux gens du monde, par le D' AifTONiN Bossu, médecin de Tinfirmerie de Marie-Thérèse ; auteur du Nouveau Compendium médical^ etc. — 2 vol. et un allas de 20 ptanches d'anatomie. — Paris, 1846, 15, quai Blalaquais, au comptoir des imprimeurs. Prix : 15 fr.

Cet ouvrage est un bon résumé des cinq grandes parties qui constituent la science médicale. La première partie {^nalomie) donne la description des organes du corps humain ; la seconde {Physiologie) explique leur jeu, le mécanisme des fonctions; la troisième [Hygiène) étudie les influences de tous genres qui modifient l'organisme ; la quatrième {Pathologie) expose l'histoire de toutes les maladies; la cinquième enfin {Thérapeutique) est un dictionnaire de matière médicale où Ton trouve les propriétés, les doses et le mode d*administration des médicamens, plus une foule de prescriptions formulées que tout le monde peut employer.

Cet ouvrage, exécuté sur un plan nouveau qui représente le programme des facultés de médecine, est le plus complet et le plus méthodique de tous ceux qu'on a fait pour les gens du monde. Son caractère saillant est l'enchaînement des théories et des faits, et, partant^ la clarté et Futilité. ' Nous le recommandons donc à tous ceux qui, par bienfaisance, s'occupent de médecine, à MM. les ecclésiastiques surtout , les vrais consolateurs du pauvre, parce qu'ils puiseront, dans sa lecture et sa méditation, des lumières sulBsanles pour se guider dans leur empressement à soulager les malades*

ANNALES

DE PHILOSOPHIX CHRETIENNE,

numéro 78. — Juin 1846.

Urrrolofllf.

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