MO MORT DE SA SAINTETÉ GBÊGOIBE XVI
loi annonçait comme devant avoir lieu le i^ décembre, ce qui avait été accompli le 21 novembre passé ',.•
Le 10 août 1838.-— Bref portant crAi^'on de Vivéché i' Alger 800» le nom de Julia Cœsarea \
Le 22 novembre 1839. -^ Allocution $ur la défection de9 éviques russes « qui ont lâdiement abandonné leur foi et vendu leur trou- » peau au pouvoir temporel, » le pontife y dénonce au monde le système de trompme par lequel on a peu à peu fait tomber les fidèles dans le schisme ; et prie surtout pour ceux qui sont restés fidèles ',
Le 3 décembre 1839. *— Lettre apostolique défendant à tous les chrétiens toute participation ou toute approbation donnée à la traite des noirs K
Le 27 avril 18^0. — Allocution sur la persécution et les nouveaux martyrs du Tong-king et de la Cochinchine. Le Saint-Père y glorifie les noms des principaux martyrs qui ont souffert pour la foi depuis Tan 18S5 '.
Lel^mars 1841.— Allocution sur TiS^a^dd la religionen Espagne. Le Saint Père y énumère tous les décrets rendus par le gouvernement contre TEglise espagnole; pais, il s'écrie : « Malheur à nous, si, dans un » tel bouIeTersement des choses sacrées, dans une pareille oppression » de la liberté ecclésiastique, nous n'élevions un rempart devant la » maison d'Israël ; mais qu'au contraire nous renfermassions nos » gémissemens dans les limites d'une réclamation secrète, .« Chargé » donc par la divine Providence de la sollicitude de toutes les Eglises, n nous condamnons par notre autorité apostolique, tout ce qui a été » décrété^ fait ou entrepris par le gouvernement de Madrid, soit » dans les choses dont nous venons de parler, soit dans d'autres ma- » tières qui concernent le droit de TEglise. Nous cassons et [abro- *» geonst par la même autorité, les déciets eux*mèmes avec les con-
• Annales y t. xvo p. 139.
• JnnaUsy t. xvii, p. 237.
' Annales^ t. i, p. 79, (3« Série).
• Annalesy t. i, p. 158.
' Anna- es, t. i, p. 390.
NOMINATION DE SA 8A1NT£T£ Pie U. Ail
• séquences qa*ils ont eueg ; nous le$ déclarons nuls et de nulle ?a* » leur pour le présent et pour le fatnr>. »
Le 22 mai 18/il.-^Instr action concernant les Mariageê nUxtêê en Mkmagne, Le Pontife s'élève contre « l'abus généralement in* » troduit par les curés catholiques de célébrer àolennellemeot les » mariages entre catholiques et non catholiques, s^ns dispenses ec*- I» clésiastiques et sans garanties préalables.. » et cependant ponr éviter un plus grand mal, « il tolère qu'un curé catholique, ou à sa place V un autre prêtre, puisse valider de semblables mariages, psirsa sim* M pie présence, en s*ab$tenant de tonte cérémonie religieuse, et sans » aucune autre qualité que celle de témoin nécessaire \ de sorte qu'a*- M près avoir reçu le consentement des deux époux, il inscrive officiel •- 1» lement au livre des mariages, Tacte comme conclu d'une manière » valide*. » — Le Saint-Père, dans cette décision et dans celle conclue avec la Prusse pour cet effet % fait un acte de souveraine autorité \ car il déroge à une loi établie par un concile général, celui de Trente, qui avait déclaré nuls les mariages clandestins. Le mariage est déclaré ici valide par la seule présence matérielle du curé, quire* çoit purement et simplement, en qualité de seul témoin, le consentement des époux.
Le 22 février 18/i2. — Lettres apostoliques, demandant à tout l'univers catholique des prières pour V Eglise d* Espagne persécutée *.
Espartero, duc de la Victoire et dictateur, avait répondu à l'allocution du Pape, par un décret du 28 juin 1841, défendant de publier cette allocution, de la suivre ou même de la conserver chez soi sous peine des galères. Et l'effet souvent suivit la menace ; mais le Saint- Père fait prier pour l'Eglise d'Espagne; et quatre mois après, le duc de la Victoire fuyait clandestinement sur une barque hors de l'Espagne... Je n'appellerai pas cela un miracle; mm ce sont là des coïncidences qui se rencontrent assez souvent dans l'histoire de l'B-
' Annales, t. m, p, 220.
* /innalesy t. iv, p. 316.
\ annales, l. v, p. 64.
* iinnaUs,i, v, p. 237.
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glise, comme le disait M. le comte de Montalembert à lachambre des pairs.
Le 22 juillet 1842. -^Allocution exposant aux yeux du monde chrétien Y État de V Église caJikolique en Russie et en Pologne, avec toutes les pièces de la correspondance réciproque entre Rome et St- Pétersbourg, montrant les détours et les mensonges employés par la chancellerie russe, pour tromper les catholiques russes, le Saint-Père et le public européen *.
Cette pièce avait été précédée d'un mémorandum non signé, mais sortant des presses de la chambre apostolique et devant passer pour officiel. On y trace d'une main sûre Tbistorique de la conversion du peuple russe et des premiers tems du christianisme dans ces contrées , puis on rappelle aux rois persécuteurs et aux catholiques persécutés que plusieurs fois les fidèles se sont révoltés contre leurs roii, quand ceux-ci leur demandaient quelque chose de contraire à la loi de Dieu, et à ce sujet on rappelle les exemples des Machabées se révoltant contre les rois d'Assyrie, des chrétiens d'Orient et d'Occident se révoltant contre Léon le briseur d'images^ lesquels révoltés ont pourtant été regardés comme des martyrs par les Eglises grecque et latine \
Le 6 août 1842. — Bref à Mgr l'archevêque de Reims, dans lequel le Pontife déplore la trop grande variété des livres liturgiques ; il espère que tous les évêques suivront Vexemple de celui de Langres qui est revenu à la liturgie romaine \
Le 8 mai 1844. — Lettre apostolique contre les menées des sociétés bibliques et contre la Société de l* alliance chrétienne. Le pontife, en condamnant les tendances des sociétés bibliques, s'élève contre ce principe, base et cause du rationalisme, que Dieu accorde une révé^ lation directe et immédiate à chaque individu, pour lui donner le vrai sens du texte de la Bible. C'est là le fondement de toute la philosophie éclectique, hégélienne, etc. , et le moment u'est pas loin où Ton en comprendra l'absurdité. Le Saint-Pere rappelle tous les chrétiens à V interprétation traditionnelle de la parole de Dieu , conservée par l'autorité de i* Église , et repousse le reproche que
• annales, t. vi* p. 165.
■ Jnnales^i, i, p. 301.
• Annalts, t/ viir, p. 160.
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r£glise et le Saînt-Siége refusent de procurer aux peuples la connaissance de la parole de Dieu écrite et transmise par la tradition. Le Saint-Père signale aussi la Société de l'alliance chrétienne, for« mée à New- York, dont le but est de semer le protestantisme et la liberté religieuse en Italie et à Rome même *.
Le 23 noTembre 18A5. — Instruction adressée à tous les missionsionnaires catholiques pour les obliger à former chez tous les peuples un clergé indigène \ Nous avons fait voir dans notre dernier cahier combien cet^ belle instruction» qu'on peut regarder comme la dernière parole de Grégoire XVI, parlant comme pape, est destinée à avoir de grands résultats. C'est le renversement de la dernière barrière élevée entre les hommes sous le nom de caste et de couleur ; c'est la diffusion du sacerdoce, selon Tordre de Melchisédech , parmi tous les peuples sans distinction de caste^ de couleur, de langue, etc; c'est l'égalité complète établie dans la distribution des dons du Christ.
Tels sont, nous pouvons le dire, les principes suivis par le saint pontife dans la haute direction qu'il a dû donner aux enfans de l'Ëglise calbolique. Nous les recommandons pour notre part à l'attention de tous nos lecteurs, et principalement aux honorables auteurs dont nous nous permettons de combattre quelques doctrines ; nos lecteurs peuvent voir, par ce simple exposé, quel est celui de nous qui suit le mieux la doctrine de l'Ëglise. Quant à ceux pour lesquels ces décisions ne forment pas autorité, nous les prions d'examiner encore ces principes sous le rapport humain et philosophique; nous espérons qu'ilsreconnaitront eux-mêmes qu'il en est peu de plus sages et de plus raisonnables.
C'est le lundi 1*' juin que celte voix auguste s'est éteinte, après une très courte agonie. Jusqu'au dimanche 31 mai, jour de la Pente* c^te, on n'avait pas eu d'inquiétude sérieuse au Vatican. Sa maladie ne semblait consister qu'en un érysipèle au visage, qui ne réclamait que des soins ordinaires. Cependant, dès la nuit du samedi au dimanche, après minuit, le Pontife se fit dire la messe dans sa chambre, et voulut recevoir la communion ; et comme on lui faisait observer
' ^nnaUs^ t. x, p. 77.
« Dans le précédent cahier ci-dessus, p. 3^5.
M 4 MORT HE SA SAINTETÉ GRtOOlRlS XTi.
que rien ne pressait, et que cette cérémonie demandait nn appareil plas digne de sa position, il insista en répondant celte parole toucbante : f^oglio tnorir da frate non da sovrano ; • Je venx mourir en moine et non en souverain. « Et en effet , c'est en moine qu'il est mort. Pendant la journée du dimanche, un mieux sembla se déclarer; mais dôs le soir Toppression augmenta : on décida une consultation des plus célèbres professeurs de Rome pour le lundi matin • mais dès cinq heures» le Saint-Père venait de perdre connaissance s alors, en toute hâte, le sous-sacriste, curé du Vatican , lui donna rextrême^onctioQ, comme au plus humble des fidèles. Aucun des di«gnitaires pontificaux ne put être averti à^tems, et: à 9 heures un quart l'auguste vieillard expira, âgé de 61 ans, 8 mois et 14 jours.
Un souvenir personnel d'une audience accordée par Grégoire XVI.
Qu'il nous soit permis ici, après avoir rendu ce très court hommage à la mémoire de cet auguste chef des chrétiens , de rappeler quelques souvenirs personnels de sa présence et de sa conversation.
C'est le 18 novembre l8/i0 que nous eûmes le bonheur de voir pour la première fois la vénérable figure de Ërégoire XVI. C'était le jour de la dédicace de l'Eglise ; le Saint-Père était descendu à Saint- Pierre, pour assister aux vêpres dans la chapelle des chanoines. L'office fini, et après que les célébrans furent sortis, il sortit lui-même de la chapelle ; tous les assistons du chœur l'accompagnaient ; douze des garde-nobles l'entouraient, et tenaient les curieux un peu à Técart. Je me trouvai très près du Saint-Père, et je pus alors vénérer celle grande et belle figure, plutôt noble, compatissante et bonne, que fine et distinguée. Le Pontife , au lieu de traverser directement l'église pour rentrer chez lui, se diiigea vers la confession de Saint- Piem, s'y mit à genoux et y pria assez longuement. Tout le sacré collège l'entourait à genoux ; les garde-nobles formaient le cercle. Ces jeunes gens avaient vraiment bonne tenue d'air et de manières; et ces armes, protégeant l'homme de la prière, faisaient un très bon efiet« Le Saint-Père priait avec effusion ; sa tête était baissée, humiliée» et des larmes coulaient de ses yeux; on était involontairement ému. Il vint ensuite de l'autre côié du grand auiel, honora les reliques qui y avaient été exposées ; puis^ revenant sur ses pas, il s'9rrêta un D)o-
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ment, se courba devant la statue en bronze de saint Pierre, et se retira par la porte de la chapelle qui communique au Vatican.
G*est le dimanche 6 décembre suivant que nous eûmes Thonneur d'être présenté à Sa Sainteté. Ce fut HJgr Cadolini, archevêque d*t' desse, secrétaire de la Propagande, aujourd'hui cardinal, archevêque de Ferrare , qui nous obtmt une audience particulière pour 7 heures du soir, heure à laquelle il allait travailler avec le Pontife. Sa Grandeur voulut bien nous amener dans sa voiture, ^ous traversâmes ensemble ces grandes et belles salles du Vatican, où nous ne trou« vâmes ni gardes ni presque de domestiques. J'y remarquai la simplicité de ces majestueux appartemens, et en particulier de la salle du Trône, où le principal ornement était une grande Croix derrière le trône. Enfin nous arrivâmes à la salle qui précède le cabinet de Sa Sainteté. Mgr Cadolini nous y laissa avec le prélat camerier de semaine; pendant la demi-heure que nous eûmes à attendre que les affaires de la Propagande fussent expédiées, nous examinâmes Tameublement simple de ce petit salon , où il n'y avait que 12 chaises en bois de palissandre*, sans coussins et sans dorure. Une table de beau marbre était surmontée d'un crucifix. Nous demandâmes au jeune prélat quel était le cérémonial à observer lors de la présentation : il nous dit qu'il consistait en trois génuflexions, et à baiser les pieds de Sa Sainteté. «< Et d'ailleurs, ajouta-t-il, il ne faut pas vous » mettre en peine, je vous accompagnerai, et vous n*aurex b faire » que ce que je ferai en même tems que vous. »
Bientôt un coup de clochette avertit que nous pouvions entrer. Mous avouons qu'une émotion assez profonde nous saisit alors, au moment où nous allions nous trouver en présence et entrer en un rapport direct avec celui qui, h nos yeux, tient, ici bas, la place du Christ lui-même, seul chef réel de r£glise.— Nous avançâmes donc un peu préoccupé, et fort attentifà ce qu'allait faire notre introducteur. Nous l'avouons, nous nous attendions à un de ces accueils solennels, froids et un peu hautains, tels qu'on en rencontre souvent chez les grands de ce monde. Mais nous étions à peine entré, et avant même que nous eussions fait la première génuflexion , le Saint-Père se leva vivement .de son fauteuil» franchit l'intervalle qui nous séparait encore, saisit pos deux mains , les serra avec une affection prternellc, en nous