‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 4)Chapitre 88 sur 108 · MORT DE SA SAINTETE GRÉGOIRE XYI · texte numérisé non relu

MORT DE SA SAINTETE GRÉGOIRE XYI

(lisant : « Ah ! voilà qui est bien fait, seigneur Bonnetty, d'être venu M nous voir li Rome; voilà qui est bien fait. Il y a longtems que nous » désirions vous connaître. Car nous connaissons vos travaux, nous les » avons suivis avec attention , et c*est une bonne, bonne voie que w vous suivez; vraiment, ils sont utiles, très- utiles. » £t presque aussitôt, en preuve de ce qu'il disait, il s'avança vers une table où se trouvaient une 12« de volumes, et y choisit le dernier volume de nos ^nnaîes (le 1er de la 3^ série); et nous montra divers passages quîH'avaient frappé. Nous vîmes rapidement qu'il s'agissait de Y Inscription chrétienne trouvée à Jutun, eidn Progrès de V archéologie égyptienne ^ qui se trouvent dans ce volume. Pendant ce tems , le Saint- Père s'était appuyé sur son bureau, et c'est ainsi que, debout ainsi que nous, la conversation dura pendant trois bons quarts d'heure. Sa Sainteté parlait italien, et nous parlions français, langue qui lui était très connue; une fois Mgr Cadolini voulut lui répéter quelques motsen italien» mais le Pontife l'arrêta en lui disant : Basta, basta, capisco hene. « Assez, assez, je comprends très bien. » — Sa Sainteté voulut bien nous remercier du présent que nous lui avions fait de toute la collée^ tion de nos Annales; mais elle nous fit observer que c'était elle qui en avait désiré faire l'acquisition; en effet, c'était par son intemouce à Paris, Mgr Garibaldi, que nous avions su que nos travaux étaient parvenus jusqu'à elle, et qu'elle désirait en prendre connaissance. Un pareil souvenir nous intéressa vivement. Sa Sainteté ajouta que bien qu'elle 'nt pût pas lire tous nos travaux, elle ne manquait pas d'en suivre les principaux, pour se tenir au courant du mouvement de la science^ ajouta-t-elle ; et elle fit même l'observation obligeante que la plus grande partie de ces travaux et les plus importans étaient de nous. — Le Saint-Père nous parla ensuite de l'état religieux de la France, et sans taire la grave influeuce de la philosophie, il nous assura qu'il comptait beaucoup, pour la défense et la propagation de la Foi^ sur le talent et le zèle de ses écrivains, sur l'esprit de dévouement et de sacrifice qui anime les catholiques français, et aussi, ajouta- t-il, sur le zèle et le dévouement des dames françaises ( dette donne francese). Sa Sainteté parla encore de la plupart des journaux religieux, qualifia très bien leur ligne, leur tendance^ et dit en peu de mots ce qui manquait aux uns, et ce que les autres avaient de

trop. Elle toucha aussi eu passant sa position vis-à-vis des divers souve-* ralns , et se plaignit de bien des interprétations que Ton donnait à ses actes; elle dit, en particulier, que celui des souverains qui était le plus sou ami, était celui qui était le plus utile à la religion, celui qui donnait le plus de liberté à TÉglise. Elle nous dit combien elle croyait en ce moment utile à TÉglise que les prêtres n*embrassa$sent aucun parti politique. — Sa Sainteté daigna ensuite nous demander si nous avions été content de ce que nous avions vu à Rome, et sur notre réponse affirmative, elle ajouta : « S*il y a quelque chose que vous désiriez encore » voir, demandez, et Ton vous procurera toutes les facilités possibleii>'. » Puis à votre retour en France, dites et écrivez tout ce que vous » voudrez ; mais je vous en prie, ne parlez pas des paroles particu- » lièresque le Pape a pu vous adresser. Car j'ai été bien mécontent de »» M. N... etde M. N..., qui sont venus et que j'ai reçus avec bonté, » et qui puis sont allés répéter toutes mes paroles et me faire dire » bien des choses que je n'ai pas dites. >

L'auguste Pontife parlait avec un geste animé, simple, affectueux, qui mettait à Taise le plus humble interlocuteur. Il y glissait même parfois quelques bons mots que n'aurait pas désavoués la plus fine fleur de l'esprit français» et tout cela, en nous prenant souvent la main et en la serrant avec affection. A la fin de celte longue et précieuse conversation, sa Sainteté nous donna une croix en ébène^surmoutée d'un crucifix en argent, auquel elle ajouta, en notre présence, une indul^ gence plénière pour l'article de la mort ; puis deux grandes médailles en argent où se trouvaient son portrait et le fac-similé d'un des grands édifices qu'elle a fait construire ; elle y ajouta deux chapelets montés en argent ; « l'un pour vous , nous dit-elle, et l'autre pour » votre mère. » Enfin, au moment où nous allions nous prosterner à ses pieds, elle voulut encore nous en empêcher, nous prit les mains^ qu'elle serra avec affection, et nous donna son anneau pontifical à baiser. Mais nous lui dîmes que nous ne voulions pas nous retirer de sa présence comme les proleslans, et nous lui demandâmes la permission de baiser ses pieds , ce que nous fîmes pour vénérer en sa personne le Christ, dont elle est ici bas le vicaire et le représentant. En prenant congé de sa Sainteté elle voulut bien nous bénir de nouveau, ainsi que toute notre famille; elle se rassit; mais avant que nous fus-

ki^ MORT DE SA SAINTETÉ GRÉGOIRE XVI.

sioDs à la porte elle prit de noaveau la parole, et nous dit qu^eile étendait sa bénédiction sur tous nos trayaux et sur tous nos collaborateurs*

C'est ainsi que nous sortîmes de sa présence le cœur satisfait d'ane réception si bienveillante et si paternelle*

Quelques autres fois depuis , nous avons su que Sa Sainteté avait bien voulu demander de nos nouvelles, nous assurer de sa constante bienveillance, bienveillance à laquelle elle a mis le comble en nous créant chevalier de son ordre de Saint^Grégoire le grande le 2U janvier dernier, avec des paroles pleines de bonté et d'encouragement ■•

Nous n'avons pas besoin de dire combien la mort de ce vénérable pontife , de ce savant religieux , de ce bon père a été pour nous un sujet de regret et de douleur. Mais Dieu a voulu le récompenser de ses longs et fructueux travaux. Ajoutons un dernier mot à son éloge, c'est qu'il est l'auteur d'un très-important et très-savant ouvrage sur les principales erreurs théologiques de notre époque, lequel a été Cra* duit en français sous le^titre de : Triomphe du Saint^Siégef ou les novateurs modernes combattus avec leurs propres œuvres ** C'est un très-savant traité Contre les égaremens de certains théologiens italiens et français, prenant leur source dans la fameuse déclaration de 1682. Il est curieux surtout d'y voir le savant religieux aux prises avec notre Bossuet , et le trouvant plus d'une fois en dehors de la rigoureuse expression du dogme catholique.

AvÊNEMEHt DE SA SklTXTVSt Pl£ IX.

Grégoire XVI était mort le i** jum; le 13, dernier jour des Novcndiali, l'oraison funèbre du Pontife, prononcée par Mgr Rosani, évoque d'Érithrée avait clos les funérailles* Le 1&, après avoir assisté le matin à la Messe solennelle du Saint-Esprit et entendu le discours sur l'élection future, prononcé par Mgr Luca Pacifîci, chanoine de Sainte-Marie -Majeure et secrétaire pour les lettres latines, le Sacré-

' Voir le Bref dans notre dernier tome xi, p. 159. ' 11 a été inséré dans les Mmonstrations e'vûngédques de M* Tâbbé Migne, t. i\r^ p. 754.

NOMliNATION D£ SA SAINTETÉ Pl£ IX. UH

Collège » au nombre de cinquante Cardinaux , s'était rendu processionnellement au Quirinal^ le soir vers les six heures ; à onze heures en présence des Cardinaux chels d*Ordre et du grand Maréchal , on avait fait ia clôture du Conclave.

Le 15 juin^ après la communion générale des Cardinaux, le scrutin s'était ouvert; le 16, le Pape était élu. Rien n'était prêt pour une si prompte élection^ et ce ne fut que le lendemain au matin que Ton put ouvrir les portes du Conclave , et annoncer au peuple romain qu'il avait pour Pape le cardinal Mastai Ferrelti, archevêque -évêque d'Imola» du nom de Pie IX,

On sait que Pie YII fut aussi évêque d'Imola ; c'est en mémoire de ce Pontife que le nouveau Pape s'est ainsi nommé.

Jean-Marie Mastai Ferrètti, de la noble famille des comtes Mastai, néàSioigaglia, dans la légation d'Urbino-et-Pesaro, le 13 mai 1792, passa les premières années de sa jeunesse dans le monde, où sa naissance , sa fortune, ses talens , la distinction de ses manières et de sa personne lui donnaient le droit de prétendie à tout.

Ters rage de vingt ans , atteint d'une maladie fort grave , que les médecins déclaraient incurable^ il eut recours à la sainte Tierge , se trouva un jour radicalement guéri, et accomplissant le Vœu qu'il avait fait, entra dans l'état ecclésiastique.

Ordonné prêtre , il prit la direction de l'hospice Tata Giovanni : on nomme ainsi une maison qu'avait fondée pour faire vivre et élever chrétiennement de petits et pauvres orphelins , un vieillard chrétien, maçon de son métier, dénué de toutes ressources, mais riche des trésors de la charité. Le jeune prêtre, touché de son dévouement, lui associa le sien; il consacra son tems, son travail, son argent, tout ce qu'il avait, à cette œuvre de piété et de miséricorde. Le nouveau Pape a fait son apprentissage auprès des ouvriers, des pauvres et des orphelins; il Ta continué par l'Apostolat.

Sous le pontificat de Pie VII , Mgr Muzi , aujourd'hui évêque di Ciltà*di'Caitellot étant envoyé Vicaire apostolique au Chili, l'abbé Mastai Ferrètti le suivit en qualité à* auditeur (conseiller ou théologien). Des différends survenus ^tre le Vicaire apostolique et tes goti- Tcrnans du Chili, l'obligèrent bientôt, ainsi que Mgr Muzi, à quitter ce paysj et Ton dit que dans ces circonstances difficiles le jeune au-

h20 MORT DE SA SAINTETÉ GRÉGOIRE XVI.

dileur uioutra un courage et une fermeté qui frappèrent singulièrement le grand Pape Léon XII. Ce pontife le nomma prélat, chanoine de Sainte-Marie-in-ViaLala, et puis président du grand hospice de Saint-Michel, à Ripa Grande, On sait que cet établissement, l'un des plus beaux du monde, est non seulement THôtel-Dieu de Rome, mais encore son Conservatoire des arts et métiers, non seulement pour les jeunes garçons , mais encore pour les jeunes filles auxquelles' on fait apprendre toutes sortes de métiers ; le président en a la direction active.

Le 21 mai 1827, Léon XII le donna pour premier pasteur à Spo- Icte , sa patrie, qu'il avait érigé en archevêché. Mgr Mastai occupa ce siège jusqu'en 1832. Le 17 décembre de cette année-là^ Grégoire XYI le transféra à Tévêdtté d'Imola, poste important, et qui, au milieu des agitations auxquelles était alors en proie la Romagne, demandait un homme de choix, un caractère aussi ferme que sage. L'Évéque remplit les espérances de Grégoire XYI, et tout le monde savait en Italie combien TÉvêque d'Imola était vénéré et aimé dans tout son diocèse.

Réservé t;i /)e^/o dans le consistoire du 23 décembre 1839, et proclamé le 1^ décembre 18^0, il était Cardinal du Titre des saints Pierre et Marcellin. Sa réputation de talent et de piété était grande dans tous les États de TÉglise, et à Rome, le peuple qui l'avait connu, qui l'avait vu à l'œuvre, d'abord dans le pauvre établissement du vieux maçon, puisa Saint-Michel, le peuple, lorsque quelque devoir appelait dans la capitale de la chrétienté l'Évêque d'Imola , qui bien rarement quittait son diocèse , disait en le voyant passer : f^oilà le futur Pape^ Dieu nous le donnera.

Pie IX n'a que 5k ans ; il y a longtems que le Sacré * Collège n'avait donné à TÉglise un Pape si jeune ; il y a longtems aussi qu'on n'avait vu un Conclave durer si peu , et ne pas même laisser aux puissances temporelles les quelques jours nécessaires pour envoyer leurs instructions aux ambassadeurs, pour faire arriver à Rome les Cardinaux des Couronnes. Toutes ces circonstances donnent l'assurance que ce Pontife est selon le cœur de Dieu, et que de beaux jours se lèvent sur l'Eglise.

A. BONNETTY.

polémiijue Calijoliijuf.

LE DOCTCUR HARLESS.

ttettuième \^ïiicU '.

Abus de nommer Ihéologiens les ralionalisles. — Strauss complète et ei^i^ère récole naturaliste. — Fausseté de son point de départ. — Impossibilité de • . la formation mytbique de FËvangile, d'après Harless etQuinet.

La vie àe Jésus par Strauss examinée au point de vue de sçù valeur scientifique, tel est le titre de l'ouvrage du docteur Harless^ professeur à Erlangea. .

L'écrit de Harless porte le caractère d^une décision remarquable. C'est un penseur qui ne s'effraie nullement des fastueuses prétentions du rationalisme contemporain. Il dit avec francbise que tqus ces esprits indépendants, qui paraissent dédaigner les préjugés de la foule^ sont tout autant que lésâmes vulgaires, dominés par d'étroites préventions. Fréret disait, au dernier siècle, en parlant de Toland , « que » tons ces libres penseurs n'étaient pas moins crédules que les partisans » de la superstition » la plus fanatique. Une femme d'esprit disait aussi à Raynal : « Si vous ne croyez pas , ce n'est pas manque de foi. » Harltss ne trouve pas que les rationalistes de notre tems soient plus profonds ni plus sa vans que ceux du 18*" siècle. Il pense, comme l'illustre Joseph Gœrrea ^ « que la science profonde est du côté de la -» révélation ; que ce n'est pas la faute de l'Évangile si des esprits su- » perficiels n*en découvrent pas la mystérieuse profondeur cachi^e sous >» de simples apparences. » Il est bien vrai que le rationalisme donne à ses partisans les plus dévoués les épiibètes les plus ronflantes et les

• Voîr le 8« article au n" 76 ci-dessus, p. ?45.

» ENins son ouvrage Sur la fondation, elc^ de V Histoire universelle.

Iir SÉRIE. TOME Xlli. — N° 78 J 18Û6. 27

422 LE DQCXËU^ $1UAII5S

fia^êmonès 11 pir«ii que c'est en Âltemagoe-eoiiime mfT^'nce. Cette tactique est bonne .parce qu'elle a (opjpurs réussi. N'appellet-on pas chez nous Spinosa un théohgien de premier ordre , et monsieur Eugène Sue un profond moraliste? Les disciples de Téclectisme ne se proclament-ili pas mutoeUttiettt dans leurs livres les hommes les plus spirituels et les pins savans du pays légal? Le Siècle et le Constitutionnel ne' se déclareot-îts pas tous les Jours gens d'esprit? Et cela dans la patrie de LabrnyèreM Les masses, qui ne réfléchissent guères, même depuis Descdrtes et Leibnitz, acceptent avec une naïveté candide touteivcessrainéff illusions du charlatanisme rationaliste. Aussi verrons-nous les hoaunes qui ferment à M. de Cormenin les portes de rÂcadçmie française» proposer» daps peu de jours pcut-Ctre, de lès ouvrif à Tauteur du Jmf erranU Iiark$$ a trop d'esprit pour tomber dans ces pièges grossiers» Uf-'étonne, avec une surprise qui n'est pas feinte, de voir le docteur ^/ra«s^ et son école se déclarer théologiens. Il leur refuse nettement, sans la moindre apparetite d'hésitation, la science des choses divines. Il est probable que s'il venait à lire le magnifique éloge que M. Edgar Quinet fait de la science théologique des Daûh et des Schleiermacher* ^ le docteur d'Erlangen aurait besoin de tout' son respect pour renseignement supérieur du Collège de France, afin dehe pas laisser passer sur SCS lèvres quelques sourires de scepticisme. II lui faudrait aussi se rappeler toute sa vénération pour notre école normale quand il lirait avec quelque ïufprise, dans un article de M. Saissei, que le livre de Strâtrss est bien une œuvre originale '. .Ce §ont de ces cdoses qu'on éprouve le besoin de feife remarquer plusieurs fois, tant elles sont propres à nous instruire de notre véritable situation vis à-vis de certaÏHS hommes et d'une certaine école.

tas plus que lédôctettr.5acA*, îlarless ne s'attache à rétablir toi» les ifaitsde rÉvangilcdoiit son adversaire Conteste la réalité hisloriqne. II a pour but de s'attacher aiix points fondamentaux dii système mytiiique, afin de démontrer tout ce qu'il renferme d'hypothèses hâsardées^'et contradictoires, loin d'être effrayé, comme Grulich, de Tap-

« Voyez dans les Caractères son admirable chapitre des Esprits forUn. > Mlemagne et Italie , t. ii\ 'de t^état du Ciiristiani$mé eu. Âllema^e. ' Hevde dcideux Mondes^ \^\ renaissance du voltairianisme*

ET SES ADY^R3A!Rt^S EN ALLEMAGNE. U2Z

parition de l!ouv^ag,e de Strauss, il en est. plutôt satisfait, ^pii^a^it, ea, effet, rnsôûtensuit dans quel abimp profond le rati0naiisine,v.ettt.eja-f: traîner )ies,êspnts« Le ,teins des jçéticej^ces pe;rijbdes n'est d^ii .pjlas^ : te^ advers^res du; christianisme .ont j^té Içtmasque, qui,;»! li^ngtçiiafii cacha leur3 traiti^ odieux. Ite avonent, à la face.du soleil, ^eurs jççpé*. rancea snnsique j^ur/s prétentions. C'est auc^istiar^ipe mêq^^ija'^i en veulent, et tapt gue J'^tendf rddu Çrufifié sera debout dans j^pt^ç^ Europp civilisée, }^ ont jur^ de coaiJ)attrejuiçgu'au. dériver dejj^, défenséurs..Quani4if(^/6er|",,^^^ F. 4.0 SçhUgel xsxL\xkXff^U

dans le sein de l*église, c^éfait ^Vk ji^suitism qu'oQ en . voulut inytai^, tenant cette .ingénieâ9e allégorie n'est plus même doyenne nécef^ajrd/; Un des docteurs (le.,la /^«^^ AUepiagn^, n'ari-il P9^ q»^ awjpler î^ibCv brntalité la croix du rédempteur une épine qui.faUêuppufîfX'i h cœur 4^ :f!h^m^nit§ '? Quant à nous» nou^avou^ron^: d^iyr^, ^nv, nptre Eglise de Çr^n^çe des adi^rsair^ qni m(\X te CQurs^e 49, lenrst convji€tipns^,]XQUS i|t;'a^T0Q{3 p;|s peurçleii^ Mol^ïoaiiomi^^^fSmAmhSii vicdence ne nous effraie pas.^ Mai^ce jqu£ naus redoutoos^o^est btj guerre qui s^ cache sous lesîiehiors de ift psâx,. c'est h bataeqiiî se» dissimute' sous, les dehors bypocrites d'piie hi^pfeillanee ^unMm^ Nous désirons^ cooun^iM. Michelet^ les»bles£fures qu'cm odus fail^r 1^ glaive, et qui «aignept^.. Nous n^ redou^msi' pas Tépéev^ tua» nous avons peur du poignard .qt|i frappe j)ajr derrière et. dani l'ombre. , , . . . . ; .

Telles soat les vues qui; ont présidé 1^ la.OQmp^tiQn:d« l'outrags da docteur Slf^rl^s^i Sei^jirre est^diviséen ti^ chapitres : l^lesassi^* tions préliminaires^ ; 3^. Ie$ résultats d^ la critique de SifaUss^ ^^'' ks argumenu 9ur lesquels elle ft*tppuiei : :

Dans le premier chapitre, l'auteur discale avec viradté tottô li^ points renfermés dans la curieuse /n^rodie^^en^ de Straass* UD«-des prétefttion&qttt^e Kiontrent le plusà découvert âansi'audâciey t pr^ fesseittt^'Cje^defMrésenter à.la sdeiice ce)itetnpordlH0 un systèmié ^uveau qui. échappe tout à la fois aux mcùvwéniens de l'oHhoddxie • et mfi embiffrasi iaeiâtricabtes de l'interprétàtiûii natuf alisitë. Il 1^ pcëe

* Vdyéz dû Philoiophi^ie dà 7<t Prusse par M. d'Horrer, tniv. catfa.

A24 LE bOCTEUR STRAUSS

fièrement entre les deux camps rivaax, comme un médiateur suprême. II essaie de concilier les deux partis contraires en les traftant Tun et l*autre avec un impartial dédain. Il esterai qu'il met en poussière les iûtérprétjttions tout à la fois niaises et savantes de l'école du docteur Paulus. Cette partie de son livre pourrait fournir aiirx défenseurs de l'Ëvanglie des armes très-fortement trempées. Mais s'ensuit-îl que son système soit au fond différent de l'interprétation naturaliste? Si noifô avons paru le supposer jusqu'ici, c'est que nousn^avîons pas remarqué, comme Harless , que cette différence est plutôt apparente qtte profonde. Quelle est, en effet, la tendance perpétuelle de l'exégèse naturaliste? N'est-ce pas, par une interprétation particulière tirée d'un examen minutieux du texte sacré, d'éliminer tous les éléniens surnaturels de la vie du Sauveur? Or, Strauss ne prétend-il pas aussi tiret de l'examen même de ces textes et des difficultés qu'il y rencontre, la preuve qu'ils n'ont pas de valeur bistorique ? Loin d'àbtmdonDer les bases de la méthode naturaliste, il M complète et l'exagéré. Son scepticisme est plus ardent et plus décidé : sa malveillance est plus rude et moins dissimulée. Il dédaigne les cauteleuses précautioas de certains interprètes. Mais pourtant , èst*ce qu'il ne rama^âë pas dans la poussière les ai*mes déjà rouillées de l'exégèse naturaliste? On conçoit que, dans l^ntérét de sa gloire, il ait désiré paridtre s'écarter des traditions d'une école décriée par ses insipides imaginations. Mais sous l'ample perruque, le chapeau à plumes et les nœuds de rubans, Voeil malin du peuple reconnaît toujours le bourgeois gentilhomme. Quand le docteur de Tubingue vient nous vanter dans son Introduction l'antiquité, la profondeur, la supériorité de son système, j'ai toujours envie de lui crier avec Molière : Vousjtes orfèvre^ monsieur Josse ! *

Strauss montre dans toute son Introduction la même admiration nalhre de soi-même qui est un des caractères principaux du ratiôna- Ijisme contemporain. Il n'est pas des! mince penseur qui, après avoir (pulé aux pieds la croix devant laquelle s'inclinèrent saint Àii^stin , Bossuet, Pascal et Leibnitz, ne s'imagine marcber à l'avant^-garde de l'humanité. M. £dgar Quinet disait à ses auditeurs du collège de l'rance' : « On pourrabriser cette chaire ^ mais on ne nous brisera

' Edgar Quinet, l'UUramonlanisme» v - .

ET SES ADTEnSAIBES EK ALLEMAGNE. 425

pa$^ et ma parole vivra m vom 1 » Ne dirait^^n pas qa6 le noo- Viel Evaagile.prêché par Tanteur de Prométhée ta, porté mr lèft ailes j^de feQ du lii>re examen, roler jusqu'aux extrémités du monde ! On doit bien peçser qu*<m n'est pas plus modeste dans une chaire protestante, qu'on ne l'est au collège de France. Strauss, en eflet, présente scm système comme l'expression la plus complète et la plus décidée de la pensée théologique, et comme destinée, à cause de cela, à faire avancer la société chrétienne dans les voies glorieuses de l'avenir. Harle$g se moque spirituellement de toutes ces majestueuses prétentions à diriger le siècle. Qu'est, en effet, le livre de Strauss ? an simf^e écho de l'aversion que le rationalisme a conçue pour la Bible. Selaisser entraîner ainsi par les préventions étroites de son époque, est-ce là véritablement constater son génie 7 II fut un tems où l'on croyait montrer un goût très-pur en mesurant d'un regard dédaigneux et distrait Notre-Dame de Paris, ou la flèche de Strasbourg. Quand Marmontel, Palissot, J. Ghénier et La Harpe composaient leurs cours de littérature, on eût passé pour petit esprit en admirant £a divine comédie. Il y a plus d'analogie qu'on ne le croirait d.'abofd entre les préventions rationalistes et les préjugés littéraires. Toute manière fausse d'envisager les faits ou les idées repose, en dernière analyse, sur un point de vue mesquin et borné. Or, telles sont les préoccupations du siècle par rapport à la Bible. Le livre sacré suppose sans cesse que l'éducation du genre humain s'est faite par une perpétuelle intervention de la Providence. Cette idée^ qui a ses racines dans les profondeurs de la raison et dans la conviction universelle de l'humajiité, blesse les tendances matérialistes de notre époque \ On ne vent voir à toute force dans l'histoire que le développement de l'activité humaine ; comme si Dieu, pour flatter l'orgueil de l'homme, avait dû se bannir du monde comme un étranger qu'on proscrit Cette manière d'envisager le développement de l'humanité a quelque chose de lugubre et d'amer. Il semble qu'on voie de nouveau la fatalité du paganisme se dresser sur son trône d'airain et pousser les mortels de son pied dédaigneux dans l'abîme du néant Le genre humain n'a plus de père aux cieux vers lequel il puisse élever ses prières et ses

» Voyez pour preuve Lessing, VÉffnralion c/ti genir hamain.

woms. Lavie des iadividus inéDic»nVst pkrs qu'ait ikH (Jtti dispatllt bientôtda&sMiipçBgible océaii de hvlê utaiv^selle. €r, fi(1leûétia&t ainsis :te lâ^ tàèele avilit raisoiif 8'fl m^y a pas entre le ôîel -et la .lepmiflio pkatne d*ov mei^eitiense qui iKmi sôQlèf^dtffonld dé notre foisère^ c^e^t. l'atkéisme seni quiest logique et raiëottSiâble K €e qa^ .Doos f aut iùvoqqer inaintraaat^ ce n'e&t pas le IMeu Tkatit dadiris- UaBi3Siôr maib le tout pùi^iaki n^an^ qu'adoré ta Je^e ^Itê^ moffne \ Brisei les autels et baisseï vos fronts Ters la terre, ta'ayez (dus de rôve d'immortidité bienheureuse» Le ciel est icibafii, nu pour mieux dire, ii n'y a qu'un enfer que vous ne pouvez pas fuir, Teiifer lef restre de la falalité du matérialisme 1 Vous devez savoir maintenant assez pourquoi Von ne ptie plus Dieu comme m tems eu pa^

lltrauBS» après avoir déclaré le surnaturel impossible, Tintervention de b providence dans le développement de rhumanitê chimérique, est amené nécessairement à comparer les miracles de TÉvangile ayec les mythes de la tradition hellénique. Selon lui, les immenses progrès fait^dans Tétude des mythôtogies auraient puissamment servi à affaiblir Tàutorité historique de fa Bible. Harléss appelle avec raison cette manière de raisonner scandaleuse et dérisoire. Cela est vrai, et pour reprendre la difficulté dans son principe , il me semble que le point- de départ des mythologues ne soutient pas Teiamen de la science. Heyne ayant remar(|né de frappantes analogies entre les traditions sacrées des peuples et certains faits racontés dans les livres de Moïse, on s-empressa d'en conclure précipitamment que tous ces faits étaient un simple produit de Tesprit légendaire. Il est vrai que les circonstances de ces histoires ont été souvent produites par Vimagination populaire. Maïs ruhiversalîté et Tidenlité perpétuelle da fonds prouvent évidemment que les légendes se sont surajoutées \ une base d'une autorité historique incontestable. Or, il suffit d'examiner la tradition du Pentateuque, sa simplicité, sa brièveté, son caractère

> V^yezUsréfleiioBs dey%i^^\s^TVJha4vp'ms deM.Quinat dam %^Essmù.

* Paroles p)ême de Feuerbaçb, Tun das éerivaio» la? plus cQapus de eetle

école.

* Catherine de Bora adressait cette quçslion à ï-utber. Voye^ sa Vie par M. Audin.

ET SES A1>yËBSAIBfiS tH ÂLIÈMAGNE. tUT

potilifiMMMoK^iM'ponf' recdnnaître qifeUé a serti de point d^ dépUPt'ïftttX i^WleB pioéti^tiès dit polytMibte^ «. CPesC pour a\^lr mdcomni'cesldéeft si 'élétueiitaires et sr riitîeiitieltes ((aè Eictiboril , GàM«r« Sdielling;' Bâà«r, Vat^ «t de ^ette pi^ét^ndirent coiistater le <)»wc<ère-«i^tliiquè âtVuno%entëàlai»^eni. Où n'eo testa 'pa^ h, Krug, HOrat; Oièler, AYeigscheider, I3mh, Baner, Kaiser, AmmoR, 'Berthôldt et de Wetle trèurvèrent bienWt des mytties dans le nouveau testanîenf* POurtaAt , comme au reconnaissait en faveur de son authenticité des airgumenstrès^forts, l^attaqfue languissait. H se trouva heureusement pour le système que quelques théologiens tournèrent leûra eSërts. de ee^cèté. L^aùthenticité de plusieurs évangiles fut attaqaéè successivement par Bretsclinelderi Schultz , Schleiermachek*^ Sieffert,'5chneckenborger. On eoftçoit les «(Torts qu*on a faits dans ce sens. 0e Taveo même de Strauss, si les évangiles soiit authentiques, le système mythit[ue n'est qu'un rêve. Or, îï s'en fout beaucoup que les mythologufés aient renversé la constante tradition de FÉgUse. Oii en peut juger par les mesquines objections que Strauss met en avant dans son Introduction. Je ne m*étonne nullement de' les voir jugées sévèrement par Harless, qui déclare hardiment qu'elles n'ont aucune espèce de valeur scientifique. Il fait remarquer, en efl€%, que Strauss prend pour point de départ incontestable les hypothèses de Vater et de de Wette sur ranclën testament. Ifarîess, en examinant de près les écrits de de Welte^ s'est aperçu que ce théo^ logien n'était • pas aussi résolu sur le point fondamental de la question que Strauss Ta supposé. Il dit, eii effet, dans la !'• édition de son Introduôtion à Vetncien^ testament : « Pour tout » esprit cultivé y c'iest un point DÉCIDÉ que de semblables miracles » n'ont pas eu lieu réellement. » Et dans la /;* édition , abandonnant tout d'un coup l'incroyable audace d'un pareil dogmatisme , il modifie sa pensée d'uhe manière complètement significative : « Pour » tout esprii cultivé ^ il est au moins DOUTEUX que de pareils » miracles aient eii lieu. >> Strauss s'appuie donc sur un roseau brisé tout prêt & lui percer la main. Il est obfigé, pour attaquer l'autorité historique de l'Évangile, d'exagérer de la manière la plus arbitraire

» Voyez Jahn, Mr. in Dent., dans la Script, sac, de Wignc, t. v, p. flf.

t\^ IV. DOCTEUR STRiiU^

i^ principes de ses maîtres, et de tranaformer lenrs.4oQCp$ <» àflfo*mations audacieuses. Supposer, comme il le iait, c|^ la questioit de l'authenticité des Évangile^ doit se décider par l^exam^ même da livre, c*est là une prétention contraire à toutes les données ée- la science contemporaine. .Cette manière de juger la question est tottl^àfait tombée en discrédit quand il s'agit des écrivains profanes. Et c'est dans de telles circonstances que Strauss essaie de ruiner les Évangiles à l'aide d'une théorie si décriée parmi tous lessavans. Harless termine par des considérations sur le caractère divin des Évangiles.

M. Quinet fortifie tous les argumens du professeur d'Ërlangen, en montrant très-bien l'impossibilité d'une formation mythique : u Quoi! cette incomparable originalité du Christ ne serait qu'âne » perpétuelle imitation du passé , et le personnage le plus neuf de » l'histoire aurait été occupé perpétuellement à se former, ou comme » quelques personnes le disent aujourd'hui, à se />os«r d'après les » figures des anciens prophètes ! On a beau objecter que les évan- » gélistes se contredisent fréquemment les uns les antres , il faut » avouer à la fin que ces contradictions ne portent que sur des » circonstances accessoires, et que ces mêmes écrivains s'accordent » en tout sur le caractère même de J.-C. Je sais bien un moyen » sans réplique pour prouver que cette figure n'est qu'une invention M incohérente de l'esprit de l'homme : il consisterait à montrer que » celui qui est chaste et humble de cœur selon saint |Jean , esl » impudique et colère selon saint Luc ; que ses promesses, qui sont t spirituelles selon saint Mathieu , sont temporelles selon saint lllîarc; » mais c'est là ce qu'on n'a point encore tenté de faire, et l'unité » de cette vie est la seule chose qu'on n'ait point discutée. Sans » nous arrêter à cette observation, accepterons-nous, pour tout expli- » quer, la tradition populaire , c'est-à-dire le mélange le plus confus » que l'histoire ait jamais laissé paraître, un chaos d'Hébreux, de » Grecs, d'Égyptiens, de Romains, de grammairiens d'Alexandrie, » de scribes de Jérusalem, d'£sséniens, de Sadducéens, de Théra* » pentes , d'adorateurs de Jéhovah , de Mithra , de Sérapis ? Dirons* >» nous que cette vague multitude, oubliant les différences d'origine, » de croyances^ d'institutions, s'est soudainement réunie en un seul

ET SES ADVERSAIRES m ALIEMACNB. Uli^

» €sprJty:Kfir*iilveiUfr k) m^e idéal; fioor créc^F de Tic!fiiet,.repdrei » pai|^jri>Iei^ toutrlB^^re boniain, le caractère q^i ti:a]|cb9ite inÎ6u$ ^ .avee^ t^t le passé, eldans lequel aa recoiiB^}! VmÀté hfjin^jnvui- N fegt^7,9n aToaera, au moins, qoeToU^Ie plus, étrange îniradet » doAt.0Q.aît jamaisentendu parler; etqaerean€h^Qgée:çil:m n*est » rien auprès de celai'-là. Cette première difiSculté en enlraine «ne » seconde: car, loin que la plèbe de la Palestine ait elle-même » inventé Tidéal du Christ , quelle peine ces iatellîgences endurcies » n'avaient-elles pas à comprendre le nouvel enseignement ! Ce qui >• demeure de la lecture de TÉvangile si on la fait sans système conçu » par avance , sans raffinement , sans subtilité , n'est-ce pas que la » foule et les disciples eux-* mêmes sont toujours disposés à saisir les » paroles ds Christ dans le sens de Tancienne loi, c'est-à-dire dans «> le sens .matériel? N'y a-t-il pas contradiction perpétuelle entre le » rè^e tout Rituel annoncé par le maître et le règne temporel » attendu par le peuple? La plupart des paraboles ne finissent-elles » pas par ces mots ou autres équivalens : à la vérité il pariait ainsi ; M mais eux ne l'entendaient pas? Preuve manifeste , preuve irréfra-* » gable que l'initiative et l'enseignement , c'est-à-dire l'idéal , ne 9 venaient pas de la foule ^ mais qu'ils appartenaient à la personne, » à Tautorité du maître, et que la révolution religieuse, avant d'être » acceptée par le plus grand nombre^ a été conçue et proposée par » un législateur suprême '. »

Dans le deuxième chapitre Harless signale les résultats de la critique de Strauss par rapport à l'histoire de l'Évangile. Il le montre renversant avec un invincible sang-froid les circonstances les plus insignifiantes de la vie du Sauveur. M. Quinet a eu raison.de dire : « Le Christ a souffert sur le Calvaire de la théologie allemande une » passion plus dure que celle du Golgotha. »

Harless fait remarquer tout ce qu'il y a d'arbitraire dans la manière avec laquelle Strauss conteste tous les détails de l'histoire de l'Évangile. Quand un des écrivains sacrés se tait sur une circonstance racontée par les autres , il se hâte d'en conclure que dans ce cas particulier^ le témoignage de cet évangéliste seul mérite la confiance.

« Jftemagne et T ta fie y t. ît, p. 383.

ftSO • ' LE DOCTEtTR STRAUSS

Le bm^visible dé Sti^duss, t'm ié rédvAre m fonds te^ptas mtftoe^ies mftgnffiq^teft' liévélopilMiméDS dd r«xisteli«e do SMkteai*; DileiMrrille tactique Vtdpablè de fâfre fllusîM anï esprits superficiel» ,^^potim jamaig^ti^mper les bo^nles véiHablement compétèus; Mi'de Ségur, en ràoctitttnth darn)>ftgne dé Russie, passe k)tis silence tinu^M êvé^ neiùétis du 1$ brumaire. En faudra-t-il conclure que MM. îliiers, Walter-Scbtt et 'Kbrvîns h*ont raconté en parlant de rhistoire du consulat , que des événemens tout-à-falt mythiques I C'est pourtant avec une "pareille méthode que Schleîermacher, Schuitz, Sieffert, Schneckemburgeip et Usteri ont déprécié Tàutorité de quelques-uns des évangiles !

Dans presque tout le deuxième chapitre , HarJess étalé , tfvec une impitoyable rigueur, tous les résultats de Texégèse nouvelle. Son but avoué est dé montrer à ses admirateurs et à ses défenseurs ce qu'elle prétend laisser du christianisme historique. En effet de luiber à Strauss , quelle routé n'a-t-on pas parcourue ! Victor Hugo a dit admirablement : u L'abime attire ! » Que dirait donc l'âme mélancolique de Mélanchthon , lui qui pleurait déjà dès le tems de Luther tous les scandales de la réforme? Leibnitz, avec son regard d'aigle, ne voyaît-.il pas s'élever dans l'avenir de monstrueuses erreurs qui prépareraient le règne de l'athéisme? Le grand évoque de Meaux n'entrevoyait-îl pas avec terreur comme une résurrection de l'ancien paganisme? Nous ne croyons pas maintenant qu'il soit facile pour aucune âme vraiment chrétienne de faire l'apologie de la méthode protestante. L'arbre a porté ses fruits amers ; qu'oii juge maintenant du sol qui l'a nourri et de la sève qui l'a fait grandir. La providence donne aux sociétés modernes une grande ^ une terrible leçon. Le schisme et l'hérésie font aux peuples les promesses les plus flatteuses., puis tout finit par la discorde ou par le despotisme. Strauss vient après Luther, et le czar Nicolas après Photius.

Dans le troisième chapitre, l'auteur examine les principes qui ont conduit Strauss à ces résultats étranges, et quelles sont les preuves qu'il donne de ces principes? Il montre que la conviction de Strauss était faite par le rationalisme avant l'examen sérieux de l'histoire de l'Evangile. Il était convaincu^ à l'avance et grâce à la philosophie de Ilégel, de l'impossibilité de l'ordre surnaturel. A chaque ligne, pour

ET ses AbTBRSAIRBB BK ALLSHAGNE.

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JQgemens. Il,y i^^ Ime^ qfù T^plent eoipri^oRoer la jrrovidence de Dieu dans les limites bornées de leur esprit, et qui retranchent impitoyablement tout ce qui d^Nme ce nouveau lit de Procuste. C'est cette sorte de déraisc^ qui'oQ app#Ue maintenant de la philosophie!

Û32 TRAVAUX D€ M. r>E,nur*8EN . '

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