INTITULÉ
JBGTPTEOS STELLE IN DER WELTGEFGHICHTE.
(La place de TÉgypte dans rhiitoire de i'^iumanité.)
premier 3lrtiele,
État dêi étades égyptiennes. — Leurs sources. — Analyse da Livre det i/<9r//.— 'Monumens historiques. — Examen de la Table tTAbydos^ — De la Chambre des rois , — Du Papyrus royal de Turin. — Traditions égyptiennes et grecques.— Manéthon, Hérodote, Aristote.— Le Canon d'Ératoslhène pris pour base d*un nouveau système chronologique. — Comparaison de sa liste avec celles de Manéthon. — Étude particulière des<piestiens qui se rattachent à la chronologie biblique.
En lisant un pareil titre, bien des personnes seront étonnées que Ton puisse présenter à l'examen de l'Europe un vaste ensemble de travail comprenant l'histoire de ce vieux peuple, ses mœurs d'il y a 5,000 ans, ses écritures, ses croyances et son langage, vieux débris de son berceau. Il y a 1& ans que Champollion expirait, frappé de deux coups également mortels, la maladie par laquelle il semble qae TEgypte ait voulu venger ses secrets révélés, et les angoisses du génie dans une lutte incessante contre d'injustes attaques. Jamais savant n*a dû trouver si amère la mort qui lui enlevait la gloire de composer on faisceau puissant avec ces précieux rameaux, cueillis au prix de tant de fatigues. Toutefois, il avait lancé des jets de lumière dans toutes les parties du domaine Egyptien. Les trois écritures étaient en grande partie déchiffrées, la grammaire était fixée, et le dictionnaire
SUR LÉTAT ACTUEL PES fiTUDJiS ÉGYPTIENNES. 433
s*eiirich!8sait chaque jour; les dieux noiUBiés etdistiagué&lonriâfi-* saSentdes ihatériaux pour une étude plu» profonde de lareUgion; la: comparaison desmOtâmeos^était bturâisement: c^iiiiie!iQée'jÉ6€[Q*k la 18* df/maHie, chaque jour venaiit^mbleruiie lacoiie, et la réa^ lité hiatorique dei» tems antérieurs était prouvée par l^existefaee dè^ monuoiensanMrtenanl aux premières périodes^ ^ - ', onv < ^
Maisii semble, en vérité, que tout se soit rébni pottr repous^< au tpiiAeau t^re*siiscile de CàampoliÎDn. Le doute xaiaoïmé qfae Ton doit à toute déeouveriba, s*é(ait changé à son :ég2iFdén attaqœiK'vfetématlquâl 'que sa imort: même ne pot désarmer '1
^P«Mu: Oomblede malheur, ilfalLut que i^crA^olifri, abusant de hiimr fi^mcfîdesOamaitreà sa dernière maladie^.. vint ihii dérober' «es travaux, et quele m<mdé en fûtpriTéjusqu'à la mbrt de i-lèléve infidèle.
Toutefois pendant que certains savans en étai^t encore à disctster te mérite de ChampoUion, d'autres bomines au regard plus juster avitient estimé à sa. valeur ce puissant insurum^t et en appreBâien^ té maniement si difficile encore, Salvdini avait publié, quelques travaux du maître ; élèves et amis de Gfaampc^ikm, M. Lenormaut et HasêU Uni publiaîeiit avec talent lies notimis dé;^ acquises à la^cience» Une deoos |gknresnaiiopales;M.£r^rQntt«, fondait sur cettenonvelle mé-^ thodela base de son enseignèiBent si solide ; en mêine. tcaps. tjue rémdeapproiàndie des textes et des inscriptfdtts grecs iulapiior^itide précieux détails. Une série de savans voyageurs Anglais^ Salê"^ Félix, ^iikirmAi av^c un zèle qu'on ne peut trop iouer^ complétaient l*^ude et la publication des mbnnmensd^yptè; le colonel !/i^se«t riogéoie^r Perringr, consacratient Ihin ses talents, Tautre^ une somme: immense à Touvecture de toutes les pyraunides et à leur' deso^tiofi minutieuse. Les musées égy^ells étaient publiés par leurs savans .-dit^teurs, et l!smtiquaire dutse mettre à classer ces pagés^de granit où trente siècles au inoins avaient laissé leurs signatures. ! : £ïl ISS?, M. £qwittS'*s'àttaçhant plus particulièrement è la philo*
hi
Reodciasgràee à M.'de'^i]âic/diavbir èafiâ ^ait bonne jtwtibè^dlan Aes plus ii^'ustes détracteurs de Gbampoliion. Voir la Jtevae Mrckeoùiiiqf^* AvrU, 1846.
» Icitte d Âàjct&ni'dhiàs les Annales de rinslUui archeblog.j 1857^
ktù TAÂVAUX D£ AI. M BUMâ^N
4e ses pétégriuatiaos. Conduite par A^l^bi$t M g^ie Psyc^pompCf r^me adresse ses premières inyocationsà Osiris^ le roi infernal, puis eile prése&te ses offraodes aux 4ifféreiis dieux qui raccomp<^enL Nous trouYoufteosoite des épreuves qui nous rappèleat les poétiques visions du Tartane de Virgile ; Tâme coiQbat des animaux mythiques, cropodjl^, vipères, torCue^ l'âne infernal, persoanifieation de Typhon, el; enfin le grand serpeni ^^pophis; qui tomba sou$ les coups A'Horus^ jUftdi^eises portesdes régions sont «asuite psMrconi'ues par le défim^ 9prè»:qu*il a ciwacré cbaque partie de son corps à une divinité spé« i^iale*; «aais comme la m<Mt n'est pas l'affaire d'un jour, U se met à l2d)ourer des champs entourés par les eaux célestes; il doit semer et y faire. la moisson un certain nombre de fois, et offrir le produit de son travail au dieu Hopimôou^là Nil céleste, père «des dieux, qui parait te principal per8(H[mage de ces champs éliséens. lia grande ^ae du jugement qui vient ensuite est précédée d'une longue liste dépêchas dont l'âme se prétend exempte; en s'adressant diaque fois à un dieu nouveau auquel peut-être ce crime était censé déplaire plus particulièrement. Osiris parait ensuite en juge souverain ; Thot écrit le jugement et constate que le cœur du défunt est en parfait équilibre avec le signe de la justice dans les plateaux de sa bdance. C'est alors que VOsirien ' parvient aux sphères lumineuses où il adore le dieu SoML Cette partie parait )a plus essentielle du livre. Beaucoup d'autres chapitres traitent d'objets religieux qui s'y rattachent, et qui auront été ajoutés à diverses époques. ChampoUion .y avait remarqué uaefitaniej forme de prière bien antique» oomoie l'on, voit ; Osirù y est invoqué sous plus de 120 noms différens. Il suOit d'avmr donné une idée de ce livre, pour avoir prouvé qu'il contient des trésors pour l'histoire des religions antiques. Cette curieuse transnngratlon des âmes sera examinée par M. de Bùmenet comparée avec d'autres tra« ditions semblables dans la dernière partie de son oovrage.
Arrivant k Tétude générale deis monumens, M. de Bunsen eji distingue trois principaux qui méritent une appréciation particulière , à cause de i'ét^uedestems qu'ils renferment Mplus connu de ces monumens et celui qui, jusqu'ici, nous a apporté plus de lumières»
* C'est le titre que prend tout dé&ml qui parcourt le domaine d'Osiris.
stjtt l'état actuel des études égyptiennes. 437
c'est la suite de noms royaax appelés Table d'Jbydos. Ce champ déjà si trayaiilé est loin d'avoir porté tous les fruits qu'il peut donner. Le sens général n^en est pas douteux; le grand Ratnsès y fait une offrande commémorative aux rois ses prédécesseurs, et ses cartouches répétés remplissent toute la ligne inférieure. La mutilation du monument nous a privés, malheureusement, du point de départ, et les idées étaient si peu fixées à cet égard que l'on ne savait si la table d'jibydos n'avait pas perdu plusieurs rangées de cartouches royaux'.
Aussitôt que d'autres inscriptions eurent donné à Ghampollion les noms des rois dont la table ne contenait que les prénoms royaux , il reconnut en bon ordre les principaux prédécesseurs de Ratnsès dans les listes de Manéthon , et la succession remontait assez régulièrement jusqu'à AmoSf le restaurateur de la monarchie ^yptienne , après l'époque des Pasteurs. Bientôt des recherches plus sévères vinrent prouver qu'il y avait des lacunes entre certains rois; les reines de la 18* dynastie avaient été omises, et ni les monumens ni les listes de Manéthon ne donnaient Ramsès /'^ comme successeur immédiat du roi HoruSt son voisin cependant sur la table d'Abydos. Il devint donc certain que l'on avait fait un choix particulier de monarques , soit que le motif en eût été rillustration ou la parenté (ce que l'on ne pouvait encore apprécier). Mais il était en même lems bien avéré pour la partie interprétée, que ces rois étaient disposés régulièrement suivant l'ordre des tems, ordre précieux qui parait manquer à d'autres monumens.
£n remontant au-delà d'Horus, la liste offrait encore 5 cartouches royaux jusqu'à l'endroit où la pierre est brisée. On pensa alors que ces rois étaient les prédécesseurs d' ^mos, et on les classa dans la 17' dy* nastie. Mais à mesure que les noms de ces rois se retrouvèrent sur les monumens, les difficultés les plus graves vinreat combattre cette classification. Ces monarques appai^aissaient pleins de gloire et de puissance. L'un d'entre eux avait fait des conquêtes au nord de l'Egypte ; et leurs monumens s'étendaient depuis Thèbes jusqu'à Héliopolis , et à la presqu'île dnSinaï. La 17® dynastie, au contraire, était, suivant tous les témoignages, contemporaine des Pasteurs ; Amos, le premier, avait relevé la puissance égyptienne, œuvre qu'un des Thout^
• V. Âfvue archcolosiqucy article sur la Table dAbydos par M. Lelronnç. lit* SÉHIE. TOME XIU. — N" 78^ 1846. 28