‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 110 sur 135 · M PAPE SAINT PIE V · texte numérisé non relu

M PAPE SAINT PIE V

rbiitoire est défigurée eneoro plus que ne deTrait Tâtre» ce semble^ une histoire si voisine de nous, sur laquelle les documens abondent. C'est an reste parce qu'elle est près de nous qu'elle est encore mal comprise et mal connue; le 17' et le 18*" siècles ne l'ont jamais racontée; l'un, en France surtout, ne l'a pas comprise ; l'autre l'a obscurcie par les plus, âyeugles préjugés. Aujourd'hui même que les passions du t@* siècle sont un peu refroidies (sans être éteintes cependant» elles ne le seront jamais); que des voies plus impartiales se sont ouvertes au travail historique, que des méthodes meilleures, un esprit de critique plus calme et plus consciencieux, la possession d'une foule de docu^ mens inconnus à nos devanciers, ont porté du jour dans cette histoire, que d'obscurités,|[que de préjugés subsistent encore ! On ne se figu^ pas combien, non seulement de jugemens et d'opinions, mais de faits et de faits matériels, demeurent douteux et défigurés. On croyait, il y a peu d'années encore, à la modération toute paternelle et à la pureté virginale d'Elisabeth d'Angleterre; on croyait au zèle désintéressé et à la ferveur toute religieuse des gentilshommes protestans de France; on tenait, sur la foi de la Henriade, Tamiral de Goligny pour un héros de courage, déloyauté et de vertu; on revient sans doute de ces erreurs. Mais que fut Marie Stuart, quels furent ses torts et ses mérites ? La Saint-Barthélémy fut-elle Toeuvre d'un parti ou d'une religion, le résultat d'un calcul politique ou d'une émeute populaire? Que se passat-il à Vassy dans cette première collision sanglante qui commença en France les guerres de religion ? Est-il vrai que Philippe II ait fait mourir son fils, comme plus tard (et ceci sans contestation) Pierre de Russie a fait mourir Alexis, ou au contraire Don Carlos est-il mort de mort natuturelle? Au 18* siècle ces questions n'en étaient pas, les préjugés anti-chrétiens les avaient emportées de haute lutte sans y regarder et sans permettre qu'on y regardât. Aujourd'hui le doute est survenu ; une lumière nouvelle commence à poindre, et probablement, les années qui viennent amèneront des réponses toutes contraires à celles de nos devanciers. Mais tant de points graves à discuter compliquent le travail de l'historien, surtout quand, resserré dans un espace de tems trop étroit, il ne peut ni remonter ni descendre bien loin le cours de l'histoire, et que les événemens doivent forcément lui ap-

Page 1